AFFECTIONS DES NERFS PÉRIPHÉRIQUES
Comme dans les cas de tétanos et d'épilepsie dus à une lésion des nerfs périphériques, les psychoses peuvent aussi se produire par la transmission réflexe de l'excitation périphérique à l'écorce cérébrale, soit directement, soit par réflexe vaso-moteur, à la suite des troubles de circulation qui résultent de cette transmission.
A côté de cas plus anciens, cités par Jurdens, Zeller et Griesinger, Koppe a prouvé qu'une névralgie traumatique peut provoquer des psychoses réflexes sans qu'il existe aucune lésion du cerveau. Dans certains cas on a même réussi à obtenir la guérison par l'excision de la cicatrice. Très instructif est encore le cas de Wendt dans lequel, à la suite d'une lésion du nerf auriculo-temporal gauche par un coup de fusil, des accès de délire épileptoïde se produisaient^ toutes les fois qu'il y avait recrudescence des douleurs dans le trajet du nerf.
Ordinairement on se trouve en présence d'une constitution névro-psycho-
• Voir KralTt, Alh/. Zeilsch.f. Ps>/cli., '28. — Tigges, 76»/., 28, p. 245. — Steinkiihler, Ueber die Beziehungen von Gehirnkranhiieilen zi/r Tabès. Diss. Strasburg, 1872. — Rey, Ann. méd. psijch., 1884, sept. — Moeli, Zeifschr. f. Psychiatrie, 37.
•- Kôppe, Deutsches Arch. f. Klin. Med., XIIL — Wendt, Allg. Zeitschr. f. Psych., 31. — Morel, Traité des malad. ment., p. 146. — Brodie, Lectures on certain local nei'vous affections. London, 1837.
3 Comparez les trois cas de folie épileptoïde rapportés par Fiirtsner [Allg. Zeitschr. f. Psych., 38, p. 682).
pathique qui rend l'écorce cérébrale vulnérable et accessible à l'excitation périphérique. L'effet débilitant que le trauma qui a provoqué la névralgie, produit sur le cerveau tout entier, notamment sur l'innervation vasomotrice, doit être ici pris en considération au point de vue pathogénique.
Dans quelques cas plus rares il faut aussi mettre en ligne de compte étiologique le facteur psychique, le choc émotif (panique, colère) produit par le mauvais traitement.
La preuve clinique de la connexité qui existe dans ces cas entre le traumatisme et la névralgie résulte de l'historique de leur origine, du retour de la névralgie, comme aura, avant et après chacun des accès psychiques, de la possibilité de ramener parfois ces accès en provoquant artificiellement la névralgie (par la pression) et enfin des succès du traitement (excision de la cicatrice, anesthésie locale). L'explosion de la folie a lieu peu de temps après le trauma; le tableau clinique de la maladie n'est pas uniforme; habituellement elle a un caractère épileptoïde, hystéro-épileptique ou hypocondriaque et mélancolique.