‹ Traitâe pratique des accouchemensChapitre 56 sur 69 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

FONCTIOAS DE REPRODUCTION.

On désigne sous Jt's noms Aie Jonctions de reproduction^àQ fonctions génératrices^ ia série, la succession des actes au moyen desquels les êtres organisés et vivans produisent des individus nouveaux, en tout semblables à ceux desquels ils émaneuL L'ensemble de ces fonctions porte le nom àe génération.

Notre intention n'est pas d'étudier en détail la série, la succession des actes nécessaires à l'accomplissement de ces diverses fonctions ; nous devons nous borner simplement à l'exposition de ceux qui sont les attributs exclusifs du sexe féminin. Comme chaque acte exige des conditions déterminées pour son exécution, commençons par faire connaître celle>; ([ui déitoteut de la part de l'individu l'aptitude à les remplir.

chapjtkf: premier.

«F. \.\ PUBl-r.TK.

L'époque de la puberté, dans le sexe féminin, s'annonce par des changemens nombreux, des modifications profondes qui surviennent graduellement et simultanément dans l'état physique et moral de la jeune fille. Tous les organes qui doivent concourir à l'accomplissement des fonctions génératrices prennent un développement

158 IKÂiTi-; DFS ArCOUtlHEMEBTS.

reOTferc{iialjio. Le bassin s'élargit, s'évase, son inclinaison eu avant diminue, la région pubienne s'arrondit, proémine, se touvre de poils, les bancbes deviennent plus saillantes, se portent en dehors, la cavité pelvienne s'agrandit et acquiert les dimensions que nous lui avons assignées chez la femme adulte.

Les ovaires croissent rapidement; de longs, d'aplatis, de lisser qu'ils étaient jusqu'alors , ils deviennent plus grps, ovalaires, arrondis et bosselés. Les trompes utérines s'allongent, leur pavillon s'évase, les franges qui le^ terminent grandissent. L'utt'rus reçoit plus d« sang, son tissu devient plus rouge, le corps et le fond s'arrondis.^pnt et se développent plys que ne le fait le col,çq sorte q|ie celui-ci paraît proportionnellement plus court et plus étroit. Le vagin devient plus extensible, plus large, son réseau vasculaire reçoit plus de sang, la membranç nnjqueus^ se plisse davantage. Les grancje§ lèyres devipnrjpnt plus pleines, plus vermeilles, plus sensibles. Les mamelles s'arrondissent , proéminent au devant de la poitrine, le mamelon devient plus saillant, plus sensible, l'auréole prend une teinte plus foncée. De tous ces changemens, le plus remarquable sans contredit est l'établissement d'une fonction nouvelle, au libre exercice de laquelle se rattachent ordinairement la gaieté, l'appétit, l'embonpoint, la fraîcheur, en un mot la bonne santé de la jeune fdle.

ARTICLE PREMIER

Définition. Cette fonction consiste dans une évacuation de sang plus ou moins abondante, qui se fait périodiquement et chaque mois par les organes sexuels.

DE LA MFNSTIIUAÏÎOW. 459

Synonymie. Cette fonction a reçu différens noms, soit à cause de la périodicité, soit à cause de l'intervalle qui sépare chaque évacuation , soit enfin à cause des usages qu'on lui attribue ou de l'influence qu'elle exerce sur la santé des femmes. Ainsi, on la désigne sous les noms de règles , de mois , de lunes , de purgations, de flux menstruel, etc.

Toutes les femmes bien constituées sont , à quelques exceptions près, sujettes à cette évacuation depuis l'époque de ta puberté j^usqu'à 1 âge de retour, qui pour elles est le commencement de la vieillesse. C^ette loi inhérente à l'organisation de la femme ne peut être regardée comme le résultat de la civilisation. Nous doutons fort qu'il ail jamais existé un temps oii les femmes n'étaient point assujetties à ce tribut inconnnode. Malgré les raisons que Roussel donne (1) })our prouver que cette évacuation n'est point naturelle, qu'elle est un besoin factice contracté dans l'état social; malgré le dire des voyageurs (2) que Roussel iiivotjue, d'après lesquels les femmes qui habitent sous le pôle arctique, celles du Brésil , les femmes qui vivent sur les bords de l'Orénoque , celles de plusieurs nations sauvages ne seraient point réglées, il est bien démontré aujourd'hui que toutes les femmes sont sujettes à cette évacuar tion , quelles que soient leur couleur, la contrée qu'elles habitent, les latitudes où on les a observées, les institutions sociales sous lesquelles elles vjyent.

Les anciens mômes proyaiept que quelques femelles

(i') Ro'.issfl, Système physique et moral de Ist Femme, !.nî3, S" éiiit., [i. MS. (2) îtuiler, Elentenlii pUyiialc^iaf Laiisanus, 1772. loiiif VU. hb. 2«. «çfl. », jjatjf 137.

460 TRAITÉ BFS ir.r.mjCîîFMENS.

ailimules étaient soumises à la même loi. Aristote pensait que tous les quadrupèdes à sang chaud, c'est-à-dire les mammifères, perdaient tous les mois du sang par les organes génitaux. S'il est vrai que dans quelques espèces animales appartenant aux familles des quadrumanes, des carnassiers , des pachydermes , des ruminans , des cétacés, même dans quelques poissons tels que la raie, la tanche, le surmulet (1), on ohserve dans la saison des amours un écoulement sanguinolent parla vulve, ce serait étrangement abuser des, analogies» que d'assimiler cet écoulement au flux menstruel.

Prodromes ^ éruption et marche. L'éruption des règles se fait quelquefois sans prodromes bien marqués; ordinairement elle est précédée ou accompagnée d'un sentiment d'engoui'dissement, de lassitude dans les membres, de pesanteur de tête, de chaleur dans les lombes, de tension dans riiypogastre, le bassin, la partie supérieure des cuisses, quelquefois d'un léger prurit à la vulve ou dans le voisinage, d'autres fois de coliques accompagnées dans quelques cas de phénomènes nerveux plus ou moins intenses. En même temps le pouls devient plus fort, plus large, plus fréquent, quelquefois inégal; enfin un écoulement muqueux ou séro-sangui noient se fait par la vulve et amène un soulagement marqué. Cet écoulement persiste ainsi quelques heures, rarement plus d'un jour; bientôt il est remplacé par du sang pur, qui coule goutte à goutte, dont l'abondance, la coloration, la consistance de même que la durée varient beaucoup. En général, il coule avec plus d'abondance vers le milieu des règles qu'au commencement et à la fin ; il est moins

\^i) Haller, Loco cUato, lone VII, l'sge 158.

DR Î.X aienstruation. 461

rouge à ces deux teimes. Cependant chez quelques femmes, le sang offre dès le début la consistance, la coloration qu'il conservera pendant toute la durée de l'évacuation. A mesure que le sang coule, le sentiment de tension, de douleur, diminue^ le pouls perd de sa force, la femme s'affaiblit, les yeux deviennent languissans, paraissent s'enfoncer dans les orbites, tni coicle bleuâtre ou livide s'établit autour des paupières, un écoulement séreux semblable à celui qui s'est manifesté au début de l'éruption succède à l'écoulemerit de sang, et bientôt les règles sont terminées.

L'époque de la première apparition des règles varie suivant une multitude de circonstances qui dépendent du climat sous lequel les femmes vivent, du genre de vie qu'elles mènent, de l'éducation qu'elles reçoivent. En général, elle est d'autant plus précoce que le climat est plus chaud, la vie plus sédentaire, la nourriture plussucculente, plus animalisée, les relations sociales plus nombreuses et plus fréquentes, l'imagination plus vive, l'éducation plus recherchée. Dans les régions équatoriales, la première éruption des règles se fait de la neuvième h la douzième année; dans les climats tempérés et pour les filles des grandes villes, de la douzième à la quinzième année.

Pour les filles des campagnes, celles qui habitent les pùys montueux et à mesure qu'on se rapproche du nord, elle ne se fait guère que de quinze à vingt ans; cependant ces données générales souffrent de nombreuses exceptions. Ainsi, en Asie, en Afrique, et même dans les zones tempérées, on cite des exemples de filles réglées dès la septième et huitième année; d'autres qui ne l'ont été qu'à vingt-quatre ou vingt-cinq ans. M. Brierre de Boismont, dans un travail honoré du suffrage de l'Aca-

462 TRAITÉ DES A.CCOUCHEMENS,

demie royale de Médecine, a montré que sur 606 femmes la menstruation avait eu lieu 200 fois entre 14 et 15 ans 5 200 fois de 7 à 13 inclusivement, et 206 fois de 16 à 23 ans. D'après ses observations, les femmes de la campagne sont réglées en plus grand nombre à 15 ans; celles des villes qui appartiennent k la classe ouvrière sont aussi menstruées à la même époque; mais chez les premières Ja proportion est plus considérable après 15 ans, le contraire a lieu pour les dernières. Il y a une distinction à faire pour les filles de la classe ouvrière qui s'éloignent de leur condition par ie genre de vie , les mœurs, les habitudes; leur menstruation se rapproche de celle des jeunes personnes de la classe aisée; pour elles lâge des règles est en général de 14 ans; chez les jeunes personnes de la haute société, impressionnables, nerveuses, les règles apparaissent ordinairement de 12 à 14 ans.

Anomalies. Quant aux fdles qui, dit-on, ont été réglées dès le moment de leur naissance (Pj ou dès l'Age de deux, trois ou quatre ans, et à celles qui ne l'ont jamais été, nous envisagerons ces cas non comme des exceptions à la règle générale, mais bien comme des cas maladifs et étrangers à la loi qui régit l'espèce humaine. Nous ne considérons comme éruption véritable de règles, que l'écoulement sanguin qui survient lorsque la jeune fille a déjà acquis la majeure partie de son accroissement, lorsque les organes génitaux commencenj; à se revêtir de poils, que la cavité du bassin offre déjà des dimensions

(I) Nous en avons vu plusieurs qui jieu de jours ai)rès leur nais^^aïue avaient un écoulement de sang par I9 vulve . et jamais nous n'avons pensp qu'pile» lussent réglées, cet éiouienient «yant eessé pcmr mk plus rej arailre.

Db, LA MENSTRUATION. 463

convenables, qiie les mamelles commencent à proeminer au-devant de la poitrine, en un mot que tout annonce de la part de la nature une harmonie parfaite , une aptitude à remplir les fonctions auxquelles l'apparition des règles sert de prélude. Le docteur Le Beau a rapporté l'observation d'une jeune fille de la Nouvelle-Orléans, âgée de 4 ans, qui était menstruée, dont les seins et le bassin présentaient des dimensions telles, qu'elles pouvaient offrir les conditions voulues pour devenir mère (1).

Tout écoulement sanguin qui survient avant cet ensemble, doit êlre combattu par tous les moyens appropriés ; car si on laisse la nature s'engager dans cette mauvaise voie, elle ne pourra la parcout^r qu'au détriment de l'individu.

Quant aux femmes qui ne sont jamais réglées, cela tient souvent à un vice de conformation, d'organisation, ou comme on le dit, à un arrêt de développement dans quelques uns des organes génitaux. Nous ne saurions trop appeler l'attention des jeunes médecins sur ces dispositions et les engager à être très circonspects, surtout lorsqu'ils sont consultés par des familles pour savoir si des jeiuies filles placées dans de semblables conditions peur vent sans inconvéniens s'engager dans les liens du mariage. Nous savons bien qu'on a cité des femmes qui, quoique n'ayant pas été réglées, ont pu concevoir et devenir mères; d'autresqui n'ont été réglées que pendant le cours de leurs grossesses. Nous répondrons pour les premières , que le mariage a eu lieu trop tôt; pour les secondes, que ce sont des exceptions si grandes et si rares,

(t; ÀRuales d'Itygién» et de médeciite légale . lorae X, pa^c J8I.

464 TR:i.iTJî DES Acroicnri\rE>fs.

qu'il faut toute rautorilc des auteurs recohimandables qui ont rapporté ces faits, pour que nous puissions leur accorder une croyance pleine et entière. Une femme de 50 ans vint mourir à l'Hôtel-Dieu. Jamais elle n'avait été meiistruée, et cependant elle avait eu le plus vif désir d'avoir des enfans. Remèdes, pèlerinages, moyens convenables, rien n'avait été négligé. A l'autopsie, MM. les docteurs Duplay et Vigla examinèrent avec beaucoup d'attention les organes sexuels , les parties extérieures et moyennes étaient bien conformées, le vagin avait les dimensions normales, la matrice présentait le développement qu'elle offre chez les femmes qui n'ont pas eu d'enfans; le col était petit mais bien conformé, les deux lèvres séparées, la cavilé de l'utérus non obstruée, les trompes, les ovaires, existaient comme dans l'état normal, seulement il y avait un petit kvste dans l'ovaire du coté gauche ( Brierre de Boismont, Mémoire cité).

Durée. La durée des règles varie suivant les différentes femmes : les unes ne sont réglées que pendant quelques heures; d'autres pendant quelques jours, d'autres enfin pendant huit à dix jours; mais dans une femme douée d'une bonne santé, la durée moyenne est de quatre à cinq jours. En général, les premières éruptions de. règles sont moins longues , moins abondantes , et les intervalles qui les séparent sont ordinairement plus considérables et moins réguliers qu'ils ne seront par la suite. Ainsi, lorsqu'une jeune fille commence à être réglée, et surtout chez celles qui le sont de très bonne heure, la première éruption se fait pendant quelques heures ou pendant un jour ou deux seulement ; un intervalle de deux, de trois, de quatre, de six mois, quelquefois même d'une année, s'écoule avant que la seconde éruption ar-

DE LA MKivSllUJATlON. 465

rive ; chose qu'il ne faut pas perdre de vue afin de ne pas, dans le but de favoriser le retour des règles, fatiguer par des médications intempestives une conslitution délicate qui n'a besoin que de repos. M. Brierre de Boismont a constaté que chez 76 femmes dont les [ucniières menstruations avaient été irrégulières, le terme moyen de la régularisation avait été de dix-huit mois.

Ordinairement^ l'intervalle qui s'écoule vnlva la cessation d'une époque menstruelle et le retour de la suivante est de vingt-im à trente jours. On voit cependant des femmes qui sont réglées tous les quinze jouss, d'autres seulement toutes les six semaines ou tous les deux moisj mais dans ces cas-là il est rare que les Icinuies jouissent d'une bonne santé.

Quantité. La quantité de sang qu'une femme bien nortante perd à chaque époque menstruelle et qu'Hippocrate a fixée à 20 onces, est indéterminée; on ne peut l'évaluer qu'approximativement, jamais d'uiîe manière précise : l** parce que l'écoulement se iait lentement; 2" parce qu'il est difficile de recueillir le sang; 3" parce que ce liquide est toujours plus ou moins mélangé avec les fluides qui lidirifient les canaux qu il parcourt, et qui en augmentent le poids; i'^ enfin parce que cette quantité varie suivant la constitution des femmes, le genre de vie qu'elles mènent, le climat sous lequel elles vivent, les passions qui les agi'ent, etc. En général, les femmes brunes, à fibres sèches, nerveuses; celles ([ui mènent une vie oisive, qui sont soumises à una alimentation sucruleute, qui habltetit les pays chauds ou qui y i^ont momentanéinent liansportées, sont plus abondamment rt'glées que les fernuKs qui se trouvent dans des condition? opposées. î.r, pv^mièies pfr-

466 TRAITE PES ACCOtîCHEMENS.

dent huit, dix onces, jusqu'à une livre de sang à chaque époque ; les femmes du nord ne perdent gu^re que trois ou quatre onces de sang ; enfin, dans nos pays^ on peut établir que, terme moyen, les femmes perdent de quatre à six onces de sang à chaque époque menstruelle. Nous connaissons una dame qui, transportée dans une île de la Méditerranée située vers le 43" de latitude septentrionale et le 8" de longitude est, vit ses règles augmenter d'une manière effrayante; cette dame devint enceinte et ne put conserver sa grossesse, elle éprouva une hémorrhagie utérine qui compromit son existence; transportée l'année suivante sur un rocher brûlant de l'Océan Atlantique, situé sous le 16^ de latitude australe et le 8^ de longitude ouest , les mômes accidens se renouvelèrent. Cette dame , pendant un séjour d'environ six années , né put amènera bien aucune grossesse; elle eut plusieurs avortemens de suite; chaque fois elle éprouva des pertes qui firent craindre pour ses jours. Depuis son retour en France, cette dame a conçu de nouveau, et cette grossesse, comme celles qui avaient précédé ses voyages, est arrivée heureusement à son terme; elle a donné naissance à un fils plein de vie et de santé. Depuis cette époque, cette dame est rentrée dans la condition de toutes les femmes : ses règles se sont modérées, elle a recouvré k santé qu'elle avait perdue dans les pays chauds. Par opposition , nous dirons que les filles de la campagne qui abandonnent leur pays pour venir se fixer dans les grandes villes, surtout à Paris, éprouvent un effet opposé ; il n'est pas rare de voir chez elles l'écoulement des règles diminuer d'une manière notable, ou mieux, disparaître complètement pendant plusieurs mois, INous avons pu faire cette remarque d'une manière constante

D!' LA MEJ\STR(iATION. 467

à l'hôpital de ia Maternité de Paris, où tous les ans il arrive de tous les points de la France soixante à quatrevingts élèves sages-femmes de toute condition , de tout âge; toutes ou presque toutes éprouvent, après leur entrée dans l'établissement, des dérangemensyseusibles dans Tëcoulement menstruel ; il y en a un tiers , pour nie pas dire moitié, qui sont quelquefois plusieurs mois sans voir reparaître leurs règles. Aussi, la plupart de celles qui, indisposées , viennent à l'infirmerie et auxquelles nous adressons cette question : êtes-vous bien réglées? ou êtes-vous près de l'époque de vos règles? répondent : je n'ai rien vu , ou je n'ai vu qu'une fois, deux fois depuis que je suis ici.

Qualités du sang. Le sang qui sécoule pendant la durée des règles est ordinairement visqueux, noirâtre, moins coagulable que celui qui s'écoule des autres parties; il a ordinairement l'odeur, la chaleur et un peu moins de consistance que le sang veineux. Hippocrate dit (l)que ce sang est rouge comme celui des victimes; il se coagule prohiptement quand !a femme est en bonne santé, Aristole est du même avis.

Ceoendant Pline, Fernel, Lamotte avec la plupart dos médecins arabes, attribuent des qualités malfaisantes au sang des règles. Cette opinion, émise par des hommes recommandables, jouit encore aujourd'hui d'une grande faveur parmi le peuple et les gens du monde. Ainsi , quelques personnes pensent encore que ce sang contient le germe de différentes maladies contagieuses ou héréditaires telles que celui de la peste, de la petite- vérole, des sci'ofules, etc.; d'autres, qu'il exhale un principe

/"•fl) Uàla<ii9it di's Ftmrhist , litre I", pSrâg. i\

468 TRAITÉ DES ACCUCCHEMENS.

toxique capable d'arrêter la végétation, de faire flétrir des fleurs, de faire périr des arbres ; que ce principe qui a la vertu d'exciter à l'amour, est mortel pour les hommes; d'autres enfin, croient que l'odeur qui se dégage de la femme^ pendant la durée de l'évacuation menstruelle, suffit pour faire gâter les sauces, coaguler le lait, etc. De toutes ces opinions, la dernière seule pourrait peut-être n'être pas dénuée de fondement et s'appuyer sur quelques faits, si toutefois on jaeut démontrer qu'il n'y a pas eu simple coïncidence.

En effet, on conçoit que des femmes abandonnées à la malpropreté , qui négligent de se laver ou de changer de linge pendant le cours de cette évacuation, on conçoit, disons-nous, que le sang altéré par son mélange avec le mucus qui lubrifie les organes sexuels , par son séjour pendant un temps plus ou moins long au milieu des organes, s'y décompose, passe à la fermentation putride, acquiert des qualités acres, irritantes pour les parties avec lesquelles il se trouve en contact , exhale une odeur infecte capable de nuire, d'altérer les liquides animaux dépourvus de vie et placés dans cette atmosphère putride. C'est de la sorte qu'on pourrait expliquer l'altération du lait ou d'autres liquides long-temps placés dans le voisinage de ces femmes. C'est encore de cette manière qu'on pourrait expliquer aussi le développement des maladies chez des hommes qui, dans des circonstances semblables, ont eu des rapprochemens avec des femmes au moment de leurs règles. A part ces conditions, nous partageons l'opinion d'Hippocrale; nous avons la conviction que le sang des règles ne contient pas en lui-même plus de principes délétères que celui qui s'écoule de toute autre partie. Ainsi, nous connaissons plusieurs femmes qui ont

bE LA. MEAàTRlJATlOiX. 469

conçu pendant le cours de leurs règles, dont les maris n'ont été nullement incommodés, dont les enFans sont aussi sains, se sont aussi bien développés que ceux qu'elles avaient conçus dans d'autres circonstances.

En définitive, nous pouvons avancer avec Haller et la plupart des physiologistes modernes, que le sang des règles qui provient d'une femme saine et qui se livre aux soins de propreté, ne diffère en rien de celui qu'on retirerait de la veine de cette femme ou de toute autre, si ce n'est qu'il est un peu plus visqueux, probablement à cause de son mélange avec une certaine quantité de mucus.

Siège. Rien n'est plus facile à établir que le siège des règles; cependant des hommes recommandâbles ont longuement discuté pour savoir quel était l'organe par lequel cet écoulement avait lieu. Ainsi, les uns se fondant sur des faits exceptionnels ou mal observés, tels que l'existence des règles chez quelques fenunes pendant la grossesse; le manque de règles chez une femme galeuse, dont le vagin était, dit-on, rempli de gale; l'écoulement des règles chez une autre, dont l'orifice de la matrice était bouché; enfin, leur persistance chez une femme à laquelle on avait amputé l'utérus après un renversement, etc., prétendaient qu'elles avaient lieu parle vagin, parla surface interne de la vulve. D'autres, en plus grand nombre, se fondant sur des faits constans et qui peuvent être vérifiés tous les jours, ont placé avec plus de raison le siège des règles dans la cavité même de l'utérus. Aujourd'hui il est bien démontré que le sang coule de l'utérus ; ainsi, lorsque cet organe est occupé par le produit delà conception, les règles cessent, cependant le vagin est libre. Dans les cas de prx>lapsus de l'utérus, on voit le sang s'écouler de l'orifice du col et non des parois du i. 3i

TRAITE DES ACCOtlCttEMENS.

vagin. II en est de liiêihè, si avec un spéculum, on examine une femme pendant la durée des règles. l)âns rintrd version, le sang suinte dé la siii'faéë liitei-rië de l'utérus renversé ; dans lés cas d'occlusions cdrigéiiialè ou accidentelle du col de l'iKérLis , le sang des règles' S'accumule dans l'intérieur de l'organe, le distend et détèi'mine des accidens formidables, cdinniécèlai est arrivé clièz là femme dont nous avons piarlé page 1 86 clé ce volume. Ndu^ avons encore soiîs les yèiix lirie femme qui, à là suite d'un accouchement laborieux, de séparation d'escarres gangreneuses des parois du vagin , à une occlusion de l'utérug, cbez laquelle les règles n'ont point reparu quoiqu'elle soit jeune et que toute la partie inférieure du vagin soit libre; mais qui à chaque époque mènsfruelle éprouve des accidens produits par la rétention du sang dans l'utérus.

il paraît donc tien démontré que le siège des fèglés est dans l'utérus , et que si oh â vu dans des cas âé grossesses ou dans d'autres circonstances rares, le sârig s'échapper de la surface interne des grandes ïèvres, du vagin , il faut tenir compte dé ces faits, et les considérer comme des anomalies, des exceptions qui rie peuvent servir de lois. Nous serions tenté de les ranger patmi lés divers états morbides dans lesquels on voit le flux menstruel s'effectuer par des voies insolites, tellèè qùé lès narines, les oreilles, les poumons, l'estomac, les hémbrrhoïdes^les voies urinai res, les mamelles, l'ombilic, les sueurs, une cicatrice, le moignon d'une cuisse amputée , ïa sâpliènCj etc. Parmi les élèves sages-femmes de la riiaison

tf'accouchement, nous avions en 1837 une dame B

qui habituellement malade, était fort mal réglée ; cliaqde fois que cette femme avait une suppression; éllê épi^ôùvîiit

DE LA IVIENSTRUATîON. 471

par le bout des mamelons une exhalation sanguine asseè abondante pour pénétrer la chemisa et tacher les autres pièces des vêtemens. Cette exhalation durait 24 ou 30 heures et procurait un soulagement iuarqué.

L'intégrité de l'utérus rie paraît pas indispensable pour que la mehstri^ation s'exécute; darls le fait que nous avons cité page 268 de ce voluUié, ôri voit que la fëiliuié à qui Vieussens avait amputé l'utérus, avait continué d'être réglée quoiqu'il iiè restât qu'iiïie portion du col . ddi' et calleux (1), Le docteur Dewes à cité (2) le fait d'une jeune femme chez laquelle la menstruation s'était accomplie régulièretiient juscjîi'à la mort , dont l'utérus n'offrait de sain qu'iirie portioh de \i grandeur d'un ongle, tout le reste était dans tin état de maladie fort avancée.

Oïigine ou Source. La question relative à l'espèce dé vaisseaux qui fournit l'écoulement des règles, à loilgUemèrit occupé les physiologistes, et il est douteux qu'on arrive à une solution satisfaisante. Ainsi, les uns se fondant sur la couleur noire du sang menstruel, sur le gonflement des veines chez les femmes pendant cette J3ériode , sur le développement considérable des veineâ utérines, sur la largeur des ouvertures veineuses a ià surface interne de l'utérus, sur l'analogie de cet écoulement avec celui des hémorrhoïdes, qui évidemment est foiiriii par des veines , attribuent cette fonction aux veines où sinus veineux utérins.

La plupart des modernes pensent que lé sang des i'ègles est artériel, qu'il est dû à une véritable exhalation;

(1) Traité nouveau des liqueurs du corps humain, lome II , page 17i5. ^2) Tl>c cyclopedia ofpracltcal medlclnc, pa^e 1 JO et suiv. vol. tll.

472 TRAITÉ DIS ACCOCJCHJ'MEKS.

ils se fondent sur ce que les injections poussées dans les artères utérines transsudent jusque dans la cavité de la matrice; qu'il est facile de concevoir une congestion par le moven des artères, tandis qu'il est difficile de l'admettre dans les veines , où il ne peut y avoir que stase du sang, lorsqu'un obstacle s'oppose à son retour. D'après ces motifs, ils pensent que les menstrues sont fournies par les artères.

Sans vouloir trancher cette question, tout en reconnaissant que le flux menstruel est, pour sa cause, comparable aux exhalations sanguines qui se font quelquefois par les surfaces muqueuses nasales, gastriques, intestinales ou pulmonaires, c'est-à-dire qu'elles résultent d'une congestion suivie d'exhalation; cependant nous pensons que le mécanisme n'en est pas le même. Nous nous fondons sur la différence d'organisation : en effet, il nous semble que jusqu'à ce jour, on n'a pas fait assez d'attention à la disposition du système vasculaire utérin; ce système offre une organisation spéciale, qui a beaucoup d'analogie avec le tissu érectile, si toutefois elle n'est pas identique. Nous pensons donc qu'on peut comparer la congestion qui se fait dans les vaisseaux utérins au moment des règles , à la turgescence qui survient dans les corps caveineux au moment de Térection. Si la conorestion est médiocre , cotnnie ce'a a lieu dans létat ordinaire de la vie , le sang reflue dans le torrent de la circulation , comme il arrive dans les corps caverneux lors de la cessation de l'orgasnie qui avait amené l'érection ; mais si cette congestion est très foi'te, le sang n'étant pas relenu à la face interne de l'utérus par une membrane fibreuse , comme il l'est dans les corps caverneiix . il trans^sude à la fois- par les bouches exhalantes des

artères et à travers les bouches béantes âe& slmis veineux f[iii communiquent entre eux et avec les extrémités artcrieiies au moyen de porosités latér-aîes. Tant que la fluxion a lieu, l'écoulement se fait; à mesure qu'elle fliminue ou qu'elle cesse, l'écoulement diminue ou disparait complètement, -

Causes. Il est aussi difficile d'assigner les causes qui pioduisent les règles, que de déterminer celles qui amènent périodiquement letu' retour.

Dirons-nous avec Aristote , Galien et quelques modernes, qu'elles sont le résultat de l'influence de la lune ? Avec Vieussens, Verheven, qu'elles dépendent d'un ferment qui se développe dans l'utérus? avec Halier et les physiologistes modernes , qu'elles sont le résultat de la pléthore, etc.? De tous ces systèmes, le dernier est sans doute le plus rationnel : car il est évident que sans pléthore '^oit générale, soit locale, les règles n'ont pas lieu ; que toutes les causes capables de déterminer cette pléthore, favorisent leur apparition, leur écoulement. Toutes les causes au contraire capables de la prévenir, telles que les saignées, l'abstinence , les diarrhées, les débilitans de toutes espèces , arrêtent ou s'opposent à leur retour.

En admettant comme vrai l'un ou l'autre de ces systèmes, il restera encore une difficulté a résoudre, ce sera celle du retour périodique. En effet, s'il dépend de l'influence de la lune, pourquoi les femmes ne sont-elles pas toutes réglées en même temps? Quelle phase de cet astre ramène les règles ? S'il dépend d'un ferment ou de la pléthore, pourquoi ce ferment, cette pléthore ne se développent-ils que tous les mois? Che?: les fommps où il existe une pléîliore générale, potitqnoi i"i;rj-)îî]pîT'en'' d-^?»

474 TRAITÉ pES AGCGUCflEMENS.

règles ccsse-l-il avq«t qup celle-ci soit complètement dissipée?

Sans nous perdre plus long-temps dans l'examen de ces systèmes , contentons-nous de constater les faits et disons: oui, la plélbore est nécessaire pour amener les régies, comme la pléthore ou la congestion vers un organe sécréteur est nécessaire pour amener la sécrétion. Dans ce cas, la pléthore n'est pas plus la cause de la sécrétion , que dans l'autre elle est la cause des règles ; c'est seulement une des conditions voulues pour que l'une ou l'autre de ces fonctions s'exécute. Tout en admettant que les causes des règles comme celles de leur retour nous sont encore inconnues; que cette évacuation est le résultat de l'organisation de la femme, et en particulier de l'utérus; que celui-ci laisse passer les règles, comme la peau laissée passer la sueur; comme le péricarde, les plèvres, le péritoine, laissent passer la sérosité, etc., nous pensons que ce n'est pas dans l'utérus même que réside cçtte cause, qu'on la trouverait peut-être dans l'influence exercéepardes organes voisins. Ainsi on n'a peut-être pas accordé jusqu'à présent assez d'attention au rôle que remplissent les ovaires dans l'exéculioa de cette importante fonction, et cependant l'expérience a depuis long-temps démontré que l'ablation des ovairesamenait la disparition des règles, comnre le prouve le fait que nous ayons cité page iSS, d'après Percival Potl. M. le docteur pendria vient d'émettie à ce sujet une opinion qui mérite de fixer l'attention. Suivant ce médecin, l'hémorrhagie mepstruelle ne serait qu'un phénomène périodique d'une fonction qui commencerait à la puberté et finirait à l'âge critique. Cette fonction consisterait dans la produclioo et le développement des vésicule.» dans l'ovaire; elle

aipènep^it périodiquement une vésicule et par conséquent un œuf en maturation à la surface de l'ovairt, pour y être ej^pulsé, ou détruit par la plilegmasie et- 1^ rupture de la vésicule. Ce dernier acte étant la terminaison dp la formation et de l'évolution de chaque vésic|4le et de l'ovule qu'elle contient, ne pourrait être continu; il s'accomplirait à des époques régulières : c'est à lui que se rattacherait la turgescence hémorrhagique de tout l'appareil génital dont le flux, menstruel serait Ip résultat. M. Gendrin cite, à l'appui de cette opinion, un certain nombre de faits anatomiques qui établissent que chez les filles impubères, le développement de l'ovaire eçt peu considérable, et que chez elles les vésicules de (jç^f n'existent point. Les recherches de ce médecin lui qnÇ (i^pi^trp l'absence des vésicules de Crsef dans les ovaires et l'atrophie plus ou moins complète de ces organes chez jes femmes qui ont dépassé l'âge critique. Au contraire, M, Gendrin a toujours constaté la présencç des véhicules de Graef dans le§ ovaires chez les femmes menstruées; il assure aussi que le siège de ces vésicules est d'autant plus rapproché de la surface des ovaires qu'elles sont plus volumineuses j il a également reconnu l'exi&tejiice de cicatricules dont la couleur varie depuis le rouge jusqu'à la teinte jaunâtre , d'après l'ancienneté plus ou moins grande de l'époque des règles (1). On peut encore consulter sur le même sujet un mémoire fort intéçpssaat que vient de publier M, Négrier, professeur à Angers (2),

(1) Traite phlloiophiquc de tnédecine pratique , par Genjiin , i. II , p. 17 ,

(2) Négrier, lieclwrclics anatomiques et physioloi^iques sur U-f oralret dans l espèce humaine, cmiù'iàrct spécialement sons là rappr/rc do leur injluence dans la nicmtniaiioii. 18i0, * vol. in-8, tjg. o

476 TRAITÉ DES ÂCCOUClFÎEMENS.

Il est diverses circonstances dans la vie des femmes où le flux menstruel est suspent.îu, arrêté, sans que cela pon'e préjudice à leur santé. Ces circonstances sont : la grossesse, rallaitemcnt, 1 âge de retour. A part ces trois état?, il est rare que la suppression des règles ne se lie pas, soit comme cause, soit comme effet, à un état maladif quelconque.

Nous parlerons aux articles Grossesse et Allaitement des anomalies que ces états peuvent offrir par rapport au sujet qui nous occupe.

Âge de retour. Quant à l'Age de reîour, que l'on désigne vulgairement sous le nom de temps critique , &B.ns doute à cause des incommodités, de la faiblesse, delà langueur, des infiimités, des maladies chroniques qui surviennent alors chez quelques femmes, on peut dire qu'il est en harmonie avec les causes et l'époque de la première menstruation. Il arrive en général d'autant plus vite , que la première apparition des règles a été elle-même plus précoce, et vice versa. C'est ordinairement de quaranle-ciîiq à cinquante-cinq ans que la plupart des femmes cessent d'être réglées ; cependant il faut savoir que cette règle souffre de nombreuses exceptions; il n'est pas rare de voir des femmes qui dès l'âge de trente-six à quarante ans cessent d'être réglées, d'autres cessent de l'être beaucoup plus jeunes encore ; et par opposition on a vu des femmes chez lesquelles ce flux s'est prolongé jusqu'à soixante , quatre-vingts et même jusqu'à cent six ans (1).

Sur 136 femmes dont M. Brierre de Boismont a recueilli les observations, la cessation des règles a eu lieu

(1) fî-i'ile:-, loe. cit.

DE LA MENSTRCATIOÎN". 47/

depuis 21 ans jusqu'à 72 ans; ce dernier chiffre se rattache à un fait îissez intéressant pour que nous entrions

dans quelques détails à son sujet. Mademoiselle de W

entra à 70 ans à l'hospice de La Rochefoucauld, et fut observée par M. Bouvier ; pendant les deux années qu'elle passa dans cet établissement, ce médecin remarqua avec surprise qu'elle était régulièrement mcnstruée, aussi futelle de sa part , de celle des sœurs et des différentes personiiesde la maison, l'objet d'un examen attentif. Chaque mois lesrègles se montraient pendant plusieurs jours. Cette demoiselle ayant succombé en août 1837, l'ouverture du corps fut faite par MM. Bouvier et Brierre de Boismont ; la membrane hvmen, parfaitement conservée, formait une espèce de diaphragme, le col de l'utérus était mou, les deux lèvres étaient saillantes, l'ouverture transversale avait trois lignes d'étendue, le corps de l'organe présentait 12 millimètres dans le diamètre longitudinal , et Î5 millimètres dans le diamètre transversal; l'intérieur du col et du corps était lisse, blanchâtre et sans altération aucune, les trompes étaiept saines et livraient passage à un fîl d'argent, les ovaires étaient développés comme chez une fille de 15 à 16 ans, celui du côté gauche contenait un petit kyste.

Cette période critique de la vie des femmes s'annonce par des irrégularités dans l'écoulement des menstrues, quelquefois un ai» , quinze ou dix-huit mois avant leur cessation complète : on observe à chaque époque menstruelle une diminution notable dans la quantité de sang perdu, sans irrégularité dans le retour. D'autres fois l'écoulement se prolonge d'une manière immodérée, et dure dix, douze ou quinze jours chaque mois, quelquefois d'une manière si abondance qu'il méritp le nom àe. perte ou de métror-

478 TRAITA i)E> iiCrOUCHEMENS.

rhagie. Au bout d'un temps qu'pa ne peut déterminer , tout écoulement cesse; deux, trois, quatre pu sij. mois se passent sans que les règles reparaissent : les femiî;fes s'en croient débarrassées pour toujours, ce qui ep effgf a lieu quelquefois ; mais le plus ordinairement elles reparaissent, deux ou trois fois , d'uRe manière irregulière dans le cours de Tannée suivante, puis plies cessent complètement.

Dans le premier cas , le pouls se développe , les femnaies prennent de l'embonpoint , quelques unes même de la fraîcheur; mais presque toutes sont tourmentées par des pesanteurs de tête, des éblouissemens, des palpitations, de l'étouffement, de l'engourdissement dans les meipbresj en lin mot des signes non équivoques de pléthore surviennent et exigent des soins particuliers. Ainsi , il sera bon de soumettre ces femnies à un régime doux , plu§ végétal qu'animal , à l'usage des boissons aqueuses friches et Iée;èrement acidulées; d'entretenir la libertp du ventre, de leur conseiller 1 exercice à pied au grand air, de recourir trois ou quatre fois dans l'espace duo ^P oij de dix-huit mois , à des émissions sanguines générales peu abondantes, faites de préférence aux bras avec ja lancette, plutôt que de recourir aux saignées du pied , ou aux saignées locales faites au moyen de sangsues, l'expérience nous avant démontré qu l pouvait être dangereux de ramener un mouvement fluxjonnaire sur l'utérus , lorsque la nature l'abandonne et perd ses droits sur lui. f)e cette manière, on parvient à dissiper ou à diminuer les symptômes de pléthore, à. prévenir les accidens qui pourraient en être lu suite.

Dans le second cas au contraire, les femmes s'affaiblissent ijipidement . 1 appétit diminue, la nutrition se

fait jjia), IViRaigrissement survient, les lèvres se déçQloreat, les joues se flétrissept , se rident ; les mamelles s'affaissent, la peau se durcij;,elle prend une teinte lirunie, jaunâtre, terreuse; les yeux perdent de leur vivacité, de leur éclat, ils s'enfoncent dans les orbites, un cercle liyide se développe sur les paupières; tout annonce une iparche rapide vers la vieillesse, la décrépitude, et dans quelques cas vers la mort.

Ces femmes exigent d'autres soins : il faut, pendant toute la durée de l'écoulement sanguin, les condamner au repos le pjus absolu, flans une position horizontale ; entretenir autour d'elles un air pur et frais, les soumettre à un régime substantiel, peu excitant; les bouillons, les consommés, les gelées dç viande, foutes les substances d'une digestion facile, méritent la préférence sur les awtres alimens ; l'usage des boissons féculentes relevées par l'addition de quelques cuillerées d'un vin généreux, ne doit pas être négligé ; il en est de même de celui des acjjcles, des astringens unis à l'opium ; enfin chez les femmes pales, anémiques, les eaux gazeuses , ferrugineuses, les préparations martiales produisent de bons effets. Toutes les fois que cela est possible , il faut éloigner les causes d'irritation, de tristesse, de chagrin; entretenir également la liberté du ventre. $i ces moyens échouent, si la vie de la femme se trouve menacée , recourir aux. moyens plus énergiques que nous conseillons dans le traitenient des hémorrhagies utérines.

Malgré ce que nous isvons dit plus haut du temps critiqu.Çj il ne fant pas croire que toute? les femmes, sans exception, éprouvent des accidens à cet âge; 11 en est quelques unes qui sont assez heureuses pour traverser celle é|)0(jne de la vie pour ainsi dire sans s'en aperce-

4àO TRAITÉ DES ACCOUCHEAfENS.

Toir; d'autres, pour qui cette époque est celle du retour à la santé, ce sont surtout celles qui étaient habituellement réglées d'une manière excessive.

Il arrive quelquefois que les règles , après avoir disparu , se montrent de nouveau après un laps de plusieurs années . ce qui a pu faire croire à un retour vei's la jeunesse ; mais si ou examine avec attention cfs prélen(hies règles secondaires, qu'on observe chez des femmes (]ui ont dépassé leur temps critique , on sera bientôt détrompé; on verra que ces règles diffèrent essentielleînent des règles primitives : 1° en ce qu'elles manquent de périodicité; 1" que leur durée est variable à (•lia(}ue apparition; 3" en ce que la nature, la quantité de sang n'est pas toujours la même; 4** enfin, en ce qu'elles sont toujours, du moins pour celles que nous avons eu occasion d'observer , symptomatiques de quelques altérations organiques de l'utérus ou des organes quil'avoisinent.

fJsage des règles. 1* Elles annoncent Taptitude à la fécondation ; les femmes sont d'autant plus fécondes qu'elles sont mieux réglées, tandis que celles qui ne le sont pas ou le sont mal sont rarement fécondes. Nous ne ne parlons ici que de celles chez qui il n'existe d'ailleurs aucun vice de conformation apparent des organes de la génération; 2" elles servent à dissiper l'état de pléthore qui se manisfesle chez les femmes dans l'intervalle des é{)oqiies menstruelles; 3" elles servent, pendant la grossesse, à la nutrition, à l'accroissement du produit de la conception; pendant l'allaitement, à fournir aux mamelles ^ç^ matériaux de sécrétion tout le temps <pîe dure la lact:^tion.

DE l'aménorbuke. 481-

ARTICLE TI

DE l'aMIÎJVOURHÉE.

L'aménorrhée consiste dans l'absence, la suspension, la suppression des règles. Pris dans l'acception grammaticale , le mot aménorrhée devrait s'appliquer à toutes leâ circonstances de la vie des femmes oii l'écoulement des règles n'a pas lieu ; mais en pathologie , i! n'a pas une acception aussi étendue. Ainsi on n*a jamais appliqué cette dénomination pour exprmier la suspension, la suppression des règles , qui n'est qu'une expression fonctionnelle, comme l'absence des règles avant la puberté; celle qui accompagne la grossesse, la lactation; celle qui survient à l'âge de retour; ni à celle qui résidte de quelque obstacle mécanique à l'écoulemeni du sang menstruel , comme cela arrive dans certains cas doccliision des voies génitales; .-ar alors, bien que les règles ne coulent pas, il n'y a, ni suppression, ni suspension du flux menstruel , mais seulement rétention du sa:ig des règles. Nous ne nous servirons donc de l'expression d'aménorrhée que pour exprimer un état morbi:ie particulier, caractérisé par l'absence, la suppression du flux menstruel. D'après cette manière de voir, on [itut établir trois espèces distinctes d'aménorrhée, savoir :

1° \uiménotThée es.seiitieUe ^ qui se lie à certains vi* ces d'organisation df* l'utérus, comme l'absence, \<c-\\\l rudimentaire ou défaut de développement de cet organe.

2" \] aménorrhée symptomatique ou consécutive ^ i\\\\ se manifeste à la suite de maladies aiguës ou chronique*;, d'altérations organiques profondes, qui ont détérioré la constitution. des femmes, comme celles qui arrivent dans la dernière périodiç de Ja phlliisie pulmonaire, etc.

482 TRAITÉ DES ACCOUCHEMEIfS.

3" \^aménorrhée accidentelle^ qui survient quelquefois sous l'impression de causes fortuites et variées pendant le cours de la sàrité la plus florissante.

Nous ne nous occuperons pas des deux premières , Pparcequeraniëuorrhée essentielle, dépendant d'un vice dans 1 organisation, n'exige aucun moyen de traitement etqu'elle est incurable; 2* parce que l'amériorrhée consécutive appartient plus spécialement à l'histoire dès maladies dont elle est la suite qu'au sujet qui nous occupe; en conséquence nous nous bornerons à l'indiquer ici. Nous aurons donc à nous occuper de la troisième espèce^ c'est-à-dire de l'aménorrhée accidentelle, celle qui à notre avis doit seule figurer dans un cadre nosologique.

Causes. L'aménorrhée peut être produite par une multitude de causes que l'on a divisées en causes prédisposantes et en causes occasionnelles.

Ytes causes prédisposantes dépendent de la coiistitùtion générale de l'individu, d'un état particulier de l'utérus, de l'éducation, du genre de vie, de l'habitation des femmes. Eu gértéral, sont prédisposées à l'aménorrhée, 1° les femoies pâles, lymphatiques, d'un tempérament nerveux, irritable; celles dont l'utérus est doué d'une grande sensibilité, et qui pour cela ont eu une menstruation précoce, orageuse; celles qui se trouvant dans des conditions opposées , dont l'utérus inerte en quelque sorte, dépourvu d'action, de sensibilité, ont une menstruation tardive , lente, peu abondante , exempte de secousses, de phénomènes nerveux; 2° les femmes qui, par suite d'une éducation physique molle , oisive, indolente, sédentaire , ont une constitution grêle, délicate , des muscles débiles , incapables d'une action régulière et soutenue, un système lymphatique prédominant; celles dont

OÊ l'améjyoiirhéë. 483

rédiicâtidtl tnotale , rfial dirigée, a donné une prédomiijàiifcè tnàrquëe au systèjtie nerveux, a exailé la sensibilité, a fsivorlsé le développement de toutes les passions, fruits d'ilrte ithagination ardente et souvent déréglée ; 3" les fertlmes fatiguées, épuisées par un régime débilitant, peu Stibstaritiel , les jeûnes, les itiacérations, les chagrins, là misère, pàt l'tisage abusif du thé, du café , des boissons aqiièuses et tièdes, les veilles prolongées dans les soirées, les bals , les spectacles ; les ouvrières des grandes villes cpii passent souvent des nuits entières au travail; 4' enfin les femmes qui habitent des lieux bas, huniides , mal aérés , privés des rayons dti soleil, et souvent de lumière.

Les causes occasiOfinelles sont nombreuses et variées; les unes n'exercent leur action que d'une manière lente et progressive, les autres d'une manière brusque et instantanée ; celles-ci agissent au moment même des règles , et en arrêtent subitement le cours. Ces causes peuvent être physiques, morales, et quelquefois inappréciables ou inconnues. Sur 132 femmes, observées avec soin par M. Brierre de Boismout, la suppression dés règles a été occasionnée dans les proportions suivantes , sàVoît :

Pour causes physiques 53

— causes morales 57

— causes inconnues 22

Total Î3i~

Pârfni lés causes physiques , nous rangerons lès coups, lés chutes, la fatigue, les travaux excessifs, une indîgésliôn, l'usage intempestif de médicamèns acres, irri-

484 TRAJTK DES A.cco[jcnf;Mr\s.

tans . de purgatifs drastiques, les excès vénériens, une saignée, une douleur vive et intantanëe. Mais de toutes les causes physiques, celle qui détermine le plus frécjuemment l'aménorrhée est sans contredit l'action du fioid , soit que cette actiou s'exerce d'une manière subite et partielle, comme dans l'immersion des mains ou des pieds dans l'eau froide, soit qu'elle s'exerce d'une manière plus lente et plus générale, en agissant sui- toute la surface du corps, comme cela arrive dans une promenade au grand air par un temps froid, briuneux, ou pendant la pluie. Cependant l'habitude émousse ou détruit cette fticlieuse influence. Les auteurs de l'Encyclopédie citent le fait remarquable des femmes employées aux bains de mer, chez lesquelles la menstruation s'exécute régulièrement, et s'établit même quelquefois au moment où ces femmes se trouvent au milieu des eaux : ou voit même des femmes chez lesquelles riuimersion dt;s mains dans l'eau froide fait avancer les époques menstruelles; ce sont des exceptions qu'il faut noter, mais qui ne peuvent infirmer la règle.

Les causes morales sont , toutes les affections vives de l'âme , qui laissent une impression profonde et durable, telles que les chagrins , la tristesse, la frayeur, la colère, toutes les passions , jusqu'à l'abus des plaisirs. Enfin les causes phvsiques et morales se réunissent quelque* fols pour produire l'aménorrhée. Nous devons faire observer ici que le concours de toutes ces causes n'est pas indispensable , que l'une d'elles suffit pour produire la maladie.

Symptômes. — Ils sont locaux ou généraux. Les symptômes locaux sont la suspension, la suppression momentaiiée ou permanente de l'écoulçment menstruel ,

DE l'aménorrhée. 485

un sentiment de chaleur , de gêne, de pesanteur dans l'hypogastre, des tranchées utérines plus ou moins fortes, l'inflammation lente ou aiguë, partielle ou générale de l'utérus et ses suites, telles que la leucorrhée, l'hypertrophie , l'induration du col ou du corps de l'organe , etc., le gonflement du ventre, des mamelles, avec ou sans sécrétion d'un liquide séreux ou lactescent. Les symptômes généraux sont nombreux et variés ; il est rare qu'ils soient inhérens à l'aménorrhée , le plus fréquemment ils ne sont que le cortège obligé de la maladie à laquelle l'aménorrhée donne naissance. Ainsi on voit survenir tous les symptômes des fièvres, ou des maladies de différente nature , qui accompagnent l'aménorrhée ou lui succèdent. Dans les constitutions fortes , ce sont surtout les phlegmasies des organes parenchymateux, des membranes séreuses, muqueuses, de la peau, qui surviennent alors. Dans les constitutions nerveuses, ce sont les névroses, comme la mélancolie, l'hypocondrie, la manie, l'hystérie, quelquefois même l'épilepsie, les convulsions générales ou partielles, et une foule de phénomènes nerveux qui varient suivant les appareils organiques qu'ils affectent. Ainsi, tantôt c'est une simple pesanteur de tête , d'autres fois une céphalalgie plus ou moins intense, des vertiges, un état plus ou moins comateux; quelquefois des spasmes des organes de la respiration du cœur, de l'œsophage, de l'estomac, des intestins, qui amènent l'aphonie, une toux convulsive, des palpitations, une cardialgie, des vomissemens, des coliques nerveuses, la perte ou la dépravation de l'appétit, le pyrosis , la boulimie, une pâleur générale, un refroidissement plus ou moins considérable ; et lorsque la maladie dure depuis long -temps, un amaigrissement plus ou

486 THAITi-: DES .IGCOCCIIEMENS.

moins rapide et complet. Dans les constitutions affaiblies, détériorées, ce sont des maladies chroniques, la chlorose, des altérations organiques qui surviennent. Enfin quelle que soit la constitution de la malade, on voit quelquefois des flux supplémentaires , et surtout des hémorrhagies s'établir par le nez, la bouche, l'estomac, le canal intestinal, les hémorroïdes, les voies pulmonaires, le bout des mamelons, etc., comme nous l'avons déjà dit page 470 de ce volume.

Diagnostic, — Il repose sur le fait même de la suppression des règles,et sur les phénomènes secondaires qui l'accompagnent ou qui la suivent. Ce diagnostic n'est pas aussi facile à étabhr qu'il le paraît d'abord, car, pour constater l'absence des règles , nous n'avons le plus ordinairement que le dire des malades-, et nous devons faire observer qu'il ne faut pas toujours accorder une confiance absolue à ce dire, encore moins à celui des personnes qui les accompagnent ou les entourent , car soit ignorance , intérêt ou tout autre motif, elles cherchent souvent à nous tromper et à se tromper elles-mêmes, en attribuant à l'aménorrhée des indispositions qui sont dues à une autre cause, quelquefois à une grossesse commençante. Avant de prononcer, il est bien important de rechercher les causes de la suppression et de déter*» miner si les accidens qui existent doivent être rapportés à l'aménorrhée seule ou à toute autre affection. Si les accidens datent de la suppression des règles , si chaque retour périodique les augmente ou les renouvelle, on peut dire qu'ils sont dus à l'aménorrhée.

Pronostic. — On l'établit d'après l'appréciation des causes, l'ancienneté de la maladie, la nature des accidens et les complications qui peuvent exister. Ainsi l'a-

DE l'amkjxorrmée. 487

meiiorrliée récente qui survient chez une jeune fille bien portante, sous l'influence d'une cause physique, et qui n'apporte aucun trouble dans les fonctions, est moins grave que celle qui est ancienne, qui a succédé à l'action de causes morales sur un sujet épuisé ou malade, que celle qui est accompagnée ou promptement suivie de fièvre, de phlegmasies, de névroses ou d'altérations organiques. Durée. — Elle est aussi variable que les causes qui la produisent; quelquefois elle n'a qu'un, deux ou trois mois de durée; d'autres fois elle continue des années entières, et peut même devenir permanente.

Terminaison. — Elle a lieu souvent par le rétablissement du flux menstruel et le retour à la santé, d'autres fois par la production d'une maladie aiguë , quelquefois par la chlorose chez les sujets débiles , le plus souvent par la production d'altérations organiques chez les sujets affaiblis. Enfin dans quelques cas l'économie s'habitue à la privation de cette excrétion ,et la santé se rétablit; mais le plus ordinairement la constitution se détériore, les accidens augmentent et la mort arrive.

Traitement^ — Il peut être prophylactique ou curatif. Le traitement prophylactique consiste dans une éducation physique et morale convenables, dans l'applicalion sage et méthodique des règles de l'hygiène , soit pour modifier le tempérament de la jeune fille, éloigner le développement des causes prédisposantes , soit pour écarter les causes occasionnelles. Quant au traitement curatif, il doit être varié et modifié dans son application de tant de manières différentes, qu'il faut, pour ainsi dire, un traitement spécial dans chacun des cas que la pratique peut offrir; c'est pourquoi nous nous bornerons ici à des indications générales.

TRAITE DES ACCOUCHEMEWS.

I.es moyens à employer dépendent , en général , de la nature et de la cause de l'aménorrhée. Lorsque l'aménorrhée est accidentelle, la première indication à remplir consiste à rappeler le flux menstruel. Ainsi, les pédiluves, les bains de siège et les fumigations, les sangsues à la vulve , les saignées du pied , doivent être employés. Lorsqu'elle se lie à un état d'asthénie , les movens hygiéniques , l'air pur et sec , l'exposition au soleil , la nourriture forte , les vins de Bourgogne , de Bordeaux, coupés avec les eaux ferrugineuses, les promenades, les exercices gymnastiques, les eaux thermales exercent une influence favorable. Dans ce cas, il est souvent nécessaire d'associer les médicamens aux ressources de l'hygiène ; la limaille de fer , le safran de mars apéritif, le sous-carbonate, le lactate, l'ulmate de fer, et tous les sels solubles de ce métal , peuvent alors être employés avec avantage. Quelquefois l'aménorrhée ' se rattache aune constitution forte et pléthorique, alors les émissions sanguines doivent être préférées à tout autre moyen. L'usage des emménagogues, tirés en grande partie de la classe des pui-gatifs drastiques ou de celle des excitans aromatiques, exige de grandes précautions, et, sans vouloir les envelopper dans l'espèce de proscription dont on les a frappés, il faut reconnaître que plus d'une fois ils ont donné lieu à de graves accidens. Chez les femmes nerveuses, on se trouve bien des antispasmodiques unis aux toniques et aux amers. Dans l'inertie des organes génitaux , lorsque les femmes sont fortes, bien constituées, le mariage est le meilleur remède que l'on puisse conseiller. Les emménagogues sont également utiles dans cette variété de l'aménorrhée.

L'aménorrhée symptomatique ne présente aucune in-

DE LA GÉNÉRA.TIO]?f. 489

dication spéciale à remplir, c'est l'état de l'organe malade cjLii réclame des secours. Cependant si l'on voyait la suppression survenir tout-à-coup, s'accompagner de dyspnée , d'étouffemens , d'hémoptysie , on devrait chercher à rappeler les règles , dont le retour a plusieurs fois heureusement modifié la maladie organique. Si elle tient à un engorgement de l'utérus, on prescrira chez les femmes fortes , pléthoriques, la saignée du bras, les bains, les boissons émollientes,les cataplasmes, un régime doux; chez les femmes pâles, faibles, lymphatiques, on administrera la tisane de gentiane ou de houblon , les vins amers auxquels on joindra un régime fortifiant et tonique.

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