‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 18 sur 107 · DESCRIPTION DES TISSUS DU COEUR · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES TISSUS DU COEUR

raagmentation de ces frottements , dans certaines conditions morbides du péricarde , donne lieu à des hruits particuliers.

2® De t endocarde ou membrane interne du cœur.

Fort négligée par les anatomistes, l’étude de cette membrane est cependant de la dernière importance pour le médecin. Je lui donne le nom àl endocarde par opposition à celui de péricarde , qui sert à designer l’enveloppe extérieure du cœur. L’endocarde est, en effet, pour la surface interne du cœur, ce qu’est, pour la surface externe de cet organe , le feuillet séreux qui vient d’être décrit cidessus. '

Un médecin , qui ne me saura pas mauvais gré, je pense, de ne point le nommer ici, combattait un jour l’existence de l’endocardite par cet argument , selon lui sans réplique, savoir : qu’il n’existe point d’endocarde. Plût au ciel que, parmi les malades traités par ce profond logicien, aucuns n’eussent jamais donné un éclatant démenti à son argument prétendu sans réplique ! Mais revenons à notre sujet

J’ai dit qu’il importait beaucoup dé bien connaître la membrane interne du cœur ou l’endocarde. On se convaincra facilement de cette vérité, si l’on réfléchit que les maladies de cet élément anatomique du cœur sont beaucoup plus communes qu’on ne l’avait cru jusqu’ici, et plus fréquentes , peut-être , que celles du péricarde lui-même et de la plèvre. Elles sont presque toujours méconnues à l’état aigu par le vulgaire des médecins, et passent souvent à l’état chronique ; or, je n’ exagérerai- point en affirmant que les affections de l’endocarde ou de la membrane interne du cœur sont le point de départ le plus ordinaire, la cause-mère ou génératrice la plus fréquente de ces nombreuses lésions organiques, soit des valvules , soit des parois et des cavités du cœur, naguère , et même encore

AîfATOMÏÉ DU CCætJft.

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auionrd’hdi , coDfondues entte elles sous le nom Tàgue et banal d’anévtisme.

Voici comment se comporte l’endocarde dans les cavités gauches du cœur : nous le prendrons à l’origine de l’aorte avec la membrane interne de laquelle il se continue, ainsi qu’avec fcellé des artères coronaires. Parti du point indiqué, l’endocarde se réfléchit aütoür des valvules sygmoïdeSj pénètre dans le ventricule gauche , le revêt daiis toute son étendue ^ sé déploie autour des colonnes charnues , enveloppe les tendons de celles qui vont S’insérer aux deux lames de la valvule bicuSpide , se dédouble en quelque sorte pour tapisser l’une et l’autre face de chacune de ces lames, revêt la face interne de l’oreillette gauche et de son appendice i et Va se continuer avec la membrane interne des veines pulmUnairéSi

Dans les cavités droites du coeur, l’endocarde affecte là même disposition qüe dans les gauches. Né dé l’origine de l’artère pulmonaire i il se réfléchit autout des valvules sygmoïdes de cette artère , arrive au ventricule droit , le revêt dans toute son étendue, së comporte à l’égard de ses colonnes et de la valvule tricuspide , comme nous l’avons vu en parlant de son trajet dans les cavités gauches, va se déployer sur la face interne de l’oreillette droite et se continuer avec la membrane interne des veines caves supérieure et inférieure: ( il se continue aussi directement avec la membrane interne des veines coronaires du cœur, qui viennent, comme on sait , s’ouvrir dans l’oreillette droite ).

L’endocarde, à l’état normal, est blanc, demi-transparent, pellucide comme les membranes séreuses; comme elles 5 il s’imbibe facilement , et de là cette coloration rouge que l’on rencontre si souvent à l’intérieur du cœur, dans des circonstances que nous essaierons de déterminer plus loin. ,

L’épaisseur de l’endocarde ne dépasse pas celle des membranes séreuses les plus fines , telles que l’arachnoïde, par

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