‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource] (volume 2)Chapitre 48 sur 80 · DES NÉVROSES · texte numérisé non relu

DES NÉVROSES

ARTICLE TROISIEME

SPASMB DU CCBUR, AVEC BBniX DB SODFFtBT ET FREMISSEMENT CATAIRE.

M. Laënnec est le seul auteur qui ait parlé de la maladie ci-dessus désignée , à laquelle il n'a guère consacré qu'une

ipage de son ouvrage. Cette nouvelle maladie du cœur me

1 paraît, quant a présent du moins, lout-à-fait imaginaire.

Dans la courte description qu'en trace M. Laënnec , on ne trouve absolument rien qui démontre ou fasse même soupçonner un vrai spasme du cœur, si tant est d'ailleurs

I qu'un tel spasme pût être compatible avec la vie.

Selon M. Laënnec , le bruit de soufflet du cœur qui a lieu

I dans cette maladie existe presque toujours en même temps dans quelque artère. Cette remarque nous porte à penser que l'affection décrite par M. Laënnec ne diffère point au fond de celle dont nous avons parlé à l'occasion des palpitations des individus chlorotiques ou anémiques. M. Laënnec, il est vrai, dit que« c'est en général chez les hypochon- » driaques, et parliculièrement chez ceux qui sont d'une con- » stitution sanguine et pléthorique, que l'on remarque le plus «souvent le bruit de soufflet du cœur, existant presque » toujours en même temps dans quelque artère; » mais, ainsi que nous avons eu déjà occasion de le faire remarquer, la mort prématurée de ce célèbre observateur ne lui a pas permis d'étudier complètement les différentes conditions des diverses espèces de bruit et de ronflement des artères (i). Quoi qu'il ne soit, nous croyons que, dans l'état ac-

(i) 11 n'est aucun endroit de son ouvrage où M. Laënnec ait signalé l'état chlorotique comme constituant une des maladies dans lesquelles se manifestent les ronflemens artériels; et c'est là néanmoins l'affection que ces ronflemens accompagnent d'une manière toute spéciale, et avec une telle constance,^ que la première existant à un haut degré , on en peut conclure à l'existence des seconds.

tuel de la science , le spasme proprement dit du cœur est une

maladie dont aucun fait positif n'atteste l'existence.

ARTICLE QUATRIEME

OKS tlPOTHYMIBS BT DE LA SyitCOPE NEBVEOSES.

S I. Idée générale de la syncope.

Les défaillances , la lipothymie et la syncope ne sont que trois degrés d'une seule et même affection nerveuse du cœur, savoir, la diminution de l'innervation de cet organe. Le plus haut degré, qui constitue la syncope , est réellement la paralysie momentanée du cœur.

Les phénomènes de la syncope complète sont ceux de la mort subite, dont elle ne diffère qu'en ce que, dans le plus grand nombre des cas, les malades peuvent encore être rappelés à la vie :nous disons dans le plus grand npmbre des cas, car il en est quelques uns où la syncope est suivie d'une mort réelle. L'individu qui éprouve une syncope commence par ressentir un malaise inexprimable, ses yeux s'obscurcissent, se couvrent comme d'un nuage , des tintemens d'oreille se manifestent, le visage pâlit, les lèvres se décolorent , la pensée s'évanouit , le sentiment s'éteint, tout le corps se refroidit, se couvre de sueur ; les membres tombent comme des masses inertes , les genoux se dérobent sous le poids du tronc , toutes les articulations se fléchissent , le pouls et la respiration disparaissent ... il ne reste plus aucun signe de vie extérieure ; elle est , pour ainsi dire, momentanément éclipsée. Cependant on revient à soi, les sensations et le mouvement se raniment , la chaleur reparaît, et l'on se sent, pour ainsi dire, renaître.

Le plus souvent la syncope ne dure que quelques secondes; d'autres fois elle persiste pendant quelques minutes.

DES NÉVROSES. 49^ Il ne faut pas confondre avec la syncope proprement dite ces pertes de connaissance qui peuvent se prolonger plusieurs heures ou même des jours entiers. L'absencecomplète des battemens du cœur ne saurait durer aussi long-temps sans entraîner la mort.

Le sentiment de malaise et d'anxiété, que nous avons donné comme le signe avant-coureur de la syncope , ne se présente pas toujours; bien plus , quelques personnes, avant de se trouver mal, éprouvent un sentiment plein de charmes, de douceur et presque de ravissement. Montaigne , revenu d'une syncope, regrette amèrement l'espèce de bien-être voluptueux que lui avait procuré cet anéantissement passager de la vie.

§ II. Causes de la syncope.

Les causes de la syncope sont très variées , et souvent opposées; c'est ainsi que Ton se pâme , suivant l'expression du vulgaire, de joie et de douleur, d'amour et de haine, etc. La syncope peut être l'effet des douleurs physiques violentes, telles que celles qui accompagnent la péritonite, par exemple, de vives émotions, de sensations produites par la vue de certains objets, par certains sons, par certaines odeurs, elc (i).

Divers agens toxiques jouissent de la propriété d'affaiblir ou même de suspendre complètement les battemens du

(i) On rapporte que les dames romaines tombaient en syncope lorsqu'elles respiraient l'odeur des fleurs, en sorte qu'il ne leur était pas permis d'en avoir dans leurs appartemens. Tous les jours nous voyons chez nous des femmes se trouver mal à la vue d'une araignée, d'une chauve-souris; il en est dont les nerfs sont tellement susceptibles, quelles éprouvent, dit-on, le même accident par le toucher du velouté de la pêche , de la framboise , du satin, etc. Quelques unes font encore mieux , elles tombent en défaillance sans aucune raison sensible , et pour ainsi dire à volonté; sans doute que la syncope produit sur elles le même effet Toluplueux que sur Montaigne.

MALADIES DU CCEUTl EN PARTICULIER, cœur : tels sont l'acide hydrocyanique , par exemple , certains miasmes sepiiques , etc.

Une cause plus directe de cette maladie consiste dans la brusque soustraction d'une quantité considérable de sang; de là les syncopes que déterminent les hcmorrhagies, et même une simple saignée. Les grands obstacles à la circulation suspendent également l'action du cœur et amènent la défaillance. Telles sont les principales causes qni peuvent, directement ou indirectement , éteindre momentanément la puissance nerveuse du cœur, et produire par conséquent la syncope.

§ III. Traitement de la syncope.

La syncope purement nerveuse, telle que celle qui arrive aux femmes vaporeuses, aux convalescens, etc. , n'est nullement dangereuse ; la plus légère excitation, Timpression de l'air frais , les aspersions d'eau froide, l'application de quelques émanations odorantes plus ou moinsfortes surlamembranepituitaire , telles que celles que fournissent l'éther , l'eau de Cologne, l'ammoniaque, etc. , et mille moyens connus du simple vulgaire, suffisent pour la faire disparaître.

APtTICLE CINQUIEME.

DES IRRÉGULARITÉS BT DES INTERMITTENCES DBS BATTEMBWS DU COEUB.

Que les lésions qui peuvent survenir dans le rhythme des batiemens du cœur soient purement nerveuses, comme nous le supposons ici , ou qu'elles accompagnent des lésions matérielles de cet organe, leur description reste toujours la même. Or, comme nous avons décrit les irrégularités et les intermittences des battemens du cœur, dans la partie de nos prolégomènes où nous avons étudié ces battemens à état anormal, nous y jenvoyons les lecteurs.

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