ET HYGIÉNIQUES
Jiaces. — Les Européens sont rarement atteints, même après un assez long temps de séjour dans les régions endémiques; mais leurs descendants, nés et demeurés dans ces régions, les créoles blancs et les métis paient tribut à l'affection, comme les races colorées, indigènes ou transportées. A la Réunion, le D"" Pélissier estime que la maladie prédomine chez les mulâtres et les créoles blancs. Dans l'Inde, l'éléphantiasis présente son maximum de fréquence dans les basses castes (Soudras ou Nairs, Illouvers, etc.) et son minimum parmi les brahmes et les musulmans; les chrétiens, descendants des Hollandais et des Portugais, jadis mariés aux femmes indigènes, sont assez souvent atteints, même à l'égal de certaines castes hindoues; les cas sont rares chez les juifs, ce qui est peut-être moins la conséquence d'une immunité relative que du petit nombre des sujets de cette race. (D'après les relevés de Waring, au Travancore, les Hindous sont affectés dans la proportion de 1 sur 21 ; les juifs noirs ou hindous convertis au judaïsme, dans la proportion de 1 sur 14; les juifs blancs, dans celle de 1 sur 12.)
Ages. — L'éléphantiasis est exceptionnel avant la puberté % comme dans la vieillesse. Il débute ordinairement en pleine adolescence et évolue pendant l'âge adulte. Ses premières attaques commencent à devenir rares après trente-cinq ans. Mais la maladie qui a pris naissance dans l'âge adulte persiste et progresse chez le vieillard. Au Brésil, ce serait parmi les personnes très âgées qu'on rencontrerait le plus grand nombre de tumeui's
^ Ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse l'observer avant cette époque. Mello l'a vu se manifester même à l'âffe de quatre mois, et Moncorvo a recueilli 24 observations chez des enfants de quinze jours à quatorze ans.
ÉLKPHANTIASIS
éléphantiasiqiies ; clans l'Inde, entre trente et trente-cinq ans ^
Sexes. — La répartition des cas selon les sexes est diversement appréciée. D'une manière générale, on s'accorde à reconnaître que l'éléphantiasis est plus commun chez l'homme que chez la femme. Cependant, aux Antilles et à la Réunion, des médecins affirment que celle-ci est plus sujette à la maladie, au moins dans la race blanche et dans la population métisse (Glarac, Azéma) ^
Tempéraments et constitutions. — Toutes les constitutions,- tous les tempéraments, confondus dans cet état d'indigénisation qui crée l'aptitude à la lymphathexie, sont également susceptibles de contracter l'éléphantiasis.
Hérédité. — Elle est admise par les uns, rejetée par les autres. Certains faits prouvent qu'elle ne saurait être niée d'une manière absolue ^ Mais la prédisposition héréditaire doit sans doute moins s'entendre de la réception directe de l'aptitude immédiate à la maladie, que de la transmission de l'état semi-diathésique qui préparera plus tard le développement de l'éléphantiasis, sous l'influence des causes occasionnelles.
Conditions sociologiques ou hygiéniques. — Si la maladie prédomine dans les classes les plus misérables de la population (et, dans nos colonies beaucoup de blancs leur appartiennent aujourd'hui), cela peut s'expliquer, jusqu'à un certain point, par les
* statistique de Waring, relativement à l'âge des malades : proportion des cas notés (pour 100 des atteintes) :
Au-dessous de la 6° année De 5 à 10 ans .
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