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III. — Forme myo-valvulaire

Les cardiopathies artérielles affectent le plus souvent le myocarde, et jusqu'ici les formes cliniques appartiennent à cette catégorie. Mais, l'anatomie pathologique nous a démontré que la lésion peut aussi atteindre l'appareil valvulaire (orifices mitral et aortique). J'ai décrit1 ces affections sous le nom de cardiopathies artérielles type myo-valvulaire.

Celles-ci s'accompagnent toujours de lésions du muscle cardiaque, et elles diffèrent des cardiopathies artérielles à type myocardique, seulement par l'adjonction d'un souffle d'insuffisance ou de rétrécissement, ce souffle pouvant être fonctionnel et résulter de la dilatation de l'orifice'auriculoventriculaire gauche, ou organique, et résulter de l'altération scléro-athé romateuse de la valvule. Ce qui fait l'intérêt de ces cardiopathies à type myo-valvulaire, c'est précisément l'existence de ce souffle qui peut en imposer pour une cardiopathie valvulaire d'origine rhumatismale. Il faut donc démontrer que le diagnostic peut encore se faire aisément en s'appuyant sur l'existence des stigmates de l'artério-sclérose du cœur : symptômes d'hypertension artérielle, symptômes toxiques et méiopragiques lesquels font défaut dans les valvulites rhumatismales.

Jusqu'alors, on avait attribué à la néphrite interstitielle les lésion valvulaires du cœur qu'on attribuait à cette dernière maladie. Or, ces lésions valvulaires d'origine artérielle peuvent exister indépendamment de toute lésion rénale, ce qui prouve que celle-ci ne doit pas être accusée de les produire. Ces lésions se rencontrent à tous les orifices (orifices aortique, mitral, tricuspide, exceptionnellement à l'orifice pulmonaire).

1 L'artério-sclérose du cœur à type rnyo-valvulaire (Arch. de méd., juin 1892).

ARTÉRIO-SCLÉROSE DU COEUR

On trouve dans Morgagni l'observation d'une femme de 40 ans qui avait les valvules du ventricule droit endurcies et osseuses. Gorvisart a vu les valvules tricuspide et mitrale devenues cartilagineuses, surtout à leur base, ce qui rétrécissait considérablement le diamètre de l'un et de l'autre orifice.

Lorsqu'une lésion orificieile coexiste avec une néphrite interstitielle, on se demande souvent quelle est la première, dans l'ordre d'apparition, de la lésion du cœur ou de la lésion du rein. Or, la maladie n'a commencé ni par le rein, ni par le cœur : elle a commencé par le système artériel. Cette idée a déjà été exprimée dans les ternies suivants :

« Des lésions valvulaires persistantes peuvent se montrer concurremment, précéder ou apparaître consécutivement à la néphrite interstitielle, et reconnaître la même origine que cette dernière. Elles peuvent, dès lors, s'observer chez lous les scléreux, et toutes les causes capables de créer l'altération artérielle pourront en être le point de départ : alcoolisme, saturnisme, elc.1. »

Type mitral

Insuffisance mitrale artérielle. — Voici trois exemples :

Une première malade est arrivée avec un léger œdème prétibial, une dyspnée d'effort des plus intenses, un faciès d'une grande pâleur, restant nuit et jour assise sur son lit. A l'auscultation, souffle systolique à la pointe, se propageant légèrement à l'aisselle. En outre, on constate, difficilement il est vrai, surtout les premiers jours, un bruit de galop présystolique, dont le maximum était au-dessus de l'appendice xiphoïde, ce bruit de galop simulant si bien un roulement présystoliqne que l'on pouvait croire à un rétrécissement mitral compliqué d'insuffisance.

Il s'agissait d'un vrai bruit de galop précédant immédiatement la systole, et le souffle avec ses caractères de brièveté, de localisation lixe, de propagation très limitée vers l'aisselle, avec la constatation de la dilatation des cavités

1 P. Lonhbois. Des manifestations cardiaques dans le cours de la maladie de Bright [Thèse de Paris, 1883). — Voir encore les auteurs suivants : Bamberger. Relations entre les maladies des reins et du cœur (Virchow's Arch., I8.">7). — Henouille. De la néphrite interstitielle dans ses rapports avec les lésions athéromateuses des artères {Thèse de Paris, 1877). — Lecokché et Talamon. Eludes médicales de la maison municipale de santé, 1881 (obs. d'athérome de la triscuspide avec athérome généralisé et néphrite interstitielle). — Lecorchk. L'endocardite diabétique (Arch. de méd., 1882). — Merklen. Obs. de néphrite interstitielle avec myocardite scléreuse et rétrécissement mitral (France médicale, 1881). — Heiler. Un cas d'insuffisance mitral dans la mal. de Bright avec quelques observations sur les relations avec les affections valvulaires (Wien. méd. Woch., 1881). — Saundby. Influence de la maladie de Bright sur le développement latent des affections valvulaires du cœur {The Lan cet, 1882). — A. Pineau. Artério-sclérose et néphrite interstitielle considérées dans leurs rapports {Thèse de Paris, 1884).

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