‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource] (volume 2)Chapitre 30 sur 80 · DES TUBERCULES ET DU CANCER. 3U · texte numérisé non relu

DES TUBERCULES ET DU CANCER. 3U

MM. Récamier, Ruilier , Cruveilhier , Ferrus, ojjit rencontré quelques cas. Malheureusement, ces cas sont indiqués plutôt que clécriis. L'observation de M. Ruilier, que nous allons rapporter, a été insérée dans les Bulletins de la Faculté de médecine, pour Vannée i8i3.

•x^ fait. — Un homme, âgé de 35 ans, rachitique^ et sujet à de fré(|Mens caiarrhes pulmoniures , fut pris peu après une pénpnenionie jugée inconiplèteuient , d'une douleur au côté gauche de la poitrine, avec oppression vive : à la même époque le ventre était douleureux, surtout à droite où l'on sentait une tumeur peu ré.sistante. Le malade se couchait toujours sur le cô:é gauche, qui ne résonnait pas lorsqu'on le percutait. Il survint insensiblement un œdème des membres inférieurs, et ce malheureux expira après une longue agonie.

Aulopsie cadavérique.

Le cœur était un peu volumineux , ses cavités un peu agrandies , ses membranes et ses vaisseaux non loin de l'état naturel. Le tissu de cet organe offrait à peine quelques

rbagades et de condylômes près de l'anus. — Les symptômes syphilitiques cédèrent à un traitement anti-vénérien; mais les accidens du côté de la poitrine persistèrent, et il s'y joignit une douleur pongilÎTc qui occupait toute la région précordiale. Le pouls était petit , fréquHnt , irréj^ulier ; dans les vives douleurs, il se suspendait pendant quelques secondes. 11 y avait de fréquentes syncopes. Il arriva im moment où la. malade ne put se couchiT : elle restait assise, un peu penché? en arriére, sur le côté gauche ou sur le devant de la poitrine. La mort bur- Tint au bout de deux ans.

Ouverture du cadavre. — Une espèce de rarcinôme avait envahi une partie du <SDeur. On ne trouvait plus que quelques lambeaux du (léricarde. Extérieurement, un large ulcère occupait la face postérieure du cœur, dans toute l'étendue dtsdeuae ventricules. Au fond de cet ulcère, on ne trouviiil p us que quelques libres musculaires, qui formaient une toile très mince, et qui furent rompues par une légère pression du doigt. Tout autour de l'ulcère, là substance do ccbdb ÂTiii ho-

JlhLKUEUT inOURég KT CUUUB SQU I RORKCSE.

11 est probable que l'auteur de cette observation n'était pas très versé dans les recherches d'anatomie pathologique , et que la description qu'il nous a donnée de l'état du cœur et de l'ulcération de toute la face postérieure des pareil du cœur, ne doit pas élrc prise trop à la lettre.

212 MALADIES DU COEUT\ EN PARTICLTIER.

traces de son organisation primitive ; la totalité de la substance musculaire ne faisait qu'un douzième de la masse; le reste était composé d'une substance nouvelle, squirrheuse et en partie carcinomateuse , formant des bosselures irrégulières, dont le plus grand nombre s'étendait de la face externe à l'interne.

On trouva aussi une transformation squirrheuse du pancréas, de l'inte-tin grêle et du mésentère.

Les poumons étaient sains.

3* et Z^' faits. — Deux ob'-ervations de cancer du cœur ont été publiées par M. Andral [Ânat. pathoL, 1. 11% p. 827). •a Dans la première de Ces observations, le malade, âgé de •» 56 ans, n'avait offert d'autres symptômes que ceux d'une •)» hypertrophie des parois du ventricule gauche du cœur. » L'ouverture du cadavre montra effectivement un état w d'hypertrophie considérable de ce ventricule, avecrétré- » cissement de son orifice par des os'-ificalions. Mais de pl us < existait une autre altération qu'aucun signe particulier w n'avait révélée pendant la vie. Sur les parois du coeur a droit existaient de nombreuses bosselures. En incisant » ces bosselures, je les trouvai formées d'un tissu très dur, B gris-bleuâtre et comme demi-transparent en quelques » points; ailleurs, d'un blanc plus opaque et sillonné par » des lignes rougedtres. Ce tissu occupait presque en lota- ;i»vlité la paroi externe du ventricule droit : sa couleur -» blanche était apparente à travers la membrane interne. » En un petit nombre de points seulement, se voyaient en- » core quelques faisceaux de fibres musculaires décolorées » et comme atropliiées. Ces fibres étaient plus prononcées » du côté de la face interne du ventricule... Les parois de » l'oreillette droite présentaient dans toute leur étt-ndue, » excepté dans l'appendice auriculaire , la même dégéné- » ration.

^ ^» Dans le second cas, la lésion, également bornée au côté » droit du coeur, était moins étendue. |^e malade , âgé de

DES TUBEUCULES ET DU CANCER*. 3l3 n 37 ans quand il mourut, avait joui d'une bonne santé » jus(|u'à 1 âge de 35 ans. Alors , il devint légèrement aslh- » matique. Pendant les cinq ou six mois suivans, il ne sen- » tit qu'un peu de gêne dans la respiration. Au bout de ce » temps, il fut pris un jour, après son déjeùner, d'une n atroce douleur qui, se faisant d'abord sentir à la région » précordiale, s'étendit bientôt à tout le côté gauche du » thorax. En même temps, force palpitations du cœur; » augmenlation de la dyspnée habituelle ; vomissement des n alimens; perte momentanée de connaissance. Pendant » l'année qui suivit cet accident, la gêne de la respiration « augmenta peu à peu , et sept ou huit fois le malade fut » pris de la même douleur, qu'il comparait à la douleur » par élancement que produit une dent cariée. Lorsqu il » entra à la Charité, il était dans un état de dépérissement » évident; sa faceavait une teinte jaune-paille fort remar- » quable; chaque soir, il y avait un léger mouvement fé- » brile sans sueur. Pendant le mois qui suivit son entrée, » le malade ressentit plusieurs fois à la région du cœur des » douleurs passagères, mais très vives. De temps en temps » il avait d'.^ssez fortes palpilatioas ; mais dans leurs inter- » val les , y auscultation ne découvrait dans le cœur , non plus » que dans les poumons, aucune altération. Au boiat de six se- » maines de séjour à la Charité , les membres inférieurs , I» puis les supérieurs, et enfin la face, s'infiltrèrent, et le » malade succomba tout-à-coiip sans agonie.

i A l'ouverture du cadavre, on trouva la paroi externe » du ventricule droit occupée par une tumeur bosselée, » qui, par sa forme et sa saillie considérable, semblait » comme un cœur surnuméraire... S'étendant de la pointe n du ventricule à la base, et dépassant même ce dernier '» point, pour envahir, dans lespace de quelques lignes, n le tissu de l'oreillette , cette tumeur avait remplacé pres- » que en totalité les fibres musculaires, dont on ne voyait » plus qu'une couche mince à la surface interne du ventri-

*l4 MALADIES nu COEUR EN PARTICULIER.

» cule. En quelques points, elle faisait une saillie notable » à l'intérieur de la cavité veniriculaire ; elle était formée » par la matière dite encéphaloïtle , dure en quelques > points, molle et comme diffliiente en d';iuircs poinis. »

5* Fait. — Chez un homme mort dans un éiat d'imbécillité, cas publié dans la Revue médicale [mai i8a4)» Bayle trouva le cœur altéré ainsi qu'il suit : Cet organe offrait au toucher plusieurs duretés considérables. Les parois de l'oreillette droile, épaisses d'mie ligne et demie, très con^ sistantes, avaient une couleur grisâtre , une structure lardacée. Le pourtour de l'orifice auriculo-ventriculaire était transformé en une matière lardacée d'un pouce et demi d'épaisseur. L'oreillette gauche offrait la même altération. Les ventricules étaient sains, mais leur cloison était cancéreuse (i).

r^e Faits. — M. Laënnec dit avoir rencontré deux cas de cancer encéphaloïde du cœur. Dans l'un, la matière cancéreuse formait de petites masses de la grosseur d'une aveline, ou moindres, dans la substance musculaire des ventricules. Dans l'autre, elle était disposée en forme de louches épaisses d'une à quatre lignes , le long des vaisseaux coronaires , entre le feuillet séreux du péricarde et le cœur lui-même.

8' Fait. — Dans une observatiçn de M. Trélat , les parois de l'oreillette droite, épaisses d'une ligne et demie, étaient très consistantes, grisâtres, lardacées. Toute la masse charnue intermédiaire à cette oreillette et au ventricule correspondant, était entièrement transformée en matière squirrheuse d'un pouce et demi environ d'épaisseur. La même dégénérescence se remarquait sur l'oreillette gauche. Les

(i) L'auteur de celte observation dit qu'on n'observa aucun symptôme local , et que la nutritiou elle-même demeura intacte, ce qui n'empêcha pas le malade de otouriri.

DES TUBEUCULES ET DU CANCER. 3l5 ventricules étaient à peu prè? sains , mais leur cloison était cancéreuse.

ge Fait. — Dans le cas remarquable de maladie cancéreuse, publié en iSaS, par M. Velpeau , le cœur contenait une douzaine de masses cancéreuses de grosseur variable, mais dont la plus grosse ne dépassait pas le vulume d'uo œuf de pigeon.

lo^ Fait — On trouve dans l'ouvrage de M. OUivier, sur la moelle épiiiièrc, le fait suivant : Une femme, âgée de 56 ans, succombe à iinc attaque d'apoplexie; aucun symptôme particulier n'avait décelé l'existence d'une affedion du cœur. « Les fibres musculaires des parois du ven'riculç » droit étaient changées en tissu blanc jaunâtre, cérébrir «forme, offrant tous les caractères de l'encéphaioïJe; » celle dégénérescence n'occupait que la moitié inférieure » des parois musculeuses dje ce ventricule. Le ventricule » gauche était sain. »

11^ Fait. Dans l'atlas de son Traité des maladies des enfans noui>eau-nés , M. Billiard a fait représenter un cas de squirrhe du cœur. L'enfant chez lequel existait ce squirrhe n'était âgé que de 3 jours. Trois masses squirrheuses occupaient les parois du cœur.

12* , i3* et 14" Faits. -^kvix cas précédens j'en ajouterai trois autres, dont les deux premiers me sont propre^ et dont le troisième appartient à M. Bertin,

Chez le sujet de notre 4" observation et dont nous avons aussi parlé à l'occasion de l'induration du cœur, cet organe, surtout en arrière^ offrait au toucher une consistance squirrheuse. Les deux feuillets du péricarde adhéraient de toute part entre eux. Celui qui recouvre le cœur, généralement épais d'une ligne, avait une épaisseur plus considérable encore à la face postérieure de l'organe. Là, le tissu du cœur était moins distinctement fibreux et charnu que partout ailleurs, il était clécolgré et semblait avoir participé à

3l6 MALADIES DU COEUn EN PARTICULIE.

la dégénérescence lardacée du péricarde. Les parties indurées criaient sous le scalpel qui les dii^isait.

J'ai vu, avec M. le docteur Dalmas, à la Charité, un malade chez lequel existait une tumeur cancéreuse du médiasiin antérieur qui avait envahi les parties voisines. Le péricarde , singulièrement épaissi , était lardacé comme la tumeur. La portion du poumon en contact avec le péricarde semblait avoir été atteinte elle-même par la dégénérescence cancéreuse. De plus, la veine-cave supérieure était oblitérée par une concrétion -volumineuse , très solide , grisâtre , et presque entièrement semblable à la matière cancéreuse du médiastin. La concrétion adhérait solidement , et comme par continuité de tissu, à Fune des faces de la veine.

Le cas qui appartient à M. Bertin n'est autre que notre observation 26", et a beaucoup de rapport avec la précédente. Chez le sujet de celte observation , qui succomba à une péricardite chronique, le péricarde faisait partie d'une tumeur lardacée, carcinomateuse , développée entre les lames du médiastin. — La portion du poumon eu contact avec le péricarde semblait participer à la maladie du médiastin.

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