‹ Traité clinique des maladies de la moelle épinièreChapitre 14 sur 108 · GÉNÉB.- VAISSEAUX SANGUINS ET LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

GÉNÉB.- VAISSEAUX SANGUINS ET LYMPHATIQUES

Iules nerveuses plus petites, la plupart fusiformes, allongées et pourvues de deux ou trois prolongements.

5. En dehors des groupes qui viennent d'être énumérés on trouve encore des cellules petites et grandes disséminées dans la substance grise, aussi bien dans les cornes antérieures que dans les postérieures. On en rencontre quelques-unes dans la commissure antérieure et dans les travées conjonctives qui courent dans l'épais seur de la substance blanche.

Goll distingue jusqu'à 12 groupes qu'il dit être tout à fait constants. Mais quelque considération que méritent les recherches si délicates de cet auteur, nous devons dire qu'il n'est pas souvent possible d'arriver à reconnaître et à compter tous ces groupes. Nous aimons mieux nous borner aux 5 groupes ci-dessus énumérés qui sont, à peu de chose près, les mêmes que ceux qu'avait établis Kôlliker. Ce qu'il y a d'intéressant ce sont les nombres donnés par GoU, qui dit avoir trouvé dans les groupes antérieurs 140 cellules nerveuses au niveau de la 6" paire cervicale, 77 au niveau de la 4% 42 au niveau de la 3% 38 au niveau de la 2' et 28 au niveau de la 1" : on voit par là d'une manière bien évidente que le nombre des cellules augmente à mesure qu'on se rapproche du renflement cervical.

Le filum terminale n'est autre chose, chez l'homme, qu'un cordon de substance conjonctive fourni par la continuation de la pie-mère ; il contient le prolongement de l'artère spinale antérieure et quelques veines. D'après Stilling, le canal central s'ouvre à l'extrémité do la moelle, dans le fond du sillon médian postérieur, mais se recouvre de nouveau d'une lame conjonctive pour se terminer en un trou borgne au milieu du filum terminale .

% 6. Vaisseaux sanguins et lymphatiques. — Les artères proviennent des vertébrales qui fournissent les artères spinales antérieures et postérieures à la face antérieure et à la face dorsale de la pie-mère spinale. Un peu avant de se jeter dans le tronc basilaire, chaque artère vertébrale fournit une spinale antérieure qui s'unit aussitôt à celle du côté opposé pour former un tronc unique qui descend le long du sillon médian antérieur jusqu'au filurn terminale, où il s'anastomose avec la spinale postérieure. L'artère spinale antérieure envoie dans la pie-mère des rameaux qui forment un riche réseau capillaire et communique avec les artères cervicales, intercostales, lombaires et sacrées. Elle donne aussi à la substance médullaire do nombreux rameaux qui affectent eu général une disposition très régulière.

Les vertébrales fournissent en outre deux petits rameaux, les artères spinales postérieures qui sont situées au-dessous des racines postérieures à chacune desquelles elles abandonnent un petit ramuscule qui se rend au trou de conjugaison corresi)ondaut : ces mêmes spinales laissent également pénétrer dans l'épaisseur de la moelle des ramifications qui accompagnent les cloisons et donnent naissance à un réseau capillaire à mailles fines. Les injections de Gerlach ont démontré que c'est lasubstance grise qui est la plus riche en vaisseaux et qu'elle possède un réseau capillaire à mailles extrêmement fines et serrées.

Les veines de la moelle ont la même disposition que les artères. La veine médiane spinale antérieure, située dans l'épaisseur de la pie-mère, parcourt toute la hauteur du sillon médian antérieur : au niveau des renflements elle présente parfois une cloison longitudinale (Lenhossek). Elle reçoit deux veinules qui proviennent chacune d'une moitié de la moelle et sont situées dans l'intérieur de la commissure, à droite et à gauche du canal central.

La veine médiane postérieure n'est que faiblement développée dans le haut de la moelle, elle se renforce à la partie lombaire où elle abandonne deux collatérales qui longent les racines postérieures. Ces veines envoient dans la substance blanche et dans la substance grise des ramifications qui ont de nombreuses anastomoses avec les plexus veineux rachidiens et qui communiquent également avec les veines extérieures du rachis en suivant la voie des racines nerveuses.

Leydes. Moelle epiniere.

18 ANATOMIE NORMALE DE LA MOELLE [pathol.

Vaisseaux lymphatiqtoes du système nerveux central. — Déjà Fommann et Arnold avaient signalé dans la pie-mère des lymphatiques qui, suivant eux, longeaient les vaisseaux sanguins. His (*) a décrit dans le cerveau et la moelle des espaces particuliers qui entourent artères, veines et capillaires, et dont il désigne l'ensemble sous le nom de s^^stème périvasculaire ; il a pu y démontrer en certains points l'existence d'un épitliélium, au moyen d'imprégnations avec le nitrate d'argent, mais il n'a pas réussi à y découvrir une paroi continue. Quand on injecte ces espaces, une cavité plate étalée sous la pie-mère se remplit de la masse à injection. A la moelle ces espaces affectent une disposition analogue; là aussi il existe dans la pie-mère une cavité semblable qui est particulièrement nette dans le sillon médian antérieur.

F. Eberth (Ueber die Blut- und Lym'phgefdsse des Gehirns und Ri'ckenmarks. Virchow's Arcli. fiir patliologische Anatomie, Band XLIX, 48-50) décrit un épithélium qui recouvre la paroi externe des vaisseaux des centres nerveux. Si, après avoir isolé les petits vaisseaux, on les traite par le nitrate d'argent à jgâ , on obtient sur la face externe de la tunique conjonctive le même dessin que sur les lymphatiques des séreuses, dessin qui est dû à l'épithélium extérieur de ces lymphatiques. Les filaments décrits par Roth sous le nom de Gliafdden., s'insèrent sur ce périthélium, lequel est par conséquent tourné du côté des espaces périvasculaire».

Schwalbe (Arch. fur microskop. Anat., Band VI, p. 44), en injectant des liquides colorés dans l'espace sous-arachnoïdien des lapins et des chiens, a tout récemment démontré qu'il communiquait avec les vaisseaux lymphatiques.

§ 7. Développement de la moelle. — Le cerveau et la moelle ont une commune origine, les deux proviennent directement du feuillet externe du blastoderme. D'abord ces deux organes sont représentés par une petite plaque circulaire qui devient bientôt elliptique et qui va donner naissance, non-seulement aux centres nerveux, mais encore à la pie-mère et au feuillet viscéral de l'arachnoïde, aussi bien pour -l'encéphale que pour la moelle (la dure-mère a une origine commune avec le système vertébral). Sur la petite plaque se dessine bientôt une ligne médiane (sillon primitif) qui la divise en deux moitiés symétriques : elle se sépare ensuite en deux segments dont le plus étroit donnera la moelle. Les deux moitiés latérales de ce dernier se renflent et forment des bourrelets (lamina' dorsales) qui sont séparés par le sillon dorsal primitif. Puis les bords libres de ces deux bourrelets se rapprochent de la ligne médiane et se soudent en commençant par la partie supérieure, tandis qu'en bas ils restent encore longtemps distincts. A ce moment, la moelle a la forme d'un tuyau creux ; nous sommes au troisième mois. Les renflements dorsal et lombaire sont indiqués dès à présent. Au quatrième mois, les fibres commencent à se dessiner. Au cinquième, la moelle est creuse, les deux renflements sont visibles. Au sixième et au septième mois apparaît la substance grise, la queue de cheval se forme, la moelle s'étend jusqu'à la 5*^ lombaire. Peu à peu le canal médullaire se comble de bas en haut par la formation de substance grise, et au neuvième mois il a à peu près totalement disparu. A ce moment, la moelle ne s'étend plus qu'à la 2^ ou 3^' lombaire. Ce raccourcissement progressif de la moelle à mesure que le développement avance, tient, d'après Tiedemann, à ce que la colonne vertébrale s'accroît beaucoup plus rapidement que la moelle. D'après d'autres auteurs, la moelle se résorberait dans sa portion inférieure en même temps que s'atrophie le coccyx lui-même.

§ 8. Moalle allongée et entre-croisement des pyramides. — La moelle allongée ou

(<) Ueber eia 2):.'>'iO'iS(:.Udres Kaualsi/sleni in den neicôsen Ccntralor/jànea, nnd uber dcssca B'eziehunjen zum Lijmphsystem. (Zcilschrift. f. Viisscnsdi. Zoologie, Bind XV, p. 127, lii}.

GÉMÉu.; MOELLE ALLONGÉE FT EXÏRE-CROISEMENT DES PYRAMIDES 19

bulbe rachidien, est ce prolongement de la moelle qui repose sur la gouttière basilaire et qui, tout en conservant la forme de la moelle, a un diamètre notablement supérieur. Ses limites sont nettement tracées : en haut, par le bord inférieur de la protubérance; en bas, par l'extrémité inférieure des olives. La partie de la moelle la plus voisine du bulbe indique déjà la transition par sa plus grande épaisseur et par des changements de structure. Ces changements consistent principalement dans l'entre-croisement des libres nerveuses et dans la formation des pyramides.

Ij' entre-croisement (déçus sation) des pyramides occupe à la rencontre de la moelle et du bulbe une hauteur de 0'",006 à 0"',007; à ce point le sillon médian antérieur devient moins profond et l'on remarque qu'en remontant il cesse d'être rigoureusement médian. Le fond de ce sillon est occupé par un renflement de substance médullaire qui représente la continuation de la commissure antérieure et qui se caractérise par la direction oblique de ses fibres: c'est l'entre-croisement des pyramides. Ces détails apparaissent très nettement sur une section transversale. Lorsqu'on fait une semblable section au niveau de la première paire cervicale, on reconnaît encore la structure de la moelle ; seulement les cornes postérieures se dirigent fortement en dehors et sont presque situées sur une même ligne droite transversale, d'où il résulte que les cordons postérieurs sont lar^^es et aplatis. L'extrémité postérieure de ces cornes est enveloppée par une grande abondance de tissu réticulé (Goll). Entre les deux cornes antérieures et postérieures se trouvent situés les procès réticulés, qui sont très accusés à ce niveau et dont la démarcation avec les cordons latéraux est très tranchée. Les cornes antérieures sont longues, étroites et fortement dentelées; entre les cordons antérieurs se trouve un renflement effilé qui n'est autre que l'origine des pyramides.

Une section transversale, pratiquée plus haut et portant sur le milieu de l'entre-croisement, permet de voir nettement la disposition des diverses parties. A la place des cordons antérieurs se trouve un organe large divisé d'habitude en deux moitiés inégales par le sillon médian ; c'est le corps pyramidal. Il apparaît strie transversalement et obliquement par des traînées de fibres qui, du cordon latéral d'un côté, se dirigent à travers la commissure vers le côté opposé. Les cordons antérieurs et les cornes antérieures sont repoussés en dehors par les pyramides : les premiers longent les pyramides sous forme de bandelettes étroites qui s'étenlent jusqu'à la périphérie; derrière eux sont situées les cornes antérieures très effilées et munies d'un appendice arqué qui se dirige en dehors : leur forme varie :lu reste notablement, même pour des coupes portant sur des points très rappro- 3hés. La substance grise centrale, repoussée en arrière par les pyramides, présente sur son bord postérieur de nombreux petits prolongements aigus (cornes postérieures supplémentaires) et elle envoie dans l'intérieur des cordons (le Goll un autre prolongement qui contient un grand nombre de cellules nerveuses. Les :ornes postérieures, très effilées, sont dirigées transversalement et se terminent :lans des renflements entourés de substance gélatineuse, ce qui, sur une coupe transversale, donne une figure qui ressemble aux yeux des plumes de paon; les [•acines postérieures pénètrent dans ces renflements. Les cordons postérieurs ïplatis et étalés montrent nettement leur sous-division en portion interne (corion de Goll) et portion externe (faisceau cunéiforme). Les cornes latérales s'épais - ■lissent, prennent une direction arquée en avant pour aller rejoindre l'extrémité les cornes antérieures. Les procès réticulaires, qui sont très développés et qui, j'étendant jusque tout près de la périphérie, empiètent sur la partie la plus interne les faisceaux latéraux. Si l'on examine à un faible grossissement la disposition les fibres, on reconnaît qu'elle varie suivant les diverses hauteurs de l'entre-croisement des pyramides.

20 ANATOMIE NORMALE DE LA xMOELLE [pathol.

La inoelle allongée (hnlhe) est, nous l'avons dit, ce renflement qui continue \i moelle et qui a de 0"\0i5 à 0"',018 de long et autant de large. Après l'entre -croisement des pyramides, le sillon médian antérieur occupe de nouveau exactement le milieu, mais il n'est que peu profond : arrivé au bord postérieur de la protubérance, il s'élargit et forme une petite fossette triangulaire. Le sillon postérieur devient de plus en plus superficiel à mesure qu'il remonte vers l'ouverture du canal central, avec lequel il se confond pour former le sillon médian du plancher du ¥ ventricule, le calanius scriptorius' eV sa pointe terminale, le hec du calamités. Au point où s'ouvre le canal central, les cordons postérieurs s'écartent pour faire place à la substance grise qui occupe le plancher losangique du 4^ ventricule. Ce plancher est divisé en deux par un sillon très peu profond, le long duquel sont situés les faisceaux intermédiaires (funiculi teretes) du bulbe.

Sur les côtés de la moelle allongée on distingue deux sillons : celui qui est le plus en avant est la continuation du sillon latéral antérieur et donne naissance aux racines de l'hypoglosse. Entre ces racines et le sillon médian se trouvent les 'pyramides larges de 0"\005 à 0"\006. Derrière elles, on reconnaît à leur forme les corps olivaires ou olives occupant entre les pyramides et les corps restiformes, une hauteur de 0'".015 et une largeur de 0'",007. En arrière des olives se trouve un autre sillon latéral également superficiel qui correspond au sillon latéral postérieur de la moelle sans en être précisément le pi'olongement ; de ce sillon émanent les racines du pneumogastrique, du spinal et du glosso- pharyngien.

Plus en arrière est situé le prolongement du cordon postérieur appelé corps resti forme et composé du cordon de GoU et du cordon cunéiforme. A mesure qu'il s'écarte de la ligne médiane pour laisser libre le plancher du 4e ventricule, il se trouve situé successivement en arrière sur le côté et sur la face antérieure du bulbe. Le sillon qui sépare le cordon de GoU du cordon cunéiforme persiste, le premier de ces cordons conserve son volume primitif, tandis que le second augmente en épaisseur et se subdivise en une partie latérale et une médiane : cette dernière s'appelle l3i 2>yraj7îide 2iostérieure.

La coupe transversale de la moelle allongée à diverses hauteurs présente des difi'éreuces qui sont dues principalement à l'écartement progressif des cordons postérieurs. En pratiquant une coupe à travers le milieu des olives on constate que la moelle allongée se compose de deux parties parfaitement symétriques séparées par le raphé médian. A la partie antérieure, de chaque côté du sillon médian sontdispo • sées les pyramides en dehors desquelles on voit les olives reconnaissables à leur noyau dont la ligne est bizarrement contournée; en arrière se trouvent les corps restiformes. La face postérieure représente le canal central étalé (4*' ventricule) tt partagé au milieu par un sillon qui sépare les faisceaux intermédiaires du bulbe. Le fond de cette face supérieure ou postérieure est tapissé par un épithélium cylindrique qui recouvre une épaisse couche de substance grise, laquelle donne naissance à des tractus fibreux qui se dirigent vers la périphérie en formant une légère courbe et dont les plus remarquables sont ceux qui vont à l'hypoglosse. Ces derniers laissent entre le raphé et eux un segment long et étroit, longent ou traversent les corps olivaires, dont ils reçoivent quelques fibres, et arrivent jusqu'au sillon latéral antérieur où ils se continuent avec les racines de l'hypoglosse. D'autres tractus analogues traversent les parties latérales, mais tousn'arrivent pas jusqu'à la périphérie: quelques-uns seulement parviennent au sillon latéral postérieur et vont former les racines du nerf vague et du spinal. Derrière eux se trouve la substance des corps restiformes, de nature réticulée dans toute son étendue et entremêlée de noyaux de substance grise. Les pyramides sont en général séparées des olives par des tractus conjonctifs résistants au milieu desquels passe l'hypo • glosse,et par-dessus lesquels s'étendent, d'une olive à l'autre, de nombreuses fibres

Page 1