‹ Traitâe pratique des accouchemensChapitre 27 sur 69 · DE LA VULVE · texte numérisé non relu

DE LA VULVE

150. Les anciens anatomistes désignaient sous le nom de vuli'e, de valva^ de cunnus ^ de pudendum muliebre , cette grande fente ou scissure longitudinale située, au bas du tronc, sur la ligne médiane bornée en avant par le pénil, en arrière par le périnée, latéralement par deux replis de la peau nommés grandes lèvres. Quelques modernes comprennent, sous cette dénomination, outre la scissure dont nous parlons, toutes les parties que les grandes lèvres renferment et qu'on aperçoit en les écartant l'une de l'autre ; cette acception , plus étendue, est celle que nous adoptons.

151. L'ouverture de la vulve sert de porte aux organes situés plus profondément ; elle offre une étendue variable suivant l'âge, les différens sujets, les circonstances individuelles dans lesquelles les femmes se trouvent placées. Sa grandeur, ordinairement double de celle de l'orifice du vagin après la destruction de l'hymen , est très petite dans l'enfance, petite et étroite chez les filles, plus large, plus étendue chez les femmes; elle acquiert des dimensions énormes au moment de l'accouchement. Cette ouverture conserve en général de grandes dimensions chez les femmes qui ont eu beaucoup d'enfans, et surtout chez celles qui, abandonnées à elles-mêmes ou mal secourues dans les derniers temps du travail , ont éprouvé une déchirure plus ou moins étendue du périnée.

DES GRANDES LÈVRES. lOÏ

§ P*". Les grandes lèvres.

152. Les grandes lèvres sont deux replis membraneux qui bordent latéralement l'orifice vulvaire; allongées de haut en bas , elles ont une épaisseur successivement décroissante d'avant en arrière , et sont tapissées par une membrane muqueuse à leur face interne ; leur face externe, en rapport avec la partie supérieure et interne de la cuisse, est formée par la peau parsemée de quelques poils. Adhérentes par leur bord supérieur, elles offrent un bord inférieur libre et arrondi. Réunies par leur extrémité antérieure, qui se perd dans le pénil , elles forment ce qu'on appelle la commissure antérieure de la vulve. Elles marchent ensuite parallèlement et accolées l'une à l'autre dans les trois quarts antérieurs de leur étendue, puis, s'écartant à mesure qu'elles s'affaissent et qu'elles se portent ea arrière, elles finissent par se confondre et se perdre sur le bord antérieur du périnée , où elles forment une espèce de bride connue sous le nom àe fourchette ou de commissure postérieure de la vulve.

153. L'écartement que les grandes lèvres laissent entre elles à leur partie postérieure, constitue une espèce de rainure ou gouttière qui est limitée par la fosse naviculaire, et qui conduit à l'orifice du vagin; c'est sur ce point qu'il convient de diriger l'extrémité du doigt, comme nous le dirons plus tard, lorsqu'on veut pratiquer le toucher. ,

1 54. Les grandes lèvres sont formées par la peau , l'origine de la membrane muqueuse génito-urinaire, du tissu cellulaire séreux, lâche, filamenteux, dans lequel il ne s'amasse pas dégraisse, par des vaisseaux et des nerfsfour-

iGÎ TRAITA DES ACCOUCHEMENS.

nis par les honteux externes, et par quelques expansions fibreuses.

Dans l'état ordinaire de la vie , elles servent , parleur rapprochement, à couvrir, proléger, abriter du contact de l'air et des corps extérieurs, les organes qu'elles renferment, à les maintenir, dans le degré d'humidité, de souplesse et de sensibilité convenables; au ilionient du passage de l'enfant, elles servent à l'ampliation de la vulve, parleur affaissement et leur allongement.

155. Les grandes lèvres peuvent être le siège d'inflammations, d'abcès, de hernies, de varices, de trombus, d'infihration séreuse, de tumeurs enkistées de diverses natures, quelquefois même de lypomes , maladies qui peuvent nuire au libre exercice de leurs fonctions, ou être la source d'accidens variés, desquels nous aurons occasion de nous occuper plus tard.

Les parties recouvertes par les grandes lèvres Sont : les petites lèvres, le cUtoris, le vestibule, le méat urinaire, l'hymen, les caroncules mirtyformes, et la fosse naviculaire.

§ H. — Des petites lèvres.

156. JjGs petites lèvres ou nymphes sont deux replis membraneux situés entre les grandes lèvres ; elles s'étendent depuis la commissure antérieure de la vulve, jusque vers le milieu de l'orifice du vagin. Leur forme est comparable à celle d'une petite crête de coq; elles offrent deux faces, l'une externe, en rapport avec les grandes lèvres; l'autre interne, en contact avec elle-même; elles recouvrent le vestibule, le méat urinaire et une partie de l'orifice du vagin. Deux bords, l'un supérieur et adhérent, l'autre

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