‹ Traité clinique des maladies des pays chaudsChapitre 144 sur 190 · I. — INFLUENCES H YDRO -TELLURI Q UES · texte numérisé non relu

I. — INFLUENCES H YDRO -TELLURI Q UES

Les conditions du sol jouent toujours un grand rôle dans l'étiologie des endémies ; mais il est difficile de les bien pénétrer. Dans la dysenterie, on a voulu rechercher la cause là où prenaient naissance les fièvres malariennes et l'on a tenté de faire dériver d'un même principe les deux maladies. C'était singulièrement méconnaître le mode de développement de la dysenterie franche. Sans doute la malaria, par son association ou par la concentration de son effort principal sur l'intestin affaibli, déjà prédisposé à la phlegmasie, confond souvent son action avec celle du générateur dysentérique ; mais celui-ci n'en demeure pas moins distinct et isolable par l'analyse des conditions de milieu. Nous voyons, en effet, la dysenterie épidémique se développer dans des centres qui n'ont rien de palustre, et la dysenterie endémique souvent exister dans des localités oii les fièvres intermittentes sont inconnues ou rares (Sainte-Hélène, Aden, Pondichéry) ; dans les colonies où les deux endémies sévissent en même temps, elles sont fréquemment en rapport inverse, comme à Saint-Pierre et à la Basse-Terre, d'une part (centres dysentériques), à Fort-de-France et à la Pointe-à-Pitre, d'autre part (centres malariens). Gomme la dysenterie se rencontre sur les sols de structure et de composition les plus diverses, il semble logique d'en poursuivre la cause, non dans l'élément minéralogique, mais bien plutôt dans l'élément organique surajouté : il est peu probable que le principe se forme aux dépens de la matière végétale, car la maladie est souvent intense sur les côtes les plus arides; au contraire, il y a lieu d'incriminer les matières animales, qui partout imprègnent le sol, et, sous des sollicitations encore indéterminées, éprouvent des transformations infectieuses si multiples. L'eau favorise les décompositions au sein du sol ; mais, comme nous le verrons, elle accomplit principalement un rôle de transport (véhicule de l'infectieux), que le sol, à son tour, selon sa conformation, peut aider ou entraver. Le marais, quand il existe, est le foyer d'élaboration de principes multiples, dont les effets se combinent et s'associent ; il peut à la fois donner naissance à la

malaria et à la dysenterie, par ses émanations nécessairement complexes, par l'ean qu'il fournit directement ou indirectement à la consommation : il n'est que la source commune de deux infectieux très distincts.

INFLUENCES METEOROLOGIQUES

(( L'action des météores^ dans l'étiologie de la dysenterie endémique, est complexe et mérite d'être étudiée attentivement. Ils agissent, par l'endémicité, comme éléments du climat et comme modificateurs physiologiques, puis, sur les cas individuels, comme cau-se accidentelle et comme modificateurs simplement organiques. Voici, pour nos colonies du Sénégal, des Antilles et de Cayenne, un relevé de la dysenterie par trimestre, pendant 6 années :

malades

morts

malades

morts

malades

morts

malades

morts

Saint-Louis Saint-Pierre Cayenne.

(Sénégal) . . .

(Martinique). .

« Il résulte de ce tableau ^ que partout ou règne la dysenterie endémique, elle se montre à toutes les époques de Tannée, sinon d'une manière égale, du moins avec des chiffres toujours élevés, c'est là l'influence générale du climat. Mais c'est dans les différences que présentent entre eux les chiffres de chaque période trimestrielle, qu'il faut chercher l'influence particulière des saisons représentées par ces périodes ; et pourtant, il y a ici plusieurs circonstances qu'il faut connaître et prendre en considération, si l'on ne veut pas commettre les erreurs d'appréciation auxquelles conduisent presque toujours les statistiques brutes. Ainsi la récidivité, qui est jusqu'à un certain point indépendante des condi-

* En rapproelier les répartitions saisonnières de la mortalité dysentérique à Bombay, d'après Waring (relevé de trois années) : Proportion p. 100 des décès :

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