VL — PROPHYLAXIE ET TRAITEMENT
A. Prophylaxie.
Les troupes, appelées à servir dans les milieux endémiques, devraient être recrutées, autant que possible, parmi les militaires déjà en possession d'une résistance relative aux influences intertropicales, grâce à leur séjour habituel ou permanent en des pays de climat chaud, mais non de thermalité excessive. Aujourd'hui que les conditions hygiéniques de l'Algérie sont devenues meilleures, celte contrée serait un excellent centre à' entraînem,ent pour les troupes destinées à nos colonies des Antilles et de la Guyane, du Sénégal et de la Cochinchine. Continuer à envoyer, dans ces colonies, des détachements empruntés aux régiments qui tiennent garnison aux chefs-lieux de nos arrondissements maritimes, c'est exposer les corps à des chances de sélection trop brusque et aussi trop dangereuse. Nous devons cependant déclarer que l'hépatite (comme la dysenterie) est devenue beaucoup moins fréquente dans nos hôpitaux d'outre-mer, depuis que la période de service colonial a été réduite (de 4 années à 3 pour les soldats et à 2 pour les marins).
Tout militaire ou civil, prédisposé à l'hépatite par un état de congestion atonique du foie ou sujet à des poussées hypérémiques de cet organe sous l'influence d'accès malariens, doit être éloigné des régions endémiques. Dans ces régions, l'on évitera tout ce qui peut déterminer une excitation trop active du foie, soit au début de la période d'acclimatement, alors que la glande est en puissance de fonctionnalité normale, soit plus tard, alors qu'elle est amoindrie en son rôle éliminateur : l'excès de la fatigue physique, l'excès de nourriture et surtout celui des boissons
HEPATITE SUPPURATIVE 819
alcooliques. On maintiendra la liberté du ventre par l'usage des purgatifs légers ou des tisanes laxatives (tamarin), et l'on combattra par les moyens appropriés les moindres manifestations congestives observées au foie.
B. Traitement^ .