‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 59 sur 88 · SECONDE CATÉGORIE · texte numérisé non relu

SECONDE CATÉGORIE

OBSERVATIONS DE PÊRICAnDlTE DANS LESQUELLES LA MATIERE PLASTIQUE DE

l’épanchement passe peu a peu de l’État amorphe a l’état d’organisation CELLULEUSE OU CELLULO-FIBREUSE.

OBSERVATION 8e (l).

i4 ans, — Rhumatisme articulaire aigu. — Douleur dans le côte gauche , anxiété' , oppression. — Mort le quatorzième jour. — Une cuillerée de sérosité sanguinolente dans le péricarde avec exsudation pseudomembraneuse récente , commençant à s’organiser ; caillot fibrineux dans les cavités droites du cœur. — Épanchement pseudo-membraneux dans la plèvre. I

Un enfant de i4 ^ns, accusait cinq jours de maladie, lorsqu’il fut placé, le 26 octobre i834, dans le service de M. Baudelocque, à Tbopital des enfans. Né. d’un père rhumatisant, il travaillait au métier de cordonnier dans une boutique située au rez-de-chaussée.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre, il ressentit pour la première fois une vive douleur rhumatismale dans le coude-pied droit; le lendemain le coude-pied gauche se prit, et les jour'S suivants le rhumatisme s’étendit aux membres supérieurs. Le 3® jour, le malade s’alita et but du vin chaud. . ’

Le 5* jour, anxiété, dyspnée, douleur dans le côté gauche de la poitrine; 64 inspirât; i36 puisât.

Saignée du bras.

27, 6® jour. Fièvre vive; anxiété; gonflement des articulations; persistance de la douleur dans le côté gauche; respiration courte, incomplète; ni égophonie , ni bronchophonie.

Nouvelle saignée ^ onces’, fricl, avec baume, tranq.

(i) Lancetta Française, n. du i4juia i834.

28. Pouls à 124; 3G liispir. ; cxleusion des douleurs : le plus l^ger mouvement aiTAclie des cris au malade.

Tartre, slibié^ 4 dans une pot. aromat.

2g. Un vomissenaent et trois selles liquides {^continuation de t' émet

3o. 3i. Peu de changement {éniét. , 6

1*^' novembre. Amélioration notable; pouls à 100, respir. à 28 [même prescription. — houill. coupé.)

2 et 3. La douleur du côté gauclîe à disparu [même prescrip.),

4. Exaspe'ration delà (ièvi’e etdes douleurs [on continue Vémét.j et on supprime les houill.).

5. Les selles diarrhéiques persistent; les douleurs articulaires sont nulles à l’état de repos ; poi^ls régulier , à 120; V état du malade parait meilleur. — Mort à midi.

Autopsie cadavér. 22 heures après la mort.

Le péricarde contient une petite quantité de sérosité sanguinolente ( uno cuillerée ii café environ); mais les deux feuillets de cette membrane adhèrent entre eux au moyen d’une exsudation pseudo-membraneuse, de formation évidemment récente, etpréseulant à peine quelques traces d’organisation. — Caillot fibrineux dans les cavités droites du cœur ; sang liquide dans les gauches.

Une exsudation albumineuse récente recouvre la plèvre diaphragmatique gauche, ainsi que la base du poumon correspondant, lequel ne présente aucune autre lésion, si ce n’est un très léger engouement à son bord postérieur. Même engouement et quelques adhérences du poumon droit ( au sommet de celui-ci, excavation tuberculeuse cicatrisée , tapissée d’une membrane carlilagî-' neuse).

Rougeur générale et ])eu vivo de la muqueuse gastrique avec épaississement; légère diminution de la consistance de celle membrane; teinte rosée du duodénum ; rougeur vive dans la nipilié inférieure de riulesliu grêle,

SECONDE CATÉG. d’OBSEUVAïJONS DE PÉniCARPI'fli:. 363

avec diminution de la consistauce- de la muc|ueuse. Dans toute V étendue de l'iléon, on aperçoit une muUitude de petites saillies ombiliquées , oj}rant l' aspect de ciyptes ulcé.-rés ou de pustules varioliques [i].

Foie, rate et reins gorgés dq. Rflg ( ^),

OBSERVATION .Qt (3J.

1 2 qns. — Rhu^qatisipe arliçulqire qigu. — Douleur vive dans la rc’gion du cœur avec battements tumultuciix de cet bVgàrie j pbuls Urc'giilicr ; cloutTemcnt} syncopes j Ic'gère infiltration des pieds et des mains, —Mort le vingt-unième jour. — Fausses membranes encore molles , rugueuses, arc’olçes 5 se'rosild trouble dans le péricarde. — Adhcretipps aQclepqps à la partie postérieure du cœur. — Cavités du cœqt tlUatéfiS! et fcmpliçs dc sapg çoagulp.

Virginie Gobelin , âgée de 12 anp , d’une assez l'orle çoaslitulipn , née d’une mèrp rlminalisante , éprouva, h

fi) On doit rapporter ces lésions à l’emploi du tartre slibié. Elles ont été depuis long-temps signalées par divers observateurs qui ont ’clodié avec bonne foi et sans prévention les effets divqrs du tartre Slibié à'baulc dose. J’ai moi-même eu l’occasion de les rencontrer . soit çjiçî. l’ii.omme, sj';t chez les animaux auxquels j’avais administrCiL’étoétiquc.à haute dose. D’ailleurs, je me borne à constater ce fait et jç lic discute pojint en ce moment la valeur du tartre stibié''commc moyen antiphlogisticjuc.

(2) L’auteur de celte observation dit que la .pcricardilc a cle complètement latente pençlaiil le temps qiie lepnaiti<lç à ç'uf- soainis à son e^çpioration. U n’y av^it, ajoule-pil , pj ^ajllip apormnlç de la région pre'pordiale , ni irrégularité , ni intermittence du pouls. Rien n'est plus s'ague que celle expression de latente. *rcllé maladie cjui était lalentcï] y a un siècle, il y a dix ans , il y a un mois , cesse de l’être aujourd'hui par l’effet du progrès dans Vart ddobiewer. Il n’est pas absolument nécessaire qu’qpe péricardite , pour n’étre pas latente , spjf accompagnée d’une voqssufe de la région précordiale , d’irrégularité et d’inlcrmiltcnce du pouls. Ap|)lirjuons-nous chaque jour davantage à l’cxploralipn coinplète des organes cl des fonctions , et nous verrons devenir de plus en plus rares les egs do phkÿmasies latctifes.

(j) Lancette Française, u, llu 23 QOlobs'ç i534-

364 MALADIES DU COEUR EN l^ARTICULIER.

l’âge de onze ans, une première atleiule de rhumatisme articulaire, qui la retint au lit pendant six semaines, et pendant le cours de laquelle elle éprouva de vives douleurs à la région précordiale.

Depuis cette époque, gêne habituelle de la respiration, palpitations intenses après le plus léger exercice.

Le 17 septembre i834, il se déclare, sans cause connue , une nouvelle attaque de rhumatisme articulaire aigu. Le 20, une vive douleur se manifeste à la région précordiale, avec grande gêne de la respiration et'augmentation de la fièvre. Aucun traitement actif n’avait été fait lorsque la malade fut admise, le 22, dans le service de M. Guersent.

a3. Anxiété, face pâle et violacée; douleurvive à la partie antérieure du thorax ; battements tumultueux du cœur; i4o puis, de l’artère radiale ; 62 inspirations. Absence complète de toux; bruit respiratoire et sonoréilé comme dans l’état normal (le sou est seulement un peu moins clair à gauche qu’à droite) ; gonflement sans rougeur des articulations libio-tarsiennes.

Saignée de 12 onces; i5 sangs, sur la rég. du cœur; calapl. sinap. sur les articul. mal.; calapl. émoll. rég. précord.

Page 1