CONCRÉTIONS POLYPIFORMES DU CŒUR
OBSERVATION 165e.
Homme de 67 ans. — Double pneumonie. — Mort presque immédiatement après l'entrée d l'hôpital, dans un état de su/focation.
Le i4 avril i834 > on reçut dans le service clinique de la Charité un homme do 67 ans , atteint d'une double pneumonie , et dans un état de suffocation tel , qu'il était à chaque instant menacé de perdre la respiration. Le malade mourut quelques heures après son entrée.
Autopsie cadavérique.
Cœur énormément distendu par des concrétions sanguines contenues dans toutes ses cavités, sans en excepter le ventricule gauche lui-même. {letcoricrétioUs sont blanches , semblables à celles des sacs anèvrismaux , ou biên encore à là couenne inflammatoire du sang; elles sont comme enchevêtrées dans les colonnes charnues et les tendons t)alvulaires , et leur adhèrent a V instar de fausses membranes fibrineuses commençant à s^or^aniser. La 8* observation de la dissertation de M. Legroux est aussi un exemple de concrétion chez un sujet mort de pneumonie. La voici :
OBSERVATIOIV 166e.
Une femme, âgée de 86 ans, est conduite à l'hôpital de la Charité dans un état adynamique , le n août 1826, et meurt deux jours après.
Engouement des poumons, et hépatisation du lobe supérieur droit. Le ventricule droit contient des concrétions à moitié fibrineuses. A l'inci-sionde ce ventricule, il jaillit de sa cavité un liquide jaunâtre, épais, semblable à du pus. De deux cavités d'inégale grandeur, mises à nu par l'incision, l'une, qui pourrait loger une noix, contient encore du pus et quelques grumeaux blanchâtres et jflottans : cette
OgO MALADIES DU COEUR EN PAUTICDLIER.
cavité est évidemment formée par un caillot sanguin , ramolli à son centre , et dont les parois sont d'un blanc rosé • d'autres petits caillots contiennent aussi du pus ; un seul ne contient qu'une sanie non encore diffluenle. Ces caillots adhèrent à la surface ventriculaire au moyen de leurs embranchemens dans les colonnes charnues.
OBSERVATIOIV 167«.
Jeune homme de ao ans. — Rougeole avec engouement inflammatoire des poumons. — Mort dans un état de dyspnée considérable. — Concrétions fibrineuses, adhérentes, dans tes cavités droites du cœur.
Un maçon, âgé de 20 ans, était entré dans le service clinique de la Charité, le 27 mai i834 > pour y être traité d'une rougeole très grave , datant déjà de six jours. (Il existait cette fausse pneumonie des anciens , qui ne f e rencontre que trop fréquemment dans les maladies dites fièvres éruptives. ) Les inspirations étaient à 48 par minute, le pouls à 182 ; la chaleuret la sécheresse delà peau extrême. Il succomba le troisième jour après son entrée.
Autopsie cadavérique , 28 heures après la mort.
Les cavités du cœur, les droites surtout, contiennent d'abondantes concrétions sanguines , décolorées , embarrassées dans les colonnes charnues et leurs tendons , analogues a des tuasses de matière pseudo-membraneuse. — Dans plusieurs des ramifications vasculaires des poumons , on trouvait des concrétions alongées et récentes. Les deux poumons étaient d'ailleurs engoués, parsemés de granulations d'un rouge tirant sur le gris, miliaires. La pression faisait sortir des ramuscules bronchiques un mucus puriforme. Au sommet du poumon gauche, on trouvait un ramollissement très marqué et du pus infiltré, etc.