CIRRHOSES PALUSTRES DU FOIE
l'ombilic et remonte jusqu'au voisinage du mamelon; sa surface est dure, lisse ou àpeuprès, sans les granulations de la cirrhose du buveur ni des bosselures des néoplasmes de la cirrhose syphilitique, et la pression n'en est pas douloureuse, comme dans les hypérémies hépatiques. — A la suite de ces trois principaux signes, se placent deux symptômes négatifs assez importants, l'absence d'ascite et de fortes dilatations veineuses à la paroi abdominale. — Il y a habituellement de l'inappétence, quelquefois des vomissements, des diarrhées transitoires ; les selles sont de coloration normale ou argileuses et, dans ce dernier cas, l'urine, qui d'ordinaire ne renferme point de pigment biliaire, présente la réaction de celui-ci (oblitération accidentelle des canalicules biliaires, ictère par résorption surajouté à l'ictère primitif et caractéristique, positivement attribuable à l'altération directe des éléments de la bile). Quelquefois, on perçoit des souffles doux au cœur. Des hémorrhagies, et principalement des épistaxis, quelquefois des hémorrhagies gingivales ou intestinales, se montrent dans le cours de l'affection. Enfin on a noté à plusieurs reprises de l'héméralopie ; ce symptôme, variable, diminue et cesse par moment pour reparaître plus tard; il peut être très accentué...; sa pathogénie est encore mal connue... (il est probable que le trouble de la vision est sous la dépendance de l'altération du sang et plus particulièrement de la présence du pigment dans les vaisseaux rétiniens) ^ Dans une obsei^vation de Pitres, il est fait mention de troubles trophiques tardifs des deux cornées (ulcérations)... »
La cirrhose impaludique à forme hypertrophique est de très longue durée. Les malades peuvent vivre longtemps, la santé ne semblant pas trop profondément atteinte; cependant, il y a de l'affaiblissement général, une diminution de la force musculaire et presque toujours impossibilité de travailler.
Entrepris à temps et bien dirigé, le traitement peut amener une amélioration considérable et même une guérison complète. Le malade doit nécessairement être éloigné de tout centre palustre. Au début, on le soumettra aux préparations de quinquina, à la médication quinique et à l'hydrothérapie, afin de rétablir l'équilibre de l'innervation, compromis par l'imprégnation malarienne, et com-
' Consulter, sur les relations de l'héméralopie avec les afTections hépatiques : Parinaud, Arch. gén. de méd., avril 1881, et Cornilleau, Prog. méd., 1881.
battre les poussées congestives qui tendent encore à se produire du côte du foie. Plus tard, c'est à l'iodure de potassium à hautes doses qu'il faut avoir recours. On ne négligera pas l'emploi des toniques sous toutes les formes. Lancereaux préconise le régime lacté, qui convient à un organisme débilité et en état d'atonie digestive.
D. On cite encore, comme affections chroniques dérivées du paludisme, la dégénérescence graisseuse et la dégénérescence amyloïde, et Kelsch a décrit, avec Kiener*, une hépatite parenchymateuse miliaire d'origine malarienne, mais à laquelle Laveran hésite à accorder ce caractère spécifique.
QUATRIEME SECTION