‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 14 sur 107 · PROLÉGOMÈNES · texte numérisé non relu

PROLÉGOMÈNES

«Avant d’entrer en matière snr la maladie dont il va « être question , il s’en présente une préalable : dans tous >les cas d’anévrismes du cœur, je dirai toujours que le > cœur est augmenté de volume ; il m’arrivet'a même de »dire que dans telle ou telle observation il avait acquis le » double de son volume naturel : il n’est point de lecteur J qui ne sente parfaitement què cette estimation rie peut J jamais être qu’approximative^ Nous savons bien que son » volume varie selon l’âge, le sexe, le tempérament; lé genre y de vie ; mais nous manquons et nous manqubbons toujours r d’un étalon rigoureusement exact auquel nous puissions «rapporter le poids, le volume d’un cœur dilaté, épaissi «dans ses parois ; c’est donc une locution qui ne sera Ja «mais rigoureuse; il n’est pas dé médecin qui ^ tout; en «l’adoptant , ne soit périétré de son inexactitude ^ comme » de l’impossibilité d’avoir janaais un résultat plus posi- »tif;(l).» . , '

L’opinion de Laënnec ne diffère point au fond de celle de €orvisart ; « Il serait impossible ; dit-il , d’indiquer géoïTwéïnÿHe/ree/z? les proportions du cœur chez un homme »sàin. Le poids du cœur et l’épaisseur de Ses parois, eon- » sidérés d’une manière absolue ; sont des donriécs infidèles. » «La détermination précisé delà limité qui sépare l’état «normal de l’état hypertrophique du cœür; dit M. le pro- » fesseur Cruveilhier ; me paraît impossible à résoudre «d’une manière rigoureuse. Le volume; le poids du cœur; «l’épaisseur de ses parois, échappent à toute appréciation ■h rigoureuse , parce qu’ils sont éminemment variables (2). » Je conviendrai bien volontiers que la détermination précise des dimensions et du poids du cœur est un problème difficile à résoudre ; mais de ce que la solution de ce pro-

(1) Essai sur les maladies du cœur, page 65, troisième édition. 1818.

(2) Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques , article Hypertropfee ; tome X, page 223.

PBOLÉGOMiiyE».

blême est difficile, il n’en faut pas conclure qu’elle soit entièrement impossible. Encore , si les auteurs qui nous affirment ainsi que les méthodes métriques ne sont pas applicables à la détermination du volume et du poids du cœur, s’étaient livrés à des recherches suivies sur cet objet, on saurait du moins quelle est la valeur de leur assertion. Mais rien ne prouve qu’ils aient entrepris de telles recherches, lesquelles sont, à la vérité, bien pénibles, bien arides , bien ingrates. Sans doute , le poids et le volume du cœur varient singulièrement suivant l’âge, le sexe , la constitution, les maladies; mais est- ce à dire pour cela que l’on ne peut pas, dans des conditions données , parvenir à trouver la moyenne de ce volume et de ce poids ? Non, sans doute, et j’espère que les faits que je rapporterai plus bas feront partager mon opinion aux lecteurs. C’est peu , d’ailleurs, que de déterminer d’une manière très approximative les dimensions réelles du cœur considéré en masse et pour ainsi dire en bloc; il faut aussi mesurer les dimensions de chacune de ses cavités et de chacun des orifices par lesquels elles communiquent entre elles, ainsi que celles des valvules adaptées comme autant de soupapes à ces orifices ; il faut en un mot mesurer, comme je l’ai dit plus haut , toutes les pièces , tous les rouages, tous les éléments, quels qu’ils soient, dont se compose l’admirable machine qui préside à la grande fonction de la circulation. Sans doute, je le répète, rien n’est plus difficile qu’une étude de ce genre ; mais c’est surtout au médecin qu’il importe de ne jamais oublier cette maxime si connue : lahor omnia 'vincit improbus.

Page 1