DEUXIÈME SÉRIE D'OBSERVATIONS
BYPBBTBOPHIB MDI.T1PLE OU CÉNÉRALB.
Il est assez rare de rencontrer l'hypertrophie occupant exclusivement une des cavités du cœur. Aussi, parmi les observations de notre première série, affectée à l'hypertrophie partielle , en est-il dans lesquelles plusieurs cavités du cœur participaient à l'hypertrophie. Nous allons rapporter de nouveaux cas de ce dernier genre.
Dans les cas d'hypertrophie simultanée de plusieurs des cavités du cœur, la forme de l'hypertrophie n'est pas toujours la même pour chacune des cavités hypertrophiées, comme on peut le voir en relisant les observations que nous avons déjà rapportées précédemment, et comme on le verra dans quelques unes de celles qui vont suivre. Toutefois, la forme prédominante dans l'hypertrophie générale du cœur, de même , au reste , que dans l'hypertrophie / partielle, est l'hypertrophie avec dilatation (excentrique ou anévrismale).
ne pouvait que filtrer entre leurs mailles,,. Cette hypertrophie des colonnes coïncidait avec une atrophie des parois du ventricule lui-même. Le ventricule gauche était dilaté au point de contenir huit onôes d'eau, et ses parois étaient épaissies vers la partie inférieure seulement. La cloison ventriculaire avait plus d'un pouce d'épaisseur. Il existait une adhérence du péricarde au cœur, et une induration cartilagineuse de la valvule milrale et des valvules aorlique?.
Voici encore un cas où des lésions organiques du cœur ont eu pour point de départ une endo-péricardite rhumatismale.
MAtADIES DU COECR EN PARTICULIER.
OBSERVATIOlï 124e.
Homme de 53 ans. — Battemens du cœur forts et étendus , palpitations au moindre exercice, matité augmentée de la région précordiale, bruit de soufflet du cœur, infiltration générale, etc. — Hypertrophie générale du cœur, dilatation des cavités droites, de l'oreillette gauche et de l'orifice auriculo-ventriculaire droit (cavité du ventricule gauche normale), induration cartilagineuse et pierreuse delà base de la valvule bicuspide.
Marollé, âgé de 53 ans, fondeur, d'une stature élevée, d'un embonpoint assez considérable, peau fine et pâle, autrefois très actif et grand travailleur, maintenant mou, sans énergie, fut admis à la Clinique ( n" 17, salle Saint-Jeande Dieu), le aS novembre 1882.
Jusqu'à l*âge de 5o ans, cet homme assure s'être toujours bien porté. A cette époque, il éprouva une affection de poitrine sur laquelle il ne peut donner d'autres renseignemens, sinon qu'il souffrait dans cette cavité, et qu'il toussait. Depuis lors, il est, dit-il, sujet au catarrhe, et, depuis deux ans , il éprouve des palpitations qui ne lui permettent pas de continuer ses travaux. Une infiltration des membres inférieurs se joignit aux palpitations. D'abord cette infiltration se dissipait quand le malade restait couché ; mais depuis plusieurs mois elle persiste, même quand il garde long-temps le lit. Le ventre s'est enflé depuis que l'infiltration des membres est devenue permanente.
Etat au moment de l'entrée :
Décubitus un peu incliné à droite , la tête très élevée ; infiltration des membres inférieurs , des parois abdominales et des paupières ; infiltration qui est plus marquée du côté sur lequel le malade est incliné que du côté opposé ( la peau des parties infiltrées est tendue, luisante, demitransparente ). La percussion fait reconnaître l'existence d'une certaine quantité de liquide dans les parties les plus déclives de l'abdomen.
Respiration laborieuse , sifflante , fréquente ( 3o à 3i
OBSERVATIONS D'HYrERTROPHIE. 3^5 inspirations par minute) ; étouffemcnt au moindre mouvement.
Râle muqueux en divers points de la poitrine. En arrière , au niveau de l'épine de l'ortioplate , on etitend dë chaque côté un souffle assez fort, âvec retentissement très notable de la voix. La résonnance est assez bonne , si ce n'est dans le tiers inférieur environ de la poitrine.
La toux est fréquente, et suivie d'une expectoration muqueuse , abondante, mêlée de spumes.
Pouls régulier , médiocrement fort et développé , à 96-100.
La matité de la région précordiale est beaucoup pltià étendue qu'à l'état normal. Les battemens dii cœur sont forts et étendus, et se transforment en palpitations au nioindré effort.
Les bruits du cœur se font entendre dans une grande étendue ; ils sont accompagnés d'un bruit de soufflet très marqué , mais qui n'empêche pas complètement de distinguer le claquement valvulaire.
Les veines jugulaires offrent le phénomène de la fluctuation. Les battemens des carotides ne présentent rien de particulier. En auscultant dans leur trajet, on entend très bien le double bruit du cœur.
L'état des voies digesiives est assez satisfaisant.
Diagnostic. — Hypertrophie anévrismale dû cœur, et probablement rétrécissement de Vun des orifices de cet organe , pdr suite de l'induration des 'valvules.
Prescription. — Large 'vésicat. sur la rég. précord.; boisè, apéritif. ; houilL, potag. et lait.
Les symptômes augmentent graduellement, surtout la dyspnée et les congestions séreuses , et la mort arrive le 9 décembre , à 7 heures du soir , quinze jours après l'entrée.
Autopsie cadavérique , 38 heures environ après lâ tooït. ( Yoy. la planche YL )
396 MUADIES nu COEUR EN PARTICUIIER.
i" Habit, extér. — Infiltration considérable des membres supérieurs et inférieurs , plus prononcée à droite , côté sur lequel le malade était resté incliné. Cadavre d'un homme assez fortement constitué.
2" Org. circul. et respir. — La cavité du péricarde contient environ 2 cuillerées de sérosité limpide, jaune-verdâtre. Le cœur, très volumineux , injecté à sa surface, est plus déjeté à gauche que dans l'état normal. Il s'étend en haut jusqu'aux cartilages des troisième et deuxième côtes. Une plaque laiteuse existe vers l'union des cavités droites avec les cavités gauches. Des taches semblables , mais beaucoup moins épaisses, très superficielles, se remarquaient aussi ^ sur les cavités gauches et vers l'origine de l'aorte.
Enleré avec l'origine des gros vaisseaux , préliminairement liés , pour empêcher la sortie du sang qui distend ses cavités, le cœur pèse 1 liv. 7 onc. (1)
Ses dimensions sont les suivantes :
Circonférence à la base la pouc. 6 lig.
De la pointe du coeur à l'origine de l'aorte 5 pouc. 5 lig.
— au sommet de l'oreillette gauche 6 pouc.
Diamètre transversal 4 pouc.
Epaisseur ou diamètre antéro-postérieur 5 pouc.
Après avoir été vidé et lavé, le cœur pèse iSonc.
Le sang caillé qu'il contenait était d'un noir-jai , plus abondant dans les cavités droites que dans les gauches.
Les troncs vasculaires qui se ramifient à. la surface du cœur sont très dilatés» surtout à la face postérieure de l'organe.
La cavité du ventricule droit est d'un bon tiers plus
(1) La ligature de la veine-cave inférieure s'étant défaite au moment de l'ablation du cœur, il s'est échappé de l'oreillette droite une masse assez considérable de sang caillé.
OBSERVATIONS d'hY^ERTROPAIÏ:. 897 grande qu'à l'état normal. Dans leur partie la plus épaisse, ses parois ont 4 lig- d'épaisseur ( la base, moins épaisse que la partie moyenne, n'a que 3 lig. d'épaisseur ).
L'oreillette droite , dilatée dans la même proportion que le ventricule correspondant, est également plus épaisse que dans l'état normal. Ses colonnes charnues sont très développées, ainsi que celles du venti'icule droit. L'orifice qui fait communiquer ces deux cavités est très large. Nulle lésion notable de la valvule tricuspide , sinon qu'elle n'était probablement pas assez large pour fermer l'orifice de la cavité à laquelle elle est adaptée.
Le ventricule gauche a une; capacité qui n'est guère que la moitié de celle du droit. A. la partie moyenne , ses parois présentent i pouc. d'épaisseur ; celle-ci va en diminuant à la base. Il a sa pointe ari'ondie , mousse. L'oreillette gauche, d'une capacité moindre que la droite, est également épaissie.
L'orifice auriculo-ventriculaire gauche est d'un bon tiers moins grand que le droit. La valvule bicuspide, considérablement épaissie à sa base , forme une espèce de bourrelet plissé sur lui-même , ce qui lui donne une certaine ressemblance avec l'ouverture anale. A l'endroit où les colonnes du cœur s'insèrent à la valvule, ainsi qu'à la base même de cette valvule , on trouve un tissu fibro-cartilagineux qui crie sous le scalpel quand on l'incise ; il est tout tout-à-fait pierreux ou calcaire en plusieurs points. Le tissu du cœur lui-même est d'un rouge assez vermeil , et d'une bonne consistance.
L'orifice aortique est parfaitement libre , et ses valvules n'offrent aucune lésion notable. Dans toute son étendue, l'aorte présente un aspect chagriné , surtout à la partie postérieure, et des plaques jaunâtres, d'un tissu dense et résistant , plus marquées vers l'origine des artères intercostales. Point de rougeur à la membrane interne de l'aorte.
39^ MALADIES DU CŒUR EN PARTiCUtlER.
Les deux poumons pèsent ensemble 5 liv. 2 'onc. Ils adhèrent de toutes parts à la poitrine par un tissu cellulaire dense, fibreux, très infiltré de sérosité, surtout à la base çt au sommet. Leur coloration est d'un gris tirant sur le noir. Le poumon gauche , vraiment hépaiisé , ne crépite plus dans aucun point de son étendue ; la surface çjes incisions qu'on y pratique présente une teinte d'un noir ardoisé. En promenant les doigts sur la surface de ces incisions , on rencontre çà et là des points d'une grande dureté. Le tissu se déchire assez difficilement, et il s'en écoule par la pression un liquide séro-sanguin , de la même couleur que le tissu du pounït)n ( le liquide qu'on exprime des incisions du poumon ressemble à l'encre de Chine). Le poumon gauche présente un volume moindre, et d'ailleurs les mêmes altérations.
La membrane interne des bronches est d'un rouge assez foncé.
30 Org. digest. etannex. — La cavité du péritoine contient une pinte de sérosité citrine. La membrane muqueuse gastro-intestinale, ni épaissie, ni ramollie, est rouge dans toute son étendue (cette rougeur est cependant moins marquée dans le gros intestin que partout ailleurs ; dans l'estomac, la rougeur est très foncée ; dans tout l'intestin grêle, 1^ rougeur est assez uniforme et vive ).
La rate est petite et comme atrophiée.
Le foie est un peu moins volumineux que dans l'état normal ( l'élément jaune parait prédominer sur l'élément rouge). Le tissu de cet organe est sec, dense et en quelque sorte coriace. — La bile de la vésicule est peu foncée en couleur.
OBSERVATIONS d'hYPERTROPHIE.
OBSERVATIOX 125 .
Homme de 53 ans. — Palpitations, maillé augmentée de 1^ région précordiale. — Mort rapide par suite d'une hémorrliagie cérébrale. — Hypertrophie générale et dilatation du cœur ( il pèse 1 liv. 4 gros ). — Plaques laiteuses de l'endocarde, induration des valvules. — Adhérence du péricarde.
Un homme, âgé de 53 ans , d'une forte constitution , fut admis à la Clinique ( n° :^4> salle Saint- Jean-de-Dieu ), le 10 octobre i833.
Obligé de se livrer à des travaux très pénibles, cet homme s'était toujours bien porté jusqu'en iSaS. Depuis cette époque , il a éprouvé , à la suite de ce qu'il nomme une sueur' rentrée y une oppression habituelle, des palpitations , maladie pour laquelle il a déjà été reçu à la Pitié , à la Charité et à l'Hôtel-Dieu. ( A la Pitié, la maladie a été considérée comme un emphysème pulmonaire.)
Etat du malade à son entrée. — Visage violet , ainsi que les mains; étouffement porté jusqu'à l'orthopnée; palpita; tions au mpindre effort; infiltration des membres iïiférieurs.
La respiration s'entend mal dans toute la partie postérieure de la poitrine , surtout en bas ( on entend du râle sibilant en arrière, surtout à gauche et à la partie antérieure des deux côtés); résonnance assez bonne; crachats séreux.
Examinés î^vec la main, les battemens du cœur sont profonds^ forts, étendus , réguliers.
Matité dans une étendue de 2 pouces verticalement^ et de 3 pouces transversalem,ent.
Le premier bruit du cœur est un peu sourd, le second asse:^ clair (i).
(i) L'auscultation ne fut pas pratiquée chez ce malade assez souvent, et avec toute l'attention nécessaire. C'est le ,seul [cas de rétrécissement d'un orifice du gSEW 4ans lequel je n'aie pas constaté un bruit de soufflet ou de râpe.
Les jugulaires sont légèrement gonflées. Lesbattemensdes carotides n'offrent rien de particulier; le pouls est petit , régulier , d'une force médiocre. La peau est froide , surtout aux extrémités.
Le malade se tient continuellement assis.
Les fondions digestives se font assez bien.
Diagnostic — Hypertrophie du cœur, avec lésion organique de l'aorte {épaississement et altération crétacée des parois).
Traitement. Saignée; till. sp. gom., org. sp. 5 racines ; poîion iS goutt. teint. digit.;,'6 bouiL, 3 pot.
12 octobre. La saignée présente quelques rudimens de couenne et beaucoup de sérum.
Les crachats ont l'aspect d'eau visqueuse, agitée avec de l'air. On entend un râle semi-crépitant qui pourrait en imposer pour de la péripneumonie , et qu'on attribue à un œdème du poumon. — Le visage est moins violet.
i3, i4> i5 i6, 17 et i8. Soulagement ( le malade mange le quart).
20. Le soir à cinq heures et demie, le malade conversait avec ses voisins, lorsqu'il fut subitement frappé d'hémiplégie à droite (le côté conserve sa sensibilité). L'intelligence ■n'est pas entièrement abolie, quoique la parole le soit (il murmure à peine quelques mots lorsqu'on lui adresse une question). Le pouls , large et plein , ne bat que 48 fois par minute. Les battemens du cœur sont également d'une grande force, quoique très \e,nts [saignée du bras 4 po.1- 20 minutes après V accident).
Après la saignée, les pulsations et les battemens du cœur diminuent de force , sans changer de nombre. ( Lavement laxatif. )
21. La peau est froide et visqueuse ; le malade ne paraît plus comprendre les paroles qu'on lui adresse. [Saignée; sinapismes aux mollets, renouvelés deux J'ois ; lavem, laxatif; diète. )
Diagnostic. — Epanchement dans la couche optique et le
ORSEUVATIONS d'h YPEPiTilOPHUî. /[Ol corps strié gauche jusque vers la protubérance aniudnire , et /ton point à la partie antérieure (i).
22. Mort à 1 1 heures du soir, après un long râle, sans que la parole soit revenue (on avait appliqué plusieurs sinapismes).
Autopsie cadavérique , 34 heures après la mort.
1° Habit, extér. — Cadavre d'une taille moyenne, d'un embonpoint médiocre, n'offrant point d'infiltration.
2" Org. respir. et circulât. — Les deux poumons, très volumineux, adhèrent de toutes parts par un tissu cellulaire bien organisé aux parois ihoraciques. Le poumon gauche adhère au péiùcarde de la même manière : il le recouvre dans les deux tiers de son étendue (la partie non recouverte correspond à un espace qui a été circonscrit exacletement par la percussion avant l'ouverture ). 11 s'écoule une grande quantité de sang caillé à l'ouverture des gros vaisseaux de la base du cœur. Débarrassé de ses caillots , cet organe offre encore un volume énorme (cor bovinum de certains auteurs (2)). La cavité du péricarde n existe plus; le feuillet pariétal adhère de toutes parts , par un tissu cellulaire bien organisé et un peu infiltré, au feuillet cardiaque.
Pesé comparativement avec le cœur d'un vieillard, qui était lui-même un peu plus volumineux qu'à l'état normal , il le dépassait en poids de 8 onc. 2 gros. Son poids absolu est de 16 onc. 4 gros.
De la base du ventricule gauche à la pointe du cœur il y a 3 pouc. II lig. ; le diamètre transversal a 4 pouc. 9 lig. ;
(1) L'absence de la parole, dans ce cas, tenait, en effet, à la paralysie de la langue et des autres muscles de l'articulation des sons, et non à celle de la portion du cerveau qui préside à la formation des signes représentatifs des idées.
(a) Cette expression de cor bovinum ne doit pas être prise à la lettre. En effet , le cœur le plus hypertrophié chez l'homme n'a pas la poilié du poids du cœur normal d'uîi bœuf vigoureux. ^ );.'^ .'j
la circonférence , lapouc. ; le diamètre antéro-postérieur, 2 poue. 7 lig.
Le ventricule droit ])ourrait contenir un gros œuf de poule : ses parois ont 5 lig. d'épaisseur, vers la pointe comme à la base. Les colonnes charnues sont développées , ainsi que les tendons par lesquels elles s'insèrent à la valvule tricuspide.La circonférence de l'orifice ventriculo-pulmonaire est de 3 pouc. 4 lig- L'oreillette droite a une cavité presque double de celle du ventricule ; elle présente à sa surface interne un certain nombre de plaques , dont deux surtout forment un relief assez marqué, et offrent cette teinte laiteuse des plaques que l'on trouve parfois à la surface du péricarde; l'oreillette est généralement hypertrophiée, surtout aux colonnes de son auricule. — La valvule tricuspide est considérablement épaissie, sans être déformée; son tissu crie légèrement sous V instrument qui le divise. Cet épaississejnent et cette induration commençante existent surtout à la zone tendineuse oii se fixe la -valvule ( la longueur de ses lames est de ii à 12 lig. ). L'orifice auriculo-ventriculaire droit est sensiblement élargi. Les veines-caves sont considérablement dilatées.
La cavité du ventricule gauche est à peu près égale à celle du ventricule droit. L'épaisseur de ses parois , à la base, est de 8 à 9 lignes, et va en diminuant vers le sommet. Le diamètre vertical du ventricule gauche est de 3 pouc. I lig.; sa circonférence interne est de 4 pouc. ip. Le diamètre vertical du ventricule droit est de 2 pouc. 10 lig. ; sa circonférence interne est de 5 pouc.
L'orifice ventriculo-aortique a 2 pouc. 1 1 lig. — Les valvules de l'aorte et de l'artère pulmonaire bouchent exactement les orifices auxquels elles sont adaptées (l'eau versée dans ces vaisseaux ne pénètre pas dans les ventricules). — Les valvules aortiques on t6 lig. de hauteur ; elles sont bien conformées, mais elles sont épaissies, indurées, et crient sous l'instrument ; elles sont parsemées de quelques plaques jaunâ-
OBSERVATIONS d'hYPERTROPHIE. 4^3
IreSjrudimensd'ossificalions. Lescolonnescharnues du ventricule gauche ne sont pas très développées, excepté celles qui vont s'insérer à la valvule mitrale ; la plus grosse de ces dernières est parsemée de plaques d'un blanc laiteux audessous desquelles le tissu muscidaire est intact. L'oreillette gauche paraît un peu plus vaste que la droite; elle communique avec le ventricule au moyen d'une espèce de J'ente qui reçoit à peine l'extrémité du petit doigt et ressemble à une glotte d'enfant. Dans cet endroit, l'oreillette se termine par un espace infundibuliforme, à circonférence légèrement froncée comme celle de l'anus, et dont le diamètre est de 5 lig. environ (la circonférence de la fente est de i81ig.). Cette ouverture est formée par l'extrémité libre des deux lames dè la valvule bicuspide, qui, par leur réunion, fo]*ment une espèce d'anneau. Les colonnes charnues viennent s'insérer, par de nombreux tendons, sur la face ventriculaire de ces lames valvulaires. Ainsi épaissies dans toute leur étendue, les lames valvulaires, d'une longueur de i3 lig., sont rendues inégales par des plaques développées dans leur épaisseur, qui est de i lig. La circonférence d'insertion dé la zone tendineuse a 4 pouc. 4 lig-
Sur la membrane interne de cette oreillette, il existe, comme sur celle de l'autre, des plaques blanchâtres, fibrocartilagineuses.
Le tissu du cœur est assez ferme et vermeil ; cet organe est entouré de toutes parts d'une couche de graisse assez épaisse et assez molle.
L'aorte descendante est généralement un peu dilatée et hypertrophiée : elle n'offre pas de plaques cartilagineuses , comme sa portion ascendante.
Les poumons sont sains , si ce n'est que leurs cellules sont remplies d'une sérosité spumeuse, que la pression en fait sortir avec crépitement. Le poumon gauche est plus engorgé que le droit.
4o4 MALADIES DU COEtJIl EN PARTICULIER.
Z° Organ. digest. et annex. — L'eslomac, dont la membrane muqueuse paraît un peu ramollie, offre des marbrures d'un noir rougeâtre dans son grand cul-de-sac ; l'intestin grêle ne présente rien de remarquable; le gros intestin contient des matières fécales en assez grande quantité.— Le foie, congestionné, est plus lourd et d'une couleur plus jaunâtre qu'à l'état naturel. — La rate est rétractée et d'une forte consistance. — Les reins sont à l'état normal.
4° Org. de Vinnervat. — A l'ouverture du crâne , il ne s'écoule aucun liquide. Le cerveau est généralement mou : on observe sur la partie externe du lobe moyen, une large suffusion sanguine, indice d'un épanchement. En ouvrant le cerveau, le^corps calleux s'est déchiré et on trouve du sang caillé entre les deux hémisphères. En incisant la substance cérébrale, on constate un ramollissement de celle qui correspond à la suffusion sanguine (le sang est comme conibiné avec elle). La portion la plus antérieure est seule exempte de l'altération. En dehors, les deux tiers externes de la couche optique etducorpsstrié gauches sont complètement déchirés et détruits par un vaste épanchement. La substance cérébrale, combinée avec le sang, forme uneespèce de bouillie diffluente,représentantdelalie devin foncée en couleur. En versant une certaine quantité d'eau , on voit des lambeaux de substance cérébrale flotter au milieu du liquide. La partie la plus interne du corps strié et de la couche optique n'a pas été envahie par l'épanchement.
Le sang trouvé entre les deux hémisphères provenait évidemment du foyer décrit, et s'était échappé à la faveur d'une déchirure.
Le corps strié et la couche optique du côté droit, un peu mous, n'offrent, d'ailleurs, aucune trace d'épanchement.
La masse cérébrale en général, à gauche surtout , est injectée et abondamment pointillée de sang.
L'arlère basilaire et ses principales raraiftsâtipns ont leur
OBSERVATIONS b'flYl'ERrROPHIli. 4o5 parois un peu épaisses, blanchâtres en quelques points, sans plaques cartilagineuses ou calcaires (i\
(i) On a dû remarquer que, dans plusieurs autres observations, ainsi que dans cette dernière, une béniorrhagie ou un ramollissement du cerveau ont compliqué l'hypertrophie du ventricule gauche. Comme l'influence de cette hypertrophie sur le développement de ces affections est un point de doctrine encore controversé, on ne saurait trop multiplier les faits propres à l'éclairer. C'est pourquoi je vais consigner ici l'extrait de trois nouvelles observations qui me sont propres. J'y joindrai l'observation publiée en l'an xiii par Legallois, qui me paraît être le premier qui ait considéré l'hypertrophie du ventricule gauche comme pouvant déterminer l'hémorrhagie cérébrale.
OnsKsr. 126". — Hypertrophie anévrismule des deux ventricules, ramollissement du cerveau. Uoe. poTl\èi:e, âgée de 56 ans, éprouve tout-à-coup, dans sa loge, une attaque d'hémiplégie. Le lendemain , elle est apportée à la Clinique ( le 5 février iS35 ). — Membres gauches privés de sentiment et de mouvement; bouche et yeux déviés à droite, parole difficile. — Battemens du cœur irréguliers, for'.s, tumultueux , ressemblant en quelque sorte à des coups de battoir... Les jours sui vans , le membre supérieur paralysé se contourna , mais jamais on ne remarqua de rigidité notable. Mort le i5 , dix jours après l'entrée ( la parole et la connaissance se conservèrent jusqu'au dernier moment : elles n'étaient qu'af* faiblies). — Le coeur, situé presque transversalement, est d'un bon tiers plus valu-' mineuit) qu'à l'état normal {il pèse ù6y gram,). Deux plaques laiteuses, trace d'ancienne péricardile, existent sur la face antérieure du ventricule droit, dont laeavitè est un peu augmentée , et dont les parois ont 4 « 5 Ug. d'épaisseur. La cavité du ventricule gauche est à peu près égale à celte du droit ; set parois ont à la base 7 Ug. à 7 lig. i/a d'épaisseur. Valvule tricuspide un peu épaissie. Valvule mitralc indurée , arec rétrécissement considérable de l'orifice ouriculo-ventricutaire gauche. — Orifice aortique libre, — Dégénérescence crétacée de l'aorte. — Sérosité en quantité médiocre diins tes ventricules latéraux du cerveau. La substance blanche qui forme la paroi du droit est sensiblement ramollie ; lê ramollissement s'étend vers te commencement du lobe postérieur droit, et occupe une grande partie de la face externe du lobe moyen. En dehors de la couche optique et du corps strié droits existe un nouveau foyer de ramottissement. Dans tes lobes postérieur et moyen, la substance est convertie en une bouillie un peu épaisse, sans traces d'injection.— Dans le f«yer situé en dehors de ta couche optique et du corps strié, on aperçoit une injection sanguine très prononcée, portée Jusqu'à l'inflllralion en plusieurs points. Ailleurs, la substance ramollie est infiltrée d'un liquide d'une teinte d'un blanc légèrement Jaunâtre, et qui ressemble à un pus très clair. En un point, là oh l'injection est à son maximum, le liquide est manifestement puriforme. — Les artères de ta base du cerveau et leurs ramifications n'offrent pas de notables ossifications,
Obsbrv. uje. — Hypertrophie concentrique du ventricule gauche, ramollisse' ment très circomcrit du cerveau. Une ccaillère , âgée de 65 ans, sujette à de
Femme de 4a ans. — Baltemens Torts et étendus du cœur; malité et voussure dfr la région précordiale. — Bruit de r.1pe. — Hypertropliie avec dilatation du cœur en général, et du ventricule droit en particulier. — Induration des valvules bicuspide, aortiques et tricuspide. — Plaques fibreuses sur le péricarde. — Adhérences anciennes de la plèvre et du péritoine.
Une femme âgée de 42 ans , d'une constitution un peu grêle, à poitrine étroite, fut apportée à la Clinique et cou-
violens battemens du cœur et à des étourdissemens, éprouva, le a4 février i835, une paralysie du côté droit, sans perte de connaissance (le sentiment persistait dans les membres paralysés). Le 26, elle fut apportée à la Clinique. Face rouge, yeux injecté, parole difficile, etc.. Les jours suivans, on observe une rigidité, une contracture du membre supérieur droit, qui est en même temps contourné... La céphalalgie est très forte. Mort le i3mars, quinze jours aprèsl'enlrée. — Cœur volumineux. La cavitêdu ventricule gauche est un peu moindre qu'à l'état normal. Ce ventricule, arrondi, très robuste, a des parois deSà g Ug. d'épaisseur. Les parois du ventricule droit ont 2 lignes d'épaisseur seulement, — Une grande quantité de sérosité dans la eavite de l'arachnoïde, dans les ventricules et à la base du crâne. ( Vers les derniers jours, la malade était tombée dans un état comateux.) En dehors du corps strié gauche , dans un espace qui pourrait contenir une noisette, existe un ramollissement bien caractérisé.
Obskrv. laSe. — Hypertrophie concentrique du ventricule gauche. Hémorr/i«^(6 céretra/e. Un marchand d'habits, âgé de 60 ans, tomba tout-à-coup sans connaissance, le 16 avril i833. Le 17, il fut apporté à la Clinique. Le iS, à la visite, le malade n'avait pas encore repris connaissance; il était plongé dans un coma profond , et ne pouvait proférer une parole. Les membres droits étaient dans une immobilité et une résolution complètes. ( Le malade était sensible à un fort pincement de ces parties. ) Respiration stertoreuse. Rétention d'urine. — Les baltemens du cœur repoussaient assez fortement la tète appuyée sur la région précordiale, bien que le pouls fût petit , étroit ( à 100 par minute ). — Mort le iS, à 3 heures, le lendemain de l'entrée , troisième jour de l'attaque. — Le cœur est d'un grand tiers plus volumineux qu'à l'état normal, arrondi, comme dodu, à pointe mousse {il pèse 5/1 gram.). Le ventricule gauche est énormément hypertrophié , et sa cavité est rétrécie {elle peut à peine recevoir le doigt indicateur). Le maximum d'épaisseur de ses parois est de i5 lig, — Le maximum d'épaisseur des parois du ventricule droit est de 5 lig. 1/2. — La cloison, deijlig. ctépaisseur, proémine dans la cavitêdu ventricule droit, dont laeapacitécsl d'ailleurs à peu près normale. Les colonnes charnues du ventricule gauche sont très robustes. La valvule mitralo est épaissie et parsemée de quelques plaques
OBSE RVATIONS d'iIYPEHTROPHIE. l\0'] chée au n° 8. de la salle Sainte-Madeleine, le 1 2 janvier 1 835. Elle était alors dans un état si grave , qu'elle ne pouvait répondre à aucune de nos questions sur les antécédens de sa santé. La fille de cette femme nous apprit seulement qu'à différentes reprises les jambes avaient été enflées.
Voici les symptômes que nous observâmes, le lendemain de l'entrée (i3 janvier).
Face bouffie , terreuse ; lèvresviolettes ; gonflement vari queux des veines jugulaires et des troncs veineux qui rampent sous la peau de la poitrine.
Pouls petit, filiforme, à 112 pulsations; bruissement ou
jaunes. — Le tissu du cœur est vermeil. L'origine des artères coronaires est convertie en tissu ftbro-cartilagineux ; le commencement de l'aorte présente aussi des points et des lames jaunes, rudimens d'ossifications. — Les circonvolutions du cerveau sont petites, et cet organe est cortime affaissé ( une perte de substance , suivie d'une cicalricedéprimée, existe à la surface de quelques unes des circonvolutions ). Dans l'intérieur de la couche optique et de la partie postérieure du corps strié de l'hémisphère gauche , existe une excavation caverneuse, delà grandeur d'une petite noix, à surface frangée, inégale, ramollie et remplie d'un sang noir liquide, mêlé seulement de quelques petits caillots. Un autre foyer hémorrhagique occupait tout le côté gauche de la protubérance annulaire , d'oii il s'étendait aux (rois quarts du côté opposé , se prolongeait dans le pédoncule antérieur du cerveau, et de là communiquait avec l'autre foyer. Les abtèbes db lx basb dd
CRAWK ÉTIIKMT OSSIFIÉES.
Obsbbv. 129e — Voici maintenant l'observation de Legallois, telle qu'on la lioave dans le tome I'"' des Bulletins de la Faculté de médecine de Paris , publié en l'an xiii. Elle a pour titre : Obseroation lue à la Société par M. Legallois, sur une maladie du cœur par hypersarcose ou par excès de la substance musculaire de ce viscère, cause présumée d'ume apoplexie FOUDaoyAnTE, qui a terminé les jours de la malade.
Uiiefemme éprouvait, dès l'enfance, une impossibilité de faire des mouvemensun ptu prompts sans essoufflement , disposition qui s'était progressivement et considérablement accrue jusqu'à la mort , quia eu lieu à aS ans. Les étés augmentaient celte incommodité, et des sueurs abondantes accompagnaient l'essoufflement. Celte femme s'éveillait de très bonne heure, et ne pouvait plus dormir ni rc-ster au lit , au bout de quelques heures de sommeil; elle ne pouvait porter de vètemens serrés en aucun temps, mais surtout après avoir mangé; elle mangeait beaucoup, surtout du pain, et avait toujours faim. é<at« sujette aux liémorihagies nasales et aux maux de tête; son visage était pâle.
Le jour même qu'elle périt, elle éprouva tout-à-coup un violent mal de dents , auquel elle n'avait jamais été sujette, et la joue droite se gonfla subitement.
4o8 MALADIES nu CQEUR EN rAttïICULlEll.
Ircmisseinent vibratoire dans le irajel des artères carotides et sous-clavières.
Voussure manifeste de la région précordiale, avec élargissement des espaces intercostaux correspondans ; cette région offre une matité de 4 pouces verticalement et de 4 pouces 3 lignes transversalement. Le maximum de la matité existe à la partie inférieure du sternum, c'cst-à;dire dans le point de la région précordiale correspondant au ventricule droit. La main appliquée sur la région indiquée est repoussée par un coup fort, sec, vigoureux, ce qui contraste avec la faiblesse du pouls.
Les deux bruits du cœur sont remplacés par un double bruit de râpe , assez sec.
Les membres inférieurs sont infiltrés, et l'abdomen distendu , fluctuant.
Elle eut deux ou trois vomissemen?, et perdit connaissance ; la respiralion devint slertoreuse, et la bouche se couvrit d'écume, les urines roulèrent involonliiirement, et la mort survint environ trois quarts d'heure après que le mal de di nts se fut déclaré.
Autopsie cadavisriquk. — Le volume, la dureté du cœur, et l'épaisseur de ses parois étaient extraordinaires : tout son volume éluit dû au ventricule aortique. Les valvules, les oreillettes et le ventricule droit étaient dans les proportions, naturelles. La. capacité du ventiiicule aobtiquk m'était cependant pas plus cuANUE qu'a l'État ordinaihe.
Le poids total du cœur était de 6 heclogram. ( environ i liv. iji ), sa longueur de sa base à sa pointe était de i a'écimcl. et i/3 ( 5 pouc. ) , sa plus grande circonférence de ùl dècimét. { \ 2 pouc. );2 ) (i), Les parois du leniricule gauche, à la base, avaient 27 milUmèl. ( i pouc. ) d'épaisseur, et seulement 2 millimét. ( ï lig. ) à la pointe.
L'hémisphère droit du cerveau contenait dans sa cavité près de 5 onc. de sang ( 9 décngram. ). On y observait une crevasse à sa partie postérieure cl exlernc , crevasse qui était également pleine de sang. Eu cet endroit, la substance du cerveau était d'un rouge pâle, mollasse et cédant facilement sous le doigt. Onc partie du sang s'était aussi fait Jour dans la cavité du côté gauche, par une rupture dans la cloison intermédiaire (2).
(i; Il y a rrioui- dans ces cilculs : en fffct , on rcprcstnlc d'abord 1 décimcl. et 1|3 par 5 pou., elensuileSl dcciiuèl. par 1- pouc. 1ï'2,
(2) Fondé sur l'autorin- du Moigagni , LcRalIoi* regarde l'clat pulpeux de la tubslance cérébral» iiai les coups apoplecliqurs comme uu effet et uon comme la cause de l'épaucbemenl de sang.
OBSERVATIONS d'iIYPËRTROPIIIE. 4o9
La malade est plongée dans un assoupissement continuel , et offre un état d'oppression considérable.
Diagnostic. — Hypertrophie anévrismale du cœur en général et du -ventricule droit en particulier, avec induration des -valvules.
Prescript. — Saignée au moment de Ventrée; solut. de sir. de gomm. 2 pots; pot. calm. avec digit. gr. vj ; 2 bouill. , a tasses de lait.
Le membre supérieur du côté sur lequel la malade reste couchée (côté droit) est énormément infiltré. On ne peut retirer la malade de son état d'assoupissement.... L'agonie est évidente Mort dans la journée.
Jutopsie cadavérique y 20 heures environ après la mort.
1° Habitude extér. — Infiltration séreuse des membres ; visage livide , violacé.
2° Organ. circulât, et respirât. — A l'ouverture de la poitrine, il s'écoule une assez grande quantité de sérosité limpide j citrine.
Le péricarde contient un demi -verre environ d'une sérosité d'un jaune verdâtre, parfaitement transparente. Paie , comme lavé par le liquide, il présente en plusieurs points des plaques d'un blanc-laiteux, organisées, s'enlcvant assez facilement et laissant au-dessous d'elles le feuillet viscéral du péricarde tout-à-fait sain.
Le cœur est généralement dilaté et hypertrophié. Le ventricule droit est d'un grand tiers plus vaste qu'à l'état normal. Ses parois présentent à peu près le double d'épaisseur de l'état normal. La cavité de ce ventricule contient des concrétions sanguines noirâtres, molles. L'oreillette correspondante est également dilatée.
L'orifice auriculo-ventriculaire droit , considérablement dilaté , a 5 pouces de circonférence. La valvule tricuspide est épaissie.
Les valvulesde l'artère pulmonaire sont dans l'étatnorraal. Le ventricule gauche contient des concrétions sembla-
bles à celles du droit : il est moins ample que ce dernier.
— L'orifice aortique a 3 pouc. 4 l'g- de circonférence.
Les valvules aorliques sont rouges ( la rougeur persiste après le lavage, et tranche sur la couleur jaune nankin de la paroi interne de l'aorte); leur bord adhérent est converti en tissu fibro-cartilagineux. — Infiltration sanguine entre les fibres charnues qui forment la couche la plus superficielle du ventricule gauche.
L'épaisseur des parois de ce ventricule est de 5 à 6 lig. à la base. La substance musculaire est plus brune qu'à l'état normal, altération de couleur à laquelle ne participe pas le ventricule droit. La lame antérieure de la valvule bicuspide présente plusieurs plaques cartilagineuses. — L'orifice auriculo-ventriculaire gauche a 3 pouc. 3 à 4 lig.
L'aorte, généralement blanche à l'intérieur, offre un calibre plus étroit qu'à l'état normal.
Les poumons adhèrent presque de toutes parts à la plèvre pariétale. Ils contiennent beaucoup de sérosité (œdème des poumons, plus prononcé dans le droit que dans le gauche ).
3° Cent, nerveux. — Beaucoup de sérosité dans la cavité de l'arachnoïde et dans les mailles de la pic-mère. — Les ventricules contiennent un peu du même liquide. La substance cérébrale, d'une bonne consistance, est fortement sablée d'un sang qui ruisselle à la surface des sections pratiquées dans le cerveau.
4" Org. dig. et annex. — La cavité abdominale contient une grande quantité de sérosité citrine. — Le foie adhère au diaphragme par du tissu cellulo-fibreux ; son volume est augmenté. — Le tube digestif offre à l'extérieur une teinte rosée (sa cavité n'a pas été ouverte).
OBSERVATIONS D'HYl'EllTROrHIE.
OBSERVATION Vil<=.
Homme de 47 ans. — Battemens du cœur larges, étendus; palpitations ; dyspnée; pouls irrégulier, petit, intermittent. — Plus tard, gangrène et infiltration du membre inférieur gauche. — Hypertrophie générale et dilatation du cœur. — > Plaques laiteuses sur le péricarde; induration Cbro-cartilagineuse et insuffisance des valvules auriculo-ventriculaires. — Dégénérescence crétacée de l'aorte et de la plupart des grosses artères. — Oblitération de la fin de i'arlère iliaque primitive gauche et de la veine principale du membre malade.
Durand, ancien soldat, âgé de 47 ans, est entré à la Clinique (n° 11, salle Saint-Jean-de-Dieu ) , le 12 oct. i833. Cet homme, d'une constitution robuste, fut pris , il y a trois mois environ, sans cause à lui connue, de gêne dans la respiration, surtout lorsqu'il se livrait au moindre exercice. Cette gêne a fait des progrès lents, mais continuels, malgré les soins qu'il a reçus dans divers hôpitaux ( à l'hôpital Beaujon spécialement, et dans le service de M. Lerminier, où il a été placé à deux reprises différentes).
Examen à la visite du 1 3.
La coloration de la peau , surtout à la face, était d'un bleu pâle, terne, livide ; les lèvres et les ailes du nez étaient gonflées.
Depuis une quinzaine de jours, le malade crachait abondamment un liquide séreux; la respiration était difficile, haute, et la dyspnée augmentait au moindre effort, tel que celui qu'exige un simple changement de position dans son lit; il existait un râle muqueux que l'on entendait dans tous les points de la poitrine.
Les battemens du cœur étaient profonds, mais larges, étendus, et la main semblait frappée par une très grosse masse. La matité de la région précordiale occupait deux pouces en travers et de haut en bas.
On n'entendait pas de bruit de soufflet bien marqué dans la région précordiale. Cependant le premier bruit du
4l2 MALADIES DU COEUll EN PARTICULIER,
cœur était âpre , rude , sec ; le malade éprouvait de fréquentes palpitations.
Le pouls était irrégulier, faible et intermittent.
Les membres inférieurs étaient infiltrés.
Les fonctions digestives s'exerçaient assez bien.
Diagnostic. — Hypertrophie générale du cœur ; induration des 'valmles, sans rétrécissement des orifices.
Prescription. — Saign. 3 palett., tiU., orang. édulc.
i4 octobre. Un peu de soulagement. ( Pot. 12 goult. de teint, de digit., lav., bain; bouill. et potag.)