‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource] (volume 2)Chapitre 10 sur 80 · Le malade est à l'agonie, il meurt à 3 héUres aptes midi · texte numérisé non relu

Le malade est à l'agonie, il meurt à 3 héUres aptes midi

Autopsie cadavérique , 17 heures après la moït.

1° Habitude extér. — Infiltration générale, avec distension de la peau, qui est sèche et luisante. Poitrine bombée, large, voluminetfte.

2" Organ. circul. et respir. — -Le péricarde contient environ un demi-verre d'une sérosité jaune, très légèrement trouble : il est distendu en proportion du voluitie du cœur. — Celui-ci , vraiment énorme [cor bovinilm) , donne, avant d'avoir été vidé du siang qu'il contient, les mesures suivantes. ■ *. ;

De l'insertion de l'aorte àla pointe du cœur, qui est mousse et arrondie 4 p. 9 l'g- Du sommet de l'oreillette droite à la pointe ■ 6 p.

Du sommet de l'oreillette gauche à la pointe du cœur 5 p.

Diamètre antéro-pbstérieur 4 Diamètre transversal 4 P» 5 l'g»

Circonférence du cœur la p. 6 lig.

Poids du cœur, contenant encore des caillots, maïs débarrassé d'une certaine quantité de sang liquide, qui s'est écoulé en coupant les ▼aisseaux i il laonc.

Le cœur, vidé et lavé , pèse 1 1. a onc.

Le sang contenu dans les cavités droites du cœur forme des concrétions polypiformes, blanches à l'extérieur, rougès à l'intérieur ; ces concrétions conservent la forme des cavités qui les contiennent.

Leventricule droit, dilaté, pourraitconlenir un œuf d'oie; ses parois , vu l'augmentation de la capacité, paraissent amincies, bien qu'absolument parlant, elles soient épaissies;

dans leur partie moyenne ( lapins épaisse ) , elles ont 3 lig. d'épaisseur. L'oreillette droite, dilatée dans les mêmes proportions que le ventricule , conserve son épaisseur à peu près normale. Ses colonnes charnues sont très prononcées.

Les cavités gauches contiennent du sang caillé, d'un noir assez foncé.

• Le ventricule gauche offre une capacité peu moindre que celle du droit. Ses parois, vers la partie la plus épaisse, ont ni. d'épaisseur. — Ses colonnes charnues sont très robustes.

L'orifice aortique paraît un peu étroit , vu la grandeur de la cavité ventriculaire. Cependant ses valvules ne sont pas déformées; elles sont seulement un peu plus épaisses que dans l'état normal et, à leur base, ainsi que vers le commencement de l'aorte, on voit des incrustations fibreuses ou fibro-cartilagineuses, sans coloration anormale.

L'oreillette gauche, d'une capacité sensiblement moindre que celle de l'oreillette droite , a des parois assez épaisses. L'orifice auriculo-ventriculaire gauche a perdu un peu de son étendue normale. Le bord adhérent de la valvule mitrale est froncé et plus épais que dans l'état ordinaire. Les deux lames de la valvule sont très notablement épaissies, converties en tissu fibreux vers la base et fibro-cartilagineux vers le bord libre.

L'orifice auriculo-ventriculaire droit a une largeur plus considérable que le gauche; la valvule tricuspide est mince, transparente , nullement épaissie.

Les artères carotides sont , ainsi que l'aorte , incrustées de lames fibro-cartilagineuses.

Vers la terminaison de l'aorte abdominale , les plaques ressemblent à des coquilles d'œuf. La dégénérescence crétacée se propage dans les troncs artériels du bassin et des membres inférieui's.

Les divisions de l'artère pulmonaire sont parsemées à

TROIS. CATÉG. d'oBSERV. d'ENDOCARDÎTE. IO9 l'intérieur d'un grand nombre de plaques ou taches d'un blanc terne.

La veine cave à son insertion est dilatée.

La cavité de la poitrine ne contient presque pas de sérosité. Quelques adhérences anciennes du côté gauche.

Le poumon droit, dans tout son bord postérieur, est comme hépatisé, et ne crépite pas sous la pression. A la surface des sections qu'on y pratique, on aperçoit des points noirs foncés, indice d'une infiltration sanguine dans le tissu pulmonaire. De cette surface découle un liquide d'un gris sale, formé de sang et de pus. Le tissu granuleux, friable, se déchire comme dans la pneumonie des 2° et 3* degrés. Du sang épanché occupe particulièrement la base du poumon ; il est combiné avec la substance pulmonaire dans le reste de son étendue , oli le tissu du poumon crépile encore un peu.

La membrane muqueuse des bronches est couverte d'une grande quantité de matière muqueuse.

Le poumon gauche, à sa base , est hépatisé comme le di'oit, il crépite un peu cependant dans toute son étendue.

3" Centres netveux. — Il existe une certaine quantité de sérosité dans la cavité de l'arachnoïde, et lasurface du cerveau en est abondamment abreuvée ; les mailles de la piemère en sont remplies.

A la partie supérieure du lobe antéi'ieur gauche du cerveau, existe une surface inégale, un peu rugueuse, circonscrite par un bord frangé et qui n'est autre chose que le reste d'une ou deux circonvolutions détruites, ulcérées, et cicatrisées; une altération semblable, un peu moindre, existe vers le milieu de la face supérieure du même hémisphère , près la scissure interlobaire.

L'hémisphère gauche n'offre aucune altération. Son ventricule contient une très petite quantité de sérosité. A la partie externe du lobe moyen de l'hémisphère droit, existe un foyer hémorrhagique, du volume d'un petit œuf. La sub-

stance qui environne ce foyer, est rouge et complètement

désorganisée.

La substance cérébrale, en général, est beaucoup plus jnoUe que dans l'état normal. La masse du cerveau est très petite, relativement à la stature de l'individu. Le cervelet est extrêmement petit , semblable à celui d'un enfant de 12 à i5 ans, un peu mou ; il pèse 4 onces. (Les organes génitaux sont largement développés).

4° Org. digest.et annex. — A l'ouverture de l'abdomen, il s'écoule une grande quantité de sérosité d'un jaune foncé, mêlée de quelques flocons.

L'estomac contient beaucoup de liquide trouble, grisâtre. La portion de la membrane muqueuse qui tapisse le grand cul-de-sac est ramollie^ gélatiniforme, détruite en quelques points, et est séparée, par une ligne de démarcation tranchée, du reste de cette membrane qui est un peu rouge et saine. ( L'altération du grand cul-de-sac est pi'obablement cadavérique. )

Le foie, volumineux, bombé à sa face antérieure, est gorgé de sang.

OBSIERVATION 6lie.

■Homme de 44 ans. — Diverses fluxions de poitrine , suivies des symptômes ordinaires d'un obslacle mécanique à la circulation : palpitations, irrégularités, intermittences du pouls; bruit de scie à la région précordiale, avec impulsion du cœur forte détendue. — Mort plusieurs années après le début des premiers flccidens du, côté du cœur. — Induration des valvules aortiqnes et bicuspide, avec léger rétrécissement de l'orifice aortique. — Hyper.tropliie et dilatation du cœur.

Plaques fibreuses et brides du péricarde. — Etal cartilagineux et crétacé

de l'aorte et des artères qui naissent de sa crosse.

Ducouré ( Médard ) , âgé de 44 an» , charpentier , d'une bonne constitution, fut admis dans le service clinique, le 2 mai 1834. Depuis seize ans, il avait éprouvé, à trois reprises différentes, une pleuro-pneumonie (deux fois il fut traité à l'Hôlel-Dieu ). C'est à la suite de la dernière maladie, qu'il ressentit des palpitations, de l'oppression, surtout iguand il montait un escalier , etc.

TROIS. CATÉG. d'oBSERV. d'eNDOCARDITE. 111

Le i6 février dernier, frissons suivis de fièvre, un peu de crachement de sang, douleur profonde dans la région du cœur. Entré dans le service de M. Louis, le malade en •est sorti au bout de seize jours, sans être complètement |;uéri.

Etat au moment de Ventrée à la Clinique : Il dit souffrir toujours dans le côté gauche , et éprouver des étourdissemens , des vertiges. Oppression, palpitations qui empêchent le malade de marcher; réveils en sursaut. La respiration est forte et puérile en avant. En arrière , la poitrine résonne assez bien , si ce n'est en bas où il y a de la matilé ; on entend , vers la moitié inférieure des poumons, du râle muqueux ou sous-crépitant avec léger retentissement de la voix.

Les crachats sont muqueux.

Il n'existe pas d'infiltration notable.

Le cœur se fait entendre dans un espace plus considérable qu'à l'état normal. On voit sa pointe soulever le sixième espace intercostal. La paume de la main, appliquée sur la i^égion précordiale , est frappée dans toute son étendue par ^ un corps dur. Les espaces intercostaux gauches , surtout le 6* et le 7', sont larges.

La région précordiale offre de la matité dans l'étendue de 3 pouc. verticalement , et de 3 pouc. 4 lig- transversalement.

Les battemens du cœur sont fréquens, étendus, durs, forts, accompagnés d'intermittences.

Le double claquement du cœur est remplacé par un bruit de soufflet qui se rapproche du bruit de scie, plus marqué, plus prolongé, pendant la systole ventriculaire. Le maximum d'intensité du bruit de scie existe à un pouce en dehors et au-dessous du mamelon : en s'éloignant de ce point, on entend une sorte de bruit de froissement de parchemin pendant le double mouvement du cœur.

Les veines jugulaires sont gonflées, mais n'offrent pas le pouls veineux.

Les carotides battent avec force ; pas de frémissement dans leur trajet. Pouls radial petit , très étroit, plus petit à gauche qu'à droite, ii6 par minute.

DiAGiNOSTic. — Induration des vahuLes gauches du cœur , avec rétrécissement d'un orifice. Hypertrophie générale et dilatation du cœur.

Prescription. — Saignée de 3 palett.; org., chiend., oxjm. scillit.; pot. gomm. a.\ec poud. dedigit. grains. — -Bouill.j pot., lait.

4. Crachats demi-transparens; caillot mou, sans couenne. Respiration plus facile ; sommeil assez bon. Battemens du cœur moins forts. Le bruit de scie est toujours bien marqué.

5 et 6. On remarque que l'ébranlement de la région précordiale se communique jusqu'à la base des parois pectorales.

j. Pouls à 96 (il n'est plus intermittent). poésie, sur la région précord.

g et lo. La toux a diminué, ainsi que l'expectoration. Les battemens du cœur sont moins forts (^méme bruit de scie). Pédiluue sinapisé.

12. Le malade se plaint d'avoir senti du craquement sans douleur dans la région précordiale,

13. Pouls à 80 (les irrégularités et les intermitencessont revenues).

i4 et i5. Le malade a quelques envies de vomir après avoir pris sa potion avec la digitale. Le double bruit de soufflet paraît moins fort qu'au moment de l'entrée du malade. Pouls à 7a, moins étroit, vibrant; les jambes ne sont pas enflées. [Suppression de la digitale.)

18. Oppression si forte , que le malade ne peut rester couché. La face s'altère. ( i saig. de 3 pal. )

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