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De L'endocarde ou membrane interne du cœur

Un peu négligée par les anatomistes , l’étude de cette membrane est cependant de la dernière importance pour le médecin. Je lui donne le nom d’en Jocar Je par opposition à celui de péricarde, qui sert à désigner l’enveloppe extérieure du cœur. L’endocarde est, en eÜTet, pour la sui’facc interne du cœur, ce qu’est, pour la surface externe de cet organe, le feuillet séreux qui vient d’être décrit ci-dessus.

J’ai dit qu’il importait beaucoup de bien connaître la membrane interne du cœur ou l’endocarde. On se convaincra facilement de cette vérité , si l’on réfléchit que les maladies de cet élément anatomique du cœur sont beaucoup plus communes qu’on ne l’avait cru jusqu’ici, et plus fréquentes, peut-être, que celles du péricarde luimême. Elles sont presque toujours méconnues à l’état aigu, et passent souvent à l’état chronique ; or , je n’exagérerai point en affirmantque les affections de l’endocarde ou de la membrane interne du cœur , sont le point de départ le plus ordinaire , la cause-mèrê ou génératrice la plus fréquente de ces nombreuses lésions organiques, soit des valvules , soit des parois et des cavités du cœur , naguère, et môme encore aujourd’hui, confondues entre elles sous le nom vague et banal d’anévrisme. Mais revenons à notre sujet.

ANATOMIE DU COEUR

Voici comment se comporte l’endocarde dans les cavités gauches du cœur : nousle prendrons à l’origine de l’aorte avecla membrane interne de laquelle il se continue, ainsi qu’avec célle des artères coronaires. Parti du point indiqué, l’endocarde se réfléchit autour des valvules sygmoïdes , pénètre dans le ventricule gauche, le revêt dans toute son étendue, se déploie autour des colonnes charnues, enveloppe les tendons de celles qui vont s’insérer aux deux lames de la valvule bicuspide, se dédouble en quelque sorte pour tapisser l'une et l’autre face de chacune de ces lames , revêt la face interne de l’oreillette gauche et de son appendice, et va se continuer avec la membrane interne des veines pulmonaires.

Dans les cavités droites du cœur, l’endocarde affecte la même disposition que dans les gauches. Né de l’originede l’artère pulmonaire, il se réfléchit autour des valvules sygmoïdesde cette artère, arrive au ventricule droit, le revêt dans toute son étendue, se comporte à l’égard de ses colonnes et de la valvule tricuspide, comme nous l’avons vu en parlant de son trajet dans les cavités gauches , va se ' déployer sur la face interne de l’oreillette di’oite et se continuer avec la membrane interne des veines-caves supérieure et inférieure ( il se continue aussi directement avec lamemhrane interne des veines coronaires du cœur, qui viennent, comme on sait, s’ouvrir dans l’oreillette di’oite) .

L’endocarde, à l’état normal, est blanc, demi-transparent, pellucide comme les membranes séreuses ; comme elles, il s’imbibe facilement, et de là cette coloration rouge que l’on rencontre si souvent à l’intérieur du cœur , dans des circonstances que nous essaierons de déterminer plus loin.

L’épaisseur de l’endocarde ne dépasse pas celle des membranes séreuses les plus fines, telles que l’arachnoïde, par exemple. Cette membrane est un peu plus mince dans les cavités droites que dans les gauches , dans les venlri-

description des tissus du COEUU.

cules que dans les oreillettes ; elle est sensiblement plus épaisse vers les orifices artériels et auriculo-ventriculàires que partout ailleurs ; aussi , dans les cas où 1 endocarde a été aflécté d’inflammation chronique, est-ce là que 1 OU rencontre, de la manière la plus prononcée, les alteiations anatomiques qui caractérisent celte maladie , au nombre desquelles il faut placer son épaississement et celui dés tissus cellulaire et fibreux sous-jacents. L'épaississement peut être tel , que l’endocarde ail acquis l’épaisseur d’uile membrane fibreuse. On peut souvent alors y découvrir plusieurs couches superposées, comme il arrive à la suite de l’inflammation des autres membranes séreuses. Il est évident , d’ailleurs , que de ces diverses couches , il n’en est qu’uîie, la plus profonde, qui appartienne en propre a l’endocarde ; les autres ne constituent réellement que des couches pseudo - membraneuses organisées. Ces fausses membranes ainsi organisées sont le plus ordinairement partielles, disséminées , et forment des taches blanchâtres , lactescentes, analogues à celles qu’il est si commun de rencontrer sur le péricarde.

Dans quelques cas, l’épaississement de l’endocarde ne dépend point de l’organisation de ces fausses membranes, de ces couches parasites dont nous venons de parler, mais bien , comme je le disais plus haut , de l’hypertrophie de la couche sous-jacenlé de tissu cellulaire. A l’étal sain, l’endocarde adhère si étroitement avec ce tissu cellulaire, qu’on ne peut l’en détacher que par très j)elils lambeaux, sur-tout dans les ventricules. Dans certains états morbides, auconlrairc , on sépare l’endocarde du tissu cellulaire sous-jacent au moyeu d’une traction très modérée, et ou l’enlève par larges lambeaux. Nous rapporterons de nombreux exemples de ce fait dans le cours de cet ouvrage.

Autour des valvules, les deux feuillets de l’endocai’de adossés l’un à l’autre, sont tellement adhérents, qu’il càt

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impossible de les séparer. Ils soûl en quelque sorte confondus avec rélément fibx-eux de ces mêmes valvules, et ne peuvent en être détachés que vers la base , là où iis s’écartent pour contenir entre eux la zone tendineuse ou fibreuse qui borde les orifices du cœur (i). A la suite de certains états pathologiques des valvules , les feuillets de l’endocarde qui concourent à leur composition s’épaississent, s’hypertrophient par le mécanisme qui a été indiqué plus haut.

' La surface libre de l’endocarde est d’un poli parfait à l’état normal. Mais, par l’elfet de certaines affections morbides, celte membrane peut devenir inégale, rugueuse et pour ainsi dii’e raboteuse. Cette sorte de dépolissement augmente nécessairement le frottement de la colonne sanguine qui traverse les cavités du cœur.

On» n’aperçoit ni l’amuscules vasculaires, ni filets nerveux dans la trame si fine de l’endocarde, à l’état normal.

On ne sait si l’endocarde sécrète , à l’instar du péricarde, un liquide séreux destiné à en lubrifier la surface interne. Gomme celle-ci est toujours en contact avec le sang, elle se trouve , en vertu de cette circonstance même, dans un éta.t perpétuel de douce humidité favorable au mouvement de la colonne sanguine.

§ V. Des vaisseaux et des nerfs du cœur.

Les artères du cœur naissent de l’aorte , immédiatement au-dessus du bord libre des valvules sygmoïdes; elles portent le nom de coronaires, et sont au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche. Leurs branches prin-

(i) Dans ce point, la membrane iulerne et la membrane externe du cœur sont ])icsquc en contact l’nue avec l’autre par leur face adlicrcnte. Cette pro.ximitc est une des raisons pour lesquelles l’inllammation du péricarde est si füuvcal accompagnée de celle de l’cudocardc, et rc'ciproquement.

DESClUr riüN DES TISSUS DU COEUR.

cipales se répandent sur toute la surface des ventricules , de la base au sommet , tandis que de petits rameaux seulement remontent vers les oreillettes.

Les veines du cœur sont à peu près ramifiées comme les artères, mais elles se réunissent ensuite en un tronc commun , connu sous le nom de grande veine coronaire, laquelle se dégorge dans l’oreillette droite. Plusieurs des branches veineuses du cœur s’ouvrent isolément dans l’oreillette indiquée, et constituent autant de petites veines coronaires ou cardiaques.

Les vaisseaux lymphatiques du cœur, très nombreux , suivent le trajet des vaisseaux sanguins , et se réunissent ensuite en deux troncs, dont l’un passe devient et l’autre derrière l’aorte.

Les nerfs du cœur viennent d’un plexus formé par des rameaux que fournissent les ganglions cervicaux du nerf trisplanchnique ou grand sympathique, auxquels se réunissent quelques filets du pneumo-gastrique. Ils ont été exactement décrits par Scarpa , qui a. démontré, de la manière la plus éclatante , que ces nerfs envoyaient de nombreux rameaux dans le tissu propre du cœur, ce que Behrends et d’autres anatomistes avaient nié.

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