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Cette membrane , sur l'existence constante de la

DE l'hymen. 109

quelle des discussions nombreuses et animées se sont élevées parmi les anatomistes, est située à l'orifice du vagin , qu'elle contribue à rétrécir; on la rencontre toujours dans l'espèce humaine, et aussi dans quelques espèces animales, lorsque toutefois elle n'a pas été détruite par accident ou par quelque violence exercée sur elle.

L'hymen a souvent la forme d'un croissant, dont la convexité adhérente est dirigée en bas, tandis que la concavité libre, flottante, est tournée en haut; quelquefois elle est circulaire , et dans ce cas elle offre ordinairement une ouverture centrale unique, ou des ouvertures étroites et multiples , pour livrer passage aux divers écoulemens qui proviennent de l'utérus et du vagin; d'autres fois elle est imperforée, et alors elle devient, à l'époque de la puberté, une cause d'accidens que nous examinerons en parlant de l'occlusion du vagin.

L'hymen est formé par un repli de la membrane muqueuse de la vulve , par une petite quantité de tissu érectile, parsemé de quelques filets nerveux et de beaucoup de vaisseaux, comme le prouvent la douleur et l'écoulement de sang qui accompagnent presque toujours sa déchirure. La largeur, l'épaisseur, la densité de cette membrane varient; ordinairement mince et ferme, elle se déchire facilement; d'autres fois molle et lâche, elle cède sans se rompre; dans quelques cas rares, dense, épaisse et fibreuse , elle offre une résistance qui peut s'opposer à l'union des sexes, ou devenir un obstacle au moment de l'accouchement.

169. Cette membrane, dont les usages n'ont pas été déterminés d'une manière rigoureuse, et qui ne paraissent pas très importans, puisqu'elle peut être détruite sans

inconvéniens , a été regardée par les physiologistes comme le signe de la virginité; mais il faut savoir qu'elle peut avoir été détruite par des causes accidentelles chez des filles très pures, tandis qu'on la rencontre entière chez d'autres au moment d'accoucher.

170. Aumois dejuin 1823, nousfûmes consulté par une jeune personne de dix-huit à vingt ans, qui depuis six mois éprouvait différentes incommodités, accompa" gnées de suppression du flux menstruel , de développement du ventre et des seins. Depuis quelque temps, elle ressentait des mouvemens insolites dans l'hvpogaslre, et ne savait à quelle cause attribuer ces dérangemens. L'énumération de ces symptômes, l'état de fraîciieur et d'embonpoint de la jeune personne, le libre exercice des autres fonctions, nous firent croire à l'existence d'une grossesse. Lorsque nous eûmes fait connaître notre pensée, cette jeune fille nous assura n'avoir jamais eu de commerce avec un homme. D'après une semblable assertion, au lieu de pratiquer le toucher, nous demandâmes à prendre connaissance des organes de la génération, nous fûmes fort surpris de trouver l'hymen intact. Malgré la présence de ce signe extérieur de la virginité, un examen très attentif fortifia nos premiers soupçons, que des aveux tardifs finirent par confirmer. En effet, quoiqu'il n'y ait pas eu accomplissement parfait de l'acte générateur, la conception n'avait pas moins eu lieu; cette jeune fille était grosse de six mois. Ce fait, . dont on trouve des analogues dans la science, est aussi intéressant sous le point de vue physiologique que sous celui de la médecine légale.

DES CARONCULES MYRTIFORMES. 111

5 VII. Des caroncules myrtiformes.

171. Les caroncules myrtiformes sont des tubercules rougeatres, arrondis, situésà Torificedu vagin, àla place qu'occupait l'hymen, selon les uns, un peu en arrière, selon d'autres, ordinairement au nombre de deux ou de quatre, rarement de cinq, disposés par paire; les deux postérieurs sont en général plus gros, plus longs que les deux antérieurs.

172. La majeure partie des anatomistes les considèrent comme les débris de la membrane hymen cicatrisés isolément; d'autres comme la terminaison des colonnes du vagin, et leur assignent une existence indépendante de la membrane hymen (1); d'autres enfin pensent que quelques unes de ces caroncules, les antérieures, sont des valvules de la membrane muqueuse du vagin. Ces caroncules paraissent avoir pour usage de servir à l'ampliation de la vulve, car elles s'effacent au moment du passage de l'enfant.

173. Les caroncules acquièrent quelquefois un grand développement. Au mois de décembre 1834, une dame, qui demeurait rue de Greuelle-Saint-Honoré, que nous avions accouchée dix mois avant, nous fit appeler pour la débarrasser d'une inconmiodité qu'elle attribuait à une portion du cordon ombilical que, di»ait-elle, nous avions laissée lors de sa délivrance. En examinant cette dame, nous trouvâmes à la partie postérieure de la vulve une production charnue longue de deux pouces environ, grosse comme le tuyau d'une plume à écrire, qui était formée par le développement insolite de la ca-

(!) Haller. Loco cilalo, totn. VII, pars II , pag. 9».

Il2 TRAITÉ DES ACCOUCHEMEKS.

roncule myrtiforme inférieure et gauche. Un simple coup de ciseaux suffit poiir débarrasser celte dame de cette excroissance.

§ VIII. Fosse naviculaire.

1 74. \jSifossenaviculaire est un enfoncement situé entre l'orifice du vagin et la commissure postérieure de la vulve. Cette fosse, qui a quelque ressemblance avec la cavité d'une nacelle^ a tout au plus six lignes d'étendue; elle est très prononcée chez les filles et les femmes qui n'ont pas eu d'cnfans, mais elle disparaît chez celles qui, en accouchant, ont éprouvé une déchirure du périnée. C'est le lieu le plus déclive de la vulve, le réceptacle de tous les écoulemensqui proviennent de l'utéruset du vagin. Chez les filles publiques, elle est souvent le siège d'inflammation , d'ulcérations syphilitiques. Lorqu'onn'apas le soin de hâter la cicatrisation de ces ulcères, ou lorsque ces filles, infectées depuis long-temps, viennent trop tard à l'hôpital réclamer des secours, il arrive, comme nous avons eu occasion de l'observer plusieurs fois, que ces ulcérations perforent la cloison recto-vaginale, et donnent naissance à une fistule rebelle et souvent incurable.

§ IX. De la fourchette ou commissure postérieure.

175. Ytdi fourchette est une espèce de bride qui termine inférieurement la vulve et la sépare du périnée; elle résulte de la fusion de l'extrémité postérieure des grandes lèvres sur la ligne médiane du corps; c'est elle qui constitue la commissure pos^rieure ; c'est le point le plus dense, le plus résistant de la vulve; il ne cède qu'avec peine; il est souvent rompu, déchiré, dans le premier accouchement.

f BU PERINEE. 113

176. Les vaisseaux sanguins de la vulve sont nombreux et d'un petit calibre; ils sont fournis par les hypoo-astriques et les fémoraux; les vaisseaux lymphatiques se rendent, pour la plupart, dans les ganglions inguinaux; les nerfs proviennent de la deuxième paire lombaire, par les petits sciatiques^ et surtout parles nerfs honteux ou sous-pelviens.

ARTICLE IIL

DU Pl'rINKE.

177. I^a région inférieure du tronc est formée par une espèce de plancher musculo-membraneux qui s'étend du coccyx au pubis, embrasse toute la circonférence inférieure du bassin, et, comme nous l'avons déjà dit, offre les ouvertures de terminaison des trois grands appareils urlnaires , génc'^'ateurs et digestifs. C'est tout cet espace qui, selon nous, mérite le nom de périnée. Dans le langage ordinaire , on donne le nom de périnée, chez l'homme, à la partie antérieure et triangulaire de cet espace, limitée latéralement par les branches iskiopubiennes , postérieurement par une ligne qui, se portant d'une tubérosité iskiatique à l'autre, diviserait l'anus en deux parties égales. Chez la femme, cette dénomination ne s'applique qu'à l'espace plus circonscrit qui sépare la vulve de l'anus.

178. Le périnée de la femme forme une espèce de pont quadrangulaire, dont la largeur variable peut être évaluée, terme moyen, à douze ou quinze lignes chez les femmes qui n'ont pas eu d'enfant, et moindre chez celles qui en ont eu, quand il a sid^i une déchirure

H4 TRAITÉ DES ACCOUCHEMEWS.

pendant raccouchement. Il offre à l'extérieur une ligne laédjane saillante , qui est le rcîphé.

179. Le périnée est cojnposé, en procédant de Textérieur à l'intérieur, de la peau, d'une couche de tissu cellulaire graisseux, de l'aponévrose périnéale, qui offre à son milieu l'ouverture de la vulve, des muscles sphincter externes de l'anus, des constricteurs du vagin (bulbo-caverneux), des transyerses, des releveurs de l'anus, des artères superficielles et transverses dû périnée, qui sont moins grosses que chez l'homme, de veines, de vaisseaux lymphatiques et de nerfs qui n'offrent rien de particulier,

ISO. Dans le dernier temps du travail de l'accouchement, le périnée résiste d'abord, puis il s'affaisse, s'allonge, se tend, et acquiert, dans quelques cas, jusqu'à quatre et cinq pouces d'étendue. Dans ce moment, il arrive quelquefois qu'il se déchire, ou, ce qui est plus rare, qu'il se perfore à sou centre pour livrer passage à l'enfant par cette voie accidentelle (1).

Le périnée peut être le siège de hernies formées, soit par la vessie, soit par l'intestin, ainsi que Merry (2),Smellie (3), Curade père (4), en ont rapporté des exemples.

(1) Voyez 1p Mémoire que nous aTons publié à ce sujet : Considérations tuT Ici perforations du périnée, et sur le passage de l'enfunt à travers cette partie. Rt-vue, cahier de juin lûôO, el les leçons or;i!es de clinique chirurgicale faites par DupuyUen, tom. ô, page 173.

(2") Mémoirei de l'Jcadèmie royale des Sciences, année 1753, page lif.

{3) Lococilalo, tom. II, page 171 et 173.

(4) ifémoirct de l'Académie royale d» Chirurgie , lom. II, in-i", page2S.

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