AVANT-PROPOS DES TRADUCTEURS
Une simple énumération des auteurs français qui ont publié des travaux sur la physiologie ou la pathologie de la moelle épinière suffirait pour démontrer quelle large contributionnos compatriotes ont apportée à l'étude des affections spinales. Néanmoins le livre que nous présentons aujourd'hui au public médical de notre pays nous paraît destiné à combler une lacune. Si les nombreux et brillants ouvrages écrits par les maîtres de nos écoles sur les diverses maladies médullaires sont dans toutes les mains, comme les noms de leurs auteurs sont dans toutes les bouches, nous manquons absolument d'un travail d'ensemble au courant de la science actuelle.
Le seul traité spécial des maladies de la moelle épinière paru avant le livre du professeur Leyden est celui d'Ollivier (d'Angers) : il fait incontestablement le plus grand honneur à l'école médicale française ; mais depuis la publication de sa dernière édition (1837), la science a progressé si largement qu'une nouvelle synthèse de nos connaissances sur la pathologie de la moelle était devenue nécessaire. M. Leyden a entrepris cette œuvre : en 1874 et 1875, alors qu'il professait à l'Université allemande de Strasbourg, il a fait paraître les deux premières parties de son livre qu'il a terminé à Berlin en 1876. — Nous avons pensé qu'il y aurait tout avantage à transporter dans notre langue cet ouvrage magistral et à faire connaître les opinions d'un clinicien étranger, tout en permettant aux médecins français de jeter un coup d'œil d'ensemble sur les maladies spinales.
En effet, à côté des faits acquis et admis par une science rigoureuse, il reste encore bien des points en litige, tant pour l'anatomie pathologique de la moelle que pour l'interprétation des symptômes au moyen des lésions observées. La lecture de notre traduction fera facilement reconnaître que la manière de voir n'est pas toujours la même en Allemagne et en France : mais la joute sur les questions non encore définitivement résolues étant ouverte entre les plus grands maîtres des écoles européennes et même américaines, nous aurions craint d'entrer dans la lice autrement qu'en modestes traducteurs. Pourtant ce rôle effacé nous suffit encore, car n'est-ce point contribuer àTavancement delà science que de vulgariser la littérature scientifique étrangère? Cette pensée, qui nous a engagés à entreprendre le travail que nous livrons à la publicité, a suffi pour nous soutenir dans son accomplissement.
Un second motif cependant a stimulé notre zèle : les maladies de la moelle épinière, loin de constituer des raretés scientifiques, se jn-ésentent journellement à notre observation, aussi bien dans la i)ratique ordinaire que sur la scène des grands hôpitaux. Ce traité s'adresse donc, non pas seulement à une classe de médecins, mais à tous les praticiens. Il est nécessaire que la pathologie de la moelle puissedevenir en quelque sorte familière à chacun : de création pour ainsi dire récente, elle doit chaque jour faire des progrès nouveaux pour le plus grand avantage des malades. Que tout médecin, par