‹ Traité clinique des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 61 sur 88 · Nouvel accès de dyspnée. (i5 now. sangs, régi précoî'd · texte numérisé non relu

Nouvel accès de dyspnée. (i5 now. sangs, régi précoî'd

3o. La malade est obligée de se tenir sur son séante quelques vomlturitions ; cessation des douleurs articu-* laires; 4^ inspir.; 128 puis., petites, ix'régulièi'es. [T^ésicat. sur r art. du coude , dans le but de fixer Vajffeciion rhumatismale. )

Jusqu’au 7 octobre, jour de la mort, les accidents dyspnéiques pei’sistent; des syncopes ont lieu à des intervalles plus ou moins rapprochés; les extrémités se refroidissent, prennent une teinte violacée; les maiais et les pieds s’infiltrent; le pouls devient filiforme; la voix s’éteint. La malade conserve jusqu’au dernier moment l’exercice de ses facultés intellectuelles.

Le 3 octobre , un xèsical. de cmq pouc. de diam, est appliqué sur la rég. prccord.; deux xésicat. aux cuisses; douze grains de calomel en six paquets. C premières prises sont rejetées par le 'vomissement ; les 'vésicat. ne produisent qu'une légère rubéfaction de la peau.)

Autopsie cadavérique 24 heures après la mort.

1 “ Habitude extér. — Thorax bien conformé ; pas de saillie à la région précordiale; pas de matité notable à cette région (i). Les deux articulations radio-carpiennes contiennent des flocons albumineux , sans aucune goutte de liquide; la synoviale est sèche et sans rougeur.

2° Org. circul. et respir, — Le cœur et son enveloppe se présentent sous la forme d’une masse ayant le volume des deux poings d’un adulte. Des fausses membranes de récente formation unissent la face externe du péri-

(j) Cette circonstance est bien extraordinaire, quand on refldchit à i’e'norme volume du cœur et du pc'ricarde dont il est question plus bas.

3liG MAJLADTES DU COEUU EN PAETIGUEIER.

carde au médiastin. Une once environ de sérosité trouble dans la cavité du péricarde, dont la face interne est tapissée de fausses membranes molles, d’un blanc légèrement jaunâtre, faciles à enlever avec le dos du scalpel ; dans quelques points ces fausses membranes sont hérissées d’aspérités nombreuses, ce qui leur donne de la ressemblance avec l’estomac des ruminants t

ïouie Ja partie postérieure du cœur adhère intimement au péricarde à l’aide de fausses membranes anciennes, qu’on ne peut rompre que par d’assez fortes tractions.

Le cœur a deux fois le volume du poing du sujet; toutes ses cavités sont dilatées et remplies de sang coagulé ; son tissu offre la couleur et la consistance normales.

Engouement séro-sanguinolent des poumons ; du reste, pas de tuberr ules, pas d’hépatisation. Il u’existe ni épanchement dans la cavité dés plèvi'es, ni exsudation pseudomemhraneuse à leur surface.

RÉFLEXIONS

Le fait que nous venons de rapporter, intéressant sous plusieurs points de vue, i’estpavticulièrement sous le rapport du diagnostic. En effet , il nous offre une péricardite à peu près complètement dégagée des graves complications que nous avons rencontrées dans presque toutes les précédentes observations. On peut, par conséquent, considérer comme appartenant à la péricardite , les divers troubles de la circulation', de la respii’ation et de 1 innerva tibn , qui ont été notés pendant le cours de la maladie.

Il existait bien , à la vérité, dans ce cas, comme aussi dans le précédent, une compllcatioti que nous n avions pas encore signalée dans les observations jusqucs-là rap-

SECONDE CATÉG. d’oBSER VATIÜNS DE PÉRICARDITE. 867

portées, savoir, im rliiimatisme articulaire aigu ; mais on ne saurait confondre les signes bien connus de cette maladie avec ceux d’une péricardite.

Ce qui doit nous surprendre dans le récit du cas précédent, c’est qu’on ait insisté sur l’absence de tout signe fourni par la percussion et l’auscultation, lorsqu’il était physiquement impossible qu’il n’existât pas quelque signe de cette espèce. Il est fâcheux de rencontrer de pareils faits négatifs. Il n’y a que des observateurs profondément versés dans l’art du diagnostic , qui sachent réduire à leur juste valeur le.s cas de ce genre; mais le vulgaire , incapable de bien apprécier les choses , estime souvent les faits mal observés à l’égal des faits marqués au coin de la plus saine observation, ne distingue point cette fausse monnaie de la bonne , et flottetincertain au milieu de cette foule de faits contradictoires qui se disputent en quelque sorte son aveugle conviction.

OBSERVATION 10*’ (l).

a4 ans. — ■ Pleuro-inieumonie , d’abord à droite, puis à ganclie. — > — Quinze jours après , sympLômes d’une violente péricardite. — Mort vers le vingt-cinquième jour après le début de cettt dernière. — Épanchement de pus et de sérosité' trouble dans le péricarde ; fausse membrane aréoléej trois tumeurs übro-carlilagineuses au-dessous du feuillet séreux

du cœur. — Rougeur de la membrane interne du cœur et de l’aorte.

Sang coagule dans le cœur.

Un imprimeur en taille-douce, âgé de 24 ans, ressentit, dans la matinée du 9 doût 1S22 , au-dessous du sein droit, une vive douleur, qui àugmeuiâit par la toux, le mouvement et les grandes inspirations. Le ro, cette douleur persista.

(:) J’emprunte cette observation à M. le professeur Andral, qui l’a publiée dans la Clinique J^Iedicale. Je l’ai seulement un peu raccourcie.

Le n , troisième jour, nous vîmes le malade pour la première fois! la douleur n’avait pas diminué j la respiration était gênée; le malade toussait souvent, et avait commencé à expectorer depuis quelques heures des crachats visqueux et rouillés. Eu avant des deux côtés, la respiration s’entendait forte et nette; à droite latéralement , et en arrière un peu au-dessous de l’épine de l’omoplate, il y avait du râle crépitant; partout ailleurs la respiration était faible, iSais nette; nulle part le son n’était mat. Le pouls était plein, très fréquent, la peau chaude.

La rate se sentait au-dessous du rebord des côtes, et descendait jusque près de l’ombilic; le foie se sentait aussi dans l’hypochoudre droit , dans l’étendue de deux ou trois travtrs de doigt au-dessous des côtes ( i).

Diagnostic. Pleuro-pneumonie.

Saignée de douze onces, tisanes émollientes.

Dans la journée le point de côté augmenta.

Dans la matinée du quatrième jour, la douleur était très vive ; le malade n’avait expectoré que trois ou quatre crachats transparents, rouillés et très visqueux. Il toussait peu; l’oppression était considérable; le pouls très fréquent, dur; peau brûlante.

Saignée de seize onces.

Cinquième jour, la douleur était plus vive que jamais. Le malade ’n’osait ni tousser, ni respirer, ni se livrer au moindre mouvement, de peur de l’exaspérer; elle rendait la percussion impraticable.

Trente sangsues sur le côté droit; boissons et lavements émollients.

Le point de côté diminua pendant l’application des sangsues ; le lendemain matin sixième jour, il ne se fal-

(i) Le mnladc avait en une fièvre quarte qui dura six mois.

SECONDE CATÉG. d’oBSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 369 sait plus sentir que pendant la toui : d’ailleurs même état.

Vésicatoire sur le côté droit.

■ Dans la matinée du septième jour , la peau était encore moite; la respiration était sensiblement plus calme, la parole plus libre; le râle crépitant était mêlé des deux côtés au bruit naturel de la respiration ; les crachais , épaissis , ressemblaient à ceux de la bronchite chronique ; la fréquence du pouls n’avait pas diminué.

Cependant, en même temps que les symptômes de la pneumonie s’amendaient , de nouveaux accidents menaçaient de se déclarer : les idées du malade s’étaient troublées depuis la veille; l’expression des yeux annonçait le déîire.

Trente sangsues furent appliquées sur le trajet des jugulaires (yinleUigeuce reprit bientôt son intégrité).

Du huitième au douzième jour , l’état du malade s’améliora de plus en plus.

Le douzième jour , l’abdomen et le thorax se couvrirent d’une foule de petites vésicules miliaires, transparentes, coniques, surmontant une très petite plaque rouge (1).

Le quinzième jour, desquamation de l’épiderme. [Bouillon et crème de nz.)

Dans la soirée du quinzième jour , le malade fut pris tout-à-coup d’une douleur déchirante à la partie inférieure du sternum. Il lui semblait que sa poitrine était comme fortement serrée par un étau. Il passa la nuit dans I un étal d’anxiété extrême.

j Dans la matinée du seizième jour, cette douleur , cette j sensation de serrement persistaient.

L’oj)pression avait reparu plus forte que jamais ; la resi piration était courte, inégale, la parole haletante. Le

(>) Le malade avait eu presque tous les jours des sueurs aboudautes,

pouls avait repris une extrême fréquence; on le déprimait facilement . Les traits de la face avaient subi une altération sensible ; cependant le bruit de la respiration s’entendait aussi bien que les jours précédents; il était même plus intense. Les battements du cœur ne présentaient rien d’insolite. On soupçonna l’invasion d’une péricardite.

Saignée de douze onces, (Le sang offrit une couenne épaisse.)

Le lendemain , dix-septième jour de la pneiütlonle et troisième jour de la péricai'dite, le sentiment de constrictionde la poitrine n’existait plus; la douleur avait abandonné le sternum et s’était portée à la région ])récordiale; elle augmentait parle décubitus à gauche. La respiration était plus libre, l’anxiété générale moins vive, le pouls avait perdu sa grande fréquence.

Les jours suivants , la péricardite prit de plus en plus une marche chronique; la douleur était très obtuse; le malade ne sentait de l’oppression que lorsqu’il se livi'ait à quelque grand mouvement. La fréquence du pouls était médiocre; des sueurs avaient lieu chaque nuit. Bientôt le son devint très mat à la partie antérieure gauche du thorax , depuis le bas du sternum jusqu’un peu au-dessus de la mamelle ; les forces , qui s’étaient si promptement rétablies , se perdaient de nouveau; la face était bouffie et très pâle; le bruit respiratoire continuait à être obscurci par un peu de râle crépitant en differents points. Dans cet état , le malade voulut quitter l’hôpital ; il y rentra au bout de trois jours (i6 septembre), et expiia

deux ou trois heures après.

Une demi-pinte environ d’une sérosité trouble , puis d’un pus blanc et épais, s’échappe à l’ouverture du péricarde : prodigieusement distendu, ce sac membraneux avait refoulé le poumon , et le cœur n’occupait plus qu’une très petite partie de sa cavité. La surface libre de la

SECONDE C VTÏ5G. d’obSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 87 1

membrane séreuse du péricarde était uniformément recouverte par une fausse membrane blanche , de deux à trois lignes d’épaisseur , présentant im grand nombre de petites aspérités assez semblables à celles de la panse des ruminants ; au-dessous de cette fausse membrane , la séreuse avait conservé son aspect naturel. Dans trois points de son étendue, la portion de séreuse qui recouvre le cœur en était séparée par une tumeur, du volume d’une noix , offrant tous les caractères du tissu fibro-cartilagineux ; chacune de ces tumeurs avait poussé au-devant d’elle la membrane séreuse, et faisait saillie à l’intérieur de la cavité du péricarde. Le cœur ne contenait qu’une petite quantité- de sang noir h moitié coagulé 5 sa surface interne était d’un rouge intense. Cette rougeur existait aussi dans l’aorte , vide de sang , jusque yors le milieu de sa portion abdominale ; là elle diminuait, n’existait plus que par plaques , puis disparaissait entièrement un peu avant la bifurcation de l’artère.

Les poumons , go/gés de sang , étaient partout perméables à l’air. Dans plusieurs points, spécialement à la partie postérieure du lobe supérieur du poumon droit , et vers la partie moyenne du gauche , leur tissu se déchirait avec une extrême facilité.

RÉFLEXIONS

L’examen attentif des altérations constatées après la mort, ne permet guère de douter qiie la péricardite aiguë à laquelle le malade a succombé n’ait été précédée d’une autre affection du même genre, sur l’origine précise de laquelle aucune des circonstances rapportées dans cette observation ne saurait nous éclairer. On ne peut raisonnablement , en effet , considérer les grosses turaeui's fi- I bro-oarlilaglneuses rencontrées au-dessous du feuillet t ' cardiaque du péricarde, comme un effet de la dernière pé-

ricardite , dont la durée n’a été que d’uue vingtaine de jours.

Avant que l’épanchement n’eût éloigné l’une de l’autre les surfaces opposées du péricarde, les tumeurs qui soulevaient le feuillet viscéral de cette séreuse devaient exercer un frottement considérable conti’e le feuillet pariétal, et ce frottement, si j’en juge par quelques faits analogues que je rapporterai plus loin, était proba-blement accompagné d’un bruit particulier.

L’instantanéité avec laquelle la péricardite a pour ainsi dire fait explosion , ne nous autorise pas à lui donner pour cause déterminante le frottement qui s’exercait nécessairement contre les faces opposées du péricarde pendant les mouvements alternatifs du cœur; mais cette circonstance a pu seconder l’action de la véritable cause occasionelle , quelle qu’elle soit.

Dans l’observation suivante, la péricai'dite a été suivie de l’exsudation d’une fausse membrane qui présente quelques cai’actères dont il n’a pas été question dans les cas précédents (i).

Jeune homme de 17 ans. — Chancres vénériens. — Pendant le cours du traitement , symptômes d’inflammation de poitrine. — Mort à une époque indéterminée. — Sérosité trouble et rougeâtre dans le péricarde; concrétions pseudo-meniLraueuses , offrant sur le feuillet qui revet le cœur l’apparenoe de végétations fongueuses et découpées en crête de coq.

Henri Meunier, domestique, âgé de 17 ans, fut admis à riiopital des vénériens , le 3o mars i8ti ; il était affecté de chancres sur le gland et sur le bord libre du prépuce , avec inflammation de cette dernière partie. Après

(i) Cette observation est de M. Berlin ; elle a clé publiée dans le Traité%^ des maladies du cœur sous le n* i.xv . J|H

SECONDE CA-TÉG. d’OBSERV A TIONS DE PÉRICARDITE.

vingl-quatre jours de traitement, le chirurgien en chef le fit passer à l’infirmerie de médecine. Ce jeune homme éprouvait alors une toux sèche et fréquente et des douleurs vagues vers le côté droit de la poitrine; il existait des nausées et un état saburral de la langue. Le médecin, qui nous remplaçait ce jour-là , prescrivit l’émétique et des boissons délayantes et calmantes. Deux jours après , tous les symptômes s’étalent aggravés. La douleur ayant semblé se fixer sur un seul point de la poitrine droite, on y appliqua un vésicatoire, qui ne parut produire d’autre effet que de disséminer la douleur et la rendre plus générale. Les accidents augmentèrent d’intensité. Le soir, et pendant lanuit, la dyspnée devint extrême, accompagnée de la plus vive anxiété et de l’impossibilité presque absolue de rester deux minutes’de suite dans la même position. La toux, devenue plus fréquente, prit un caractère convulsif; l’expectoration était plus abondante et purifo'rme ; le visage devint boulfi ; une œdématié générale apparut, et le malade, dont le pouls fut constam- .rnent petit et convulsif, ne tarda pas à succomber.

Autopsie cadavérique, La plèvre costale, presque dans tous les points, adhérait avec la plèvre pulmonaire par de fausses membranes sèches et qui paraissaient anciennes.

Le péricarde était distendu ]»ar une sérosité trouble etrougeâtre. La membrane séreuse, épaissie et de couleur rosée, était recouverte de concrétions molles, rougeâtres, et s’enlevant avec une extrême facilité: sur le feuillet qui revêt t le cœur, des concrétions très grosses, longues , avaient l’apparence de végétations fongueuses, et quelques-unes étaient découpées en crête de coq; on aurait pu croire, au premier abord , que ces concrétions albumineuses 1 faisaient corps avec le tissu du cœur , ou du moins avec ! sa membrane, et étaient comme identifiées avec elle ; ! mais on les enlevait facilement et sans produire de ' solution de continuité, au moyen d’une légère traction , et

l’on apercevait alors au-dessous la^séreuse rougeâtre, trois a quatre fois plus épaisse que dans l’état naturel. .En inr.i- . saut celle-ci , on distinguait parfaitement la ligne de dé- y marcalioii qui la séparait des fibres charnues du coeur, lesquelles étaient tont-à-fait saines.

RÉFLEXIONS

L^existence d’une affection vénérienne chez ce sujet, qui a présenté des végétations découpées en crête de coq, ne nous paraît avoir exercé aucune influence sur celte particularité de la péricardite. On trouve, en effet, de pareilles productions chez des individus qui n’ont jamais eu aucun mal vénérien.

Il me paraît curieux de. placer à côté de cet exemple de végétations pseudo-membraneuses disposéesen crclc de coq,lefaitsuivant relatif à des végétations ou granulations analogues à des poireaux ou à des choux-fleurs, développées sur le péricarde d’un mouton.

Le 28 juin étudiant en médecine a3'ant

aperçu à la porte d’un boucher un cœur de mouton qui lui sembla dans un état pathologique, me l’apporta pour en faire l’examen.

Les deux oreillettes, à l’extérieur, étaient d’un rouge vif, tachetées et hérissées de nombreuses granulations ou végétations, d’unblanegrisâtre, analogues à des poireaux ou là des choux-fleurs, assez molles, et s’enlevant à l’instar tic granulations pseudo-membraneuses.

Point de sang dans les ventricules ni dans les orelllelles. Blancheur de la membraue lulerncde l’aorte et de l’artère pulmouaireainsi que dos valvulesgauclrcs; un jieude rougeur aux droites. Surface inlerue du ventricule gauche d’un rOuge pointillé, tachetée comme la surface externe <Ics oreillettes, recouverte d’une légère couche d’un liquide tenu, blanc grisâtre, iuûltré dans le réseau des colonnes j

SECONDE CATÉG. d'OBSERVATIONS DE PÉRIGAUDITE. 3j5

charnues, ressemblant à du véritable pus. J’ai, avec assez de facilité, détaché la membrane au moyen d’une pince, et j’ai enlevé le feuillet qui se réfléchit sur les valvules aortiques. J’ai enlevé aussi d’assez grands lambeaux de la membrane qui tapisse le ventricule droit ; elle était moins épaisse que celle du gauche^ et n’était pas, comme cette dernière, recouverte d’un liquide puriforme.

0BSERV4ÏI0N

Féinme de 28 ans. — Rhumatisme articulaire aijju. — Anxie'lé ; oppression 5 douleur dans la région du diaphragme ; fièvre très vive. — Mort vers le vingt-unième jour après le début. — Fausses membranes à demior^ai^isées dans le f^çricardc j adhérences récentes de la plèvre droite et de la plèvre diaphragmatique; splénisation do poumon droit. — Gonflement énorme du foie.

Le 12 janvier i833, une femme de 28 ans, bien réglée et d’une bonne constitution, fut admise à la Clinique (no i3, salle Sainte-Madeleine). Elle était fille d’une mère très sujette aux affections rhumatismales.

Depuis huit jours, cette jeune femme était atteinte d’un rhumatisme articulaire aigu qui avait rapidement envahi la plupart des articulations, et qui était accompagné d’une fièvre violente. Au moment de l’entrée, les membres inférieurs et supérieurs étaient pris dans presque toutes leurs articulations; tout le corps était d’ailleurs tellement douloureux,. que le moindre mouvement, le moindre déplacement était impossible; ce qui ue nous permit pas d’examiner- convenablement la poitrine au moyen de la percussion et de Ta uscul talion. La base delà poitrine était le siège d’une douleur particulière; il en était de même de la région épigastrique , et celte dernière douleur augmentait dès que la malade avalait quelques gorgées de boisson. ,

Venu cbaude , sudorale; pouls à 120 pulsations jiar minute.

3;G MALADIKS du coeur EW PARïlCULlEK.

I’resckiptiojn. Deux saignées dans la journée; eau de guini. édulc.; lavent. émolL; diète.

i3 et i4- Peu de changement; visage triste, grippé', parole basse, brève, entrecoupée, expirante; la douleur de la base de la poitrine est plus prononcée à droite; la respiration est haletante ; sueurs très abondantes; corps couvert de sudamina et exhalant une odeur fade , désagréable, nauséabonde.

Diagnostic. Le rhumatisme est probablement compliqué d’une pleurésie siégean t particulièrement sur le diaphragme') ( La douleur et l’immobilité de la malade ne nous permettent point l’exploration de la poitrine).

Le caillot de la double saignée de la veille est recouvert d’une couenne ferme, épaisse, et relevé sur ses bords.

Prescription. Une nouvelle saignée ; 20 sangs, sur la poitrine ; catapl.

15. La malade est beaucoup mieux: elle ne souffre plus qu’au genou droit; les sueurs ont cessé et avec elles l’odeur signalée plus haut; respiration plus facile; pouls moins fréquent et moins dur, toujours régulier; ingestion des boissons encore douloureuse; constipation.

16. La malade est moins bien que la veille; physionomie exprimant la douleur; pouls plus fréquent; l'espiration plus gênée; endolorissement général; retour de la sueur et de l’odeur fétide.

Prescription. — Nouvelle saignée.

t8. La malade se trouve mieux; cependant la respiration est toujours accélérée ainsi que la circulation; la soif continue, mais la malade souflre à peine quand elle boit; la constipation persiste malgré les lavements.

U). L’amélioration se soutient.

20. La malade a reposé et ne paraît passe trouver plus mal ; néanmoins le visage est altéré; la fièvre persiste ainsi que l’oppression; tout le corps est d’iine exquise seusibi-

SECONDE OATÉG. d’OBSEEVATIONS DE PÉRICARDITE. 377

lité, ella malade ne veut pas permettre qu’on lui imprime le moindre mouvement; langue sèche, écailleuse.

• 21 7.2 . Fades toujours mauvais; prostration; lan-

gue aride , comme grillée à son milieu; pouls et mouvements l’espix'atoires accélérés ( la poitrine résonne en avant , seule région que nous puissions explorer).

Cette aggravation des symptômes, que rien n’avait pu nous faire prévoir, s’est manifestée à la suite d’une visite des parents et de vives contrariétés.

Prescription. Vésicat. aux moU.; le reste, ut suprà.

23. A peu près même état. — Les vésicatoires n’ayant pas pris , on les applique de nouveau.

24. L’expression du visage est un peu meilleure ; pouls fréquent, vif; langue humectée ; plusieurs évacuations alvines précédées de coliques et de secousses dans le basventre.

25. Rougeur des pommelles; sueur à la face; lèvres et dents sèches , fuligineuses ; langue assez humide; nouvelles évacuations alvines ; pouls à 116; un peu de délire ; douleur dans l’hypochondre gauche ; le ventre est légèrement ballonné ; odeur fétide. La partie postérieure de la poitrine ayant été rapidement auscultée, la respiration vésiculaire y a été trouvée très obscure.

La malade expire dans la nuit.

Autopsie cadavérique 3o à 36 heures après la mort (le froid étant modéré).

\ O Habitude extérieure. — Demi-marasme, rigidité des articulations ainsi que des parties molles, qui sont comme condensées parle froid ( la graisse sous-cutanée en particulier). Les articulations de l’épaule, de l’avantbras, du genou, du coude-pied , ont été examinées avec soin, et on n’a rencontré ni pus dans leur intérieur, ni rougeur, ni tuméfaction des parties environnantes. On trouve à peins quelques traces de synovie (la résolution,| était complète).

3^8 maladies dü coeur ejs particulier.

Une escarrhe de la largeur de la paume de la main dans la région du sacrum. Les tissus sont mortiüés, noirs, médiocrement humides , dans une épaisseur de trois a quatre lignes.

20 Organes circul. et respirai. — La percussion donne un son mat à droite ^ depuis la quatrième ou cinquième cote jusqu’à la dernière. La poitrine résonne bien du côté opposé. Le poumon droit est refoulé par le foie jusque vers la quatrième ou cinquième côte. Le foie , en même temps qu’il remonte ainsi du côté de la poitrine, descend jusque vers la crête iliaque. La plèvre costale droite adhère de toutes parts avec la plèvre pulmonaire et diaphragmatique. Ces adhérences ont lieu au moyen d’un tissu lamineux, blanc, mou, fraîchement organisé et à peine vascularisé. On ne l’pncontre aucun vestige d’épanchement. Le poumon droit est engoué dans presque toute sou étendue , mais surtout dans son lobe inférieur, qui est splénisé et ne crépite plus. La plèvre et le poumon du côté gauche n’offrent aucune altération remarquable.

Le péricarde ojfre a l’extérieur quelques adhérences encore récentes avec la plèvre gauche qui l’ avoisine. Il est recouvert intérieurement , dans toute son étendue , d'une J'ausse membrane , d'un aspect inégal, réticulé , qui rappelle celui de la langue du chat. Toute la surface externe da coeur est enveloppée de cette fausse membrane , qui est molle , blanche et se détache facilement du feuillet séreux qu elle recouvre. Elle est mince et sur le point de passer à l'état d’organisation, surtout a sa face adhérente. Il n’y a qu’une médiocre injection au-dessous d'elle. I^e diapht'agme adhère au péricarde et avec la face convexe du foie par des fausses membranes récentes , semblables h celles dont il a été question en deci'ivant l’état du coté ^roit de la poitrine. Tl n’existait presque aucune goutte de liquide dans fe péricarde , non plus que dans les aréoles

SECONDE CATÉG. d’OBSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 3 79

des productions pseudo-membraneuses. Celles-ci ii’ exhalaient aucune odeur fétide.

Les cavités di’oites du coeur étaient remplies par des caillots de sang, adhérents , assez denses et décolorés en partie; là où ils n’étaient pas parfaitement décolorés, ils offraient , quand on les déchirait , l’aspect de la chair musculaire. Le ventricule gauche contenait aussi une concrétion blanchâtre , alongée, moins volumineuse que celle du ventricule droit. La membrane interne du coeur offrait sa blancheur accoutumée. Les orifices et leurs valvules étaient à l’état normal. Le tissu du cœur ne nous a offert aucune altération notable.

Le système vasculaire, en général, contenait peu de sang. Il n’existait ni rougeur ni aucune autre espèce d’altération appréciable, soit dans l’aorte , soit dans la veine cave. Nous avons examiné les artères et les veines d’un des membres inférieurs sans y trouver la moindre lésion.

Organ. digest. — La langue, le pharynx et l’œsophage sont blancs, pâles, décolorés. L’estomac, distendu parles liquides qu’il contient, occupe un espace beaucoup plus étendu que dans l’état normal, etc., etc.

Jcuae fille de 18 ans. -i- Maliie dans une grande dtendue de la re'gign pvccoi'dialc ; bruits du cœur tilaignes , ol?|curs • souffle pendant le premier bruit du cœur, lequel .donne pendauUsa systole la sensation d’une gross» masse dure. — lV|ort vers le vingt-cinquième jour après le début. — Fausses membranes épaisses , les unes encore amorphes, les autres orgaidsées , réunissant les feuillèls opposés du péricarde. — Concrétions sanguines dans les cavités droites. — Épaississement, adhérence etratatinement de la valvule mitrale, avec végétations sur son bord libre. — Rougeur des valvules aortiques.

Une jeune fille, nommée Boyer, âgée de 18 ans, d’une constitution délicate et scrofuleuse , fut admise à la Clinique (salle Sainte-Madeleine, n« i4) ? le 22 décembre

38o MALADIES DU COEUR EN ÏARTICCLIER.

i832. Elle nous était recommandée par M. le docteur Jules Pellelan : elle toussait depuis une quinzaine de jours, expectorait en abondance des matières muqueuses et se plaignait d’oppression et d’un malaise général. La malade n’avait point eu les jambes enflées , et malgré la faiblesse de sa constitution , elle se portait assez bien avant la maladie dont elle fixe la date ainsi qu’il a été dit. Elle n’était pas encore réglée.

Râle muqueux, à grosses bulles, dans les deux côtés de la poitrine, surtout en arrière; oppression telle, que la malade est obligée de se tenir assise dans son lit.

Pouls petit, de 120 à i3o puis, par minute; visage violacé.

En auscultant la poitrine en arrière, vers la pointe du scapulum gaucbe surtout , nous fûmes surpris d’entendre très distinctement un bruit de souffle très brusque , pendant la contractiori ventriculaire. Le second bruit du cœur ne se faisait pas entendre nettement dans cette région. Le bruit de soufflet existait, à un très haut degré, dans la région précordiale; là on distinguait facilement les deux bruits du cœur, et malgré la fréquence des ballemenls du cœur, on pouvait reconnaître que le bruit de soufflet appartenait spécialement à la systole ventriculaire, et qu’il masquait le premier bruit du cœur.

Diagnostic. — Bronchite générale avec engouement des poumons. Épaississement commençant des valvules du cœur, avec léger rétrécissement d'un orijwe ?

L’époque récente de la maladie, l’absence de tout indice d’une maladie dite organique du cœur, antérieure à l’affection actuelle, laissèrent toutefois dans notre esprit quelque doute sur la véritable lésion qui produisait le bruit de soufflet.

Prescription. Une saignée de deux palettes ; tisane, héch,; looch hlanc ; diète.

SECONDE GATÉG. d’OBSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 38 l

Le lendemain , la malade se disait un peu soulagée. On prescrivit l’application de deux ventouses scarif. k la partie postérieure de la poitrine.

Il y avait un peu d’amélioration, lorsque, tout-à-coup, le 3i décembre, la suffocation devint tellement forte , que la mort était imminente. Les bruits et les battements du cœur étaient confus, tumultueux : il nous sembla que les bruits étaient plus lointains qu’à l’état normal; ils étaient obscurs, voilés; les battements du cœur euxmêmes paraissaient éloignés : cependant la main appliquée sur la région précordiale sentait au-rdessous de celte région , comme une sorte de masse qui venait la frapper durement dans une grande étendue.

Il existait de la matité dans une étendue à peu près égale à celle de la main.

La mort arriva dans la journée.

Autopsie cadav. i8 heures après la mort.

10 Habit, extér. — Raideur cadavérique assez forte; peau décolorée; point d’infiltration; embonpoint encore assez mai’qué.

Organ. circul. et respirât. — Le cœur, enveloppé du péricarde , offre un volume presque double de l'état normal, augmentation de volume qui tient en grande partie à l’épaississement des enveloppes de cet organe et à la matière contenue dans la cavité du péricarde. Cette masse pèse une livre cinq onces.

Les feuillets opposés du péricarde adhèrent l’un à l'autre, là par du tissu cellulaire assez serré, ailleurs par des fausses membranes non encore organisées. L’épaisseur du péricarde est d’environ une ligne. Les fausses membranes qui tapissent sa face interne, ont un aspect réticulé et inégal qui leur donne de la ressemblance avec l’estomac du veau ou bienavecla langue du chat. Au-dessous de la couche fibrineuse se trouve une autre couche déjà organisée en membrane fibro-celluleuse. Celle-ci présente

une vive rougeur^ en partie dueà une admirable injection capillaire, en partie à une sorte d’imbibition sanguine. Une certaine quantité d’un liquide séreux ou gélalinifo rnie infiltre les mailles des fausses membranes non encore organisées. Àu-dessous des diverses productions anormales ci-dessus indiquées, on trouve le péricarde rouge, injecté j pointillé de sang, mais conservant à peu près sa ténuité ordinaire (surtout le feuillet cardiaque). Le tissu cellulaire sous-jacent à ce feuillet est rouge , injecté , sensiblement engorgé. Le sac fibreux sur lequel le péricarde sé déploie est injecté et peut-être un peu Épaissi.

Débarrassé des fausses membranes au milieu desquelles il était enfoui comme dans des espèces de décombres j le cœur offre un volume à peu près normal.

Le 'ventricule droit , un peu mince et légèrement dilaté, contient un caillot fibrineux, en partie décoloré. Tl oreillette correspondante conserve à peu près sa capacité normale et contient aussi du sang coagulé. Ses parois étalent fort épaisses , mais cela tenai t aux couches pseudomembraneuses qui la Jortifiaient. La valvule tricuspide n’offre aucune altération notable. La membrane interne des cavités droites offre une teinte légèrement rosacée.

Le ventricule gauche présente des dimensions h peu près normales. Les valvules aortiques sont rouges, mais non épaissies. Vorlgine de Vaorte offre quelques taches blanchâtres, opalines, sur uiifond d’un jaune nankin. La valvule mitrale est épaissie , et son bord libre est parsemé et comme surchargé de végétations très multipliées , confluentes, analogues aux poireaux ou aux choux-fleurs vénériens J elles sont composées d’une matière fibrineuse, friable, s’écrasant facilement sous la lame du scalpel. Au-dessous de ces végétations, la valvule épaissie, nacrée, crie sous rinstrument qui la divise. L’épaississement lie celte valvule est assez prononcé cà sa base, où

SECOTS’DECATiG. d’oBSEUVATIONS DE PÉRICARDITE. SSÎ

elle est replit?e sur elle-même et comme adhérente à la surface interne du cœur; 1 épaississement s’étend à la portion de la membrane interne de roreillettc gauche la plus voisine de la valvule. lia disposition que présentait cette dernière gênait évidemment ses mouvements, et empêchait qu’elle ne bouchât complètement l’orifice au- (juel elle est adaptée.

Le tissu musculaire du cceur était un peu brun , mais d’une consistance normale.

Environ une demi-pinte de sérosité claire, citrine> dans le côté droit de la poitrine; une très petite quantité du même liquide dans le côté gauche. Le poumon droit, lavé, en quelque sorte, parla sérosité, est pâle et décoloré à sa surface; comprimé par l’épanchement, il a perdu environ un tiers de son volume ; il est comme carnijié y ne crépite presque pas ; plongé dans un vase rempli d’eau, il surnage. Il existe des adhérences anciennes dans les scissures interlobaires. Le poumon gauche est moins pâle , et il s’eu écoule, à la pression, une gi’ande quantité de sérosité. Son tissu se déchire avec la même facilité que dans V engouement péripneumonique. La surface des incisions qu’on y pratique est beaucoup plus rouge que celle des incisions pratiquées dans le poumon droit, et en quelques points il offre une véritable infiltration sanguine. La congestion séro-sanguine occupe la totalité de ce poumon.

3o Organ. digest. et annex. — Le foie est un peu augmenté de volume et gorgé de sang. La rate est partagée en deux lobes distincts par une scissure analogue à celles des poumons. Son volume est normal , sa consistance un peu diminuée. L’estomac contient une certaine quantité d’un liquide noirâtre ; la membrane muqueuse est assez généralement injectée, et un peu ramollie dans le grand cul-de-sac. Le paquet intestinal offre , à l’extérieur, une coloration d’un rose violacé : l’Intestin grêle contient une assez grande quantité de bile, en partie concrète; sa

membrane muqueuse est généralement injectée, surtout dans sa portion supérieure; dans sa portion inférieure , on trouve des follicules développés et comme hypertrophiés. Le gros intestin contient* des matières fécales à demi-solides: sa membrane muqueuse offre une rougeur assez prononcée, surtout dans le cæcum.

OBSERVATION 14^ (l).

Femme de ans. — Douleur aiguë dans la re'gion du cœur j maille' ; bruit de frôlement ; anxie'té ; orlliopnc'e ; défaillances ; pouls petit , irre'gulier, -r- Mort le vingt-cinquième jour. — Adlie'rence du péricarde au cœur par des fausses membranes épaisses , organisées , infiltrées en un point d’une matière gélaliniforme. — Caillot fibrineux dans le ventricule droit.

Une cuisinière, de 4® ans, sujette à de fréquentes douleurs rhumatismales articulaires, fut reçue le 2 juillet 1834 J dans le service de M. Bricheteau. D’une faible constitution, travaillant dans une cuisine basse et humide , elle fut prise, le 18 juin, de vives douleurs avec gonflement dans les genoux. Une saignée et des sangsues permirent à la malade de reprendre bientôt ses occupations; mais de nouveaux accidents ne tardèrent pas à se manifester.

26 juin. Frisson, douleur aiguë dans la région précordiale, dyspnée: deux saignées rapprochées, etl’applicalion réitérée de sangsues sur le côté, j)Vocurèient peu de soulagement.

Le 2 juillet , 6® jour de l’invasion de la douleur précordiale, de nouvelles sangsues furent appliquées sur lu région du cœur.

7® jour. Altération destraits, pâleur, anxiété considérable, orthopnée, douleur pongitive extrêmement vive dans la

(i) Celle observalion a clé publiée piw M. le docteur Lcdain, dans la Lancette Française, n'^ du 2 octobre i834.

SECONDE CATÉG. d’observations DE PÉRICARDITE. 385

région précoi’diale, matité, de ce côté, dans une étendue d’environ 4 pouces de rayon ; sonoréité dans le reste de la poitrine. Voreille perçoit la sensation d’un bruitde rotation comme si un corps s’agitait dans un liquide ; les mouvements de systole et de diastole semblent se confondre etnen former qujin 5eu/. Pouls petit, très fréquent; nombreuses défaillances.

Fésic. sur lapartie ant. de la poitr.; pansem. avec i gros d’ong, mercur,; sinap. aux jambes ; linim.', diète.

8* jour. Bruit de roue, de frottement très prononcé dans la région du cœur {six vent, scarif. sur ce point).

9® jour. Soulagement ; persistance du bruit de frottements Battements du cœur confus, très irréguliers ( lav. P^rg.).

10® Jour. Pouls très irrégulier , à i64 ; rémission de la douleur pi’écordiale , cependant suffocation imminente , syncope quand la malade ne reste pas à son séant ( pot. purg.y huile de rie . et sir. denerp.).

Il® jour. Pouls à io4 , régulier; bruit de frottement, resemblant assez bien à celui qui résulte du froissement d’un morceau de taffetas.

12* jour. Soulagement. Même matité précordiale ; pouls à 96 ; petite toux sèche ; plaintes continuelles; respiration entrecoupée; un peu de râle sous-crépitant à la partie postérieure {lèvent, scarif).

Récrudescence delà douleur précordiale dans la nuit.

*4 i5 et 16' jours. Peu de changement.

1 7* jour . La malade a pris des aliments à l’insu des gens I deservice. Exacerbation violente,* battements du cœurpré- I cipités, faisant entendre un bruit assez semblable àcelui I du mouvement d’un cheval qui va à l’amble ,* pouls à i45y 1 râle crépitant sous l’omoplate gauche {vésic. à la rég. iprécord.; sinap.) .

^8®, ig*", 22*', 23®, 2 4*^. jours. Lesaccidents pour-

suivent leur cours; malgré Pappiication d’un nouveau vési- 1. 25

caloire (sur le côté droit). On permet quelques potages.

jour. Pouls très petit , vile, inégal, sans accord avec les battements du cœur qui sont forts, larges, égaux, mais se confondant de manière à ne faire entendre qu^un seul bruit sec ; lèvres violettes ; pâleur extrême du reste de la face; l’anxiéléet l’étoufTement augmentent^ la face se décompose, et la malade meurt dans la nuit eu poussant des cris aigus.

Autopsie cadav. 33 heures après la mort.

Le péricarde adhère au cœur au moyen de fausses membranes , qu’on a beaucoup de peine à séparer l’une de l'autre sans les déchirer. Les deux membranes qui forment le péricarde sont très épaisses.

Le cœur est affaissé sur lui-même , flasque, plus volumineux qu’à l’état normal ; à la partie inférieure et externe du ventricule droit, épanchement gélatineux qui diminue en ce point la force des adhérences. Dans la cavité de ce ventricule existe un caillot fibrineux de couleur jaune, ayant la grosseur d’une noix.

Le poumon gauche adhère fortement à la partie supérieure et postérieure du péricarde, dont la face gauche est également adhérente à la plèvre costale, qui est épaissie. Des brides pseudo-membraneuses unissent en plusieurs points les plèvres costale et pulmonaire droites.

Épanchement assez considérable d’un liquide jaunâtre, trouble et floconneux dans l’abdomen ; (juelques fausses membranes et des adhérences , surtout entre la face convexe du foie et la voûte du diaphragme.

RÉFLEXIONS

Cette péricardite a été accompagnée de tous les princijiaux signes au moyen desquels on peut en établir positivement le diagnostic. Elle futreconnue dèslc premier jour par M. Brlchcteau. Sa complication avec une vaste pieu-

SECONDE CATÉG. d’obSERVATTONS DE PERICARDITE. 887 résie et une péritonite en a singulièrement augmenté la gravité.

Il n est pas fait mention dans les résultats de l’ouverture, de l’état des valvules et delà membrane interne du cœur, ir me paraît probable que ces parties n’ont pas été complètement intactes dans le cours de la maladie, et je pense que la concrétion fibrineuse a été pour quelque chose dans les accidents de circulation locaux et généraux, signalés par M. le docteur Ledain.

Voici un nouveau cas dans lequel la péricardite a coïncidé avec un rhumatisme articulaire. Il y a déjà longtemps que l’on a vaguement signalé la coïncidence dont il s’agit ici ; mais il importe aujourd’hui de faire ressortir^ d’une manière toute spéciale, la fréquence des inflammations aiguës des tissus séro-fibreux du cœur chez les sujets affectés d’un violent rhumatisme articulaire aigu.

L’espace ne me permettrait pas de consigner ici un plus grand nombre d’observations détaillées; je vais donc en indiquer simplement quelques-unes qu’on poura lire dans les ouvrages où elles ont été consignées, et donner l’extrait de quelques autres qui n’ont pas été publiées, ou qui l’ont été dans des ouvrages difficiles à se procurer.

Obs. 16® et 17®. — L’obs. 6'’ de V Essai sur les maladies du cœur, les deux premières observations de péricardite rapportées dans la Clinique de M. le professeur Andral, sont des exemples de péricardite rhumatismale. (Par cette expi’ession, je n’entends rien dire autre chose que la coïncidence d’une péricardite avec un rhumatisme articulaire , me réservant de discuter ailleurs la nature du rhumatisme et la question delà métastase rhumatismale.)

Obs. 18®. — Dans un ouvrage clinique {Clinicamedica di jBo/o^a) publié en 1829 parM. Tommasini, on lit (pag. 162) une observation qui, sous le titre d’arthrite aiguë {artrüe acuta), nous offre un bel exemple de violente péricardite rhumatismale. En voici l’extrait :

Le sujet de cette observation était un jeune homme d’une complexion nerveuse. La pblogose rhumatismale , accompagnée d’une violente fièvre, s’empara fortement des membranes internes de la poitrine, s’insinua dans celle qui environne le cœur ( i ), et le malade succomba

Autopsie cadavérique.

Le péricarde était énormément développé (ingrossato) ; on voyait à sa face interne une membrane réticulée , qui adhérait par de nombreuses brides avec une semblable fausse membrane qui tapissait le cœur.

Cest à la péricardite et à la cardile consécutives à l’affection rhumatismale universelle que M. Tommasini attribue justement la mort du malade ( Cosi queste false membrane , risultamenti di péricardite , e di cardite succedute all’artritica universale ajffezione , troncarono la vita ad un infermo , che ci cosib tante pene , e la cui docilita ed esattezza lascîavano luogo a tante speranzé).

Un cordonnier, âgé de a3 ans, habitant un petit cabinet humide, a éprouvé, il y a un an, un rhumatisme articulaire , qui a duré six semaines.

Il y avait (leux mois que de nouvelles douleurs avaient existé dans toutes les jointures, lorsqu’il entra dans le service de M. Piorry.

Son état était le suivant :

Battements assez forts et soulevant la main dans larégion du ventricule gauche , accompagnés d’un bruit de soufflet isochrone au pouls.

(i) Lafioÿosiartriticapresejortemente le interne membrane dcl petto , s'insinua in quelle che circondano il cuore, etc. q) Ce fait m'a e'té communiqul? par M. Piorrj.

SECONDE CATJÈG. d’obSËRVAïIONS DE PJÉlUCARDITE. 38g

Douleurs articulaires dans les poignets , les coudes , les genoux, les épaules, sans gonflement.

Prescription. — Saignée générale ; infusion de Jleurs de bourrache ; élévation des membres.

Le lendemain, le bruit de soufflet a diminué , les battements du cœur sont toujours forts.

Cataplasmes sur les membres ; élévation des membres; boissons à haute dose ; deux bouillons.

Troisième jour: Encore quelques douleurs dans les coudes; continuation du bruit de soufflet.

Une douleur a existé depuis deux jours dans la région du cœur et dans le côté gauche ; la matité dans la région du cœur est un peu plus étendue que les jours précédents.

Prescription. — -Quinze sangsues sur V articulation du coude gauche, qui est la plus douloureuse des articulations.

Un vésicatoire de chaque côté du thorax ; un looch avec trois grains de kermès. — On suspend les boissons h haute dose qu'on avait prescrites.

Quatrlème*jour. Application sur le 'vésicdiX.oive d’extrait de racine de pyrèthre; saignée.

Cinquième jour. Le son en arrière est devenu plus clair , la respiration se fait mieux , on n’entend plus le bruit de soufflet.

Sixième et septième jours. Battements du cœur avec léger bruit de soufflet ; pouls à 90 ; respiration 35 à 4o. ( Un nouveau vésicatoire de chaque côté du thorax ; deux soupes; tisane pectorale ; un looch blanc avec kermès ^ i deux grains.)

Hui tième jour . Lesbattemenls du cœur sont accompagnés ! d’un bruit de soufflet notable. Matité sous-sternale dans < une grande étendue , et matité des cavités gauches non I moins grande. {Un vésicatoire de jo pouces de diamètre * en avant ; un autre vésicatoire pareil sur le côté gauche; I tartre slibié 10 grains dans 10 onces d’eau , en vingt I prises , toutes les dix minutes. )

3gO MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.

La mort eut lieu le soir même, h onze heures et demie.

Autopsie cadavérique (i).

Le péricarde contient au moins deux verres de sérosité assez claire. A la surface interne du péricarde existent de nombreuses membranes accidentelles , dont quelc[ues~ unes sont lisses et d’autres inégales , chagrinées , présentant assez bien l’aspect de l’estomac des ruminants; la partie qui recouvre le cœur est surtout recouverte de semblables productions.

Les cavités droites du cœur sont remplies de concrétions pôlypeuses , qui paraissent presque organisées. De semblables concrétions , mais en plus petite quantité , se trouvent aussi dans les cavités gauches.

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