‹ Traité clinique des maladies des pays chaudsChapitre 165 sur 190 · Par rapport aux faces · texte numérisé non relu

Par rapport aux faces

A la face convexe . 34 à 82. . . 68

A la face concave 18 à 46. . . 32

c. — Par rapport aux bords :

Au postérieur 48 à 62. . . 55

A l'autérieur 38 à 52. . . 43

Nombre. — D'après les mêmes relevés, les proportions centésimales du nombre des abcès seraient : de 61 à 75 (moy. 68), pour les abcès uniques; de 11 à 24 (17.5) pour les abcès doubles; de2à7 (4. 5) pour les abcès triples; de 8 à 13 (10,5) pour les abcès plus nombreux.

Volume. — 39 fois sur 100, Tabcès est modérément volumineux; 26 fois sur 100, énorme. L'on peut rencontrer un abcès très volumineux, entouré d'un grand nombre de petits abcès ; ceux-ci peuvent être regardés comme secondaires et déterminés par embolisme, sous l'influence de parcelles de matières organiques détachées de la collection principale, ou bien ils appartiennent à une agglomération dont les amas purulents se sont en partie fusionnés. On a des exemples de destruction complète du foie ou de son grand lobe : le pus n'est alors limité que par l'enveloppe fibreuse extérieure et l'abcès est diffus, par opposition aux abcès limités, que circonscrit une membrane pyogénique.

Forme. — Les abcès récents ou en cours d'évolution ont souvent une forme irrégulière, des contours anfractueux; si le foyer résulte de la réunion de plusieurs abcès primitivement distincts, la cavité apparaît limitée par autant de segments de sphère qu'il existait de collections d'abord isolées. Comme le pus exerce une pression égale sur le tissu hépatique qui l'environne et ne lui oppose qu'une assez faible résistance, l'abcès, à mesure qu'il se circonscrit davantage, tend à prendre la forme sphérique.

Lésions hépatiques concomitantes ou consécutives. — Le foie, atteint d'abcès, subit des modifications diverses. Sa couleur est tantôt plus foncée, tantôt plus pâle; sa consistance ordinairement diminuée (ramollissement), quelquefois accrue (Dut.); son volume presque toujours augmenté (prop. moy. de 87 p. 100), parfois normal (10 p. 100) ou diminué (3 p. 100), — Autour de l'abcès, quand la collection est déjà ancienne et qu'elle n'offre plus de tendance expansive, le tissu hépatique semble condensé : l'hyperplasie du tissu interstitiel a donné naissance à une sorte de zone kystique plus ou moins épaisse et plus ou moins nettement confondue avec la membrane pyogénique, elle-même devenue fibreuse. — L'abcès peut se résorber : dans ce cas, l'autopsie pratiquée à une époque plus ou moins éloignée, à la suite d'une maladie ou d'une blessure

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qui n'intéresse pas l'organe liépalique, décèle à la surface du foie une dépression cicatricielle, blanchâtre et nacrée, souvent irradiée en étoile, qui répond à un îlot de tissu fibreux (accolement des parois de l'abcès) ou à une petite cavité remplie de matière caséeuse (résor|)tion incomplète avec transformation caséeuse).

III. — LESIONS DES ORGANES AVOISINANTS DANS LEURS RAPPORTS AVEC LES ABCÈS DU FOIE.

L'abcès une fois formé, s'il continue à s'étendre aux dépens de la substance hépatique, se rapproche insensiblement de la périphérie de l'organe et tend à s'ouvrir vers quelque point de cette périphérie. Il détermine de proche en proche un travail de ramollissement et de fonte ulcérative, qui aboutit à la création d'une issue à l'extérieur ou dans une cavité viscérale ou séreuse. Les parties molles, au niveau de l'abcès, sont le siège d'une infiltration œdémateuse; les séreuses, celui d'une inflammation adhésive plus ou moins protectrice; les parenchymes et les membranes muqueuses, sous une influence de voisinage ou par extension continue de l'irritation hépatique, présentent les caractères de leurs phlegmasies propres, sous les formes franche, ulcéreuse ou suppurée.

Dans sa marche excentrique, l'abcès débouche quelquefois à l'intérieur d'une cavité séreuse , avant que des adhérences suffisantes aient pu s'opposer à un tel résultat : c'est alors qu'on rencontre les lésions de la péritonite, de la pleurésie ou de la pleuro-péricardite purulentes, mais avec un exsudât modifié par son mélange avec le pus hépatique. — D'autres fois, comm-e nous l'avons vu, l'abcès s'ouvre dans un canal avoisinant, au travers d'adhérences, qui préservent les séreuses intermédiaires (dans l'estomac, l'intestin grêle ou le côlon). Pour atteindre la poitrine, le pus doit d'abord traverser le diaphragme; il chemine ensuite au travers des néoplasmes adhésifs de la plèvre droite et de son feuillet viscéral épaissi, et envahit le poumon. « On dirait que la purulence du foie s'est étendue au poumon, et que, sans passer par tous les degrés d'inflammation qui lui sont propres, il arrive d'emblée à la su[»puration et à l'abcès ulcéreux: c'est l'hépatisation grise qu'on rencontre presque tou-

jours, quand le tissu n'est pas entièrement transformé en pus; deux lobes entiers peuvent être détruits ainsi en peu de temps et être remplacés par une cavité purulente qui fait suite à celle du foie et lui ressemble exactement par le pus contenu et par la membrane d'enveloppe... » Les deux portions de la collection liquide communiquent entre elles par une ouverture de dimensions variables, à bords frangés ou lisses, selon qu'elle est récente ou déjà ancienne (Dut.). Les bronches, usées par le processus ulcératif, montrent leurs orifices béants sur les parois de la cavité pulmonaire. — Le pus peut trouver une issue à l'extérieur par un point des téguments qui correspond au foyerviscéral ou en est très rapproché. Mais quelquefois il se répand sous la peau, dans la trame du tissu conjonctif, donne lieu à des décollements qu'on suit sur une étendue plus ou moins considérable de la paroi thoracique ou abdominale. — On rencontre enfin des cas où les ouvertures de l'abcès sont multiples (doubles : abcès simultanément ouvert à l'extérieur et dans l'estomac ou l'intestin; triples : abcès simultanément ouvert dans la plèvre, l'estomac et le péricarde, etc.).

En dehors des altérations qui se rattachent à l'extension de l'irritation phlegmasique du foie aux organes voisins, ceux-ci peuvent présenter des lésions moins directes ou dont les connexions avec l'abcès sont moins évidentes ou démontrées.

Quand l'abcès demeure limité à une région du foie et sans grand retentissement périphérique, quand il coïncide en ces conditions avec des ulcérations dysentériques, on ne constate pas toujours l'enchaînement, par continuité de processus inflammatoire, de la lésion intestinale et de la lésion hépatique. On invoque alors une embolie, dont on n'a plus sous les yeux que le résultat. — D'autre part , on rencontre des abcès hépatiques sans inflammation préexistante ou concomitante de la muqueuse intestinale, souvent sans autre relation anatomique appréciable que la phlegmasie propre de cette muqueuse, engendrée sous l'influence des fièvres rémittentes ou de leurs manifestations secondaires par intoxication autochtone (ulcérations dites urémiques), et, dans la dysenterie elle-même, l'altération du foie, qui est commune, n'est pas fatalement suppurative. Dans une statistique du D'^Mouat, comprenant 247 autopsies (Inde), nous trouvons des abcès hépatiques mentionnés 9 fois sur 100, à la suite de fièvres rémittentes bilieuses ; 8,80 fois sur 100, avec une inflammation aiguë de la

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glande, sans lésions indicatrices d'un autre état morbide ; 2 fois sur 100, avec des lésions dysentériques (mais altérations organiques du foie, avec semblables lésions de l'intestin, 49 fois sur 100) ou avec celles de la diarrhée (catarrhe intestinal). Dans une statistique de Bérenger-Féraud, basée sur le dépouillement de 411 observations de dysenterie (Sénégal), le foie est abcédé 46 fois sur 100 ; hypertrophié, ramolli ou congestionné 39 ; seulement décoloré, atrophié ou cirrhotique, 13. Enfin, dans un relevé de 56 observations nécropsiques de dysenteries ou diarrhées chroniques, que nous avons établi aux Antilles, au Sénégal et en Cochinchine, nous ne trouvons qu'une fois la glande hépatique abcédée (1.8 p. 100), l'hypertrophie avec ou sans ramollissement existant dans une proportion de 3. S p. 100, l'atrophie ou le simple état anémique dans une proportion un peu supérieure. La lésion dysentérique n'est donc pas aussi constamment l'origine de la lésion hépatique qu'on l'a soutenu et qu'on le soutient encore. La coexistence de l'une et de l'autre ne saurait d'ailleurs entraîner, dans tous les cas, la subordination de la seconde à la première, et au contraire, l'ulcération de l'intestin peut être la conséquence d'un état infectieux dérivé de la suppuration- du foie, ou celle d'un état catarrhal secondaire. (Dutroulau a signalé la fréquence des altérations de la muqueuse gastrique et de la muqueuse intestinale, relevant de la putridité, dans les hépatites graves et gangreneuses : arborisations et ramollissement, saillance des follicules isolés ou agminés, ulcérations superficielles.)

Les altérations du pancréas, de la rate et des reins sont encore mal déterminées. Elles sont en rapport avec les conditions d'infection particulière, auxquelles le malade a été soumis primitivement ou secondairement.

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