DES KYSTES SÉREUX
ARTICLE TROISIÈME
KYSISS SSBBDX (l).
Ni Corvisart , ni M. Laënnec, ne rapportent aucune observation de kystes séreux du cœur qui leur soit propre. Ces kystes , selon M. Laënnec , se développent très rarement dans le cœur. 11 ajoute que cependant Baillou, Boulier, Cordœus, Rolfinckius, Thébésius, Fanton , Valsalva et Morgagni, en ont donné des exemples.
(i) Je n'ai jamais rencontré d'hydalides ni autres enlozoaires dans le cœur. Mais je n'ignore pas que d'autres auteurs en ont parlé. Corvisart et M. Laënnec ne paraissent pas avoir observé de cas de ce genre; mais M. Laënnec rapporta aux vers vésiculaires du cœur le cas suivant , recueilli par Morgagni. a Chez un
• vieillard, mort d'une maladie aiguë, un kyste , de la grosseur d'une petite ce- »rise, implanté à moitié dans les parois ^u ventricule gauche , faisait saillie à sa «surface. Ce kystè, incisé, laissa échapper une petite membrane contenant de la
• mucosité blanche, et dans laquelle on distinguait une particule dure comme un
• tendon.» Il est impossible, selon M. Laënnec, de méconnaître dans cette description les caractères du genre cysliccrqiie. La petite membrane pleine de mucosité était la vessie caudale, et le point dur, le corps replié sur lui-même. D'ajirès le volume du ver, on peut présumer, ajoute M. Laënnec , que c'était le cysliccrcus finnus (Rudolpliij ; d'autant plus que c'est presque le seul que l'on ait trouvé jusqu'ici chez l'homme.
• Le développement du cysliccrque dans le cœur de l'homme ne m'est démontré,
• dit M- le professeur Andral , que par un seul fait qui m'est propre. Une fois ,
• à la Charité, j'ai trouvé, dans le cœur, trois petites vésicules , ayant chacune la
• grosseur d'une noisette, transparentes dans toute leur étendue, et présentant à
• leur intérieur un point blanc , plus dur que le reste de la vésicule, que par la
• pression on faisait sortir de l'intérieur delà vésicule comme une tête. • ( Précis d'anal, palhol., t. II , p. 3.ÏI-352.)
M. Ândral dit aussi avoir trouvé le cytticerque dans le cœur de plusieurs porcs ladres.
Quelques anciens observateurs prétendent avoir trouvé de véritables vers , des poux et mômes des serpens ou des vipères dans le cœur.
Ces observations , qui prouvent que l'anatomie pathologique elle-même a eu son époque fabuteute, ne valent pas la peine d'être réfutées.
On trouve dans le sepidchretum de Th. Bonet, un cas qui parait se rapporter aux kystes séreux du cœur : uEpiplojim, mesarœum , hepar^ lien , puîniones, cou quoque ipsum , et peritonœum erant obsita 'vesiculis aqua purissima plenis et limpidissima.
M. Dupuytren a trouvé des kystes séreux développés dans l'épaisseur de l'oreillette droite, dans la cavité de laquelle ils faisaient saillie , et qu'ils distendaient de manière à lui donner un volume égal à celui du reste du cœur.
Dans un cis recueilli par M. Andral, il existait au milieu des parois du ventricule gauche un kyste du volume d'une noix ordinaire; le liquide transparent qui le remplissait, jaillit à plus de six pouces de hauteur , au moment où le kyste fut incisé.
Dans un autre cas, M. Andral a vu un kyste séreux développé à la surface libre de la membrane interne du cœur. « D'un des points des parois delà cavité du ventricule droit » assez près de l'orifice auriculo-venli'iculaire, se détachait 1) un petit kyste séreux , du volume d'une noisette , et qui » tenait à la membrane interne du ventricule par un pédi- » cule mince, dont la texlvire ressemblait à celle de la mem- » brane elle-même. »
Je crois qu'on peut rapprocher de ce dernier fait le cas suivant de maladie du péricarde chez un chien, publié par M. Duvernoy, dans les Bulletins de la Faculté de médecine de Paris.
« Un chien mâtin de la Ménagerie du Jardin des Plantes » est mort âgé d'un an, avec les symptômes d'une hydro- » pisie ascile et d'un hydrothorax
» Le péricarde, ex traordinairement distendu, renfermait » une grande quantité de sérosité. La portion de ce sac qui » enveloppe immédiatement le cœur, était couverte d'une » foule innombrable de vésicules ovales, pressées les unes » vers les autres, de manière à masquer toute la surface du » cœur. La plupart tiennent à un pédicule aussi fin qu'un
DES KYSTES SÉREUX. 32^ » cheveu , et long de quatre à cinq millimètres. Les vési- » cules s'affaissent par une légère compression. Elles for- » ment avec leurs pédicules une sorte d'enveloppe au » cœur, qui peut avoir environ cinq millimètresd' épaisseur, » et qui en augmente beaucoup le volume apparent. On « voit aussi quelques vésicules semblables sur la face in- » terne de la partie libre du péricarde, laquelle, examinée » de près, en offre un grand nombre de plus petites, qui » se seraient probablement développées , si l'animal avait » vécu plus long-temps (i). »