‹ Traité clinique des maladies des pays chaudsChapitre 143 sur 190 · INVALIDATION-S · texte numérisé non relu

INVALIDATION-S

St. anc.

St. réc.

Europe. — La dysenterie y a été étudiée dès la plus haute antiquité et assez fréquemment encore on l'y observe sous la forme épidémique, principalement parmi les troupes ; elle est plus commune dans les régions froides du nord que dans les régions tempérées du centre ; en France, sa fréquence maximum répondrait à la zone du N.-E. ; elle diminuerait, dans les autres zones, du N.-O. au S.-O. et au S.-E., pour atteindre son minimum dans le pays provençal. L'endémicité n'existe guère que dans certaines régions assez restreintes du bassin méditerranéen (Espagne méridionale et orientale, Basse-Italie, Sardaigne et Sicile, Grèce et Turquie).

Asie. — La maladie, trop largement favorisée, dans son développement, par l'incurie des populations, règne dans un grand nombre de localités de l'Asie Mineure, de la Syrie et de la Mésopotamie ; elle revêt souvent les formes les plus graves dans le Iledjaz et l'Yémen, à Aden, sur la côte du golfe Persique ; on la retrouve, plus ou moins commune et sévère, en Perse, dans le Beloutchistan et l'Afghanistan. L'-Inde est un de ses foyers les plus actifs' : sans doute, sa fréquence et sa léthalité ne sont plus

* Anneslcy, Morehead, Ranald-MarLin, J. Fayrer. — Waring, Notes on the dis. of India. Ind. an. of med., Vf. — Army and navy mcd. dep. : Rapports annuels. — Le Roy de Méricourt, Rcv. crit. sur la patliol. de l'Inde. Arch. gén. de méd., 1859, II. — Pauly, Climats et endémies.

aujourd'hui ce qu'elles étaient autrefois parmi les troupes européennes ; mais elles sont encore considérables parmi les indigènes ; la maladie sévit sur le littoral, sur les plaines et sur les altitudes (Neilgherries, pentes de l'Himalaya) ; elle coïncide souvent avec l'hépatite et constitue, avec le choléra et les fièvres palustres, la principale endémie. En Indochine, la dysenterie est non moins commune et non moins sévère que dans l'Inde et elle accuse une remarquable tendance à la chronicité (diarrhée chronique dite de Cochinchine ') ; au Tonkin, elle a contribué pour une grande part, avec le choléra, à la mortalité de nos soldats ^ Elle se montre aussi très meurtrière, en Chine, dans les villes du littoral (Hong- Kong, Shangaï, etc.) ^

Océanie. — La dysenterie est endémique dans tout l'archipel Malayen, où, comme dans l'Indochine, elle revêt fréquemment la forme de la diarrhée athrepsique {Spniiv) \ Elle existe encore, mais ordinairement atténuée, en Australie, dans la Nouvelle- Zélande et la Nouvelle-Calédonie ^ dans les îles Viti, Sandwich, Mariannes, Marquises, et à Taïti^etc.

Amérique. — L'endémie est très intense, avec des oscillations variables, réglées par le plus ou moins grand développement des manifestations épidémiques, au Chili'', au Pérou*, à la Plata^ au Brésil '°. Malgré qu'on ait affirmé son peu de gravité aux Guyanes, nous la voyons occasionner 11,4 décès pour 100 admissions aux hôpitaux dans notre colonie pénitentiaire, d'après une statistique

* Voir la bibliog. de la dysent. chron. et l'art. Indochine du Dict. enc. (Layet et Le Roy de Méricourt).

- G. Maget, Arch. de med. nav., XXXV; Foiret, Ibid., XXX; Grall, Ibid., XLV; Turrel, Th. Montp.,1876; C. de Belval, au Tonquin, Paris, 1886.

^ Rapp.de Nelson sur lesexpéd. angl. de 1840 à 1859. Arch. deméd.nav., I.— Rapp. méd. du service des douanes chinoises. — Notes div., in Arch. de méd. nav., I, 181; II, 89; IV, 457; VI, 13, 16, etc. — Morache, Chine. Dict. enc. — Sabatier, Mal. obs. dans les mers de Chine. Th. Montp., 1864. — Duteuil, Notes méd. rec. en Chine. Th. Paris, 1864. — Duburquois, Mal. des Europ. en Chine. Th. Paris, 1872.

*■ Van Leent, Topog. méd. des Indes néerl. Arch. de méd. nav. (premières années}. — Van der Burg, Blém. cité.

^ Brassac, Cong. d'Amsterdam, 1883. — Cousyn, Th. Paris, 1883.

" Arch. de méd. nav., V. - Prat, Topog. méd. de Tahiti. Toulon, 1869.

' Arch. de méd. nav., V, 22, 106.

» Ibid., 188.

"De Moussy, Rép. Argent., II. — Cabrai, Topog. méd. de Buenos-Ayres. Th. Paris, 1885. — Devoli, Consid. méd. sur le Rio de la Plala. Th. Paris, 1885.

*° Sigaud, Mal. du Brésil. — Bourel-Roncière, la station, nav. du Brésil et de la Plata, Arch. de méd. nav., 1873, et art. Brésil, DicL. enc.

décennale établie par Chevalier \ La maladie est commune aux Antilles, surtout dans les localités élevées, et elle offre une sorte d'opposition, par ses conditions de développement, avec les fièvres malariennes ; elle a cependant beaucoup perdu de sa fréquence et de sa sévérité à la Martinique, à la Guadeloupe" et dans les îles anglaises. Au contraire, elle reste une des affections les plus cruelles du centre Amérique, à GuayaquiP, à Panama*, au Mexique ^ Elle est endémique et souvent très sérieuse aux États- Unis, dans la région sud-orientale (littoral du golfe mexicain et bassin intérieur du Mississipi) : elle occasionnerait les 16/1000 de la mortalité totale de l'Union ^ La dysenterie est rare au Canada. Afrique. — Le Maroc, l'Algérie (surtout dans la province d'Oran, le long des côtes et sur les plaines)'', la Tunisie, la Tripolitaine et l'Egypte * sont des centres endémiques d'une haute intensité. La maladie sévit avec non moins de rigueur dans le Kordofan, en Nubie, en Abyssinie, dans la région intérieure des grands lacs, sur tout le littoral oriental. Sa fréquence et sa gravité sont assez diversement appréciées à Madagascar et dans les îles avoisinantes®, comme à Maurice^" et à la Réunion ^^ La dysenterie se retrouve, à l'état d'endémie très sévère, dans les îles de l'Atlantique (Ascension, Sainte-Hélène) et surtout à la côte occidentale, oii elle coïncide fréquemment avec l'hépatite ^'''\

* La Guyane franc, au point de vue de l'acclimat. Th. Strasbourg, 1869. — Orgéas, La pathoL comp. des races et la colonisation. Paris, 1886. • — Van Leent, Arch. de méd. nav., XXXV. — Laure (J.-A.),-Mal. de la Guyane. Paris, 1869.

* Dutroulau, Berenger-Féraud, Rufz, 1. c. — Cornilliac, Hist. de la fièvre jaune à la Martinique : statistiques hosp. — Reynaud, Cont. à l'ét. de l'acclim. à la Guadeloupe. Th. Montp., 1880.

^ Arch. de méd. nav., II.

Mbid.

= Jourdanet, Goindet. — Th. Paris : Lucas, 1868; Vaillant, 1869; Corrc, 1869, etc. " Stat. dècen.

' Catteloup, Haspel, Rouis, etc. — Pauly, End. — Laveran, art. Algérie. Dict. enc.

* Franck, De peste, dysenteria, ophlhalmia œg. Vienne, 1820. -^ Pruner, Krankheiten des Orient. Erlangen, 1837.

" Daullé, Grenet, Guiol, Deblennc (bibl. des mal. paL).

" Stat. angl.

" Dutroulau, Rey, Mahé.

'- Thévenot; DulroulauvRercnger-Fcraud, ouv. cités. — Thaly. Arch. de méd. nav., 1867. — Chassaniol, Ibid., 1865. — Boriiis, Topog. méd. du Sénégal, ihid., XXXVII.— Grillon du Ijellay, ibid., 186i. — Bcstion, ibid., 1881.

B. Influences étiologiqiies.

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