‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 2 sur 88 · IL · texte numérisé non relu

IL

Ce n^est pas dans les époques médicales antérieures à cette ère fameuse dite de la renaissance des lettres en Europe^ qu’il faut aller clïercher l’origine de connaissances précises sur les maladies du cœur, Vésale, Nicolas Massa, Charles Etienne, Bâillon, Lancisi, Valsdlva et Albertini ébauchèrent eh quelque sorte l’histoire dés maladies du cœur et des gros vaisseaux. Lancisi est un des premiers observateurs qui ait signalé l’influence de ces maladies sur le développement de l’asthmeetde quelques autres phénomènes morbides(l).

Digne héritier deValsalva son maître, Morgagni, Fun des pères de l’anatomie pathologique , consacra les ï 7* et 1 8® lettres de son irhmortel ouvrage à l’étude des dilatations ou des anévrismes du cœur et dé l’aorte (2), tin peu avant la publication du traité De sedibus eicausis

d’hui des hommes qui affectent un dédain superbe pour les théories et les s^’stèmes en médetih'e. Gomme si la médecine pouvait exister en tant que véritable Sciéricè; sans que les faits individuels dont elle est la Collection, aient été expliqués, théorisés, généralisés, systématisés !

(1) « Occultæ rnultorum niàlorilih cauSté sUnt irivestigandæ cjuæ ipSis-cbrdis j> vasis dilatatis vel obstructis, repositæ sunt. Nonnulla suffocativa asthmata, pec- »toris hydropisis uno ex fonte pendent, inæqiialibus videlicet vasis cordis. » (Lahcisi, üe motu cordis, etc.)

(2) Morgagni n’oublie point de noter le rapport qui existe entre certaines dyspnées et les iiBradies du toeür, et dit, en parlant des causes de la dysprièfe eh géhéi-al : « Eàrum præcipu.x, et saçpius quom aliqui putant , aut ad aquam spec- »tant effusam, aut ad cordis, majoruinque vasorum dilatationem. » Cet illustre observateur a placé en tète de ies j yr ét 18*^ lettres le titre suivant , qui fait assez, comprendre qu'il avait bien su rattacher certaines difûcultés de respirer à la cause indiquée : < Sermo est db rbspikatioxb l.esa a cordis adt magnæ abtebiæ lAIBA THORACBU ANBURVSMAXIBCB. »

PRÉFACE

XJ

morborumj etc., avait paru le volumineux traité de Sénac sur la structure et les maladies du cœur, ouvrage qui est la représentation assez fidèle des connaissances très incomplètes qu’on possédait alors siir un certain nombre de lésions organiques du coeur.

Dans son Essai sur les maladies et les lésions oi'gajiiques du cœur et des gros \>aisseauoc , Corvisart laissa bien loin derrière lui tous ceux qui , jusque là, s’étaient occupés du même sujet. De l’époque où partit cëtte belle monographie, date réellement une ère nouvelle pour l’bistoire des maladies dü cœur. Corvisart établit une nouvelle division des anévrismes de cet organe ^ décrit pliis exactement que ses prédécesseurs la péricardite, les indurations, les végétations des valvules et le rétrécissement qui en est la suite ; il applique au diagnostic de plusieurs maladies du cœur la précieuse méthode d’Avenbrugger qu’il avait naturalisée en France^ ou plutôt qu’il avait en quelque sorte inventée une seconde fois; enfin, Corvisart montre, plus clairement encore que nul ne l’avait fait avant lui, le rôle que jouent les maladies organiques du cœur clans la proclnction de V asthme.

Peu de temps après la publication de \ Essai de Corvisart ^ Testa en Italie, Burns en Angleterre, Kreysig en Allemagne , firent paraître des ouvrages sur lë mêlrie sujet, et enrichirent la science de cjuelques aperçus nouveaux.

Dans divers mémoires communiqués à l’Académie des Sciences , M. Bertin proposa de nouvelles vues sur les maladies auxquelles on avait donné le nom d’ailé-»

PKÉFACK.

^ij

Trismes du cœur. [Le premier de ces mémoii*esfut présenté à l’Académie ,1e 10 août 1811 .)

A une épocpie plus voisine encore de nous, M. Laënnec éclaire le diagnostic de quelques unes des maladies du cœur par sa magnifique découverte de Vauscidtation, laquelle, si l’on ose ainsi parler, nous a créé un nouveau sens médical.

Tel était l’état de la science , lorsqu’on 1824 parut le Traité des maladies du cœur, dont M. Bertin me confia la rédaction. H ne m’appartient pas de porter un jugement sur un ouvrage auquel j’ai contribué. Je me ferai d’ailleurs un religieux devoir, quand je traiterai de l’hypertrophie du cœur, de rendre à M. Bertin toute la justice à laquelle il a droit pour ses recherches sur les différentes formes que cette lésion peut affecter (1).

Depuis la publication de ce Traité, il a paru en Angleterre un ouvrage du même genre, reni.arquable surtout par les recherches de son auteur sur les mou-

(i) Je n’aurais point songé à revendiquer ici la propriété de quelques unes des opinions professées dans le Traité des maladies du coeur de 1824» si le passage, suivant de l’ouvrage de M. Laënnec ne m’cn imposait l’obligation: tJ’aUribuc » l'opinion dont il s'agit (celle de la nature inflammatoire de certains ramollisse- »mens du cœur), j’attribue l’opinion dont il s’agit à M. Bouillaud, d’après le

• témoignage de M. Bertin, qui m’a dit que que tout ce qui, dans cet ouvrage (le » Traité des maladies du cœur) , a rapport à l’influence de l’inflammation sur le » développement de la plupart des alTections organiques du cœur et des gros vais-

• seaux appartient exclusivement àlM. Bouillaud.» (Traité de l’adscoltatiox MÉDiATK. — 2® édit. -1826).

Certes, je ne prétends pas décliner la responsabilité de la doctrine dont il s’agit, comme on le verra dans ce nouvel ouvrage. Quant aux rai.sons qui engagèrent M. Bertin à faire la déclaration ci-dessus indiquées M, Laënnec, on les comprendra facilement en songeant à l’époquç où parut le Traité des maladies du fccur (t8?4),

PRJÎFACE.

Xl.J

vemeus et les bruits du cœur (1). J’aurai occasion de parler de cet ouvrage en traitant de divers points de k physiologie et de la pathologie du centre circulatoire (2).

Page 1