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d'autant moins de sang , de matériaux au placenta, que les contractions sont plus fortes , plus longues , que les fibres utérines ont éprouvé Un plus grand degré de raccourcissement ; îl résulte de là qtie si dans les premières contractions qui généralement sont faibles , il passe encore quelques matériaux de l'utérus au plaùenta , un moment arrive où toute communication cesse entre ces deux organes.
Le placenta ne recevant plus de matériaux de l'utérUs , ne peut plus lui renvoyer le sang qui lui vietit des artères ombilicales- ce sang, résidu de la nutrition fœtale, analogue au sang veineux de l'adulte, impropre à l'entretien de la vie, est alors obligé de retourner au fœtus tel qu'il en est sorti, c'est-à-dire sans avoir éprouvé les modifications qu'il devait subir dans le placcTïta. La contraction venant à cesser , la cuculation recommence à se faire comme elle avait lieu avant l'établissement du travail, et continue de la sorte pendant tout le temps que l'œuf reste entier. Mais lorsque la poche des eaux est rompue , que le liquide amniotique est écoulé, les contractions deviennent plus vives, plus longues, plus rapprochées; les rapports de l'utérus et du placenta changent encore : le premier a subi une rétraction proportionnée à l'étendue de la dilatation du col et au volume du liquide écoulé. Le placenta , flasque, mou, non rétractile ne peut suivre la réduction de l'utérus, lise plisse; ses rapports harmoniques cessent; dans l'intervalle des contractions ri ne peut pliïs envoyer de sang à l'utérus; alors le tissu placentaire s'engorge, les vaisseaux s'emplissent, se distendent, bientôt ils ne peuvent plus recevoir le sang contenu dans les artères ombihcales; celles-ci s'engorgent à leur tour, et ne peuvent plus ad-
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mettre celui que leur apportent les divisions do l'aorte. L'aorte elle-même, ne se vidant plus, ne peut plus recevoir le sang que lui envoie le cœur, et ainsi de suite, de proche en proche , il en résulte un embarras , une gêne dans la circulation générale, un engorgement de tout le système vasculaire sanguin du fœtus. Si cet état se prolonge , des congestions viscérales s'établissent , des vaisseaux se rompent , des épanchemens sous-péricrâniens ou profonds s'opèrent, et la mort en est souvent la conséquence inévitable. Nous voyons alors le fœtus venir au monde avec la face gonflée, tuméfiée, livide, dans in\ état analogue à celui qu'offrent les sujets asphyxiés par le gaz acide carbonique; en un mot, dans un véritable état apoplectique. Si les contractions, au contraire , ont été d'une grande lenteur et peu énergiques , le fœtus, ne recevant plus de sang et en envoyant toujours, s'épuise, et arrive au jour dans un état de pâleur, de mollesse, de flaccidité, d'anémie plus ou moins complète.
Ces phénomènes et leurs' causes étant connus, il nous est facile d'en déduire une foule d'indications thérapeutiques appplicables, soit à la conduite que nous devons tenir pendant la marche du travail de l'enfantement, soit aux soins qu'exigeront de nous les enfans au moment de leur naissance. Ainsi il est facile de voir qu'il est des circonstances où il sera utile de chercher à ralentir la marche du travail de l'accouchement , d'autres où il sera convenable de l'accélérer; que , pour les enfans , leur conservation sera due, dans quelques cas, à la promptitude avec laquelle on leur fera perdre. du sang; d;'.ns d'autres, leur vie sera siibordonnée aux soins quon apportera à leur conserve!" le peu cui h-ur r( :Ue.
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Des chaiigemens bien plus remarquables surviennent encore au moment où la respiration s'établit. La veine ombilicale ne recevant plus de sang, n'en porte plus au foie ni à l'oreillette droite du cœur. L'air, en pénétrant dans la trachée-artère et les bronches, dilate les poumons , rend leurs vaisseaux perméables au sang. Le sarlères pulmonaires attirant tout le sang que le ventricule droit envoie dans le tronc pulmonaire , les fonctions du canal artériel cessent; ce canal, réduit à l'inaction, se rétrécit bientôt et finit par s'oblitérer. Les veines pulmonaires, distendues par un sang abondant, riche, vivifie par l'action de l'air atmosphérique , le versent dans l'oreillette gauche, et ferment la cloison inter-auriculaire en appliquant la valvule sur le trou de Botal. Les ar • tères ombilicales n'admettent plus de sang, et la circulation cesse dans le cordon; en un mot, le sang prend îa roule qu'il suivra pendant tout le cours de l'existencte de l'individu; cependant si des circonstances fortuites; viennent à suspendre momentanément la respiration y on voit le sang reprendre la route qu'il parcourait avant la naissance, comme cela arrive lorsque des cris immodérés, un maillot trop serré autour de la poitrine, s'opposent à la dilatation des poumons; c« qui explique la nécessité où l'on est d'appliquer une ligature bien serrée sur la portion du cordon ombilical qui tient à l'enfant. C'est pour avoir négligé celte sage précaution ou l'avoir mal appliquée, que quelquefois des enfans sont morts d'hémorrhagies par le cor" don ombilical peu de temps après leur naissance.
Température du fœtus. — Nous n'avons sur ce sujet que de* notions peu précises: d'après let expériences de Hailer. de Huuter, et surtout d'Aelen-
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rietli, il paraîtrait que la tempoi'atuie du foetus serait de 27 degrés Rëaumur, tandis que celle de la mère serait de 30. Les expériences de M. Edwards viendraient à l'appui de cette opinion; cet observateui: a constaté que plusieurs niammitères naissaient animaux à sang froid, et que même chez ceux qui naissent à sang cliaiid la faculté de produire de la chaleur est à la naissance toujours au minimum (1). Il est probable que les cliangemeris de co^nposition chimique qui se font dans le fretus ne sont pas accompagnés d'un dégagement notable de chalcui'. Il fautdone que le fœtus reçoive de la mère la chaleur nécessaire au maintien de sa vie et de son développement. Cette chaleur lui arrive par toute la surface interne de Tutérus, et nous ne comprenons pas pourquoi I.obstein veut ({ue ce soit seulement par le placenta. L'eau de l'amnios doit le protéger contre les inégalités de température. Cependant, s'il est vrai que la température d'un foetus mort est plus élevée que celle d'un fœtus vivant, il faut bien admettre que celui-ci a une .température propre; que non seulement il produit de la chaleur, mais qu'il a aussi en lui des moyens de refroidissement.
§ IV. Excrétions du fœtus.
Mucus intestinal, méconium. — On trouve de bonne heure dans le canal intestinal du fœtus une substance qui n'a pas les mêmes qualités à toutes les époques. Elle est blanchâtre et muqueuse jusque vers le milieu de la vie intra-utérine, mais ensuite elle devient d'un jaune verdâtre, elle prend plus de consistance ^ de viscosité; sa
(I) Adelon, P/»v«i",'(igièàtf i'hom-Me, 2« êdit.. 1829 , lome IV, page 41*.
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couleur devient de plus en plus foncée, surtout dans le gros intestin. Au terme de la grossesse, elle remplit l'intestin grêle et le gros intestin de manière h les distendre. Cette matière connue soi's le nom de mcconium est un produit commun de la sécrétion du foie et de l'intestin. Meckel n'a trouvé dans l'intestin de monsties privés de foie qu'un mucus blanc et visqueux. Le méconium a l'odeur et la couleur de la bile. Vauquelin l'a trouvé composé d'un tiers d'eau , d'un tiers d'une substance sui generis de nature végétale, de queiijues centièmes de mucus, et d'une petite quantité de bile. Le méconium n'est rendu qu'après la naissance, et quelquefois pendant le travail de l'accouchement; mais alors cela dépend soit d'une position vicieuse du fœtus, soit d'un état de souffrance dans lequel il se trouve. Nous ferons apprécier ailleurs les causes de l'issue prématurée du méconium et les indications pratiques qu'on peut en tirer.
Sécrétion urinaire. — Pendant la vie intra-utérine il se forme peu d'urine. Au terme de la gestation, la vessie e nest pleine, mais non distendue. De même que le méconium, ce liquide n'est évacué qu'après la naissance; car s'il coulait liai>ilU(:lhnnent , on trouverait dans l'eau de l'anmios quelques uns des principes qui le constituent, et le canal de l'urètre ne serait pas rempli de mucus s'il était traversé par l'urine. ♦
Matière sébacée. — La peau du fœtus est i-ecouverte, à la naissance, d'une substance particulière d'un blanc mat, visqueuse et grasse, qui par sa composition cbimi(jue, tient le milieu entre la fibi-ine et la graisse, et se rapproche de l'adipocire (0. Ctitie matière, que
(!) B-niiva •?) Vauqiifliv . Annotes de thitoie, tiim" XXXI î.
456 TRAITÉ DES ACCOUGHEMENS.
l'on nomsv.e sébacée, n'existe pas à toutes les époques de la vie fœtale; elle ne commence à paraître que vers le sixième mois; elle se montre d'abord aux aisselles, aux aines, sur le cuir chevelu , puis sur le dos, les lombes et la p-trtie externe des membres; leur partie interne et la surface antérieure du tronc en sont ordinairement moins abondamment pourvues. Le cordon et les membranes de l'œuf n'en offrent pas de traces. L'opinion qui considère cet enduit comme un précipité des eaux de l'amnios est sans aucun fondement. 11 est le résultat de la sécrétion des follicules sébacés de la peau du fœtus, qui à cette époque de la vie sont beaucoup plus développés qu'ils ne le seront plus tard.
^' V. Fonclioas de relation de fœtus.
L'état du fœtus dans l'utérus a été comparé au sommeil. Dans cette position jouit-il de facultés instinctives ou intellectuelles? Nous nous garderons d'aborder cette discussion métaphysique, qui nous écarterait sans frnit du but que nous nous proposons, seulement nous dirons que chez le fœtus la sensibilité est peu développée; que les organes dos sens sont dans une inaction absolue ; que de tous les actes de la vie animale , la locomotion est le seul qui soit manifeste.