‹ Traitâe pratique des accouchemensChapitre 46 sur 69 · DE LA MEMBRANE CADUQUE · texte numérisé non relu

DE LA MEMBRANE CADUQUE

hrana caduca seu decidiia (Hunter) ; caduca crassa (Mayer); membrana mucosa (Ossiander); épichorion (Cliaussier); épione (Dutrochet ); /?e/70/2<? ( Breschet); membrane aidùste (Velpeau); lame adventice (de Blainville); nidamentum ( ^urànch) ; tunique maternelle r/e /'c^?^//(Meckel), etc.; etc. (1). Nous adopterions volontiers cette dernière dénomination , s'il ne nous paraissait plus convenable de conserver celle de caduque, qui lui a été donnée par Hunter ; dénomination plus vague à'ia vérité, mais qui, par cela même, nous paraît préférable, ï° parce qu'elle ne préjuge rien; 2° parce qu'elle ne peut donner une idée inexacte de la disposition , de la structure de cette membrane, comme le

(l) En voyant code multitude de termes synonymiques employés pour exprimer une seule et même chose, nous avons toujours cru que ce luxe d'expressions n'était propre qu'à jeter de la conla^ion sur des objets dont l'élude n'offre déjà que trop de difficultés. Kous pensons qu'il serait d'une grande utilité de porter dans le langHge médical une réforme judicieuse, de mettie un frein au né^>logisme qni tous les jours l'e^iS'^it , et qui , sons prétexte d'élucider la science, ne fait que l'obscurcir, l'obstruer, et en retarder la marche. En effet, si, comme cela doit être dans une langue bien faite, chaque mot doit avoir une ■valeur, une signification, s'il doit être le signe représentatif d'un fait, d'une idée, on ne doit faire des mots nouveaux que pour expiiuier des idées nouvelles. Tout mot nouveau qui n'atteint point ce but n'est qu'une superfétation vicieuse , el ne doit pas être admis. Un travail de nature à produire celle réforme serait digne d'occuper un corps savant comme l'Académie royale de médecine , et nous croyons qu'il ne peut être convenablement fait que par elle. Oulre l'avanlage qu'en retireraieîit l'étude et la science, il préviendrait dans les réunions acadénnques bien des discussions oiseuses et souvent insolubles , parce que des interincuteurs, qui ne s'entendent pas sur la valeur d'une expression , lui donnent une signification toute différente. Nous émettons le vœu de voir l'Académie se livrer à la rédaction et à la publication d'un simple vocabulaire médical , dans lequel elle grouperait toutes les dénominations employées pour exprimer un ms'me fait, ime même idée, et dans lequel elle désignerait l'expression qui, à l'avenir, devrait être conservée dans le langage sc'ient.Qque. En un mot, nous voudrions que l'Académie royale de mëdeciue fit pour le langage médical ce que l'Académie fiançai»e a fait pour la langue- -

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font les expressions d'cpichon'o7j, à'épioiie^ àe périone , d'afihiste; 3'* parce qu'elle s'applique à tous les cas, même à ceux de grossesses extra-utérines ; 4° enfin parce qu'elle rappelle à notre souvenir l'anatomiste qui le premier l'a bien décrite.

La membrane caduque est celle qui s'offre la première à la vue lorsque l'œuf a été expulsé en entier, ou lorsqu'on le met à découvert après avoir incisé un utérus rempli du produit de la cotiception. Considérée au terme de la grossesse, elle forme cette couche grisâtre, opaque, molle, pulpeuse, qui adhère au choi'ion et le recouvre jusqu'au bord du placenta. Pour bien apprécier la disposition de cette membrane , il faut l'examiner avant le quatrième mois de la grossesse. Alors elle offre les caractères suivans : elle est molle, d'un rouge jaunâtre , opaque, rugueuse, inégale par sa face externe ou adhérente ; lisse, polie par sa face Interne ou libre ; offrant la disposition d'un sac sans ouverture. Une partie de la surface externe de ce sac adhère à la face interne de l'utérus dans tous les points qui ne sont pas en contact immédiat avec l'œuf ; l'autre partie adhère à l'œuf, le recouvre, comme le font les meuibranes séreuses pour les viscères auxquels elles servent d'enveloppe, ou, pour nous servir d'une comparaison plus palpable, jnais plus grossière, comme un bonnet de coton recouvre la tête sur laquelle il est appliqué. La portion de cette membrane qui adhèie à l'utérus, épaisse d'une ligne environ, porte le nom de caduque utérine; celle qui recouvre fœuf, beaucoup plus mince, est appelée caduque réJCéihie.

La surface interne, analogue à celle des membranes séreuses, lisse, contiguë à elle-même, forme. une cavité fiaps ouverture, qu'où oomme cauité de la caduque :

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cette cavité , d'autant plus spacieuse qu'on rexamine à une époque plus rapprochée du moment de la conception, est le siège d'une exhalation peu abondante , que nous avions signalée depuis long-temps, qui fournit un fluide séreux , nommé récemment hjdropéi^ion par notre collègue M. Breschet, liquide auquel cet anatomiste fait jouer un rôle important pour la nutrition du fœtus.

L'organisation de la membrane caduque est peu prononcée; elle se rapproche beaucoup de celle des fausses membranes qui se développent accidentellement sur les tissus séreux. Les vaisseaux qui rampent dans son épaisseur sont assez apparens. Ruysch en parle déjà dans sa Piéponse à André Ottomar Gœlicke(l); Hunter les a fait graver avec le plus grand soin (2) ; Lobstein les a injectés avec du mercure (3), et nous-même nous les avons fait représenter planche 30, en H" de notre Atlas. Nous ne pouvons donc adopter l'opinion de M. Velpeau, et considérer cette membrane comme inorganique.

La membrane caduque est cons'ante dans toutes les grossesses; on la rencontre toujours dans l'utérus, quel que soit l'état du prot'uit de la conception, qu'il se développe dans l'utérus ou en dehors de cet organe, que ce produit soit régulier ou non; on l'y trouve même dans les cas de grossesse extra-utérine, pourvu toutefois que la grossesse ne soit pas trop avancée , qu'elle n'ait pas dépassé le terme de cinq ou six mois, car nous sommes porté à croire que plus tard elle disparaît. Nous ne l'avons point rencontrée dans l'utérus d'une femme morte

(1) Eptsiola anatomlca probicmatiea nova, page 9.

(2) Loc. cil. , Uh. ^ , 1 S. 19,24, 26 et 27.

(3) Estai tur la nuttUion du fœtuu Strasbourg, 1802.

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en I83I à la Maison d'accoucliemens. des suites d'une grossesse ovairienne, et qui avait dépassé le terme de neuf mois. En 1769,Meckel père l'a trouvée tapissant l'utérus d'une femme morte par suite de la rupture d'une grossesse tubaire (1). Chaussier a fait la même remarque dans les différeus cas de grossesse tubaire qu'il a eu occasion d'examiner (2). Dans quelques circonstances, rares à la vérité, nous pensons qu'elle peut se développer sans qu'il y ait eu conception appréciable. Evrat a observé plusieurs fois, et depuis nous avons eu occasion de confirmer ce fait, que des femmes stériles, après s'être livrées au coït , rendaient quelquefois, à l'époque de leurs règles, des portions de membranes analogues à lacaduque.

Cette membrane n'appartient pas exclusivement à l'espèce humaine. Hunter prétend qu'elle n'existe pas dans les quadrupèdes , mais seulement chez les singes, où elle est très épaisse. Haller ^.3) dit tout le contraire, il assure qu'on îa îi'Guye dans tous les mammifères , même chez ceux dans lesquels on peut à peine reconnaître un vrai placenta, comme dans le cochon. Lobstein l'a observée dans l'utérus de la vache, dans celui de la brebis , et depuis elle a été vue dans les rongeurs , et chez la pkipart des mammifères dont on a examiné la gesîation.

On a successivement attribué la formation de cette membrane à l'exfoliation de la membrane muqueuse de l'utérus , à une dégénérescence du sperme; mais il nous paraît plus convenable de la regarder comme le résultat

fi] Weinknecbl , De eoneepiione extra-ulerlna , etc. , apud Schlegel. Lipsiae , 1796.

(2) Bulletin de ta Faculté de Médec'ne de Parit , ISli . tom. IV, pag. 137.

(3) Elam, fh\i. , tom. VIII , pag. 19î.

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