‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource] (volume 2)Chapitre 47 sur 80 · CLASSE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CLASSE DEUXIÈME

DES MALiDIBS QDI COH8I8TS1VT BU ONE tisiOff SIMPLE BT PBIMITIVB SB b'iMNBBVAIlON DO CCEUB, OD DBS niVROSBS DB CET OBGiNB.

CONSIDÉRA.TIONS PRELIMINAIRES

On ne trouve presque rien sur les névroses du cœur dans les auteurs les plus célèbres de traités ex-professo sur les maladies de cet organe. Corvisart, par exemple, n'a pas même prononcé le nom de cette classe de maladies. M. Laënnec a consacré une dizaine de pages à leur étude. M. le professeur Andral ne s'en est point occupé dans la partie de sa Clinique médicale où il a traité des maladies du cœur.

Commençons par bien nous entendre sur la définition àes maladies qui font actuellement le sujet de nos recherches. 11 ne s'agit point ici des maladies organiques proprement dites auxquelles les nerfs du cœur sont sujets, comme toute autre partie organisée et vivante , mais bien des lésions du principe même de l'innervation, dont les nerfs ne sont en quelque sorte que les dépositaires ou les conducteurs (i).

Nous manquons malheureusement d'observations sur les diverses lésions appréciables , telles que l'inflammation ,

(i) Cette définition est aussi celle qui a élé adoptée par M. Laënnec : <■ Parmi « les élèves des écoles médicales actuelles, dit-il, beaucoup sont aussi peu dispo- ))sés à reconnaître des maladies nerveuses, autres que les affections organiques »des nerfs et de l'appareil cérébro-spinal , qu'à admeUre les altérations pnmtttives des liquides; on ne peut cbpkndart sb befdseu a cboibb que todte ma-

• LADIB DANS LAQUELLE OS NE TRODVB NI LÉSION CONSTANTS DANS LES SOLIDES, NI

• ALTBBATION ÉVIDENTS DANS LES LIQUIDES, NE PEUT CONSISTEE Qd'bK ON IBODBLE » QOBLCONQIlt DK l'imHEKVAXIOH. * (OUV. cU. , t. II, p 744')

DES NÉVROSES. 4^3 l'hypertrophie, l'atrophie, etc. , dont les nerfs du cœur peuvent être affectés, et certains cas que nous rattachons à de pures névroses du cœur, ne sont , peut-être , au fond que des exemples de quelques unes des Xésions appréciables, matérielles , signalées ci-dessus. Nous regrettons vivement de ne pouvoir combler la grande lacune que présente cette partie de la pathologie du cœur.

Quoiqu'il en soit, nous allons décrire, aussi exactement qu'il nous sera possible , les maladies que nous avons cru devoir ranger dans la classe de névroses proprement dites,

qui peuvent être divisées en trois espèces principales , suivant qu'elles consistent en une augmentation , en une diminution ou en une irrégularité des phénomènes auxquels président les nerfs du cœur. On pourrait donner le nom A' hjperdynainie du cœur à l'augmentation des mouvemens de cet organe; celui à'adynamie à la diminution de ces mouvemens; et enfin celui A' alaxodjnamie à l'irrégularité de ces mêmes mouvemens.

N'oublionspas de faire remarquer, avant d'entrer en matière, que les divers phénomènes que nous allons étudier à l'état simple, se rencontrent dans quelques-unes des maladies organiques qui ont été décrites dans les précédens chapitres , et nous les avons, par conséquent, placés parmi leurs symptômes. Il s'agit maintenant de faire connaître les cas où les troubles de l'innervation du cœur existent en quelque sorte par eux-mêmes, c'est-à-dire isolés de toute lésion appréciable des divers tissus de cet organe, et sous l'empire de conditions purement dynamiques.

484 MALADIES DU CœuR EN PARTICULIER.

ARTICLE PREMIER

DES PALPITATIONS HEaTEOSBil DU COCOa.

§ I. Idée générale.

On donne le nom de palpitations nerveuses à ces mouvemens tumultueux, forts etfréqueïis, dont le coeur est quelquefois agité, chez des sujets qui ne sont atteints d'aucune lésion matérielle appréciable de cet organe. Ces mouvemens peuvent ne durer que quelques instans , ou bien , au contraire, persister pendant long-temps. Ils sont sentis par les personnes chez lesquelles ils existent , tandis que les battemens ordinaires du cœur ne le sont pas, au moins chez l'immense majorité des hommes.

Les bruits du cœur augmentent de force pendant les palpitations , et c'est particulièrement alors que le médecin les entend à distance, et que les malades les entendent euxmêmes , surtout lorsqu'ils restent couchés sur le côté gauche. Les palpitations sont quelquefois accompagnées d'un léger bruit de souffle , qui disparaît aussitôt que le cœur est revenu à son état de calme. Ces palpitations sont quelquefois accompagnées d'un sentiment de malaise et d'anxiété difficile à caractériser, et dont on rapporte le siège à la région précordiale; quelquefois même il y a une tendance très marquée aux défaillances et à la syncope.

§ II. Causes des palpitations nerveuses.

Les palpitations dites nerveuses se rencontrent dans une foule de cas très différens les uns des autres et qu'il nous importe de faire brièvement connaître.

Commençons par établir d'abord que le tempérament nerveux constitue une prédisposition très réelle aux palpitations dont il s'agit , comme en général à toute autre maladie nerveuse.Cette prédisposition étant donnée, voyons maintenant quelles sont les diverses conditions propres à déterminer les palpitations de l'espèce qui nous occupe ici.

DES NÉVROSES. 485 i" Les affections vives de lame, la joie, la frayeur, la colère, provoquent souvent des palpitations. 11 est des affections moins vives, qui, par la continuité de leur action , amènent également à leur suite des palpitations : telles sont la tristesse, la mélancolie, la nostalgie. C'est à cette catégorie qu'il faut rapporter ces palpitations si communes chez les étudians, qu'elles ontreçu à Edimbourg la dénomination de maladie du cœur des étudians. Les excès d'étude et les veilles, etc., favorisent singulièrement le développement de ce genre de palpitations.

2° L'abus des boissons spiritueuses, du régime excitant en général, suffit quelquefois pour donner naissance aux palpitations. 11 en est de même de l'excès des plaisirs vénériens, et de l'onanisme en particulier.

3° Des palpitations qui n'ont pas encore été suffisamment étudiées et qui rentrent vraiment dans la classe des palpitations nerveuses, sont celles qui apparaissent chez les indiyidas anémiques et chlorotiques. On sait, d'ailleurs, combien sont nombreuses les causes de l'anémie et de la chlorose; mais que ces états morbides soient le résultat d'abondantes hémorrhagies ou de quelque lésion viscérale qui porte une atteinte profonde à l'hématose et à la nutrition , il est démontré par l'expérience qu'il suffit de la plus légère cause pour faire.iclater alors des palpitations.

Les palpitations chlorotiques ont été de notre part l'objet d'une étude d'autant plus attentive, qu'ellessontjournellement confondues avec celles qui accompagnent certaines maladies organiques du cœur. L'erreur est très facile à commettre par les médecins qui ne se sont pas assez familiarisés avec le sujet dont il s'agit ; car les personnes chlorotiques, comme les personnes affectées de certaines lésions organiques du cœur, éprouvent de la dyspnée et de l'étouffement au moindre exercice , après avoir monté un escalier , etc. Il fut une époque où nous manquions nousméme, dans quelques cas, des élémens propres à nous

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faire bien distinguer ces deux genres de cas les uns des autres. Il n'en est plus de même aujourd'hui, et quiconque aura lu attentivement cet ouvrage et aura observé pendant quelque temps les maladies dont il traite , saura se préserver d'une erreur de diagnostic d'autant plus grave, que le traitement de la chlorose pure et simple est diamétralement opposé à celui que réclament les maladies organiques du cœur avec lesquelles on pourrait la confondre.

Les palpitations chlorotiques ne sont pas le plus souvent accompagnées d'un bruit de soufflet du cœur bien caractérisé; mais constamment , dans l'état chlorotique bien décidé , les artères d'un grand calibre , et spécialement ies carotides et les cruralesjfont entendre ces bruits variés qui tantôt imitent le ronflement d'un diable, le sifflement ou le gémissement du •vent qui traverse une serrure ou une fente étroite, le bourdonnement de certains insectes, le roucoulement plaintif de quelques oiseaux , etc. Depuis trois ans, j'ai rencontré une. centaine de fois au moins le phénomène dont il s'agit chez les chlorotiques. C'est inconstestablement un des caractères les plus constans à la fois et les plus curieux de la chlorose confirmée (i).

4° Il est des palpitations d'une autre espèce que les auteurs paraissent avoir aussi un peu trop négligées : je veux parler de celles qui apparaissent sous les mêmes influences que ces douleurs vagues on ambulanles, que l'on connaitsousle nom de r/«Mwa^i,vma/e.y. Les palpitations en quelque sorte rhumatismales coexistent assez souvent avec une douleur dans la ré-

(i) Nous avons rapporté plusieurs cas de palpitations chlorotiques dans nos Prolégomènes, à l'occasion des bruits anormaux des artères. Il serait superflu d'en consigner ici de nouveaux. Je dirai seulement que tout récemment ( mars et avril iR55 ), nous avons eu successivement, au n<> 4 de la salle Sainle-Madoleinè , deux chlorotiques, chez lesquelles les artères crurales faisaient entendre, plus encore que les carotides, un très beau sifflement musical, imitant assez bien le gémissement plaintif d'une tourterelle entendu de loin, ou le cri suspirieux du veni qui traverse brusquement une fissure étroite.

DES NÉvnoSES. 4^7 gion précordiale , s'irradiant ou non vers le membre supérieur gauche. Les palpitations dont il s'agit coïncident parfois avec des intermittences du pouls , et causent habituellement une inquiétude extraordinaire aux sujets qui en sont tourmentés, bien que, sous tous les autres rapports , ils offrent pour la plupart les signes de la plus florissante santé.

Il ne faut pas confondre ces palpitations avec celles qui ont lieu dans la péricardite ou l'endocardite rhumatismales ; pas plus qu'il ne faut prendre une simple pleurodynie pour une pleui^ésie. Toutefois, je n'oserais affirmer que les palpitations qui accompagnent les affections rhumatismales des nerfs du cœur ne consistent pas, quelquefois du moins, en des lésions vraiment irritatives, mais mobiles, de ces nerfs ; et si telle est , en effet , leur origine , elles ne sont pas alors une pure lésion d'innervation.

§ III. Marche, durée et diagnostic des palpitations neryeuses.

Les palpitations nerveuses sont quelquefois continues ; mais le plus souvent elles affectent une marche irrégulièrement intermittente comme celle de la plupart des autres maladies nerveuses. La durée des palpitations que nous etuJions, ne saurait être rigoureusement déterminée.

Le diagnostic des palpitations nerveuses est un sujet digne de toute l'attention des vrais praticiens.

Chaque jour, on voit des jeunes gens qui ne sont affectés que de simples palpitations nerveuses, venir consulter pour une lésion organique du cœur ; chaque jour aussi , comme déjà nous l'avons dit précédemment , on voit confondre les palpitations des jeunes filles chlorotiques avec les palpitations produites par certaines affections organiques du cœur.

.Jusqu'ici , les observateurs les plus distingués eux-mêmes avouent qu'il est des cas où le diagnostic dont nous nous

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occupons est environné des plus grandes difficultés. Citons à ce sujet le passage suivant de l'article de M. le professeur Andral sur les palpitations ( Z^/c^. de méd. en 21 vol.): « Les palpitations qui sont liées à des lésions organi-

> ques et celles qui, en étant indépendantes, ont été appe- » lées nerveuses , peuvent être souvent distinguées fa- » cilementles unes des autres. Mais lorsque les palpitations

> dites nerveuses se répètent ou se prolongent, lorsqu'el- » les ont une grande intensité , le diagnostic devient parti fois très difficile. Cherchera-t-on à l'établir d'après la 3) nature des symptômes qui existent pendant la durée i des palpitations? on pourra n'arriver à rien de satis- » faisant. En effet , les palpitations nerveuses peuvent s produire les mêmes phénomènes locaux et généraux » qui accompagnent les palpitations liées à une affection » organique du cœur. Hors même le temps des palpita- » tions, il y a plus d'un cas où le diagnostic restera encore » obscur. En effet, dira-t-on que les palpitations étaient

> nerveuses, par cela seul qu'après qu'elles se sont dissipées

> les individus sont revenus à la santé? Mais il est démon- » tré maintenant que , dans les premiers temps d'une af-

> fection organique du cœur, les symptômes qui l'avaient » annoncée peuvent s'effacer à peu près complètement pen- » dant un certain intervalle. D'une autre part, dans beauj coup de simples palpitations nerveuses , les battemens » du cœur, hors le temps de ces palpitations , peuvent » continuer à présenter quelque anomalie; ils peuvent être » irréguliers ou accompagnés d'un bruit de soulflet , lequel » est bien souvent indépendant de toute lésion organique.

> De plus, les malades peuvent conserver une dyspnée » plus ou moins considérable; nul doute que, chez les » adolescens surtout , cette dyspnée , jointe ou non à des » palpitations , ne soit aussi souvent un phénomène pure- » ment nerveux, ou lié à une congestion pulmonaire. On » voit combien cet ensemble de symptômes est semblable

DES NÉVROSES. 4% » à ceux qui marquent le début de plusieurs affections or- » ganiques du cœur... Il ne faut pas d'ailleurs perdre de « vue que , par cela seul que l'action du cœur est accrue , j sa nutrition tend à se modifier ; d'où il suit que les palpiï talions qui existent d'abord sans lésion organique , peu- 5 vent être le point de départ de celle-ci. »

Une longue persévérance dans l'étude du sujet qui nous occupe , pouvait seule fournir toutes les données nécessaires à la solution de l'important problème dont il s'agit en ce moment. Il est certain que , au moyen de la percussion, de l'auscultation, de la vue et du toucher, on peut mesurer exactement, géométriquement, le cœur; déterminer si les valvules fonctionnent bien ou mal; si les orifices sont libres ou rétrécis; si les parois sont hypertrophiées, épaissies ou amincies, elc, etc. Or, dans les palpitations indépendantes d'une lésion diie organique du cœur, il est facile , pendant leur durée, mais surtout pendant les momens de calme, de s'assurer, par une exploration attentive, que le volume du cœur n'est point notablement augmenté ; que le sang coule librement à travers les orifices et les cavités de cet organe. D'un autre côté, les congestions veineuses , la teinte violacée du visage, les hydropisies , qui , à une période avancée des lésions des valvules et de quelques autres affections du cœur, ne manquent jamais de se manifester, ne se rencontrent point ordinairement dans les cas de palpitations t^at cause purement nerveuse.

En résumé, je crois que<, grâceaux progrès de la science, on peut aujourd'hui distinguer les unes des autres les diverses palpitations désignées sous le nom de palpitations nerveuses et celles qui accompagnent les grandes lésions organiques du cœur.

Les cas dans lesquels il serait le plus facile de se tromper sont ceux où il existe à la fois des palpitations dépendantes d'une lésion organique du cœur, et des palpitations de nature nerveuse. Ces cas se présentent plus souvent dans la

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pratique qu'on ne serait peut-être tenté de le croire au premier abord.

Voici un exemple fort remarquable de ce genre de combinaison morbide. Une jeune femme, d'une constitution nerveuse des plus prononcées, non réglée depuis plusieurs mois , éprouve de fortes palpitations pour la plus légère cause. La sensiiwe est pour ainsi dire moins mobile et moins irritable qu'elle ; il suffit de la toucher, le matin à la visite, pour la faire rougir, lui causer de violens batlemens du cœur, et même des mouvemens spasmodiques, qui dégénèrent facilement en des attaques d'hystérie. Hé bien! cette même personne est atteinte d'une énorme hypertrophie du cœur, avec induration des valvules du côté gauche de cet organe, maladie qui a pris naissance pendant le cours d'un rhumatisme articulaire très aigu.

§ IV. Traitement des palpitations nerveuses.

Il résulte de tout ce qui précède que les palpitations peuvent coïncider avec un certain nombre d'états morbides généraux ou locaux, différens les uns des autres sous plusieurs rapports. Par conséquent , il importe beaucoup de déterminer rigoureusement le point de départ ou la vérilable cause des palpitations, si l'on veut leur opposer un traitement rationnel. Cette détermination , dis-Je , est de la dernière rigueur ; car les moyens qui conviennent aux palpitations chlorotiques , par exemple, sont tout-afait opposés à ceux par lesquels il faut combattre les palpitations dues à une hypertrophie ou à une sur-nutntion du cœur, soit primitive, soit consécutive, ainsi que celles qui proviendraient d'un état pléthorique.

Dans le premier cas, en effet, les toniques, les ferrugineux, les bains frais, un bon régime, un exercice modéré, forment la base du traitement. Lès émissions sanguines sont formellement contre-indiquées, à moins de complications qu'il n est pas de mon sujet de faire connàitre. Dans l'autre cas, aucon-

DES NÉVROSES. %l traire, ces mêmes émissions sanguines, combinées ou non avec les sédatifs, doivent être mises en usage. Je crois devoir relever à cette occasion une erreur que commettenlsouvent un assez bon nombre de médecins : ils appliquent à différentes reprises des sangsues à la vulve, pratiquent même dé petites saignées du pied, chez de jeunes personnes chlorotiques, dont les règles sont arrêtées. Ils s'imaginent que la chlorose tient à l'aménorrhée , tandis que, dans l'immense majorité des cas, l'aménorrhée reconîiaît pour cause l'état chlorotique , lequel n'est bien souvent qu'une variété de l'anémie. Cela est si vrai, que si l'on parvient, par le système de traitement indiqué plus haut, à faire disparaître la chlorose, les règles ne tardent pas à reparaître comme d'ellesmêmes.

Dans les palpitations entretenues par une vive affection de l'âme, il faut imiter, quand on le peut, la conduite des Erasistrate, des Boerrhaave et des Bouvart. C'est surtout par les remèdes moraux qu'il faut combattre ces palpitations morales elles-mêmes.

Je ferai une remarque, en terminant, c'est que, dans Tés cas très communs où les malades rapportent à une grave maladie du cœur les palpitations nerveuses qu'ils éprouvent , cette idée entrelient et accroît même les palpitations. Si le médecin qu'ils consultent est assez habile à la fois et assez heureux pour les convaincre de leur erreur, de tels malades sont déjà à moitié guéris.

ARTICLE DEUXIEME

N^VBi.LGIBS OC CCEOB.

II est assez commun, dit avec raison M. Laënnec, de rencontrer des personnes qui éprouvent constamment ou par intervalle des douleurs analogues à celles du rhumatisme et des

névralgies , dont elles rapportent le siège au cœur et qui sont prises à tort par les malades, et quelquefois mêmepar les médecins, pour des signes d'une affection organique, » M. Laënnec rattache ces douleurs aux. névralgies du cœur. J'avoue qu'il ne me parait pas démontré que les douleurs dont il s'agit siègent bien réellement dans le cœur lui-même, organe qui, à l'état normal, ne paraît jouir d'aucune sensibilité animale (Bichat). Mais je n'en partage pas moins l'opinion de M. Laënnec sur la nature névralgique de ces douleurs, qui me semblent résider dans les nerfs phréniques et intercostaux. Je ne prétends pas, d'ailleurs, que les nerfs du cœur eux-mêmes ne puissent participer à la lésion des nerfs respirateurs ;je pense seulement que cette lésion se révèle alors par des troubles dans les mouvemens du cœur, accompagnés de ce malaise intérieur indéfinissable qui précède souvent les défaillances ou les lipothymies. L'affection névralgique peut se propager aux nerfs qui s'anastomosent avecle nerf phrénique et les intercostaux , tels que le pneumogastrique, les plexus brachialet cervical , etc. Ilestextrêmement probable que certains cas à' asthme nerveux et de la maladie désignée sous le nom d'angine de poitrine, appartiennent à l'affection névralgique qui nous occupe ici. Pour distinguer entre eux les cas où ces affections sont simples de ceux où elles coïncident avec des lésions organiques du cœur , il suffit de bien connaître les signes positifs de ces dernières , tels que nous les avons longuement exposés dans le cours de cet ouvrage. En effet, les signes dont il s'agit manquent dans les cas où les troubles de la circulation et de la respiration dépendent d'une affection purement nerveuse des organes de ces fonctions.

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