DESCRIPTION SUCCINCTE DES TISSUS CONSTITUANTS DU COEUR
§ ler. Da tissu musculaire dés parois du cœur , el des muscles tenseurs ou releveurs des valvules auriculo-ventriculaires .
La substance musculaire constitue réellement la base et comme la charpente de l’organe central de la circulation. Plus dense , plus ferme et d’un rouge plus foncé que celui des muscles ordinaires ou volontaires , le tissu mtisculalre du cœur est composé de couches plus ou moins nombreuses , dont la disposition a long- temps été pour les anatomistes une énigme impénétrable. Sténon , le premier , s’exerça à démêler cet inextricable lacis musculaire: ses efforts ne purent y parvenir. Les tentatives de plusieui’s anatomistes postérieurs à Sténon ne furent guère plus heureuses. Enfin, dans ces derniers temps, les mains habiles de MM. Wolfï‘, Duncan et Gerdy, sont parvenues à dérouler les fibres tortueuses et circonvolutées du cœur. Il résulte des recherches de ces anatonristes , que les ventricules sont formés de plusieurs couches musculaires superposées, et dont le nombre est différent pour chacun d’eux. Ces couches musculaires sont, selon M. Gerdy , au nombre de six pour le veiitidcule gauche, et au nombre de trois seulement pour le ventricule droit, ce qui explique pourquoi le premier est bien plus épais que le second. D’ailleurs, la direction et l’étendue des fibres qui constituent ces plans musculaires ne sont pas les mêmes. Les fibres des couches externes sont, en général, obliques de haut en bas, d’avant en ai'rière, et de di'oite à gauche ; les moyennes sont dirigées en sens contraire, et les plus profondes , qui se réunissent pour former des espèces de
AJNATOMIE DU CCæUR.
colonnes saillantes à l’intérieur des ventricules, sont pour la plupart longitudinales. Les couches superficielles occupent toute la circonférence des ventricules, en passant par la pointe du cœur , tandis que les autres diminuent de longueur et de largeur , à mesure qu’elles deviennent plus profondes : voilà pourquoi les ventricules sont plus épais à leur base qu’à leur pointe. Suivant une loi découverte par M. Gerdy, toutes les fibres, quelles que soient d’ailleurs leur étendue , leur situation et leur direction, forment des espèces dC anses dont la convexité regarde la pointe du cœur, et, qui sont plus ou moins superficielles à une extrémité et profondes à l’autre, de sorte, par exemple, que les fibres externes et internes sont les mêmes, renversées étayant traversé l’épaisseur du ventricule. Les extrémités de ces anses musculaires s’insèrent constamment à la base du cœur , au pourtour des divers orifices auriculaires et artériels des ventricules, soit immédiatement , soit par les tendons attachés aux valvules auriculo-ventriculaires.
Les oreillettes ont également une structui'e très compliquée; elles sont composées de deux plans charnus, l’un externe , l’autre interne. Dans l’oreillette droite, le tissu musculaire, moins abondant que dans la gauche, laisse entre ses fibres des intervalles où les membranes interne et externe du cœur se touchent presque immédiatement. Cette disposition est très remarquable chez certains individus atfectés d’une dilatation considérable de l’oreillette droite, avec épaississement de ses faisceaux charnus (i).
(i) M. Fillios a publie? , dans une thèse remarquable sur la physiologie et la pathologie du cœur, quelques recherches que je m’empresse de cousipner ici. U a nombre de fois cherche' la conlinuilc des fibres externes ou contournées du ventricule gauche avec celles qui formant le plan mo^cn ,