‹ Traité clinique des maladies des pays chaudsChapitre 55 sur 190 · II. - CARACTÈRES C LINIC 0 -ANATOMIQ UES · texte numérisé non relu

II. - CARACTÈRES C LINIC 0 -ANATOMIQ UES

Le tétanos débute par une sensation douloureuse de roideur en avant des oreilles, accompagnée ou précédée, quand il succède à une plaie, de sécheresse à la surface de celle-ci et de rougeur diffuse à son pourtour, de soubresauts fugaces dans les muscles du membre; bientôt, les mouvements de la mâchoire inférieure deviennent difficiles, tous les muscles de la face se crispent, donnant au visage l'expression du rire sardonique, il se produit de la roideur à la nuque et au tronc, des spasmes douloureux dans les membres; les urines et les selles sont supprimées, le pouls s'accélère et la température s'élève : c'est la période d'invasion. — Dans une seconde période, ou d'état, la fièvre augmente, le pouls atteint jusqu'à 120, 150 pulsations, la température 41°, 42° et même 43°; la mâchoire est serrée, la langue immobilisée dans la cavité buccale, la gorge comme étranglée par la contracture des muscles pharyngiens; en même temps, la cage thoracique semble privée de mouvement, le tronc et les membres ne forment plus, avec le cou et la tête, qu'une tige

compile, des plaies à la Guyane franc., Th. Paris, 1875. — Dufour, De l'étiol. et de la nat. du tétanos. Th. Paris, 1886. — Granger, Du tétanos spont. Th. iMontp., 1877. Griffon du Rellay, Essai sur le tétanos. Th. Montp., 1856. — Mahé, Géog. méd., Dict. ehc. des se. méd., 4' s., VIII, .305. — Moinet, De l'influence des climats chauds sur le traumatisme, chez l'Européen. Th. Montp., 1866. — Morehead, Dis. in India. — Nielly (M.), Nouv. élém. de pathol. exot. Paris, 1881. — Pèrez, Eliol. du tétanos. Barcelone, 1886.— Poncet, Tétanos, Dict. de méd. et de chir. prat.,XXXIIl, 1883.— Ozenne, De l'étiol. et delà pathogénie du tétanos. Arch. gén. de méd., mars 1886 — Richclot, Pathogénie, marche et term. du tétanos. Th. Paris, 1875. — Rochefort, Kech. sur les flèches empois, des naturels des îles de l'océan Pacifique. Arch. de méd. nav.,1877, 1"' sem. 385. — Roux, Cas de tétanos guéri par le chloral, à Chandernagor. Arch. de méd. nav., 1877, 2'" sem., 313. — Sanquer, Quelques notes sur le tétanos.' Th. Paris, 1866. — Thévenot, Mal. des Européens au Sénégal. — Discussions sur les causes, la nature et la pathogénie du tétanos au congrès français de chirurgie et à la société de chirurgie de Paris (1886).

rigide,- incurvée en arrière, en avant ou de côté, que brisent par instants de violentes secousses de convulsions cloniques. Le malade conserve ordinairement son intelligence ; il éprouve des douleurs intenses dans les muscles, ne peut rien avaler, respire avec peine, et, si aucun amendement ne survient, il succombe vers le h^^ ou S'' jour, par asphyxie mécanique, épuisement nerveux, suspension de la respiration et des battements du cœur sous l'influence de l'hyperthermie (Poland). — Il arrive parfois, surtout quand le tétanos est déterminé par une action de refroidissement, que la période d'état se prolonge pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines : la température monte peu ou reste normale, le pouls demeure lent et les contractions sont interrompues par des phases de rémission répétées, qui donnent à la maladie les allures de la chronicité. Il est permis de se demander si, sous cette forme apyrétique ou subfébrile, assez souvent terminée par la guérison, l'on n'a pas, dans plus d'un cas, confondu avec le tétanos l'hystéro-épilepsie, maladie commune dans la population créole de l'un et de l'autre sexe, si nervosique par l'effet de ses habitudes d'intempérance inconsciente et d'excès génésiques. Il n'est pas non plus impossible qu'en d'autres cas, où il existe une diaphorèse abondante, de la perte de connaissance, de la fièvre, et où les nianifestations se renouvellent par accès d'une intensité redoutable, ont ait méconnu, sous le masque du tétanos, des convulsions liées à une intoxication palustre : on serait d'autant plus porté à le croire, que les accidents cèdent parfois tout à coup et que, contrairement à ce qu'on observe dans le tétanos des régions tempérées, où la période de rétablissement est longue, difficile, très instable, la convalescence est rapide (Bajon)*.

Le tétanos est une maladie des plus meurtrières. Dans les circonstances de guerre où il vient à se produire, presque toujours il se termine par la mort. Dans les circonstances habituelles, il offre plus de chances de guérison : sur 204 cas, relevés dans l'Inde par Morehead, on compte 127 décès (62 p. 100 des atteintes).

' Au congrès français de chirurgie de 1886, le D'' Blanc (de Bombay) a décrit 3 formes de tétanos, observées dans l'Inde : une forme aiguë ou suraiguë, qui se termine par la mort vers le 3" jour, avec une température ultime de 42° 11 à 43° 31 ; une forme subaiguë, qui donne lieu à une température assez irrégulière, parfois basse, et entraîne souvent la mort entre le 10° et le 12« jour, par le spasme respiratoire; une forme chronique, qui se prolonge de 30 à 60 jours, reste apyrétique et se termine ordinairement par la guérison.

Le tétanos traiimatique est généralement plus grave que le tétanos spontané ou a frigore; la maladie est plus souvent mortelle sous la forme aiguë que sous la forme dite chronique, et chez les nouveau-nés que chez les adultes.

Le résultat clés autopsies est souvent négatif. D'autres fois, on rencontre les lésions de la myélite centrale aiguë, avec exsudats périépendymaires (mais la dégénérescence ne serait pas toujours localisée aux mêmes régions de la moelle, ni en rapport avec l'origine de la blessure) ou les altérations de la névrite, avec foyers hypérémiques , hémorrhagiques ou inflammatoires aux régions médullaires qui répondent à l'origine des nerfs malades, dans un certain nombre de cas.

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