VIII AVANT-PROPOS DES TRADUCTEURS
conséquent, apporte son contingent d'observations cliniques et anatomopathologiques. Du reste, l'étude histologique de la moelle ne présente plus aujourd'hui de difficultés insurmontables, et, en se conformant aux méthodes indiquées dans les livres de technique microscopique, on peut arriver à faire des préparations sinon parfaites, du moins suffisantes pour l'étude.
C'est grâce à l'anatoraie pathologique que la pathologie nerveuse a parcouru dans ces derniers temps une carrière si brillante : elle est entrée dans une voie féconde le jour où Hannover a appliqué l'acide chromique à l'étude du tissu nerveux ^ Ainsi se trouvent justifiées ces paroles du professeur Ranvier, qui sont un encouragement constant au travail : « C'est chaque fois, non pas grâce à un génie supérieur ou à uneinterprétation bien faite, que la science se fait ou se modifie sur un point, mais grâce à une nouvelle méthode, grâce à la découverte soit d'une nouvelle matière colorante, soit d'un procédé de durcissement ou d'extension plus parfait^. »
L'ouvrage du professeur Leyden a eu un grand retentissement en Allemagne, et depuis le jour de son apparition, il est bien connu en France de tous ceux qui se livrent particulièrement à l'étude des maladies nerveuses; la critique a déjà prononcé sur sa valeur intrinsèque. Sera-t- elle aussi favorable aux traducteurs qu'à l'auteur? il y aurait présomptior. aie supposer, et nous ne nous dissimulons pas les desiderata de notre travail.
Cependant, persuadés que la fidélité la plus absolue au texte original est le premier mérite d'une traduction scientifique, nous avons regardé comme un devoir de nous écarter le moins possible de la phrase allemande; nous avons conservé non seulement la disposition générale adoptée par l'auteur, mais encore toutes ses divisions et subdivisions, et nousavons cherché ànous rapprocher de sa manière d'exposer, autant que nous y a autorisés le génie différent des deux langues. Nous nous sommes permis seulement (et cette tâche nous a été facilitée par le concours empressé de M. Emile Baillière) d'ajouter ou de compléter un certain nombre d'indications bibliographiques.
Nous devons avertir le lecteur qu'il rencontrera dans notre traduction plusieurs termes employés avec le sens que leur attribuent les auteurs allemands: tel est notamment le mot typhus, dont se sert souvent l'auteur et que nous avons conservé, sans plus déterminer s'il s'agit du typhus véritable (eœanthémique) ou delà fièvre typhoïde (ilèo-typhus). Nous n'insisterons pas sur le sens de l'expression in/ïamniation diphiéritiqiie, le mot diphtéritiqiw ayant, comme on sait, une valeur différente chez les auteurs des deux pays. — Nous avons traduit le mot nouveau à! Entartungsreaction par son équivalent: réaction dégânèratire qu'emploie M.Humbert Mollière dans l'article Paralysies du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques.
Qu'il nous soit permis, en terminant ce court avant-propos, d'adresser nos remerciements sincères au frère de l'un d'entre nous, M. Th. Richard, externe à l'hôpital Lariboisière qui, dans le cours de ce travail ardu de traduction, a bien voulu maintes fois devenir notre aide et notre collaborateur. E. Richard. Ch. Viry.
(1) Voyez Ch. Robin, Traité du, microscope f.t des injections, Paris, 1877, p. 225.
(2) Ranvier, Traité de technique histologique , Paris, 1875, p. 62.