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blit leurs forces tout en les ménageant ; de plus, il est certain qu'il agit encore sur des muscles atrophiés qui ne répondent plus à l'excitation faradique : dans ces cas, il constitue la seule méthode électro-thérapique utile.
Ces avantages expliquent pourquoi, au commencement de la maladie, les praticiens allemands prescrivent presque exclusivement le courant continu. Nous-même nous n'hésitons pas à l'employer de bonne heure, c'est-à-dire dès la deuxième ou quatrième semaine, tandis que nous n'oserions pas le prescrire si tôt avec le courant induit. On fera usage d'interruptions rares d'abord^ puis plus rapprochées.
Dans la seconde période, période d'atrophie, l' électro-thérapie a pour but de fortifier les éléments musculaires qui persistent encore et d'améliorer leur nutrition; en même temps on facilite le développement des muscles et des os. Ce but est atteint tout aussi bien par le courant faradique que par le courant continu, et même souvent le premier est préférable, car l'excitation musculaire qu'il produit est plus forte. Le courant faradique longtemps employé peut amener l'hypertrophie des muscles sains, ce qui fait admettre qu'il est également capable de fortifier les fibres contractiles qui existent encore dans les muscles atrophiés. Il convient généralement mieux que le courant continu dans les paralysies infantiles anciennes. Il ne faudra prescrire une alternance de l'emploi des deux espèces de courants que dans un traitement électrique longtemps continué. Le courant faradique a encore une autre action dans les paralysies infantiles anciennes : après avoir été appliqué longtemps il produit aisément le raccou rcissement des muscles électrisés, ainsi que Rémak l'a démontré d'abord pour la paralysie faciale; ce raccourcissement peut être avantageusement utilisé pour combattre la tendance qu'ont les muscles atrophiés à se relâcher et à s'allonger. On peut obvier ainsi à une contracture des antagonistes, par exemple des muscles du pied, ou empêcher un raccourcissement des fibres du deltoïde et prévenir la subluxation de l'humérus. Il va de soi que ces résultats ne sauraient être obtenus qu'à condition que les muscles contiennent encore de la substance contractile.
L'efficacité du traitement par l'électricité dans la première comme dans la seconde période doit être appréciée avec impartialité. L' électro-thérapie ne satisfait pas toujours les désirs du médecin, cela est vrai, et la confiance que lui accorde Duchenne est trop grande pour la majorité des cas. Cependant ce serait pousser trop loin le scepticisme que de dénier à l'électricité toute ou presque toute action favorable. Pendant la première période, nous le reconnaissons, il est bien difficile de distinguer ce qui, dans l'amélioration, est le fait de l'évolution spontanée de la maladie et ce qui appartient à l'électro-thérapie. On n'a pas occasion d'observer longtemps ce que devient la maladie abandonnée à elle-même, car l'entourage du malade a autant de hâte que le médecin à faire usage de l'électricité; néanmoins, on peut citer des cas légers bien authentiques qui se sont terminés par une guérison complète sans l'emploi de l'électricité. Quant à d'autres cas dont la marche a été fâcheuse et qui n'ont été traités que tardivement, alors que l'atrophie était intense, on ne saurait naturellement en conclure qu'un traitement électrique eût amené une évolution plus favorable. Quoi qu'il en soit, l'observation des faits nous conduit à cette conclusion que l'électricité a une influence curative réelle.
Dans la seconde période, la part du traitement est plus facile à faire : le processus a terminé son évolution, l'atrophie reste stationnaire, et le mérite de toutes les améliorations doit revenir au traitement. Pour obtenir de bons résultats, il existe, il est vrai, plusieurs méthodes thérapeutiques qui doivent être employées simultanément, et l'on peut discuter pour savoir à laquelle appartient le premier rang, si c'est à l'électro-thérapie, à la gymnastique ou à l'orthopédie. Les observations recueillies par les électropathes, tout aussi bien que l'analyse rationnelle Leyden. Moelle e'pinière. 50
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et judicieuse des faits et que l'étude de la marche de l'amélioration et de la guérison telle que nous l'avons résumée plus haut, ne permettent pas de douter de l'efficacité de l'électricité. Aussi trouvons-nous la condamnation qu'en a faite R. Volkmann, malgré sa grande pratique, beaucoup trop sévère lorsqu'il dit : « Même avec l'électricité si vantée, on n'obtient rien, ni par le courant continu ni par le courant induit. » Cependant les succès sont loin d'être aussi éclatants qu'on l'a cru et espéré pendant un certain temps, et ce n'est qu'après de longs mois et même des années que l'électricité aboutit à des résultats appréciables ; cependant il est incontestablement de règle de continuer l'électro-thérapie toutes les fois qu'après avoir été essayée, elle a produit une amélioration, quelque lente soit-elle, et son usage doit être poursuivi avec pesévérance, jusqu'à ce que le développement et la croissance du sujet soient terminés.
\J orthopédie eX\2i gymnastique sontpresque aussi importantes que l'électricité. Un certain nombre d'auteurs, notamment J. Heine, ont même rangé ces modes de traitement avant l'électro-thérapie; en tout cas il n'est jamais permis de les négliger. Ces deux méthodes tendent au même but et se soutiennent l'une l'autre: la gymnastique cherche à fortifier par des exercices appropriés les muscles encore subsistants, à favoriser leur développement et à diminuer ainsi ou à éviter les conséquences fâcheuses de l'atrophie. On sait que les muscles se fortifient par des exercices méthodiques, que chez l'enfant particulièrement, il est possible de développer en les faisant travailler, certains muscles déterminés : c'est là la base rationnelle du traitement par la gymnastique. L'orthopédie cherche en même temps à éviter les déformations imminentes à l'aide d'appareils spéciaux et d'opérations chirurgicales, à redresser les déformations qui se sont faites et à placer les muscles atrophiés dans les conditions les plus favorables à leur exercice. Ces deux méthodes de traitement doivent également être appliquées aussi longtemps qu'elles améliorent l'état du malade, et on les continuera tant que le développement du sujet ne sera pas complet.
Avant que l'électro-thérapie fût soumise aux règles positives que lui ont imposées Duchenne et Remak^ l'orthopédie était presque le seul traitement curatif vraiment utile. On sait que l'ouvrage de Jac. Heine (1860) est le résultat des observations prises dans un institut orthopédique. Cet auteur fait remarquer que ces instituts sont surtout peuplés par des malades atteints de paralysie infantile et que l'on peut s'y convaincre que c'est l'orthopédie qui enregistre les meilleurs résultats, lorsqu'elle est employée avec prudence et beaucoup de patience. Les exercices gymnastiques seront déterminés après une analyse exacte des muscles affectés et on cherchera à rétablir la fonction de chacun d'eux par des mouvements actifs et passifs. Les eff"ets obtenus sont surtout favorables lorsque le muscle malade peut être exercé pendant les jeux et les occupations de l'enfant. De plus, les appat^eils et la ténotomie rendent de grands services. Ainsi, par exemple, lorsqu'il y a pied équin, la ténotomie redresse le pied et un soulier élevé remédie au raccourcissement de la jambe. Lorsque le genou est trop faible, on peut le soutenir par un appareil. De même, quand le bras est atrophié, l'avant-bras étant plus ou moins intact, on peut appliquer un appareil qui permette au membre de saisir les objets, de manger et même d'écrire. H n'entre pas dans notre plan de préciser des détails de ce traitement gymnastique et de décrire les nombreux appareils dont il dispose. Chaque cas particulier exige pour ainsi dire un appareil spécial fondé sur les indications que nous avons dites. Nous ne décrirons pas non plus les opérations chirurgicales, qui toujours devront répondre aux données que nous avons exposées (^). Pour améliorer et guérir les contractures et les déformations, des
(I) Voy. les ouvrages spéciaux de chirurgie et d'ortliop<5diP, en particulier les travaux de J. Heine et R. Volkmann, et l'article Orthopédie du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques rédigé par M. Panas.
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opérations sont généralement nécessaires: elles n'ont pas seulement pour but de redresser les déformations trop choquantes àrœil, mais ce qui est plus important, elles mettent encore les muscles dans la possibilité d'agir, et c'est là un but qu'il ne faut jamais perdre de vue dans l'intervention chirurgicale : aussi des opérations qui pourraient entraver l'action musculaire seront-elles en général rejetées. C'est pour cela que Heine condamne les ténotomies qui, pendant un certain temps, mettent les muscles affaiblis dans une inaction absolue. Cet inconvénient est réel; cependant la ténotomie ne doit pas être rejetée complètement, car elle facilite quelquefois l'action de certains groupes musculaires et parfois même elle seule est capable de le faire: c'est ce qui a lieu notamment, comme nous l'avons dit, dans le pied équin très avancé, lequel rend très difficile le fonctionnement de la jambe et se trouve très amélioré par l'usage d'un soulier à haute semelle. — Ajoutons encore que les douches, que les frictions^ le massage, sont des adjuvants utiles du traitement. Notre intention n'est pas de spécifier les moyens qui conviennent à chaque cas particulier : nous avons suffisamment indiqué, tant au point de vue théorique qu'au point de vue pratique, les bases du traitement, et nous pouvons conclure avec Heine que les résultats thérapeutiques sont en somme satisfaisants dans la paralysie infantile, mais que le traitement doit être rationnel et prudent et être généralement continué pendant plusieurs années. Aucune des méthodes curatives que nous avons énumérées ne constitue une panacée, toutes se prêtent un mutuel concours et ce n'est que par leur combinaison bien étudiée que l'on obtient des eflets heureux et dignes de la reconnaissance du malade.