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Consulter aussi la statistique de ■\'icira de Mello (Brésil).
Un grand nombre de tumeurs fibreuses du lobule de l'oreille, que nous trouvons signalées dans les races chinoise et africaine, les cicatrices fibreuses et exubérantes, si communes dans toutes les races colorées, entre les tropiques, ne sont peut être pas sans quelque rapport avec l'éléphantiasis et la diathèse fibreuse ou fibroïde à laquelle se rattachent maintes productions de même nom serait sans doute à interpréter, plus d'une fois, dans le sens d'une lymphathexie primitive ^ .
c. Marche et ierniinaisons, complications et associations
L'éléphantiasis est une maladie essentiellement chronique et de durée pour ainsi dire indéfinie. Rarement elle subit une rétrogradation, soit sous l'influence d'une médication heureuse, soit spontanément. On cite des exemples de résolution rapide; mais bien probablement il s'agissait, dans ces cas, d'un processus qui avait à peine franchi la période préparatoire ou de l'œdème ^ — Dans l'immense majorité des cas, la maladie une fois constituée reste stationnaire ou continue à progresser lentement. Elle n'entraîne pas ordinairement de perturbations dans la santé générale ; mais quand la partie atteinte a acquis un volume excessif, l'affection met obstacle à tout travail, devient pour le patient une cause de misère et de préoccupation morale, qui le portent au découragement et le conduisent au marasme, s'il ne consent à accepter les chances d'une opération.
Diverses complications peuvent aggraver la maladie. — La plus commune, mais non la plus redoutable, estVulcération. Amoindris dans leur vitalité, les tissus ne réagissent pas contre les traumatismes ; les plaies les plus légères deviennent le point de départ
' Wenzel assimile le libroma molluscum à l'éléplianliasis.
" Plusieurs fois, le D' Collas aurait été témoin de la disparition presque soudaine de tuméfactions éléphantiasiques, aux approches de la mort, et nous trouvons dans ses notes une observation à l'appui de son assertion. « Une créole de Pondichéry, âgée d'environ quarante-cinq ans, fut prise, au cours d'une fièvre rémittente grave, de symptômes de pneumonie franche, qui disparurent presque aussi subitement (ju'ils s'étaient montrés; ils furent remplacés par des symptômes cérébraux qui précédèrent la mort d'environ 36 heures. Le jour de la mort de cette dame, je remarquai que ses deux jambes et ses deux pieds, qui avaient des proportions éléphantiasiques considérables, étaient tout d'un coup revenues à leur volume normal. » Nous n'acceptons rju'avec réserve ces disparilions rnpir/es de néoplasies fibreuses î
ELEPHANTIASIS :.17
(le vastes ulcères atoiiiques, à fond blafard, à bords calleux, contre lesquels on épuise vainement tous les moyens topiques. — Plus sérieuse est la gangrène, qu'on observe quelquefois au cours ou à la suite d'une poussée lymphang-itique, ordinairement susceptible d'être rattachée à une influence malarienne. Elle se produit surtout aux parties g-énitales externes, et, dans l'éléphantiasis des membres inférieurs, aux orteils ou aux téguments ; on l'a vue s'étendre à toute une région (mollet), à la plus grande partie ou à la totalité de la jambe et des pieds. — Une autre complication est la suppuration^ soit limitée à une masse ganglionnaire ou à un territoire circonscrit, soit diffuse (phlegmon). — Avec la gangrène et la suppuration, le malade éprouve parfois des accidents septicé- ?»/^?<e.s- (typhisation). — On cite des cas à^métastase, caractérisés par la disparition de l'éléphantiasis de l'un des membres inférieurs et son apparition sur l'autre membre ou au scrotum; mais comme il ne s'agit ici que de manifestations légères, il convient d'interpréter ces faits dans le sens de manifestations lymphathexiques alternantes, plutôt que de les ranger sous un titre qui rappelle une doctrine aujourd'hui abandonnée. Très fréquemment d'ailleurs on voit l'éléphantiasis coexister avec d'autres affections de nature lymphangitique ( varices lymphatiques , lymphurie , hydrocèle lymphoïde), succéder à ces mêmes affections ou les remplacer.
L'éléphantiasis est souvent associé à la syphilis, à la lèpre tuberculeuse, quelquefois au lupus \ Chez un noir atteint d'une forme mixte et observé par le D'' Glarac, un orteil présentait l'é- Iransflement annulaire dé l'ainhum^.
[H. — ÉTIOLOr.lE. NATlIPiK KT AFFINITÉS NnSn[jOr.IQUFS
A. Domaine géograjjliique
Use confond avec celui ries manifestations ordinaires de lalymphathexie. Il comprend une grande étendue dos- zones interiropicale
' L'association de rriéphaiil iasis et du lupus, aux uii'inljrcs. a l'Ic l'url liien étudiée et décrite par Ilrhra (Mal. df la ppaii). - Tl). filée, iibs. V.
518 TRAITÉ CLIMOCK DES ?>IALAI)TES DES PAYS CftAT'DS
et subtropicales, atteignant même au nord le parallèle de la Corse et des Asturies (Espagne), au sud ceux de l'embouchure delaPlata, du Cap et de l'Australie méridionale. — En Europe, on observe l'éléphantiasis, mais par cas disséminés, rares. — En Afrique, la maladie devient très commune parmi les races indigènes. On la rencontre au Maroc, en Algérie, en Tunisie, dans la Tripolitaine, l'Egypte, l'Abyssinie, au Soudan, dans la haute et la basse Sénégambie, sur tout le littoral du golfe de Guinée, au Cap, au Mozambique, autour du lac Nyassa, à Zanzibar, à Madagascar et dans les petites îles adjacentes, aux Comores, à la Réunion et à Maurice. — En Asie, l'éléphantiasis est endémique dans la Syrie méridionale et l'Arabie, dans plusieurs localités de la Perse, dans la Chine méridionale, dans rindo-Chine et surtout dans l'Inde (Bengale, Travancore et Cochin) et à Ceylan (littoral du sud oriental). Au Japon, on l'aurait observé à Yedo. — En Océanie, on retrouve l'affection, avec une fréquence plus ou moins grande, à Sumatra et dans tout l'archipel Malais, dans la portion orientale de l'Australie, à la Nouvelle-Calédonie, aux îles Salomon, Sandwich, Hawaï, Samoa. Marquises, Taïti, etc. — En Amérique, la maladie est très rare sur le littoral du Pacifique, assez commune sur celui du golfe du Mexique, fréquente aux Antilles, aux Guyanes. au Brésil et jusque dans la Plata.
B. Influpnces. ('tiolog ignés