‹ Traitâe pratique des accouchemensChapitre 47 sur 69 · DE LA. MEMBRANE CADUQUE · texte numérisé non relu

DE LA. MEMBRANE CADUQUE

d'une exhalation produite par une excitation spéciale, celle qwe cause un coït ordinairement fécondant. Voici de quelle manière nous concevons la formation et la disposition de cette membrane.

L'excitation que n(ius avons dit (page 137) être produite par la fécondation , détermine à la surface interne de l'utérus l'exsudation d'une lymphe plastique, qui se condense, se concrète, et donne naissance à une espèce de fausse meml)rane, la caduque. Dans le principe, cette membrane adhère faiblement à l'utérus, en tapisse la cavité, en ferme exactement toutes les ouvertures , et forme dans la cavité utérine une espèce de sac ou de poche qui , loin d'offrir les trois ouvertures indicjuées par liuuter, envoie quelquefois, mais accidentellement, des espèces d'appendices, de proiongemens dans les yiompes ou dans le col , comme nous avons eu quelque^^ occasion de l'observer sur desœufs abortifs rendus dans les deux premiers mois de la grossesse. Lorsque l'ovule, chassé par les contractions de la trompe, arrive diins l'utérus, il soulève et détache la partie de la caduque qui correspond à l'orifice de la trompe ; arrêté par la résistance que lui offre cette membrane , il s'implante, se greffe sur l'orifice de la tromne ou dans le voisinage , c'est ce qui a lieu le plus ordinairement; mais si l'impulsion est plus forte ou l'adhérence moins intime, l'ovule glisse entre l'utérus et la caduque, et offre des variétés d'insertion dont nous parlerons à l'occasion du placenta.

Dans cet état, l'ovule peut être divisé parla pensée en deux hémisphères; l'un saillant , regarde la cavité utérine, est recouvert par la partie de membrane qu'il a décollée et qui forme la caduque réfléchie ; l'autre en

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contact avec le point de la })aroi iitc'rine qu'il a dcjîoiiillé de la fausse membrane , est celui ciui fournira les élémens du placenta (1).

Dans l'espèce humaine , la membrane caduque nous pai'aît avoir pour usage 1* d'empêcher l'œuf de flotter librement dans la cavité de l'utérus; '2» de le maintenir en contact avec un point fixe des parois de cet organe, jusqu'à ce qu'il ait contracté des adhérences asîez nombreuses, assez intimes, pour que l'embrvon, après s'être déve!o|vpé pendant les premiers temps de la grossesse aux dépens des fluides qui Tetivironnent , puisse ensuite extraire du sang de sa mère les mntériaux propres à sa nutrition , à son accroissement ultérieur; 3° de déterminer le lieu d'insertion, la forme, l'étemlue du placenta (2); 4°des'opposer aux superfécondations; 5° enfin,

(1) Voyez pour les eiplications et les déTeloppi(p|en5, ce que nou'; avons dit à ic sujet dans noire Essai sur la disposition de la membrane caduque, sa formation et ses usages. Thèses de la FaeuUé de Paris , 1814 , N" liJ6.

Quoique M. Coslc ne partage pas noso[)inionssur ce point de science, nous le remercions cependant de lesa»oir rappelées, discutées et combattues dans >()n Embryogénie [{om, 1 , p. 510 et suiv. , P;iris, 1837), car détruire une erreur, c'est fai.e un pa.-. de plus Ters la vérité. Bien que nous ne Soyons [las (ontaincu de !a justesse de la théorie émise par M. Co?le , cependant nous sommes disposé à examiner de nouveau , et à nous rendre si nous avons tort. Nous ie remercions toutefois de n'avoir pas laissé peser plus long-temps sur deux savans distingués une responsabilité qui ne doit porter que sur nous, puisque ces messieurs n'ont fait que reproiîuire et soutenir avec chaleur des opinions que nous avions émises long-temps avan. eux,

(2) PI. Yelpeau, dans un ouvrage intitulé : Traité cément cire de l'art des accouchemcns. ou Principes de tckologie et d'embryologie, qui parut en 1329, a préseule comme résultat de ses travaux et de ses reflexions ce que nous disons ici des usages de la membrace caduque , de quelques uns des rapports de cette membrane avec l'ovuli^ , de son absence entre le placenta et l'utérus. M. Velpcau est trop riche de son propre fond, pour trouver mauvais que nous revendiquions le peu qui nous appartient dans une question que nous avions abordée avant lui, el sur laquelle nos recherches n'ont peut-être pas été tout-à-fail étrangères aux travaux de même nature qui depuis ont été faits sur

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