‹ Traitâe pratique des accouchemensChapitre 31 sur 69 · SsL grandeur varie suivant l'âge , les individus · texte numérisé non relu

SsL grandeur varie suivant l'âge , les individus

les diverses circonstances tîe la vie.to Suivant l'âge; relativement, il est très long dans le fétus; après la naissance , il suit l'accroissement des autres parties, etpar conséquent est moins grand dans lenfance que dans l'âge adulte. 2° Suivant les divers individus. 11 est très long chez quelques femmes, très court chez d'autres. 3» Par rapport aux différentes circonstances de la vie. Il est plus long et moins large chez les filles que chez les femmes, et surtout chez celles qui ont eu des enfans. Enfin, chez une femme bien conformée, sa longueur est de cinq à six pouces, et sa largeur d'un pouce environ; mais comme il est très extensible , ses dimensions changent suivant diverses circ^onstances, telles que celles qui résultent de la grossesse et de l'accouchement.

185. Pour faciliter l'étude du vagin , nous lui considérons une surface extérieure, une surface intérieure, etdeux extrémités.

Sa surface externe répond, en devant, à l'urètre et à la vessie, en arrière au rectum, sur les côtés aux uretères, aux artères ombilicales, aux ligamens larges, aux plexus sacrés , aux vaisseaux hypogastriques , aux muscles releveurs de l'anus , et au tissu cellulaire abondant qui tapisse le bassin. Cette surface lisse n'est recouverte par le péritoine qu'en haut et en arrière, dans un cinquième environ de son étendue. Dans les autres points elle est unie à l'urètre, à la vessie antérieurement, au rectum postérieurement, et adhère d'autant plus à ces organes , qu'elle se rapproche davantage de la vulve, excepté en bas et en arrière, où elle s'éloigne du rectum et laisse entre elle, l'intestin et le périnée, un espace triangulaire, occupé par du tissu cellulaire. Sa surface interne est en contact avec elle-même ;

DU VAGITTo 117

Wti la divise en paroi antérieure et en paroi postérieure. Chacune de ces parois présente à sa partie moyenne une ligne longitudinale, saillante, qui en parcourt toute la longueur; celle qu'on observe sur la paroi antérieure est plus prononcée que celle qui existe sur la postérieure : elles ont été nommées par Haller colonnes du vagin. Ces deux lignes sont terminées inférieurement par un ou deux tubercules, que quelques anatomistes ont pris pour les caroncules myrtiformes, et c'est une des raisons sur lesquelles ils se sont étayés pour admettre l'existence de ces caroncules indépendamment de l'hymen. Les colonnes du vagin sont coupées à angle droit par des lignes transversales et parallèles, lignes d'autant plus saillantes et plus serrées, qu'on les considère plus près delà vulve; cependant leur existence n'est pas constante^ car on rencontre quelquefois des vagins complètement dépourvus de rides ; on pense assez généralement qu'elles sont destinées à permettre l'ampliatîon du vagin lors de l'accouchement; mais par leur direction, elles paraissent plutôt propres à favoriser l'allongement de cet organe, nécessité par l'élévation de l'utérus, pendant la grossesse. Selon Haller, elles ont encore pour usage , de multiplier les points de r;ontact entre les organes de la génération , et d'augmenter la sensation qui se développe pendant le coït.

Son extrémité inférieure ou l'orifice externe se termine à la vulve, au-dessous de l'urètre; il est rétréci ; chez les vierges , il présente ordinairement la membrane hymen dont nous avons parlé.

Son extrémité supérieure ou interne embrasse le col de l'utérus, et forme un cul-de-sac d'autant plus profond, que ce col est plus saillant.

., 186. Organisa fio/i.J^e y n^']nçs[ composéd'un tissiipiw pi'e, (rLinetLinic|ue externe ou celluleuse, d'une membrane interne ou muqueuse , de muscles, de vaisseaux sanguins, lynijjhatHjues, de nerfs, et d'une fadile partie du péritpiue.

î^e tissu propre du vagin dont la nature n'est pas bien déterminée, mais qui paraît se rapprocher du tissu fibreux , présente une épaisseur d'une ligne et demie en bas, et moindre du côté de l'utérus; sa cou-» leur est grisâtre, d'apparence nacrée; sa texture dense et serrée; il est parsemé d'un grand nombre de vaisseaux sanguins; vers sa partie inférieure, le tissu propre du vagin se transforme en un tissu spongieux, érectile. C'est cette partie qui entoure l'orifice du vagin que les anatomistes ont appelée pie.xus rétiforme. C'est lui qui, pendant l'orgasme vénérien, a pour usage d'augmenter la résistance du vagin et de rétrécir sa cavité.

1 87. Le vagin est tapissé à l'mtérieur par une membrane muqueuse qui se continue en avant avec celle de la vulve, en arrièreavec la membrane interne de l'utérus. L'épiderme de cette membrane est susceptible de s'épaissir; on y trouve même quelquefois des points cartilagineux, surtout vers la partie inférieure. C'est cette membrane qui forme les rides dont nous avons parlé.

Le muscle constricteur du vagin ou périnéo" clitorien, est formé par quelques fibres qui se détachent du sphincter de l'anus. Ce muscle entoure l'orifice infë-» rieur du vagin ; il a pour usage de rétrécir cet orifice et d'abaisser le clitoris.

188. Le vagin reçoit ses artères de l'iliaque interne, §68 nerfs du plexus sacré; ses veines se rendent dans le plexus rëtiforme, ses vaisseaux lymphatiques dans le

DE l'utérus. 119

plexus lymphatique hypogastrique, en suivant ïe trajet des artères vaginales.

189. Le vagin a pour usage de livrer passage aux corps qui du dehors se portent à l'utérus, et à ceux qui, de l'utérus, se portent à l'extérieur, comme les règles, le produit de la conception, etc.

ARTICLE II

DE L UTERUS.

190. L'utérus est uii viscère creux, propre aux femelles des mammifères , destiné à recevoir le germe après sa fécondation, à le protéger, le conserver jusr qu'à son expulsion. Véritable organe d'incubation , de nutrition, de développement, il a reçu les noms de vçepa, {a.£Tpa ( Hippocrates\ vuh>a ( Celse [ 1 ] ) , matrix, utérus j connu vulgaii-ement sous celui de matrice, on lui conserve, dans le langage scientifique , le nom d'utérus.

191. Situation. L'utérus est situé dans le petit bassin, au-dessus du vagin, au-dessous des intestins grêles, derrière la vessie , devant le rectum, dont il est quelquefois séparé par une portion de l'épiploon ou de l'intestin; grêle; ses parties latérales répondent aux ligamens laçges; sa direction est telle, que son extrémité supérieure regarde en haut et^ en avant, l'inférieure en bas et en arrière. 11 est presque toujours un peu plus incliné à, droite qu'à gauche ; sa situation varie suivant son état de vacuité ou de plénitude ;, suivant l'état des organes

(J) CorneliiCelsi , De r« ffie</Jca. Parisiis, 1772, lib. IV, p. 172.

120 ï'RAIT]é DES ACCOUCKEMEWS.

qui favoisinentj chez l'adulte, la base de cet organe est presqu'au niveau du détroit abdominal; dans le fœtus et l'enfant nouveau-né , l'organe est tout-à-fait au-dessus.

192. Forme. Elle est à peu près prismatique ou pyramidale; on l'a comparée à celle d'une petite poire aplatie d'avant en arrière, dont la base serait tournée en haut et la pointe en bas.

193. Volume. Il est variable. Chez l'enfant nouveauné cet organe est très petit; il prend un accroissement rapide vers l'âge de la puberté; il continue de croître jusqu'à l'âge adulte; il diminué et acquiert plus de densité à l'époque où les femmes cessent d'être aptes à la fécondation. Chez une femme adulte, la longueur de l'utérus est, terme moyen, de trois pouces environ, sa largeur de deux pouces et quelques lignes au niveau des trompes, son épaisseur est de huit à neuf lignes, ce qui donne à peu près quatre lignes d'épaisseur pour chacune de ses parois. Son poids est, d'après Meckel, de sept à huit gros chez la femme qui n'a pas eu d'enfant , tandis qu'il. s'élève souvent jusqu'à douze gros, ou une once et demie , chez celle qui en a porté dans son sein ; différence qu'il faut attribuer, soit à ce que l'utérus distendu ne revient jamais complètement sur lui-même, soit, ce qui nous paraît plus probable, à un surcroît de nutrition, résultat de la grossesse.

194. Division. Pour l'étude physiologique de l'utérus, c*est-à-dire pour apprécier son mode de développement et quelques uns de ses usages, on le divise en trois parties, l'une supérieure ou fond ^ comprend tout ce qui se trouve au-dessus d'une ligne horizontale, menée de l'insertion de l'une des trompes à celle du côté opposé ; la seconde ou

DE l'utérus. 121

corps est fbrmée par ce qui est situé au-dessous de la même ligne jusqu'à la partie l'étréeic de l'organe. Enfin , la troisième, ou le col., située au-dessous de la précédente ^ est embrassée par le vagin, et forme dans sa cavité une saillie connue sous le nom de museau de tanche. Pour l'étude anatomique, on le divise en surface externe et surface interne.

La surface externe est subdivisée en deux régions , l'une antérieure , l'autre postérieure ; trois bords , un supérieur et deux latéraux; trois angles, deux supérieurs, un inférieur.

La région antérieure , lisse , polie , légèrement convexe, recouverte par le péritoine dans les deux tiers supérieurs de son étendue, est en rapport avec la face postérieure de la vessie, à laquelle elle adhère par sa partie inférieure.

La région postérieure ., plus convexe que la précédente, tapissée par le péritoine dans toute son étendue, répond au rectum et médiatement à la concavité du sacrum.

Le bord supérieur convexe, le seul qui soit recouvert par le péritoine, concourt à former le fond de l'utérus. Les deux bords latéraux., irréguliers, convexes dans leur moitié supérieure, concave dans l'inférieure, sont logés dans l'écartement des deux feuillets du péritoine, qui servent à former les ligamens larges.

IjCS deux angles supérieurs , formés par la rencontre des bords latéraux avec le suoérieur, semblent se prolonger avec les trompes , qui y aboutissent.

L'angle inférieur résulte de la réunion des deux bords latéraux; il est connu sous le nom é^os tincœ , de museau de tanche; il est embrassé obliquement par

le vagin, dans lequel il est libre et fait urle saHlie de quatre à cinq lignes. Il offre, à son sommet, une ouverture ou fente transversale de deux à trois lignes d'étendue, qui le divise en deux parties, l'une antérieure, l'autre postérieure, nommées lèvres du col; l'antérieure, un peu plus épaisse, un peu plus saillante que la postérieure, semble, au toucber, être un peu plus courte. Mais cette apparence est due au mode d'insertion du vagin avec le col ; car si on place l'utérus sur un plan horizontal, après l'avoir isolé du vagin, on voit que ces deux lèvres ont une égale longueur.

195. Chez les filles et les femmes qui n'ont point eu d'enfans, les lèvres du col sont lisses, régulières, peu volumineuses, fermes, un peu effilées, très rapprochées l'une de l'autre. La fente qui les sépare, qu'on nomme orifice externe de rutérus^ mais qu'il vaut mieux désigner sous le nom à^orijîce vaginal, est transversale , régulière, n'a que peu d'étendue, une ligne ou deux au plus.

196. Quand les femmes ont eu des enfans, l'orifice est ordinairement déformé, béant, plus large, plus étendu, moins régulier; les lèvres sont plus épaisses, plus molles, parsemées de rainures, surtout vers le côté gauche du col, où on rencontre souvent une échancrure profonde, traces ordinaires des lacérations que cette partie a éprouvées pendant le travail de l'enfantement.

197. Ces différences, remarquables, ont une grande valeur sous le rapport de la médecine légale. Cependant il ne faut pas leur accorder une confiance absolue ; car dans quelques cas, exceptionnels à la vérité, elles peuvent manquer , ou être produites par des causes autres que l'accouchement.

DE l'utérus. 123

198. 'L^swfnce interne de l'utërus présente une cavité étroite, oblongue, de forme irrégulière, à parois coutiguës; un rétrécissement qui existe vers le milieu de sa longueur la divise eu deux parties, l'une, supérieure, est la cavité du corps; l'autre , inférieure , est la ccwité du col.

La ccwité du corps, de forme triangulaire, contiendrait à peine, dans l'état de vacuité, une grosse fève de marais. Elle présente, 1' deux parois, l'une antérieure, l'autre postérieure, qui offrent chacune sur la ligne médiane une espèce de raphé peu prononcé 2° trois bords, un supérieur, deux latéraux concaves 3° trois angles, deux supérieurs et un inférieur 4° trois ouvertures, une à chaque angle. Les ouvertures qui percent les angles supérieurs sont celles des trompes; elles sont extuêmemcnt étroites, et admettent à peine une soie de sanglier; l'ouverture qui se trouve à l'angle inférieur est beaucoup plus large, elle établit la communication entre la cavité du corps et celle du col; c'est elle qui a reçu le nom à' orifice interne de l'utérus, par opposition à l'ouverture du museau de tanche, qu'on désigne sous celui à^orifice externe ou vaginal. Cette cavité est sans cesse humectée par un fluide séro-muqueux, et aux époques menstruelles par le sang des règles.

La cavité du col, de forme ovalaire, plus spacieuse à sa partie moyenne qu'à ses extrémités, a de douze à quinze lignes de longueur, de cinq à six dans sa plus grande largeur; elle offre aussi deux parois contiguës, l'une antérieure, l'autre postérieure, présentant plusieurs rides, les unes longitudinales, les autres transversales, formées par la membrane qui tapisse le col, dis-

124 TRAITÉ DES ACCODCHEMENS. t^

posées de telle sorte, qu'elles imitent assez bien une feuille (le fougère; elles s'effacent souvent après Taccoucliement. On y remarque aussi les orifices des follicules muqueux destinés à lubrifier cette cavité. Quelques unsde ces follicules s'oblitèrent, et forment alors des espèces de vésicules, d'ampoules remplies par une sorte de gelée visqueuse, transparente; ce sont ces petits corps arrondis qu'on nomme œufs de Naboth. La cavité du col communique en haut avec celle du corps par l'orifice interne, en bas avec celle du vagin par l'orifice externe ou vaginal.

19ÎJ. Organisation. Dans l'état de vacuité, la structure de l'utérus est difficile à saisir ; on y distingue cependant:

1° Une membrane externe fournie par le péritoine, qui, après avoir tapissé la face postérieure de la vessie, se réfléchit d'avant en arrière pour recouvrir successivement la face antérieure , le bord supérieur et la face postérieure de Futérus, en formant en avant et en arrière de cet organe quatre petits replis falciformes, désignés sous les noms de ligaments antérieurs et postérieurs de l'utérus, et de chaque côté deux grands replis connus sous le nom de ligamens larges;

2° Une membrane interne qui tapisse l'intérieur du col, et qui est une continuation de la grande membrane génito-urinaire. L'existence de cette membrane dans ia cavité du corps n'est pas aussi évidente. Chaussier avait avancé qu'il était impossible de la démontrer anatomiquement. Nous-mêmes, dans un travail publié en 1814 (l),.nous avons soutenu la même opinion,

(l) Enal sur la disposition de ta membrane caduque^ ta formation et ses usages, n« 186 du Recueil des thèses in-4 de la Faculté. Paris, 1814.

DE l'dterus. 125

qui a été adoptée et appuyée par les recherches de MM. Rihes et Breschet (1), et professée depuis par Béclard. En effet, l'expérience, le raisonnement, se refusent également à l'admettre, au moins telle qu'elle est, dans le vagin et dans les autres parties du système muqueux. Lorsqu'on examine la surface interne du corps de l'utérus, on voit qu'elle est molle, pulpeuse, qu'elle n'offre ni l'éclat du péritoine, ni la blancheur de la membrane muqueuse du vagin; cette surface, d'un rouge brun ou noirâtre, quelles que soient d'ailleurs les conditions qui ont précédé la mort des femmes, contient ordinairement un fluide brun ou d'un gris sale. Quand on soumet, comme nous l'avons fait plusieurs fois , l'utérus à la macération , à l'ébullition , ou loi'squ'on le dissèque avec soin peu de temps après la mort, il est impossible de suivre la membrame muqueuse au-delà de la cavité du col. Si, d'un autre côté, on fait attention que tous les organes creux pourvus de membrane muqueuse, tels que l'estomac, les intestins, la vessie, le vagin luimême, appelés, par la nature de leurs fonctions, à changer de volume, présentent dans l'état de vacuité une surface hérissée de rides, de plis plus ou moins saillans, formés par la membrane qui les tapisse ; que cette membrane offre de plus des follicules nombreux , pour fournir un mucus abondant destiné à pi'otéger l'organe contre l'action irritante des substances ou des corps qu'ils doivent contenir, ou auxquels ils doivent livi'er passage, on verra que rien de semblable ne s'observe dans la cavité du corps de l'utérus; les follicules ne se rencontrent que dans la cavité du col ; ils y sont disposés sy-

(l) Mémoires de la Société médicale d'émulation, huitième année, 2« pari., page 600, iii-8», Paris, 1817.

126 TRAITÉ DES ACCOUCHOIENS.

métriquement, suivant quatre lignes opposées, deux sur la paroi antérieure, les deux autres sur la paroi postérieure.

Si l'utérus était pourvu d'une membrane muqueuse, pourrait -il se prêter à l'ampliation énorme qu'exige la grossesse, sans qu'il en résultât des déchirures à sa surface interne , déchirures qui arrivent fréquemment au vagin dans le moment de l'accouchement, et dont le col lui-même offre presque constamment des traces chez les femmes qui ont eu des enfants ?

D'aiileurs l'oblitération de la cavité du corps de l'utérus, de même que celle des trompes, s'observe fréquemment dans un âge avancé, comme nous Tarons dit depuis long-temps et comme le confirment les recherches de Mayer rapportées par M. Breschet (1), et, chose remarquable, cette oblitération, suite naturelle des progrès de l'âge, ne s'étend pas plus bas que l'orifice interne, limite qu'anciennement nous avions assignée à la membrane muqueuse. Dans les organes pourvus d'une véritable membrane muqueuse, la cavité subsiste toujours. Dans les anus contre nature anciens, la partie du canal intestinal située au-dessous de l'ouverture accidentelle, ne livrant plus passage aux matières, se rétrécit, mais ne s'oblitère pas.

Nous terminerons ces considérations par une dernière remarque. Les tissus séreux et muqueux communiquent ensemble évidemment par l'ouverture des trompes utérines dans le péritoine. Y a-t-il un point où ces tissus changent, se transforment l'un dans l'autre? Oui

(I) archives générales de médecine, t. X, p. 98.

DE l'utérus. 127

sans cloute; mais quel est ce point? Le tissu séreux s'arrête-t-il brusquement aux cligitations de la trompe? Tapisse-t-il aussi la concavité du pavillon ? S'étend-il dans l'intérieur de la trompe jusqu'à l'utérus? Ou bien le tissu muqueux occupe-t-il toute la cavité utérine? Se prolonget-il, comme on le dit, dans la cavité de la trompe? Se termine-t-il ai^ pavillon, ou s'étend-il au-delà? C'est ce qu'on ne peut démontrer. S'il est impossible d'assigner le point précis où l'un de ces tissus commence, et celui où l'autre finit, d'après ce qui précède, n'est-il pas raisonnable de regarder, la cavité du corps de l'utérus, celle des trompes, comme des surfaces perspiratoires , intermédiaires par leur position , leur organisation , leurs usages aux tissus séreux et muqueux ; c'est sur elles que la transformation s'opère , mais d'une manière graduelle, successive, sans qu'on puisse fixer rigoureusement le lieu où cette mutation s'effectue.

Cette manière de voir acquiert plus de valeur si on fait attention que les exbalations fournies par la surface interne de l'utérus ne sont pas identiques dans tous les points. Haller avait déjà remarqué qu'on trouve dans la cavité du corps une bumeur séreuse, blancbatre, trouble, peu consistante, qui, dans l'utérus des petites filles nouvellement nées , lui a paru semblable à du lait, tandis qu'il a trouvé dans la cavité du col une nuicosité épaisse , dense et rougeâtre. Les exbalations fournies par la cavité du coi'ps de l'utérus offrent, suivant des circonstances variées, mais pbysiologiques pour elle , les caractères des exbalations alternativement pbysiologiquesetmorbides des deux tissus muqueux et séreux. Ainsi, dans l'état ordinaire de santé, la matière exbalée par la cavité utérine a beaucoup d'analogie avec le mucus. Cette

surface est-elle excitée d'une manière spéciale par l'acte générateur? Le fluide produit se rapproche davantage des exhalations séreuses; c'est une lymphe concressible, plastique, qui se condense, se transforme promptement en une espèce de fausse membrane, la caduque. Est-elle le siège d'un simple mouvement fluxionnaire, comme aux époques menstruelles? Un phénomèn»qui appartient également aux tissus muqueux et séreux surexcités ou fortement enflammés, se manifeste, une exhalation sanguine s'étabht, dissipe la fluxion, et tout rentre dans l'ordre habituel.

Nous pouvons donc conclure, que la cavité du corps de l'utérus est dépourvue de membrane muqueuse , ou que si cette membrane existe, elle a subi des modifications si grandes, qu'elle diffère en tous points des autres parties du système muqueux.

3" Un tissu propre^ dense, résistant, ''épais de trois à quatre lignes, d'un gtis-rougeâtre vers le fond de l'organe, d'un gris sale et quelquefois légèrement nacré vers le col, décrit sous les noms de tunique moyenne, tunique cJicuiiue j musculeuse, de l'utérus, constitue à lui seul la majeure pariie de l'organe, en est en quelque sorte la partie fondamentale; dans l'état de vacuité, sa nature est difficila à déterminer; son aspect, sa couleur, sa densité , ne sont pas les mêmes dans tous les points de son étendue; il est impossible de saisir la forme, la disposition des fibres qui le composent; considéré par les ung comme appartenant au tissu musculeux, par les autres au tissu fibreux , ses caractères ne sont bien tranchés que quand il a été développé par la grossesse; alors toute incertitude cesse, il est impossible de méconnaître un véritable tissu musculaire.

DE l'utérus. 129

Vaisseaux. Les artères de l'utérus sont foiuniies par les hypogastriques sous le nom d'artères utérines, et par l'aorte ou les émulgentes, sous le nom d'ovariques. Les premières pénètrent dans l'utérus par ses bords latéraux; logées d'abord dans l'écartement des ligaments larges, elles se portent en décrivant des flexuosités dans le tissu propre de l'organe, s'y ramifient en formant des zigzags très prononcés ; les branches du même coté s'anastomosent fréquemment entre elles et s'abouchent sur la ligne médiane avec celles du coté opposé. En haut et sur les côtés, elles communiquent avec les rameaux fournis par les artères ovariques et se terminent dans l'intérieur du tissu , en se continuant avec les veines, peut-être môme aussi en offrant des ouvertures béantes dans la cavité utérine.

Les veines plus nombreuses que les artères , qu'elles accompagnent, sont dépourvues de valvules; elles affectent dans l'épaisseur de l'utérus une disposition spéciale , analogue à celle qu'elles offrent dans les corps caverneux et les tissus érectiles. A la surface interne de l'organe , elles présentent des ouvertures très prononcées pendant la grossesse, et très visibles après l'accouchement; on considère ces ouvertures comme les orifices des sinus utérins.

Les lymphatiques très nombreux sont très petits dans l'état de vacuité; ils acquièrent un développement prodigieux pendant la grossesse, et remplissent un rôle important dans les maladies de l'utérus. Nés des différens points de l'organe , ils forment des rameaux, des branches , des troncs qui, réunis en faisceaux, s'échappent de l'utérus en affectant trois directions différentes. Les uns, ce sont les moins

nombicux, sortent de l'abdomen par l'anneau inguinal, et se rendent aux ganglions inguinaux; d'autres, réunis aux lymphatiques du vagin , accompagnent les artères utérines et vaginales, se terminent dans le plexus lymphatique-hypogastrique. Mais les plus nombreux naissent des faces antérieures et postérieures du col et du corps , se rendent vers les bords latéraux , ensuivent la direction, puis se réunissent à ceux de l'ovaire, de la trompe et du fond de l'utérus, montent avec l'artère et les veines ovariques au-devant des muscles psoas, pour se rendre aux ganglions situés devant l'aorte, la veine cave et dans le voisinage des reins.

Les nerfs sont fournis par les plexus rénaux et bypogastriques du grand sympathique et par les paires sacrées. On trouve encore dans l'organisation de l'utérus du tissu cellulaire, qui sert de lien à toutes les parties et ne se charge jamais de graisse.

APtTICLE III.

DES ANNEXES DE l'utÉrUS.

200. Par annexes de l'utérus, nous entendons les ligamens péritonéaux et les parties qu'ils renferment.

L'utérus est soutenu dans la cavité pelvienne par* six replis du péritoine : deux antérieurs ou vésicoûiéf'ins, deux postérieurs ou recto-utérins^ deux latéraux ou ligamèns larges.

Les quatre premiers sont de petits replis faîciformes, peu prononcés , qui se portent de la vessie et du rectum à l'utérus. Lés deux derniers sont beaucou|5 plîis'etendùs et plus impôftahs à c'oritlaître.

ANNEXES i)E L'cxiRUS. 131

5 I. Ligamens larges.

201. Les ligamens /ar^ej sont formés par l'adossement des deux lames du péritoine qui , en recouvrant l'utérus, partagent l'excavation pelvienne en deux cavités à peu près égales; l'une, antérieure, loge la vessie; l'autre, postérieure, contient l'intestin rectum. Ces ligamens, de forme à peu près quadrilatère ^ ont trois bords adherens; le supérieur, seul, est libre et offre trois petits replis, appelés ailerons. L'aileron antérieur n'est pas admis par tous les anatomistes ; peu prononcé , il est occupé par le ligament rondow sus-pubien. Le moyen renferme la trompe y le postérieur contient X ovaire et son ligament. L'espacé compris entre les deux feuillets des ligamens larges, est rempli par du tissu cellulaire à travers lequel passent les vaisseaux et les nerfs utérins.

Pendant la gestation, les deux lames du péritoine s'écartent pour recevoir l'utérus qui se développe, eu sorte que, vers la fin de la grossesse, ces ligamens sont entièrement effacés.

§ IL Ligamens ronds ou sus-pubiens.

202. Les ligamens ronds ou sus-pubiens, au nombre de deux , un de chaque coté , sont des espèces de cordons cylindriques, longs de six à sept poucçs, d'apparence fibreuse, d'un blanc grisâtre, qui tirent leur origine de la partie antérieure des angles supérieurs de l'utérus. Ils se portent en dehors de bas en haut, suivent le contour du bassin, enveloppés de tissu cellulaire et recouverts p^r le péritoine; ils s'engagent de chaque côté dans le canal inguinal, le parcourent, sortent par l'anneau inguinalcorres^ pondant, et viennent s'épanouir au-dessus et au-devant

du pubis , où ils se perdent dans le tissu cellulaire des aines , du pénil et des grandes lèvres. Quelques anatomistes prétendent qu'ils s'étendent jusqu'à la partie supérieure et interne des cuisses.

L'organisation de ces ligamens a été l'objet de controverses parmi les anatomistes. Les uns n'y ont vu qu'un tissu fibreux ou seulement du tissu cellulaire condensé ; d'autres, frappés de la couleur rouge qu'ils prennent pendant la grossesse , de la facilité avec laquelle les injections les pénètrent, n'y ont vu que des fibres musculaires ou des vaisseaux.

Ces opinions exclusives sont également erronées. Si on examine les ligamens ronds sur une femme morte peu de temps après l'accoucbement , ou mieux encore dans les derniers temps de la grossesse , on voit qu'ils sont formés par une expansion ou une prolongation des fibres musculaires de l'utérus, et que de plus ils contiennent des vaisseaux sanguins, lymphatiques, des nerfs et du tissu cellulaire.

Les ligamens ronds paraissent avoir pour usage de maintenir l'utérus dans sa rectitude naturelle, de prévenir sa rétroversion, de maintenir pendant la grossesse son fond incliné en avant et appliqué derrière la paroi antérieure de l'abdomen, probablement pour laisser en arrière plus d'espace au canal intestinal , et diminuer la pression , la gêne qu'il aurait pu éprouver de la part de l'utérus distendu. Suivant Haller, ils servent à unir les vaisseaux de l'utérus à ceux de la cuisse, afin de débarrasser cet organe de la pléthore qu'il éprouve pendant la grossesse.

On a pensé aussi que dans l'accomplissement de l'acte générateur ils pouvaient abaisser l'utérus etrap-

ANNEXES DE l'uTÉRUS. 133

procher son col du pénis. Cette opinion, déjà combattue par Haller, a été réfutée dans ces derniers temps par M. Velpeau, qui a fait remarquer que, d'après leur insertion, ils tendraient plutôt à soulever l'organe qu'à le porter en bas.

Les ligamens ronds s'engorgent quelquefois dans la grossesse et dans quelques affections pathologiques de l'utérus. On attribue à cet engorgement les douleurs que les femmes éprouvent aux aines dans ces circonstances,

§ III. Des trompes.

203. Les trompes utérines ou de Fallope sont deux canaux cylindriques, situés dans l'épaisseur de l'aileron moyen des ligamens larges. Flexueuses et flottantes, elles s'étendent de l'utérus aux ovaires ; leur longueur est de quatre à cinq pouces; leur cavité représente une figure conique, ce qui leur a valu le nom de trompe. Cette cavité , extrêmement étroite du côté de l'utérus , va successivement en s'agrandissant à mesure que les trompes se portent en dehors; cependant elle se rétrécit un peu avant de s'ouvrir dans le pavillon. L'extrémité interne des trompes est fixée aux angles supérieurs de l'utérus, où elles s'ouvrent dans la cavité du corps. L'extrémité externe, qu'on appelle pavillon ou morceau frangé^ communique avec la cavité du péritoine par une ouverture oblongue, évasée, dont le bord découpe offre des espèces de digitations; l'une d'elles, plus longue que les autres, se recourbe et vient s'insérer à l'extrémité externe de l'ovaire.

Les trompes se composent : 1° d'une membrane externe ou péritonéale, qui les enveloppe partout, excepté en bas, où les vaisseaux et les nerfs pénètrent ; 2° selon

134 TRAIxi DES ACCOUCHEMENS.

la plupart des anatomistes, d'une membrane interne qu'il's considèrent comme la continuation c!e la membrane muqueuse utérine, mais que, d'après les raisons que nous avons données page 125 et suivantes, nous ne pouvons admettre comme identique. L'opinion que nous émettons à ce sujet n'est point nouvelle; Haller avait déjà avancé que la membrane interne des trompes a une toute autre structure que celle qui tapisse l'utérus; 3" un tissu propre qui paraît être un composé de tissu caverneux ou érectiie, soutenu, enveloppé par une expansion de fibres utérines. C'est à ce tissu que les trompes doivent leur densité, la turgescence et les mouvemens péristaltiques qu'elles offrent, dit-on, pendant l'orgasme vénérien.

Leurs vaisseaux et leurs nerfs proviennent des mêmes sources que ceux des ovaires.

Leurs usages sont de conduire le principe vivifiant jusqu'à l'ovaire , de saisir l'ovule fécondé et de le transmettre à l'utérus. Regardées par les anciens anatomistes comme les analogues des canaux déférens, elles avaient été nommées par Fallope conduits séminaires.

5 IV. Des ovaires.

204. Jusqu'à Slenon, les ovaires étaient désignés sous le nom de testes muliebî^es , seulement à cause des usages qu'on leur attribuait; car, sous le rapport de leur situation, de leur structure , les anciens avaient bien indiqué les différences nombreuses qui existent entre ces organes et les testicules.

Les ovaires sont deux corps oblongs, ovalaires, blanchâtres , longs de douze à quinze lignes, légèrement comprimés d'avant en arrière, du volume et de la forme

' ANNEXES DE l'utérus. 135

d'une amande, situés dans l'épaisseur de l'aileron postérieur des ligamens larges, en arrière et au-dessous des trompes utérines; leur surface est, en général, polie et bosselée chez les filles et les femmes qui n'ont pas eu d'enfant; fendillée, ridée, chez celles qui en ont eu. Ils présentent un bord supérieur convexe et libre; un inférieur droit, et adhérent au ligament large; une extrémité externe unie au pavillon de la trompe; une interne, fixée à l'utérus au moyen d'un cordon cellulofibreux , dense, imperforé, que ong-temps on a regardé comme leur canal excréteur, et qu'on nomme ligament de V ovaire.

205. Structure. On trouve dans les ovaires : 1° à l'extérieur, une lame du péritoine; 2° au-dessous, une enveloppe blanche , résistante, de tissu fibro-celluleux qu'on « peut regarder comme l'expansion, l'épanouissement du ligament de l'ovaire. Cette membrane envoie, par sa face interne, des prolongemens qui divisent les ovaires en une multitude de petites loges, de petits comparlimens remplis par le tissu propre; 3° un tissu propre d'un bruh-i-ougeatre, abondamment pourvu de vaisseaux , qui se rapproche jusqu'à un certain point du tissu érectile; 4" de petites vésicules transparentes logées dans la substance même des ovaires , où elles sont comme enchatonhées dans une sorte de gangue, et auxquelles on donne le nom d'œufs de Graaf. Ces vésicules, au nombre de qu inze à vingt, suivant les uns, de quarante à cinquante , selon les autres, situées au-dessous des deux membranes , sont à peine visibles chez les enfans et dans la vieillesse, tiès visibles pendant le temps d'aptitude à la fécondation: elles offrent un volume variable, mais qui ne dépasse jamais celui d'un grain de chènevis ; les plus superficiel-

les sont oitlinairement les plus grosses. La membrane propre de ces vésicules est mince, lisse^ diaphane, peu résistante; elle renferme un liquide incolore ou rougeâtre, ou légèrement citrin, concrescible , coagulable parla chaleur, l'alcool et les acides. Il ne faut pas confondre ces vésicules avec les kystes séreux ou hydatiques qu'on rencontre fréquemment dans les ovaires, et qui souvent paraissent dus à la dégénérescence de ces vésicules.

Les vaisseaux portent le nom d'ovariques, et ont une origine semblable à celle des vaisseaux spermatiques chez l'homme. Les nerfs viennent des plexus rénaux.

206. Le volume des ovaires n'est pas en rapport avec l'âge du sujet, très allongés dans l'enfance, ils sont placés, au moment de la naissance, sur les fosses iliaques, ils grossissent peu jusqu'à la puberté , époque à laquelle ils ont le volume que nous leur avons assigné ; pendant la grossesse, ils acquièrent un développement remarquable ; ils diminuent ensuite à mesure que les femmes s'éloignent de l'époque de la fécondité. Dans la vieillesse, ils sont fréquemment atrophiés, ou le siège d'altérations organiques.

Les ovaires ont pour usage de fournir des ovules, qui contiennent les rudimens de l'animal futur.

SECTION III

ÉTAT FONCTIONNEL DE l'utÉrUS.

207. Lorsqu'une fonction commence , l'organe qui doit la remplir prend un surcroît d'énergie , d'activité , dont l'intensité est en rapport avec l'importance et la durée de la fonction qui s'accomplit. Cette

ÉTAT FONCTIONNEL DE l'utérus. 137

loi générale de physiologie ne souffre pas d'exception; mais nulle part elle n'est aussi prononcée, aussi facilement appréciable, aussi facile à suivre dans ses diverses périodes, dans ses divers phénomènes, que dans les organes de la génération, soit qu'on les considère dans leur ensemble, soit qu'on se borne à étudier un organe en particulier.

Désirs ou appétits violens, passionnés, irrésistibles; sensibilité exquise, turgescence énorme, circulation active , exhalation , sécrétions , excrétions abondantes , puis affaissement des organes, retour à leur état de repos, sentiment de fatigue, d'abattement, coUapsus, comme à la suite des grandes déperditions de forces : ici tout se trouve réuni.

Pour ne pas entrer dans des détails minutieux et connus, nous nous bornerons à ces indications générales pour les organes externes de la génération; mais nous examinerons plus en détail ce qui se passe dans les organes internes , et plus spécialement dans l'utérus.

ARTICLE l*»-.

Des phénomènes qui surviennent dans l'utérus, pendant la durée de la grossesse.

208. Par le seul fait de l'imprégnation du germe, l'utérus , jusqu'alors inactif, dont l'existence avait été bornée à l'accomplissement des fonctions nutritives, reçoit une impulsion puissante, une commotion en quelque sorte électrique, s'anime d'une nouvelle vie; sa sensibilité se développe , sa chaleur au|^mente, sa circulation devient plus active, son tissu sflramolht, se gonfle, comme la lèvre d'un enfant piquée par une abeille,

138 TRAITÉ DES ACOOUCHEMENS.

nempe ut puerorum labia ( duni favos depeculantur^ ut niella liguriaiit) apum spiculis icta ^ tumentj in/lantur, orisque hiatum arctant (1); une série de changemens, de phénomènes aussi curieux qu'importans à connaître commence. Ces phénomènes , peu sensibles d'abord, crpissent , se développent^ se succèdent, puis s'irradient de l'utérus, comme d'un centre commun, aux organes voisins, et bientôt à toute Téconomie de la femme. Cette succession de phénomènes se soutient pendant toute la durée de la grossesse.

Les changemens qui surviennent alors dans l'utérus sont de deux ordres; les uns , purement physiques, frappent d'abord nos sens ; les autres , essentiellement vitaux, sont plus obscurs, mais non moins réels. Ces phénomènes sont liés si intimement les uns aux autres, qu'ils sont dans une dépendance mutuelle. Ce n'est donc que par abstraction , et seulement pour en faciliter l'étude que nous chercherons à les isoler.

Les phénomènes physiques étant plus facilement appréciables , c'est par eux que nous commencerons l'exposition que nous allons en faire :

§ I. Phénpmèiies ouchangemeos physiques de l'uiérus.

209. Les chiingemens physiques que l'utérus éprouve pendant la grossesse sont relatifs: à sa forme; à son volume; à son poids; à sa situation; à sa direction; à ses rapports avec les organes qui l'avoisinent.

210. A. Sa forme. Pendant le premier mois de grossesse, la forme de l'utérus n'est pas sensiblement altérée; mais, du secon^u cinquième ou au commencement du

(l)G» Harv. Lococitato. Excrcltalio, 68, pag, 458

ÉTAT FOJNCTIOWNEL DE l'utÉRDS. 139

sixième , l'accroissement du fond et du corps n'étant pas accompagné d'im développement semblable du col, l'organe prend la forme d'une bouteille ou d'une gourde; après le sixième mois, l'accroissement se faisant aux dépens du col, qui s'évase, se raccourcit, et s'efface insensiblement , l'utérus se rapproche de plus en plus de la forme ovoïde (ju'il a dans les derniers temps de la grossesse.

2i\.B.Son vo/i/zi'ze. Ses dimensions changent, son volume augmente dans tous les sens et s'accroît à un tel point , qu'au terme de la grossesse il offre les proportions suivantes :

V Selon son axe vertical, dix à douze pouces;

2° D'avant en arrière, de sept à huit pouces ;

3° Transversalement au niveau de l'insertion des trompes, neuf pouces;

4° Circonférence au même point, vingt-six pouces.

5° Circonférence à sa partie inférieure ou au milieu i!e la hauteur du col, de treize à quinze pouces.

2I2.C.S0/1 poids. Au terme de neuf mois, et distendu par le produit de la conception , est de douze à quinze livres ; débarrassé de ce produit , il est d'une livre un quart à une livré et demie. Nous l'avons trouvé de deux livres dix onces sur une femme morte vingt-six heures après une rupture de l'utérus; d'une livre seulement sur une autre femme morte neuf heures après l'accouchement, des suites d'une hémorrhagie. Comme on le voit, ces mesures sont loin d'être rigoureuses; carie volume, le poids de l'utérus, varfent suivant une multitude de circonstances relatives à la stature, à la force, à la faiblesse de la femme, à celles du produit delà conception, aux causes qui ont amené la mort.

Une femme grosse de deux enfans fut apportée mou-

rante à la maison d'accouchement, et succomba avant d'accoucher : nous avons enlevé, mesuré et pesé l'utérus, et voici les résultats qu'il nous a fournis. Ses dimensions étaient :

Suivant l'axe vertical, de 14 pouces.

— le diamètre transverse 8 1 12 -— le diamètre antéro-postérieur 8 1)2

— la circonférence un peu au-dessous du

niveau des trompes, 29

— la circonférence selon l'axe vertical,

ou selon la plus grande longueur, 38

Epaisseur de ses parois.

Au fond 2 lignes.

^ A l'insertion des placenta , 3 1|4

Au col, « 4

Cette disposition, dans l'épaisseur des parois utérines, qui est inverse de celle qu'on observe ordinairement, peut s'expliquer : 1° pour l'amincissement du fond, par la distention énorme que lui a fait subir la présence de de deux enfants ; 2° pour la plus grande épaisseur col parce que le fluide amniotique étant écoulé, la tête du premier enfant étant déjà parvenue dans le vagin , le col avait subi pendant la vie une rétraction considérable.

Poids.

Les deux enfans étaient du sexe masculin;

l'un pesait 6 liv. 1|2

L'autre , 7 lj2

A reporter 14

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