Les os sont au nombre de quatre, savoir ; ca
arrière et sur la ligne médiane du corps, le sacrum et I« coccix ; en avant et latéralement, les deux os coxaux.
§ I". Du Sacrum.
6. Os impair, symétrique, triangulaire, aplati d'avant en arrière, courbé sur sa longueur, situé à la partie postérieure et supérieure du bassin , au bas de la colonne vertébrale, au-dessus du coccix, entre les deux os coxaux.
7. Le nom de sacrum lui vient, selon Palfin (1), de ce que les Grecs, de même que tous les Orientaux, appelaient sacrée ce qui était excessivement grand dans son espèce. Or, en considérant l'os sacrum comme une vertèbre, c'est sans contredit la plus grande de toutes.
8. Cette origine du mot sacrum nous paraît plus satisfaisante, que celle qui consiste à dire que cet os a été ainsi nommé à cause de son voisinage des parties de la génération , que l'on regardait comme sacrées , ou parce que c'était la partie que les anciens offraient en sacrifice à leurs dieux.
9. On di^^se le sacrum en deux surfaces, l'une antérieure ou interne , l'autre postérieure ou externe ; en deux bords, une base et un sommet.
10. \jd. face antéîieure est concave de haut en bas. Cette concavité est telle que, si on tire une ligne droite de la base de l'os à son sommet, et que, sur cette ligne, on élève une perpendiculaire qui ira se rendre au point le plus profond de cette concavité, on aura, dans le cas de bonne conformation, dix à douze lignes d'étendue.
(i) Anatomie chirurgicale, tome l" , pag. 129 , édit. de Paris, 17S5,
DTT SACRUM. 5
11. Sur la ligne mctliane, on trouve cinq surfaces à peu près quadrilatères, qui sont formées par les corps (les fausses vertèbres qui le composent. Ces surfaces sont séparées par des lignes plus ou moins saillantes, qui sont les points de jonction de ces fausses vertèbres les unes avec les autres. Sur les parties latérales, on aperçoit une . série de trous, ordinairement au nombre de quatre, terminés, en dehors, par de larges gouttières convergentes entre elles, que l'on nonnne trous et gouttières sacrés antérieurs ^ qui livrent passage et servent à loger les nerfs du même nom. En dehors de ces trous, et sur les crêtes saillantes qui séparent les gouttières, on remarque des aspérités qui, donnent attache aux fibres des muscles pyramidaux.
12. \^?i face postérieure^ inégale, convexe de haut en bas, offre, sur la ligne médiane, une série d'apophyses épineuses, dont la saillie va successivement en décroissant; au-dessous, la fin du canal sacré et les deux cornes du sacrum. A côté de cette ligne saillante, on remarque deux gouttières qui servent à loger ime partie de la masse commune aux muscles sacro-lombaires et longs-dorsaux. En dehors de ces gouttières, on voit deux séries de trous plus petits que ceux de la face antérieure, qu'on nomme trous sacrés postérieurs ; ils donnent passage aux branches postérieures des nerfs sacrés.
13. Les bords ^ épais supérieurement, vont suc*^ cessivement en s'amincissant de haut en bas. Ils présentent, en avant et en haut, dans une étendue de dix-huit à vingt lignes, une surface articulaire, qui a à peu près la forme de la conque ou pavillon de l'oreille ; elle ser t à unir cet os avec une surface analogue qui se rencontre sur l'os coxal. En arrière de cette surface , on .voit des
6 TRAITÉ DF9 ACCOUCHEME>''S.
ëminences et des enfoncemens ([iii donnent attache à des trousseaux ligamenteux très forts, qui, de là, se rendent à l'os coxal. La partie inférieure de ces bords, mince, presque tranchante, est enveloppée par le tissu fibreux, qui concourt à la formation des grands et petits ligamens sacro-iskiatiques. En bas, ils offrent une échancrure qui, dans l'état frais, se trouve convertie en trou par une expansion fibreuse, à travers lequel passe le dernier nerf sacré.
14. La base est épaisse de deux pouces et demi environ, large de quatre pouces et quelques lignes. On voit sur la ligne médiane, en procédant d'avant en arrière, une large surface articulaire, coupée obliquement d'avant en arrière et de haut en bas, qui sert à unir le sacrum avec la dernière vertèbre des lombes ; en arrière de cette surface, une ouverture triangulaire qui est le commencement d'un canal qui règne dans tout^ l'étendue de l'os, et sert à loger les nerfs sacrés; enfin, l'apophyse épineuse de la première fausse vertèbre du sacrum. Sur les parties latérales de cette ouverture, on voit deux surfaces articulaires dirigées en dedans et en arrière pour l'union de ces parties avec deux autres surfaces articulaires de même forme, de même étendue, dirigées en sens inverse, qu'on observe en bas des apophyses transverses de la dernière vertèbre lombaire.
De chaque côté des parties que nous venons de décrire, la base du sacrum offre une surface triangulaire lisse, convexe, légèrement inclinée en avant, bornée dans ce sens par un bord arrondi, qui concourt à établir V^ la ligne de démarcation entre le grand et le petit bassin.
1 b. hç sommet, mince, présente une surface oblongue
DE l'os COXA.L. 7
transversalement, qui s'articule avec la base du coccix.
16. Le sacrum est formé, comme tous les os courts, d'un tissu spongieux recouvert d'une lame très mince de tissu compacte. De là le peu de poids qu'il offre comparé à son volume. Chez les femmes , cet os est plus large, plus recourbé, et par cela un peu plus court que chez l'homme. 11 se développe par trente-cinq points d'ossification qui, à la naissance, se réduisent à quinze, puis à cinq; ceux-ci se réunissent, à leur tour, avant l'é* poque de la puberté pour ne former qu'un seul os.
§ n. — Du Coccix.
17. Le coccix tire son nom de la ressemblance qu'on a cru trouver entre sa forme et celle du bec du coucou. C'est un petit os impair, symétrique, triangulaire, aplati , recourbé d'arrière en avant , situé à la partie postérieure et inférieure du bassin, au-dessous du sacrum, auquel il ressemble par la forme, la structure, mais dont il diffère essentiellement en ce qu'il est dépourvu de canal rachidien.
18. Le coccix présente deux faces, deux bords, une base et un sommet.
19. \jàface antérieure ou interne, légèrement concave , peu rugueuse , soutient l'extrémité inférieure du rectum; \di face postérieure ou externe convexe, inégale, sert d'implantation à quelques fibres du grand fessier, et n'est séparée de la peau que par le ligament sacro-coccigien postérieur. Les bords latéraux , dentelés, rugueux, donnent insertion au petit ligament sciatique et au muscle ischio-coccigien. La base^ dirigée en haut, présente en devant une surface elliptique articulée avec le sacrum; en arrière, les cornes du coccix ,
8 TRAITÉ DES ACCOliCHEMErVS.
éminences semblables à celles du sacrum, qui souvent les rejoignent et glissent sur elles. Sur les côtes, on aperçoit les petites apophyses transversales, échancrées, pour le passage de la cinquième paire des nerfs sacres.
20. Le sommet^ formé par un tubercule osseux, arrondi quelquefois , déjeté de côté ou un peu en arrière, mais ordinairement saillant en avant , donne attache aux fibres du sphincter externe de l'aniis.
21. Le coccix est formé par la réunion de trois , quelquefois de quatre pièces osseuses , qui ne sont que les rudimens des vertèbres caudales qu'on rencontre en nombre si variable dans les diverses espèces animales. Ces pièces, long-temps distinctes et mobiles, finissent par se souder les unes aux autres ; mais le coccix, dans sa totalité, conserve toujours chez les femmes, pendant toute la durée de l'aptitude à la fécondation, une grande mobilité sur le sacrum. Ce n'est que dans un âge avancé qu'on le trouve quelquefois soudé avec le sacrum.Xe coccix se développe par quatre ou cinq points d'ossification; il est composé presque entièrement de tissu celluleux recouvert d'une lame très mince de tissu compacte.
§ IIL — De l'os coxal.
22. Désigné sous les noms d'os innominé, des îles, des hanches, le coxal est, de tous les os du bassin, le plus étendu, le plus irrégulier; de forme quadrilataire, \i'étréci à sa partie moyenne, il semble avoir subi une forte torsion qui en a dirigé les parties supérieure et inférieuie en sens inverses.
Situé de chaque côté, sur les parties latérales et
■fè
DE LOS COXAL. 9
antérieures du bassin , l'os coxal offre à considérer deux faces et une circonférence.
23. La y<2ce externe ou fémorale comprend, dans sa moitié supérieure, la fosse iliaque externe remplie par les trois muscles fessiers; en bas, le trou souspubien (obturateur)^ arrondi chez l'homme, triangulaire chez la femme, fermé par une membrane fd^reuse qui
^s'insère à sa circonférence, excepté en haut, où l'on voit une gouttière dirigée de dehors en dedans dans laquelle passent les vaisseaux et nerfs .obturateurs; au côté interne de ce trou, on découvre une surface plus large en haut (Mi'en bas, sur laquelle se fixent les adducteurs et l'obturateur externe; en-dehors du même trou, une petite coulisse occupée par le tendon du muscle obturateur externe. Au milieu de la face externe, est la cavité cotjloïde, centre commun où se réunissent les trois portions qui, dans l'enfance, composent l'os.
24. l^aface interne o\x pelvienne ^ concave, est divisée en deux portions , l'une supérieure , l'autre inférieure , par une ligne courbe qui fait partie du contour du détroit supérieur du bassin.
25. La portion supérieure ou abdominale, large, lisse, concave, prend le nom Aç, fosse iliaque interne; remplie, dans l'état frais, par le muscle iliaque, elle soutient le gros intestin. A la partie inférieure de cette excavation existe un trou nourricier; en arrière la surface auriculaire f qui s'articule avec le sacrum.
26. La portion inférieure ou pelvienne située au-dessous de la ligne courbe, présente, en allant d'arrière en avant, une surface quadrilatère, presque plane, inclinée en bas et en dedans, dont la partie supérieure répond au fond
de la cavité cotyloïdc; cette surface, en rapport avec du. tissu cellulaire graisseux, donne aussi attache aux muscles obturateur interne et releveur de l'anus; en dedans existe le trou sous-pubien^ dont la partie supérieure présente l'origine de la gouttière des vaisseaux du même nom. Au côté interne du trou sous-pubien, est une surface quadrilatère, plus large en haut qu'Ai bas, formée par la face postérieure du pubis, recouverte par» les Hgamens pubiens postérieurs en rapport avec la vessie ; plus bas, cette surface est constituée par la branche ascendante de l'ischion. Le contour du trou sous-pubien donne insertion au muscle obturateur interne. ^
27. La circonférence de l'os coxal est très irrégulière; elle offre à étudier quatre bords, un supérieur, un inférieur, un postérieur et un antérieur.
28. Le bord supérieur ou crête iliaque, plus épais en arrière et en avant qu'au miUeu, contourné en S italique, présente deux lèvres, l'une externe, l'autre interne, et un interstice; il donne insertion par sa lèvre interne aux muscles trans verse et carré; par l'externe, à l'oblique externe, au grand dorsal et à l'aponévrose fémorale; par l'interstice, au muscle oblique interne; il se termine en avant par Y épine antérieure et supérieure , et en arrière par Y épine postérieure et supérieure.
29. Le bord inférieur, plus court, commence par une éminence très épaisse, rugueuse , appelée tubérosité iskiatique, où s'implantent en dehors le carré et le grand adducteur; en dedans, le jumeau inférieur et le grand ligament sacro-sciatique ; au milieu, les muscles biceps fémoral, demi tendineux et demi membraneux. C'est §ur cette tubérosité que repose le poids du corps dans
DE l'os COXAL. 1 1
la position assise. A partir de cette éminence, le bord inférieur remonte vers le pubis* dirigé obliquement de dehors en dedans, de bas en haut, et concourt à former l'arcade pubienne, occupée par les parties génitales dans les deux sexes. La réunion de ce bord avec celui du côté opposé se fait à l'aide d'une facette elliptique verticale ; cette réunion porte le nom de symphyse pubienne. Par sa lèvre externe, l'arcade pubienne donne attache au tendon membraneux du muscle droit interne de la cuisse; par sa lèvre interne, au muscle transverse du périnée et au fascia pelviensis; par son interstice, en haut, au corps caverneux et au muscle ischio - caverneux dans les deux sexes; en bas, à l'expansion du grand ligament sacro-sciatique et du tendon du muscle troisième adducteur.
30. Le boT'd antérieur^ commence en haut, à V épine antérieure et supérieure de l'os coxal , mousse tuberculeuse, qui termine en avant la crête de l'os. Cette éminence, que l'on sent facilement à travers la peau , sert de point d'insertion au fascia lata, au couturier, à l'arcade crurale et à l'iliaque. Au-dessous , se voient une échancrure où passent des filets nerveux , et ï épine iliaque antérieure et inférieure qui donne attache à l'un des tendons du muscle droit antérieur de la cuisse. Plus bas, se remarque la coulisse destinée au passage des muscles psoas et iliaque; c'est à son niveau que le bord antérieur, de vertical qu'il était, devient à peu près horizontal. La forme de ce bord imite alors un triangle à base tournée en dehors et recouverte par le muscle pectine. Le bord antérieur de cette espèce de triangle fait suite à la lèvre antérieure de la gouttière sous-pubienne; son bord postérieur tranchant , appelé crête du pubis , se continue avec la
ligne saillante qui forme la limite inférieure de la fosse iliaque interne. Sur ^ette surface triangulaire s'élève l'éminence ilio-pectinée . à laquelle s'insère le muscle petit psoas. quand il existe. Au sommet du triangle existe V épine du pubis ., dirigée en avant, faisant saillie sous la peau chez les personnes maigres; elle donne insertion au muscle droit de l'abdomen , ainsi qu'au pyramidal et au pilier externe de l'anneau inguinal. La portion horizontale du bord antérieur se termine par V angle du pubis, presque di'oit, formé par la réunion du bord antérieur et du bord inférieur, et qu'il ne faut pas confondre avec l'épine.
31. Le Z'O/'r/^OJf^r/Vz/rné de l'épine iliaque postérieure et supérieure, présente, au-dessous de cette eminence, une échancrure qui la sépare dune autre eminence appelée épine postérieure et inférieure ; celle-ci donne en dehors attache à des ligamens, et forme eu dedans la petite extrémité de la s\"mphvse sacro-iliaque. Au-dessous est la gi'ande échancrure iskiatique^ profonde de deux pouces, revêtue dans son pourtour d'une expansion ligamenteuse et aponévroùque; elle se termine inférieurement par une épine aigué et tranchante qui porte le nom d^ épine iskiatique. Entre cette épine et la tubérosité iskiatique, se trouve la petite échancrure iskiatique^ véritable gouttière sur laquelle glisse le tendon de l'obturateur interne.
32. Comme tous les os lai'ges, Tos coxal se compose de tissu compacte et de substance spongieuse : il présente un volume différent, suivant les parties où on l'étudié; très épais à la crête iliaque, à la tubérosité de l'ischion, à la partie postérieure et supérieure de la cavité cotvloïde, il est mince dans la partie
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concave de la fosse iliaque et. dans le fond de la cavité cotyloïde.
33. L'os coxal s'articule avec le sacrum par la symphyse sacro-iliaque, avec le fémur par la cavité cotyloïde , et avec son congénère par la symphyse pubienne.
34. Le développement de cet os présente des particularités curieuses, et qui n'ont été bien observées que dans ces derniers temps. Son existence est indiquée par trois points primitifs d'ossification auxquels viennent s'ajouter cinq autres points secondaires. De ces trois points primitifs, le premier se montre dans l'ilium à cinquante jours environ de la conception; le second dans l'iskium, à la fin du troisième mois ; et le dernier dans le pubis pendant le cinquième mois. Cette séparation primitive de l'os en trois parties l'avait fait considérer comme formé de trois os qu'on nommait ilium, iskium, pubis. \2ilium. constitue la partie plate de l'os et la portion supérieure de la cavité cotyloïde. Y,q pubis ^ aussi appelé os barré ^ comprend 1° la partie interne de la ♦avité cotyloïde; 2° la partie horizontale, appelée corps du pubis , qui circonscrit supérieurement le trou souspubien ; 3' la branche descendante du pubis, qui limite en dedans le même trou ; cette branche ne descend point verticalement , elle s'éloigne , au contraire , de celle du côté opposé , en imitant un V renversé. Cette disposition , beaucoup plus marquée chez la femme que chez l'homme, est éminemment propre à favoriser le
' passage de l'enfant. Enfin ïisÂium, troisième portion de l'os coxal, se compose l'du corps de l'is/duni ., partie presque verticale , épaisse , prismatique , triangulaire , limitant en dehors le trou sous-pubien , et dont la portion inférieure est formée par la tubérosité iskiatique ;
2" de la branche ascendante de Viskium oblique , servant en bas et en dedans de limite au trou sous-pubien , et qui se prolonge vers la branche descendante du pubis ; 3" de la partie inférieure de la cavité cotyloide.
35. Dans le fœtus à terme, on ne trouve que trois parties ossifiées, l'ilium, la branche horizontale du pubis et la portion sous-cotyloïdienne de Tiskium; toutes les autres sont cartilagineuses. Les limites de ces trois pièces sont indiquées au fond de la cavité cotyloïde par un cartilage intermédiaire en forme d'Y. De treize à quinze ans, l'ossification de la cavité est terminée. C'est à cette époque qu'apparaissent les cinq points secondaires, savoir : Tépiphyse marginale qui constitue la crête iliaque , l'épiphyse de la tubérosité iskiatique, les deux épiphyses de l'épine iliaque antérieure et inférieure et de l'angle du pubis , enfin le point de la cavité cotyloïde signalé par ]M. Serres. Ces diverses épiphvses ne se soudent définitivement avec le corps de l'os que de dix-hnit à vingt ans. Il faut toutefois en excepter celle de la crête iliaque , dont la réunion n'a lieu qu'à vingtdeux, vingt-quatre et même vmgt-cinq ans.
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