DESCRIPTIOÜ» DES TISSUS DU CŒUR
exemple. Cette membrane est un peu plus mince dans lés caTÎtés droites que dans les gauches, dans les ventricules que dans les oreillettes; elle est sensiblement plus épaisse vers les orifices artériels et auriculo-ventriculaires que partout ailleurs ; aussi, dans les cas où l’endocarde a été affecté d’inflammation chronique , est-ce là que l’on ren^ contré , de la manière la plus prononcée , les altérations anatomiques q;üi caractérisent cette maladie , au nombre desquelles il faut placer son épaississement et celui des tissus cellulaire et fibreux sous-jacentsi L’épaississement peut être tel, que l’endocardé ait acquisrépaisseur d’une menabrane fibreuse. On peut souvent alors y découvrir plusieurs couches superposées, comme il arrive à la suite del’inflani"mation des autres mémbranès séreuses» Il est évident , d’ailleurs, que dé ces diverses CoüChes, il n’ett est qu’une» la plus profonde , qui appartienne en propre à l’endocarde ; les autres ne constituent réellement que des couches pseüdomembraneusès organisées» Ges faussés membranes ainsi organisées sont le plus ordinairement partielles » disséminées, et forment dès taches blanchâtres» lactescentes» analogues à celles qu’il ést si Commun de rencontrer sur le péricarde.
Dans quelques câs , l’épaississement de l’endocarde ne dépend point de l’organisation dé ces fausses membranéa » de ces couches, parasites dont nous venons de parler, mais bien , comme je le disais plus haut , de l’hypértrophie de la cOuChe sous-jacente de tissu cellulaire» A l’état sain , l’endocarde adhère si étroitement avec ce tissu cellulaire » qu’on ne peut l’en détacher que par très petits lambeaux» surtout dans les ventricules» Dans certains états morbides» au contraire , on sépare l’endocarde du tissu cellulaire sous-jacent au moyen d’une traction très modérée , et on l’enlève par assez largès làmbëaUx. Noüs rapporterons de nombreux exemples de ce fait dans le cours de cet ouvrage.
Autour des valvules , les deux feuillets de l’endocarde
AiyATOMrE DU COEUR.
adossés l’un à l’autre sont tellement adhérents, qu’il est impossible de les séparer. Ils sont en quelque sorte confondus avec l’élément fibreux de ces mêmes valvules , et , par la dissection ordinaire, ne peuvent en être détachés que vers la base, là où ils s’écartent pour contenir entre eux la zone tendineuse ou fibreuse qui borde les orifices du cœur (i) . A la suite de certains états pathologiques des valvules , les feuillets de l’endocarde qui concourent à leur composition s’épaississent, s’hypertrophient parle mécanisme qui a été indiqué plus haut.
La surface libre de l’endocarde est d’un poli parfait à l’état normal. Mais, par l’effet de certaines affections morbides, cette membrane peut devenir inégale, rugueuse, et pour ainsi dire raboteuse. Cette sorte de dépolissement SiUgmente nécessairement le frottement de la colonne sanguine qui traverse les cavités du cœur.
On n’aperçoit ni ramuscules vasculaires , ni filets nerveux dans la trame si fine de l’endocarde à l’état normal.
Il est probable que, à l’instar du péricarde, l’endocarde sécrète un liquide séreux destiné à en lubrifier la surface interne. Comme celle-ci est toujours en contact avec le sang, elle se trouve, en vertu de cette circonstance même, dans un état perpétuel de douce humidité favorable au mouvement de la colonne sanguine.
§ V. Des vaisseaux et des nerfs du cœur.
Les artères du cœur naissent de l’aorte immédiatement au-dessus du bord libre des valvules sygmoïdes; elles portent le nom de coronaires, et sont au nombre de deux, l’une droite, l’autre gauche. Leurs branches principales se
(1) Dans ce point, la membrane interne et la membrane externe du cœur sont presque en contact l’une avec l’autre par leur face adhérente. Cette proximité est une des raisons pour lesquelles l’inflammation du péricarde est si souvent accompagnée de celle de l’endocarde , et réciproquement.