AU MOMENT
de la '■ atteinte
de l'observât.
- Clarac mentionne, comme distinct de l'éléphantiasis, mais, à notre avis, sans raison suffi.sante, « un œdème dur, chronique, qui survient chez les femmes à l'époque de la ménopause ■>.
^ Dans les statistiques jle Waring et de Day, il y a répartition à peu près égale entre les éléphantiasiques ayant des ascendants ou des collatéraux atieinis. et ceux dont les parenl'^ sont demeurés indemnes.
conditions défectueuses de Ihabitat, qui ne protège pas contre les intluences climatériques nocives; de 1 "alimentation, qui, par son insuffisance ou sa mauvaise qualité, conduit à l'anémie; de la vestiture, qui laisse exposé aux contacts irritants ou traumatiques répétés, cause occasionnelle et provocatrice delà lymphangite, les pieds et le bas des jambes, soit à la maison, soit même au dehors. Mais il faut bien avouer que ces conditions n'exercent qu'une influence secondaire, lorsqu'on voit l'éléphantiasis atteindre, à la Réunion comme aux Antilles, des créoles de race blanche ou de couleur, qui vivent avec tout le confort européen ; dans l'Inde, des castes privilégiées, les groupes les plus opposés sous le rapport des habitudes alimentaires et hygiéniques.
On a cependant beaucoup incriminé l'usage de certains aliments et de certaines boissons (poisson salé, porc frais ou salé, eaux des mares ou des puits creusés dans le sable, au voisinage de la mer, eaux des étangs ou des flaques bordés par des pandanus, le fruit du P. ocloratisshnm passant pour doué de propriétés toxiques, au Brésil). Mais la maladie est inconnue en de nombreuses régions des zones tempérées, où l'on se nourrit des mêmes aliments, oii l'on boit des eaux tout aussi impures, et, d'autre part, elle est fréquente en des milieux où l'on consomme les viandes les plus variées, des eaux de citerne (Saint-Thomas), de sources ou de rivières convenablement captées (Fort-de-France). Par contre, on n'a pas apporté assez d'attention sur l'influence de l'alcoolisme, devenu si déplorablement commun dans les pays chauds, et dont on retrouve bien souvent les traces chez les éléphantiasiques '.
L'habitude de marcher les jambes et les pieds nus laisse évidemment ces parties exposées à de nombreuses causes d'irritation physique (action calorique du soleil et du sol, froissements et éraillures par les herbes et les broussailles, piqûres d'insectes, etc.), souvent doublée d'une infection (contact avec les matières organiques en décomposition, imbibition parles eauxmarécageuses, etc.). Il y a là certainement une condition très favorable au développement de la lymphangite. Mais c'est encore au delà de cette condi-
^ Dans nos colonies, ralcoolisme est la conséquence d'habitudes souvent inconscientes : on boit le tafia ou le rhum pour corriger l'eau, sous le prétexte de se rafraîchir, et l'on ne calcule pas quelle énorme quantité d'alcool absorbé repré- -^l'Htonl une dizaine de f/mr/a à la prlare. pris dans une journée !
KLKPHA.NTfASIS o2:i
lion qu'il laul rocliereher rorigino do réléphanliasis, puisque nous eonslatons l'alisenoe de la maladie choz un grand nombre d'individus qui ne portent jamais de chaussures, et son existence chez des individus qui en ont toujours porté, s'en servent même pour dissimuler les premières atteintes. (Nous ne croyons donc pas que les chaussures soient « de véritables appareils compressifs, qui s'opposent à la formation de l'épanchement », comme le pense Clarac.) On doit cependant tenir compte de toutes les circonstances qui multiplient pour les organes prédisposés les occasions d'un appel irritatif, dans les races en possession de l'aptitude lymphathexique : à Madagascar, Dauvin a noté la fréquence de l'éléphantiasis des grandes lèvres chez les femmes qui se livrent à la prostitution, et, à la Réunion, le même observateur a remarqué que l'éléphantiasis des membres inférieurs est plus commun chez les femmes qui ont eu plusieurs enfants (il le considère comme un mode particulier de \?l pleçimatia alba dolens puerpérale). Les professions n'ont d'autre influence que celle qu'elles entraînent par les conditions dérivées des moyens hygiéniques, en rapport avec leurs avantages ou leurs inconvénients.