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CONCRÉTIONS POEYPIFORMES DU CŒUR

OBSERVATION 178» (i).

Homme de 7t6 ans. — Symptômes d'obstacle à la rlreulalion ccntralé. — Mort. — Concrélion fibrino-atbumineuse organisée dans Coreitlelle droite.

Un commissionnaire , âgé de 36 ans, entra à l'hôpital de la Charité, au mois de mars 1817, et y mourut au milieu des symptômes d'étouffement et d'anxiété que les auteurs ont jusqu'ici attribués à Vanévrisme du cœur.

Autopsie cadavérique.

Les cavités droites du cœur contenaient, outre du sang en caillots, des gâteaux de matière Jibriiio-albumineuse organisée^ adhérente aux parois de ces cavités par des Jilamens , qu'on était obligé de rompre pour Ven séparer, et se prolongeant dans la njeine cave supérieure , dans la veine cave inférieure, ainsi que dans V artère pulmonaire, dont elle obstruait presque complètement V orifice.

DEUXIÈME SECTION

HISTOIRE GÉNÉRAI.E DES CONCRETIONS SANGUINES DU COEUR DÉVELOPPÉES PENDANT LA VIE.

§ I. Siège et caractères analomiques des concrétions polypiformes du cœur.

I. Les cavités droites du cœur sont celles où l'on rencontre le plus souvent les concrétions sanguines ; les oreillettes y sont plus sujettes que les ventricules. Il suffit de jeter un coup-d'œil sur les nombreuses observations que nous avons consignées dans cet ouvrage , pour être con-

(i) Observation recueillie par M. le docteur Thibert, et publiée dans le même mémoire que la précédente.

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vaincu de la vérité de cette double assertion. La principale cause de la dilTérence que nous signalons tient à ce que le cours du sang est plus laciiement gêné dans les cavités droites que dans les gauches; que la stase du sang s'opère plus aisément dans les premières que dans les secondes. D'autres causes encore peuvent expliquer la circonstance indiquée : telles sont la fréquence des inflammations veineuses qui se propagent quel(|uefois jusque dans les cavités droites , peut-être une disposition à la coagulalion plus marquée dans le sang veineux que dans le sang artériel , etc.

II. Les caractères analomiques des concrétions sanguines diffèrent beaucoup , selon l'époque de leur formation et selon qu'elles sont ou non mêlées avec une cerlaitie quantité de pus ou de véritable matière pseudo-niembraneu>e.

1" Les concrétions amorphes, récentes, ne diffèrent point notablement du caillot que l'on rencontre dans le vase dans lequel on a recueilli le sang d'une saignée. La masse de ces concrétions est variable. Nous avons rapporté des cas où les cavités du cœur contenaient douze onces de sang coagulé. Il est vrai que , dans ce cas , quelques uns des caillots s'étaient formés après la mort.

1° Les concrétions organisées présentent des caractères différens , selon les phases de leur évolution. D^-ns le premier degré de leur organisation , elles sont blanches, analogues au gluten ou à la fibrine préparée , élastiques , légèrement adhérentes aux parois des cavités du cœur et surtout aux colonnes charnues ainsi qu'aux tendons valvulaires , autour desquels elles s'entortillent. A cette période d'organisation rudimentaire , on peut les compan r à la couenne qui s'organise en quelque sorte à la surface du caillot du sang retiré des veines d'un individu affecté d une inflammation franche , ou bien aux fausses membranes des tissus séreux commençant elles-mêmes à s'organiser. Au reste, comme l'a très bien dit M. Legroux, t depuis l'état

coNcnÉTiôNâ tOLYPiijôRMiîS DU CftEuii. 609 » gélatiniforme jusqu'à l'état fibreux qui parait être le » dernier terme de la densité des concrétions , il y a diffé- » rens degrés intermédiaires. »

3° Lorsque les concrétions sont dans un état plus avancé d'organisation , elles adhèrent par de véritable tissu cellulaire aux parties sur lesquelles elles se sont formées ; greffées ainsi sur des parties vivantes , elles se pénètrent de vaisseaux, se durcissent, et c'est alors qu'elles ressembleriÉ réellement à certains polypes fibreux, à des tumeurs ou à des végétations fongueuses (i).

Ainsi que plusieurs de nos observations en font foi, il n'est pas rare de rencontrer une certaine quantité de pus au centre des concrétions sanguines , lesquelles ressemblent quelquefois alors à de véritables kystes uniloculaires ou multiloculaires.

Il est digne de remarque que, dans les cas où les concrétions ne sont encore qu'en partie organisées , c'est à la surface qu'existent les masses membraniformes , blanchâtres, élastiques , glutineuses , qui sont réellement les premiers linéamens de l'organisation, tandis que la matière puru-

(1) Nous avons fait Toir ailleurs les rapports qui existent entre certaiines lésions des valvules du cœur et les concrétions fibrineuses; l'opinion de M. Legroiix est loul-à-fait conforme à la nôtre. « 11 nous est fréquemment arrivé, dit -il, de

• voir des concrétions sanguines entrelacées avec les tendons des valvules, 'le telle

• sorte que celles-ci ne semblaient plus former qu'une simple toile ( la divi sion en » tendons n'avait lieu que près des colonnes charnues ). Je ne doute nullem ent que

• ces sortes de concrétions ne soient le moyen principal de réunion des teindons,

• dans les cas où les valvules prolongées ne forment plus une simple ouvierlure,

• mais un canal plus ou moins large. »

Pour que les concrétions sanguines adhèrent fermement aux valvules sur lesquelles elles sont déposées, il est, en général, nécessaire qu'elles se forment sous l'influence d'une inflammation ; et dans ce cas, il est diflicile de déterminer si ces concrétions se sont développées aux dépens du sang contenu dans li: cœur^ ou par l'eiTet de la sécrétion du tissu enflammé. M, Legroux pense a^'ec nous que les concrétions fortement adhérentes et susceptibles de se transfo rmer ea végétations, sont le résultat d'une sécrétion inflammatoire qui adhéré à lia mcm • brane d l'inttant mem$ de ta formaliQU {Dist. cit., pag. 35).

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blO WAtADIES DU COEUn EN PARTICDLIEB.

lente ou le pus proprement dit se trouve à leur centre. Divers auteurs, et M. Legroux en particulier, considèrent ce pus comme un produit de l'inflammation de la concrétion qui le contient. Quant à moi, je pense que telle n'est pas l'origine ordinaire du pus que présentent les concrétions : ce pus me parait avoir été sécrété dans la cavité du cœur ou y avoir été transporté par l'absorption et avoir déterminé ensuite la formation d'un caillot qui l'a enveloppé de toutes parts. A l'époque où l'on trouve le plus souvent du pus au centre d'une concréticn , eelle-ci offre à peine quelques rudimens d'organisation, et l'on ne conçoit guère comment dans cet état elle pourrait subir une inflammation caractérisée par une sécréiion purulente.

.Te ne prétends pas, au reste, qu'une fois bien organisées , les coincrétions sanguines ne puissent s'enflammer et suppurer. Toutefois, ce n'est pas là, si je ne me trompe, un accident commun. Mais ces concrétions, véritables organes parasites , peuvent , comme les productions fibriïieuses dont nous avons parlé ailleurs (voy. leschapit. consacrés à. l'endocardite et à la péricardite), éprouver diverses înodi^cations ou transformations , dont le mécanisme ne doit pas nous occuper ici.

Ou trouvera dans les observations particulières de plus ampl es détails sur la disposition, le volume, la configuration et la consistance des concrétions polypiformes. Nousajouterons seulement ici qu'elles rétrécissent soit les cavités du cœur- , soit les orifices qui font communiquer ces cavités entre-, elles, à un degré proportionnel à leur volume. Cette circonstance est importante à noter , car c'est à elle que se rattachent les principaux symptômes des concrétions sanguines du cœur (i).

^i) %ni lo cœur comme dans les vaisseaux, on peut rencontrer des concré-

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