DES PETITES LÈVRES
inférieur et libre; deux extrémités, l'une, antérieure, se réunit avec celle du côté opposé, un peu au-dessous de la commissure antérieure de la vulve, où elles forment une espèce de capuchon, de prépuce au clitoris; l'autre, postérieure, s'efface et se confond avec la grande lèvre à laquelle elle correspond.
Les petites lèvres sont formées, à l'extérieur, par la membrane muqueuse de la vulve, intérieurement, par un tissu celKilaire spongieux, érectile, quiestunecontinuation du tissu propre du vagin; et par des vaisseanx et des nerfs; elles jouissent d'une assez grande sensibilité.
157. Les anciens leur attribuaient Tusage de diriger le cours des urines; de \h\enoindenj-niphes sous lequel ils les désignaient. On pense assez généralement aujourd'hui qu'au moment de l'accouchement elles servent à l'ampliation de la vulve ; mais elles y concourent très peu , comme il est facile de s'en assurer en examinant ces parties dans le dernier temps du travail. Ces i eplis s'effacent si peu , que, dans un cas, nous avons vu la petite lèvre droite, poussée par la tête de l'enfant, se détacher dans toute sa longueur, et ne rester adhéi-ente que par son extrémité antérieure.
158. Les petites lèvres offrent, sous le rapport de leur couleur et de leur développement, des variétés assez grandes : lisses, rénitentes et vermeilles chez les jeunes filles bien portantes ; elles sont flasques et blafardes chez les femmes lymphatiques , surtout chez celles qui sont tourmentées par des fleurs blanches ; granuleuses et noirâtres chez les femmes brunes; elles ont, chez l'enfant naissant, une longueur telle, qu'elles dépassent les grandes lèvres; cette prédominance, qui disparaît avec l'âge, se conserve quelquefois, surtout chez les brunes.
Chez quelques sujets , ce développement insolite peut être porté au point de constituer une incommodité véritable , et mettre dans le cas de recourir à une opération. C'est au grand développement des petites lèvres qu'il faut rapporter cette particularité qu'on dit être propre aux femmes Bochismanes, et qu'on désigne sous le nom de tablier des Hottentotes .
§ III. Du clitoris.
159. Le clitoris est situé au point de jonction des petites lèvres; c'est une espèce de pénis rudimentaire imperforé, terminé par un tubercule en forme de
-gland , composé comme le pénis, de l'homme, de deux corps caverneux qui naissent des branches iskio-pubiennes. Ces corps, séparés à leur origine, embrassés chacun, comme chez l'homme, par un muscle iskiocaverneux , se rapprochent en montant , se réunissent au-dessous et au-devant de la symphyse des pubis, à laquelle ils sont unis par un ligament suspenseur.
Dans le fœtus et les enfans nouveau-nés , le clitoris paraît avoir un assez grand ^•olume; il dépasse la vulve : mais cette prédominance n'est qu'apparente ; elle est due au défaut de développement des organes voisins, particulièrement des grandes lèvres. Chez la femme adulte, son volume est peu considérable : Heister l'a comparé à celui d'une petite luette.
160. Le clitoris jouit d'une gi'ande sensibilité; il est susceptible d'érection : on le considère comme le siège principal de la sensation voluptueuse qu'éprouvent les femmes dans l'accomplissement de l'acte générateur. De
DU CLITORTS. 105
là le nom de ieneris amor et didcedo que lui avait donné Colombus. Cet organe ne sert en aucune manière à l'accouchement.
IGl. Le clitoris offre des anomalies remarquables sous le rapport de son volume : il acquiert quelquefois des dimensions telles qu'il a pu en imposer sur le sexe véritable de l'individu. Ainsi on a vu des clitoris avoir depuis un jusqu'à douze pouces et plus de longueur (1).
Il y a une dizaine d'années, nous fûmes mandé, en l'absence d'un de nos confrères , pour assister une dame rue des Saints-Pères. Lorsque nous arrivâmes , l'enfant était au monde et déjà placé sur les genoux d'une femme qui lui donnait des soins. Après la déli- VB'ance de la mère , on nous engagea à voir l'enfant , qui , déclaré garçon par les assistans , comblait de joie toute la famille. En l'examinant de près, nous reconnûmes que ce prétendu garçon était une fille , dont le clitoris , long d'un pouce environ , et terminé par un tubercule gros comme une petite framboise, simulant un gland non recouvert par le prépuce, en avait imposé aux femmes et aux parens.
162. On a cru, et tous les jours on répète, que les femmes qui offrent cette disposition, éprouvent des penchans cjui les portent à rechercher les individus de leur sexe, plutôt que ceux du sexe opposé. Les anciens désignaient ces fe^imes sous les noms de con/ricatrices , de tribadœ , mais il y a apparence que ces penchans honteux sont plutôt le résultat d'une dépravation extrême que d'une organisation spéciale. C'est du moins ce qu'il
(l) Haller. Elementa physiologice, tome Vil, pars II, pag. 82.
est permis de croire, d'après les recherches de Parent Duchdtelet, qui dit (1) que « le développement du clitoris est rare chez les prostituées ; que ce développement, lorsqu'il existe, n'indique pas chez elles de penchans contre nature; que quand il a examiné des filles ou des femmes adonnées à ce vice honteux, jamais elles n*ont présenté dans leur organisation la moindre chose qui les distinguât du reste des prostituées ou du commun des femmes. «On conçoit cependant qu'un clitoris volumineux, exposé dans la marche à un fiottement continuel de la pari des vêtemens, ou par toute autre cause, puisse entretenir un état d'orgasme, de fluxion sur les organes génitaux, capable de nuire à la santé de ces femmes, et, au dire de quelques auteurs, de donner naissance à la nymphomanie, maladie contre laquelle, dès la plus haute antiquité, on a conseillé et employé l'amputation et la cautérisation du clitoris. •
Les enveloppes fibreuses de ce corps peuvent Se laisser pénétrer par le phosphate de chaux, le retenir dans leur tissu et donner à cet organe une consistance osseuse. Thomas Bartholin cite (2) le cas d'une courtisane vénitienne chez laquelle le clitoris était osseux.
(r) De la prostitution dans la -ville de Paris , considérée sous le rapport de l'hygiène publique , de la morale et de F administration. Pans, i836. Tome I, page 220 et suivantes.
(2) Anatomia reformata ^ Lugd., Batar. et BoeroJ., 1669, lib. I, cap. 34 , pag. 187.
DE l'urètke. 107
§ IV. Du vestibule.
163. Le vestibule^ espace triangulaire limité en haut et en avant par le clitoris, en arrièi-e et en bas par l'orifice de l'urètre, latéralement par les petites lèvres, n'offre rien de remarquable. C'est par cet espace qu'on pétiètre dans la vessie lorsqu'on prati(!ue la taille souspubienne sur la femme ; il peut aussi servir de guide dans le cathétérisme pour arriver dans le canal de l'urètre, dont l'orifice est immédiatement au-dessous.
§ III. De l'urètre.
164. V orifice externe de V urètre ^ désigné à tort par quelques personnes sous le nom de méat urinaire^ est placé au-dessous du vestibule, au-devant de l'ouverture antérieure du vagin. Cet oritlce, oïdinairement plus étroit que le canal qu'il termine , est irrégulièrement arrondi, entouré d'un renflement ou bourrelet membraneux parsemé de follicules muqueux assez abondans.
165. Uurètie y qui fait suite à cet orifice, est un canal long de douze à quinze lignes, plus large et plus facilement dilatable que celui de l'homme , dirigé obliquement d'avant en arrière et de bas en haut, dessous et derrière la symphyse des publis, de laquelle il est séparé par un tissu cellulaire extrêmement lâche; ses parties mférieures et latérales sont logées en partie dans la paroi antérieure du vagin; son extrémité supérieure s'ouvre dans la vessie.
166. Pendant la grossesse et pendant l'accouchement, l'urètre éprouve quelquefois des changemens dans sa direction qui peuvent occasionner le déplacement de
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son orifice et dorîner lieu à des méprises ou à des difficultés très grandes lorsqu'il s'agit de pratiquer le cathétérisme. L'élévation de l'utérus, la distension du vagin par la partie de l'enfant qui se présente, accole l'urètre contre les pubis , entraîne son orifice derrière la symphyse. Lorsqu'on veut sonder les femmes eu pareilles circonstances, il faut avoir soin d'introduire la sonde derrière la symphyse et parallèlement à sa direction.
167, La membrane muqueuse du canal de l'urètre peut être affectée de boursouflement, de prolapsus. Elle peut aussi être le siège de productions polypeuses. Nous fûmes consulté , en 1816, par une femme blonde d'une quarantaine d'années, qui, lorsqu'elle marchait, se plaignait d'éprouver des tiraillemens douloureux dans le canal de l'urètre , suivis souvent de difficultés d'uriner; elle nous dit de plus qu'elle ne pouvait supporter sans douleur les embrassemens de son mari , et qu'à la suite de ces rapprochemens , son linge était taché de sang. Ayant examiné les organes de la génération , nous trouvâmes une masse fongueuse , rouge , de la forme et du volume d'une belle fraise, qui, sortant du canal de l'urètre, y adhérait par un pédicule étroit, long de six à huit lignes. Il nous fut fa(;ile de saisir ce polype et de l'exciser en attirant fortement son pédicule en dehors; cette femme fut à l'instant même débarrassée de ses incommodités.
§ VI. De l'hymen.
Au-dessous de l'orifice de l'urètre on trouve l'ouverture inférieure du vagin qui chez les vierges est pourvu d'une membrane nommée hymen ^ flos virgùiitatis , claiistrum virginale , etc.