‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 13 sur 107 · PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES

RECHERCHES NOUVELLES SUR l’aNATOMIE ET LA PHYSIOLOGIE DU COEUR, ET SPÉCIALEMENT SUR LES MUSCLES DE SES VALVULES, SA MEMBRANE INTERNE (eNDOCARDe) , SON VOLUME, SON POIDS, SES ‘ DIMENSIONS EN GENERAL ET CELLES DE SES DIVERSES PARTIES EN PARTICULIER, SES BRUITS, ETC.

Les maladies n’étant autre chose que des modifications plus OU moins profondes survenues dans l’état normal des diverses conditions anatomiques et physiologiques de l’organisme en général, ou de quelques unes de ses parties seulement, il est évident que la connaissance de cet état normal est une donnée de la plus haute importance, dè la dernière nécessité même, pour tout observateur qui veut apporter, dans la détermination dés états pathologiques , cette rigueur et cette précision sans lesquelles la médecine n’aurait jamais été digne de figurer, au nombre des sciences exactes et positives.

Lorsque la structure et les fonctions d’un organe sont bien connues, on peut, il estvrai, se dispenser d’en parler en tête d’un ouvrage où l’on se propose d’étudier les maladies de cet organe : il sufîit de renvoyer aux traités classiques d’anatomie et de physiologiè. Mais il n’en est plus ainsi, lorsque l’organe dont il s’agit de faire connaître les maladies , pos-

PE.OLÉGOMÈN-ES.

sède une structure dont beaucoup de particularités sont plus ou moins complètement ignorées, et des fonctions sur le mécanisme desquelles les physiologistes sont loin d’être d’accord. Dans ce cas, si l’auteur qui se propose de tracef rhiètoîre déémaladiès d’uhôrganê, afait de nouvelles rechèf chés qui puissent éclairer quelques points encore obscurs de son anatomie et de sa physiologie, il doit évidemment commencer par là son ouvrage. Or, c’^esf précisément la position où se trouve l’auteur de ce traité ; et de là les prolégomènes qu’on va lire.

S’il est un organe aux fonctions duquel on puisse faire une heureuse application des principes et des lois que nous enseignentles sciences physiques et mécaniques, c’est assurément le cœur. Mais par cela même que la physiologie du cœur considéré comme principal instrument de la circulation , rentre en quelque sorte dans le domaine delà physique et de la mécanique, il est clair que, pour bien comprendre et bien exposer les phénomènes et le jeu de cette sorte de machine vivante , il faut d’abord avoir, fait une étude approfondie de son anatomie , et , si j’ose le dire , de sa construction; en avoir examiné , décrit, mesuré toutes les pièces, tous les rouageSj tous les ressorts. Hé bien, non seulement le cœur n’a point encore été étudié avec cette exactitude que j’appellerais volontiers géométrique ou mathématique , mais on a même été jusqu’à dire qu’une telle méthode était impossible, impraticable ; et ce qui est vraiment déplorable, c’est que nous trouvons au premier rang de ceux qui professent cette décourageante doctrine^ des hommes dont lé nom fait justement autorité , tels que les Gorvisart , les Laënnec, etc^ Aucun d’eux n’a , d’ailleurs , entièrement méconnu les précieux avantages des données positives dont ils nient la possibilité.

Voici comment s’exprime Gorvisart sur ce sujet, dans l’espèce de préambule dont il a fait précéder l’Histoire des anévrismes du cœur en général :

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