IV. — FORMES CHRONIQUES
L'impaludation produit à la longue, dans l'organisme, des changements profonds et des aptitudes nouvelles, qui la rapprochent beaucoup des affections diathésiques. A la suite d'une imprégnation continue, et sans qu'il existe à proprement parler d'anémie, la santé devient sujette à de nombreuses perturbations;
' Nous avons observé des selles ratanhia, pseudo-hémorrhagiques, à large bande de réduction spectrale dans la portion du vert attenante au bleu et dans le bleu. (Transformation de la matière colorante biliaire dans l'intestin. Voir notre Traité des fièvres, p. 24.)
il n'en est pas de même de la douleur épigastrique, qui survit souvent à l'accès et à la détente générale qui accompagne la période des sueurs... La fréquence et l'intensité des vomissements sont ordinairement en rapport direct avec la sévérité de l'accès et l'acuité des douleurs stomacales... Les douleurs abdominales se montrent sous forme de coliques, mais ne constituent point un symptôme aussi constant que les deux précédents ; elles sont quelquefois sourdes et n'apparaissent qu'à la pression ; dans leur état de plus grande acuité, elle sont loin de provoquer une souffrance aussi vive que la douleur épigastrique ; leur siège est indéterminé ; toutefois elles se montrent de préférence vers l'ombilic et la région hypogastrique... » Les matières rejetées par les vomissements et les selles sont bilieuses, sans qu'il y ait pour cela véritable état bilieux : il y a seulement augmentation de la sécrétion hépatique, déversement plus considérable de bile dans le duodénum, d'où reflux du liquide vers l'estomac et évacuation simultanée par l'intestin. Les selles sont nombreuses et abondantes, à la fois séreuses et bilieuses, quelquefois grisâtres et spumeuses ; assez habituellement, vers la fin de l'accès, elles deviennent rares ou même se suppriment complètement ; mais une diarrhée plus ou moins rebelle peut succéder à l'accès. Comme symptômes moins spéciaux, on note ordinairement de la céphalalgie, de l'agitation, des douleurs articulaires, particulièrement dans les membres inférieurs, de la douleur splénique. La fièvre est quotidienne, dans le plus grand nombre des cas. La durée des accès est généralement assez longue, et le type périodique offre une tendance marquée vers le type pseudo-continu.
2" Degré (fièvre gastro-entérique grave). — Aux symptômes du degré précédent s'ajoutent de l'algidité des extrémités, des crampes dans les membres, une dépression profonde des forces. Quelquefois, mais rarement, les selles sont riziformes ou séro-sanguinolentes (phénomènes sans doute en rapport avec un état d'hypérémie de la muqueuse intestinale, corrélatif de la stagnation du sang dans les capillaires cutanés). L'accès débute à la manière de la fièvre gastro-intestinale simple ou d'emblée parle refroidissement, les crampes, la douleur épigastrique, etc. Il off're ordinairement le type quotidien ; d'autres fois il passe au type rémittent ou pseudocontinu. Il se termine, dans beaucoup de cas, par une réaction assez rapide, ou bien les accidents s'aggravent et atteignent le 3" degré.
3^ Degré (fièvre gastro-entérique dite pernicieuse ou cholériforme). — L'algidité envahit tout le corps et la dépression est extrême ; la peau se recouvre d'une humidité visqueuse, se cyanose par places ; les crampes sont très douloureuses et arrachent des cris aux malades, la douleur épigastrique est intense, l'agitation et l'anxiété sont très vives, le malade est abattu, la voix brisée et comme éteinte, la respiration pénible et le pouls misérable. Une sensation intérieure de chaleur brûlante détermine de l'appétence pour les boissons froides. Les vomissements sont fréquents, quelquefois incessants, toujours très pénibles : les matières rejetées sont filantes, glaireuses, plus ou moins teintées de bile. Les selles, également fréquentes sont rarement rizif ormes, mais souvent séro-sanguinolentes, « vineuses avec grande abondance de mucosités jaunâtres ou grisâtres, floconneuses ou spumeuses. Les urines sont presque constamment supprimées. L'accès presque toujours a été précédé d'atteintes à déterminations gastro-intestinales plus ou moins accentuées ; il débute franchement, par frissons, et bientôt se déroule l'ensemble des phénomènes morbides ; le malade succombe dans le collapsus ou éprouve une réaction salutaire, généralement beaucoup plus prompte que dans le choléra.
io:
'S' Xï-s
•lt¥-