I70 PHYSIOLOGIE ANORMALE DU COEUR
qui occupait cette fois Torifice aortique, dont les valvules étaient épaissies et criblées d’incrustations calcaires ou fibro-cartilagineuses, qui rendaient leur surface inégale et comme raboteuse.
Chez un ancien officier , coucbé au no 6 de la salle St- Jean-de-Dieu , qui mourut également d’une induration valvulaire avec rétrécissement , il exista, pendant tout le temps que le malade passa dans notre service , un bruit de scie qui se terminait par une sorte de ronflement aigu et comme métallique.
M. ** habitant de St-Germain, vint me consulter , dans le coui’ant de l’année dernière , pour une maladie du cœur , qui me présenta les signes les plus prononcés d’une induration valvulaire avec rétrécissement d’un orifice. On entendait très distinctement un bruit de soufflet qui devenait de plus en plus aigu et se terminait par un véritable sihilus.
Enfin, j’ai vu, l’an dernier, avec MM. les docteurs Gariel et Piorry , un jeune homme de douze à quatorze ans , chez lequel un rétrécissement de l’un des orifices du cœur coïncide également avec un très fort bruit de soufflet, qui se termine par un sifflement aigu , assez analogue au piaulement d’un jeune poulet.
Les faits qui viennent d’être cités prouvent , de la manière la plus évidente , que le sifflement musical du cœur n’est réellement autre chose qu’un degré plus aigu du bruit de soufflet. Il y a entre ces deux bruits la mêmfe différence qu’entre l’action de soujfler et celle de siffler, et tout le monde sait par quel mécanisme on passe de l’une à l’autre: et de même quon imite parfaitement Ife bruit de soufflet du cœur, en soufflant comme pour éteindre une bougie, ainsi on produit en sifflant le sibilus musical dont il est actuellement question, bien que cependant il soit plus facile encore de l’imiter par le jeu de la glotte.
BilUlirs ANORMAUX DU COEUR. I-JI
Ainsi que j’en ai fait plus haut la remarque, le bruit de soufflet peut effacer, absorber complètement l’un des deux bruits valvulaires ou tous les deux , ou bien , au contraire , ne pas les masquer entièrement. Il suit quelquefois immédiatement le claquement valvulaire , qu’il semble alors continuer. Nous avons observé dernièrement un bel exemple de cette particularité chez un malade , couché au n« 20 des salles de la Clinique. Un très léger bruit de soufflet accompagnait la systole ventriculaire. A ce premier bruit en succédait un autre plus fort , plus clair , plus sec , plus éclatant , parcheminé , sorte de claquement d’une forte soupape : ce dernier était suivi tout-h-coup et sans interruption d’un gros bruit de soufflet ou de fusée , de telle façon que toutes les personnes qui entendirent ce bruit mélangé de claquement et de souffle, le comparèrent à celui que produit une colonne de vapeur lorsque , après avoir soulevé avec claquement la soupape d’un corps de pompe , elle s’en échappe , en soufflant.
V explication ou la théorie du bruit de soufflet en général et de chacune de ses espèces en particulier , appelle maintenant toute notre attention. Les principales questions que nous avons à résoudre sont celles-ci .* 10 le bruit de soufflet du cœur est-il dû , constamment et dans tous les cas, à une seule et même cause ? Ne peut-il pas > au contraire , s’opérer sous l’influence de plusieurs causes différentes ?
2» Quelle est la cause unique et constante, ou quelles sont les causes diverses qui produisent le bruit de soufflet ?
3o Quelles sont les conditions qui déterminent telle ou telle espèce , telle ou telle nuance du bruit de soufflet ?
M. Laënnec , qu’il faut toujours commencer par citer et faire en quelque sorte comparaître toutes les fois qu’il