Traité clinique des maladies du coeur [electronic resource]
en quelque sorte, mise à V index par quelques hommes dont toute une génération médicale dut sucer les principes! Réunies maintenant entre elles par le nœud le plus indissoluble, la connaissance de l’homme sain et la connaissance de l’homine malade ne forment plus que deux parties d’une seule et meme science, deux branches d’un seul et même tronc.
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M pour atteindre ce but ( /e diagnostic des lésions organiques) : il s'in faut bien » que la chose soit ainsi ; le médecin qui n’unirait point la physioi-ogir à l'ana- M tomie , resterait toujours, à la vérité, un prosecteur plus ou moins adroit , » industrieux et patient , mais il n’aurait jamais qu’une pratique chancelante et 3) incertaine, surtout dans le traitement des lésions des organes. Combien n’ai-je 3) pas vu au lit des malades émettre de faux diagnostics, les uns accusant le foie, 3) l’estomac , d’être malades, lorsque la poitrine était attaquée , et réciproque- 31 ment; les autres prenant pour toute espèce d'hydropisie. pour l’asthme, etc. , 33 une maladie du cœur! Enfin, j'affirme, avec toute la véracité dont je suis 3) capable, qu’il n’est point d’organe que je n’aie vu accusé faussement, soit 3) d’être malade, soit de ne l'être pas, par des personnes auxquelles on ne 33 pouvait pas reprocher le manque de quelques connaissances anatomiques.
33 Quelle est donc la source de pareilles méprises ? Je l’ai dit : c’est le défaut 33 d’une bonne physiologie. Sans elle, en effet, à quoi bon l’anatomie?... Si le 33 médecin n’étudie pas sans cesse sur l’homme vivant tous les phénomènes se3i- 33 sibles de l’action des parties ; s’il ne compare pas constamment ces phénomè- 33 nés sensibles et propres de la vie et de la santé de chaque organe, avec les dé- 33 rangemens que chacun d’eux présente dans sa lésion, jamais, j’en réponds, U 33 n’arrivera à reconnaître, d’une manière sûre, les dérangemens organiques me- 33 naçans ou confirmés. 33
Rapprochez de cet admirable passage le suivant, qui est emprunté à la préface de la première édition de l’Examen des doctrines , publié en 1S16 par lil. Broussais :
(t Les traits caractéristiques des maladies doivent être puisés dans la physiolo- 33 gie. Formez un tableau aussi vrai qu’animé du malheureux livré aux angoisses 33 de la douleur; débrouillez-moi , par une savante analyse, les cris souvent con- 33 fus des 0BCABB8 souFFBANs ; faites-moi connaître leurs influences réciproques ; 33 dirigez habilement mon attention vers le douloureux mobile du désordre unir 33 versel, qui frappe mes sens, afin que j’aille y porter avec sécurité le baume 33 consolateur qui doit terminer cette scène déchirante ; alors j'avouerai que vous » êtes un homme de génie »
PRÉFACE
dernier perfectionnement, il ne restait plus cpi’nne chose à foire : /était d’applic[iier rigoureusement à l’étude de cette science la méthode expérimentale généralement sui^ne dans les sciences physiques proprement dites. Or , cette application est elle-même aujourd’hui un fait accompli, et, en fraternisant ainsi avec les sciences physiques, la médecine, répudiant désormais le titre d'art conjectural dont on l’a si long-temps flétrie, s’est. enfin élevée au rang des sciences positives et exactes : la médecine, en un mot, est la mécanique^ physique et la chimie de l’économie vivante.
L’ouvrage que nous publions aujourd’hui, comme aussi ceux que nous avons déjà publiés, porte l’einpi’einte de la doctrine générale que nous venons d’exposer. Quant aux faits et aux aperçus nouveaux qu’il peut contenir, nous n’en offrirons un abrégé qu’après avoir rapidement signalé ici les principaux travaux de nos devanciers. En comparant ainsi les uns aux autres les nombreux ouvrages qui ont paru sur un même sujet, aux différentes époques de la médecine , on voit que ,. semblable à ces grands fleuves dont la source est ignorée, et qui grossissent à mesure que, dans leur cours, ils reçoivent le tribut de nouvelles eaux, la science, humble à son origine, qui se perd dans la nuit des temps, se développe, s’élargit , et prend un aspect majestueux en traversant les' siècles , dont chacun lui fournit son contingent de faits et de théories (1).
(i) C’est une chose vraiment bien déplorable que de rencontrer encore aujoujs
PRÉFACE