‹ Traitâe pratique des accouchemensChapitre 5 sur 69 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

cipes. Les premières ne nous occuperont pas. Notis n'aurons point à examiner par quel admirable mécanisme nos organes se nourrissent, s'accroissent*, comment ils réparent les pertes qu'entraînent les: mouvemens de la -vie ; comment ils se détériorent et meurent. Nous ne rechercherons pas comment l'homme dispose des objets qui l'entourent; pour quelle raison il commande aux animaux ; par quels changemens , quelles modifications , quelles aberrations dans l'exercice de ses fonctions, les diverses maladies se développent, produisent des altérations, des transformations organiques plus ou moins nombreuses, amènent la mort de l'individu au terme fixé par la nature, et quelquefois aussi avant qu'il ait pu parcourir toutes les périodes de la vie.

La reproduction et la naissance , voilà ce qui constitue le domaine de l'art des accouchemens ; c'est ce que nous allons examiner ; ce sont les limites que nous ne devons pas dépasser» .

Envisagé sous ce point de vue , l'art des accouchemens peut être considéré comme le commencement de la science de l'homme et comme son complément; car il prend l'homme à sa formation, le suit, l'accompagne en quelque sorte dans son développement , le guide au moment de sa naissance, et ne l'abandonne que quand le but de la nature est atteint, c'est-à-dire lorsque la conservation de. l'espèce est assorée.

La reproduction étant l'objet principal , nous dirons plus , le but unique de la vie , les procédés que la nature emploie pour y arriver sont aussi nombreux , aussi variés que les espèces auxquelles

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ils s'appliquent. Sans parler ici des moyens que la nature met en jeu pour perpétuer les espèces , du soin qu'elle apporte au développement des individus, de l'attention avec laquelle elle veille à leur conservation, du luxe qu'elle déploie dans les appareils générateurs ; de l'instinct , de l'attrait qui président aux rapprochements sexuels., de l'abandon auquel elle livre ces mêmes individus , lorsqu'ils ont atteint le but qu'elle s'était proposé; nous nous occuperons seulement de l'homme. Nous verrons que, placé au haut de l'échelle animale , ou, ce qui paraît plus exact, étant, sous le rapport de l'organisation, le centre vers lequel viennent converger toutes les organisations inférieures, l'homme a, pour remplir ces fonctions , des appareils d'organes plus nombreux , plus complexes que ceux de la plupart des animaux. Quant à ce qui regarde sa reproduction, nous ferons observer que les deux tiers environ de son existence y sont en quelque sorte étrangers; il n'y a qu'un court espace de sa vie qui y soit destiné; mais en vertu d'une loi générale pour tous les êtres organisés, cet espace est le plus beau de son existence , celui pendant lequel l'homme jouît de la plénitude de ses forces, de toute l'étendue de ses facultés , celui pendant lequel il est capable des plus grandes choses , des plus hautes conceptions , comme des plus grands écarts.

Nous voyons que , par une disposition qui lui est commune avec les animaux d'un ordre élevé , les sexes sont distincts et séparés chez lui , c'està-dire que, dans l'espèce humaine, l'hermaphrodisme n'existe pas, comme on le rencontre dans

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certaines classes d'animaux inférieurs , par exemple dans les mollusques , les vers, et dans la plupart des végétaux. Les organes mâles existent sur un individu, les organes femelles sur un autre; il résulte de cette disposition qu'une partie seulement, et une partie assez minime , des fonctions de reproduction, appartient à l'homme proprement dit, tandis qu'une plus grande, une plus importante peut-être , est dévolue à sa compagne. C'est cette partie des fonctions de reproduction, partage exclusif .du sexe féminin , qui doit être l'objet d'un traité d'accouchement.

En examinant les fonciions qui appartiennent exclusivement à la femme , nous voyons qu'elle seule est chargée, 1° de la conception, 2° de la grossesse, 3" de l'accouchement, 4° enfin, de la lactation.

Pour exposer ces diverses fonctions , il est des notions préliminaires qu'il est convenable de rappeler , afin de ne pas être arrêté à chaque pas. Ces fonctions sont assez complexes ; chacune d'elles exige , pour son accomplissement , l'emploi d'organes plus ou moins nombreux, dont il est important de connaître la disposition, la structure, le mode d'action. Quelques unes de ces fonctions amènent un résultat , un produit, qui entre à son tour comme élément dans la fonction qui doit suivre. En conséquence, avant de commencer l'étude de l'ensemble des fonctions , ce produit doit être connu , étudié , sous toutes ses faces. Ainsi , pour se rendre un compte exact des phénomènes de la grossesse et de l'accouchement, il ne suffît pas de connaître parfaitement les organes de la généra-

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tion de la femme, les dimensions du bassin, les différens muscles qui servent d'auxiliaires à l'utérus dans l'expulsion du fœtus , il faut encore avoir étudié le produit de la conception dans son ensemble; aux diverses époques de son développement, à son point de maturité; il faut connaître d'une manière précise les rapports qui doivent exister entre les dimensions du fœtus à terme et l'étendue des cavités qu'il est destiné à parcourir; en un mot, il ne faut ignorer aucune des conditions nombreuses qui sont indispensables pour que la fonction s'exécute convenablement.

C'est d'après ces considérations que , dans l'exposition des objets que nous nous proposons de traiter, nous avons cru devoir adopter l'ordre suivant :

La première partie de cet ouvrage sera consacrée à l'exposition des organes qui concourent , d'une manière quelconque, à l'accomplissement des diverses fonctions de reproduction , dont la femme est seule chargée.

Ces organes seront étudiés :

1" Dans leur étal physiologique et à l'état de repos ;

2° Dans leur état physiologique et pendant leur action fonctionnelle;

3" Dans les anomalies qu'ils peuvent ofirir , autant, toutefois, que ces anomalies peuvent apporter des modifications , des obstacles ou des empéchemens à l'exécution des fonctions dont ces organes sont chargés.

Nous étudierons dans le même ordre les produits

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de ces fonctions, c'est-à-dire les diverses parties qui entrent dans la composition de l'œuf humain.

Lorsque d\in côté nous connaîtrons les organes, et de l'autre leurs produits , nous examinerons les fonctions dans leur ensemble.

La seconde partie sera consacrée à l'étude de ces fonctions.

Nous commencerons par faire connaître les conditions qui dénotent l'aptitude à leur accomplissement, ce qui nous fournira l'occasion de faire l'histoire du flux menstruel et des anomalies qu'il peut offrir. Nous renverrons aux traités de physiologie pour tout ce qui a rapport à la- génération ; nous dirons seulement deux mots de la conception, et nous aborderons de sniie l'histoire de la grossesse. Nous en établirons les divisions, nous en ferons con-. naître la marche régulière , les signes qui la caractérisent , les moyens d'apprécier chacun d'eux à leur juste valeur : nous parlerons de sa durée et de sa terminaison.

La troisième partie sera spécialement consacrée à l'étude des divers modes do terminaisons de la grossesse, c'est-à dire des accouchemens. Nous établirons une distinction entre les accouchemens , et nous ferons comiaître les variétés nombreuses qu'ils peuvent offrir, soit qu'ils se terminent sous l'influence des seuls efforts de la nature , soit au contraire qu'ils exigent l'intervention de l'art.

Dffns une quatrième partie , nous examinerons les anomalies que la grossesse peut présenter dans sa marche, son développement, son produit, son siège, sa terminaison ; ce qui nous fournira l'occa-

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