‹ Traité clinique des maladies du cœur et de l'aorte [electronic resource]Chapitre 15 sur 57 · VIII. Origine toxique · texte numérisé non relu

VIII. Origine toxique

( Tabac, ergot

de seigle, paludisme, oxyde de carbone, thé, urémie, etc.)

ANGINE DE POITRINE CORONARIENNE

arriver dans un accès. Le spasme, a-t-on dit, est un mode d'action du tissu musculaire qui difl'ère de son mode d'action habituel, ou qui en est l'exagération. Les fonctions de tous les muscles, volontaires ou non, s'accomplissent physiologiquement, sans donner lieu à une sensation dont nous ayons conscience. Mais le spasme est toujours douloureux, et lorsqu'il y a spasme et douleur à la fois, les parties qui en sont le siège cessent de pouvoir remplir les fonctions qui leur sont dévolues. Les coliques arrêtent le mouvement péristaltique de l'intestin, la crampe empêche les mains d'agir, et les pieds de marcher. Mais le cœur est un muscle; ses fonctions sont celles d'un muscle. Or, nous cherchons quelque chose qui se montre au cœur en même temps que la douleur, quelque chose qui gêne les fonctions de cet organe, et qui peut les enrayer ou les abolir complètement. Ce quelque chose, c esi. le spasme. A un faible degré, le cœur ne se contracte plus librement sur le sang et ne le projette plus complètement dans le système artériel ; à un degré plus complet, la jiropulsion du sang cesse entièrement. Ces faits nous donnent l'explication du phénomène principal de l'angine de poitrine ; c'est un spasme du cœur. »

Latham ajoute que la thérapeutique lui donne raison, puisque l'opium dont l'action salutaire contre l'élément spasmodique est bien démontrée, est le seul médicament qui, d'après lui, agisse efficacement contre l'angine de poitrine.

Parmi les auteurs anciens qui ont encore affirmé la théorie du spasme cardiaque, il faut placer Mac-Bride. D'après lui, le cœur est en état de spasme au moment de la mort, puisqu'on a trouvé le ventricule gauche vide de sang, et que « la substance de cet organe paraissait blanche comme un ligament «.

Lente a soutenu la même opinion. 11 agrandit la question et pense que la plupart des morts subites doivent être expliquées par un état spasmodique du cœur. Il commence par rapporter l'histoire d'une fièvre typhoïde pendant laquelle le malade a été pris de défaillance, d'oppression, de soif d'air. L'examen minutieux de tous les organes n'y fit rien découvrir d'anormal, et cependant la mort subite survint. A l'autopsie, on trouva dans l'intestin les lésions caractéristiques de la fièvre typhoïde, le rein gauche hypertrophié, les poumons sains, le cœur petit, pâle avec dépôt abondant de graisse, ses cavitrs entièrement vides, sans caillots, sans lésions du myocarde. Pour lui, l'état contracté du cœur doit faire supposer que le spasme est la cause de la mort '. Citant encore plusieurs

' Mac Bride. Inlrudaction à la tliéorie et à la pratique de la médecine (livre MF, /rad.. de Petit-Radel). — Lente. On the spasui uf Ihe heart as a cause of sudden deatli {Ain. Jolirn. of the jned. Sciences, 1875).

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