III
Dix nouvelles années de laborieuses recherches m’ont permis de soulever quelques coins du voile épais
» d'après le témoignage de M. Berlin , qui m'a dit que tout ce qui , dans cei * ouvrage (le Traité des maladies du cœur), à rapport à l’influence de l’in- » flammation sur le développement de la plupart des affections organiques » du coeur et des gros vaisseaux, appartient exclusivement à M. Bouillaud. »
( Traité DE i-’auscültatiois médiate. — ^^2' édit., 1826.)
Certes , je ne prétends pas décliner la responsabilité de la doctrine dont il s’agit, comme on le verra dans ce nouvel ouvrage. Quant aux raisons qui engagèrent Berlin à faire la déclaration ci-dessus indiquée à Laënnec, on les comprendra facilement en songeant à l’époque où parut le Traité des maladies du cœur
Au reste, entre le Traité de 1824 et le présent ouvrage, il existe, j’ose le dire, une distance incommensurable; aussi est-ce un ouvrage vraiment nouveau , et non une nouvelle édition de celui de 1824, que Je présente au public.
(1) A treatise on the diseases of the heart and great vessels ; by J. Hope, M. D. — London, 1832, in-So.
Je prie M. le docteur Sureau de recevoir mes remerciements pour la complaisance avec laquelle il a bien voulu me confier le manuscrit de la traduction qu’il a faite de l’ouvrage de M. Hope.
(2) Dans une nouvelle édition de l’ouvrage de Tesla^^ publiée en 1831, M. le docteur Sormani a consacré un appendice étendu à l’exposition des progrès dont la pathologie du cœur s’est enrichie depuis l’époque où cet ouvrage fut composé. Nous remercions notre confrère d’Italie de la bienveillance avec laquelle il a parlé du Traité des maladies dû cœur de 1824.
PRÉFACE
qui recouvrait encore la pathologie du coeur. Yoici une esquisse des principaux résultats auxquels je suis parvenu.
1® Il est une grande phlegmasie aiguë du cœur dont je crois avoir réellement créé l’histoire. Avant mes travaux, elle était si profondément ignorée, qu’elle n’avait pas même reçu de nom : je veux parler de l’inflammation aiguë du tissu séro-fibreux que l’on trouve à l’intérieur du cœur. J’ai assigné à l’enveloppe interne de cet organe le nom di endocarde , et celui endocardite à son inflammation. L’étude approfondie de cette importante maladie est , sans contredit , l’une des parties les plus neuves de cet ouvrage. Je n’ai rien négligé pour fixer l’attention des lecteurs sur ce point capital de médecine clinique. J’ai fait voir que cette phlegmasie joue un rôle immense dans la pathologie du cœur, non seulement parce qu’elle est infiniment plus commune à l’état aigu qu’on ne l’avait cru jusqu’ici , mais surtout parce qu’en se prolongeant et en passant, comme on le dit , à l’état chronique , elle entraîne à sa suite de graves altérations des valvules du cœur, du tissu musculaire sous-jacent à l’endocarde, etc., et quelle se mêle ainsi, d’une manière plus ou moins directe, à la plupart des maladies qui sont vulgairement désignées sous le nom à! anévrisme ^ de lésions organiquès du cœur, etc. (i).
(!) Quiconque aura fait une longue et consciencieuse étude des altérations du cœur que nous avons cru devoir rallier , d’une manière plus ou moins prochaine, à une endocardite, soit aiguë, soit chronique, apercevra , j’ose l’eapérer, la vérité de la doctrine que nous avons exposée à cet égard, î$ous
JÆ LA PKEMfERE EDITIOÎT-
J’ai claireinê’Qt montré que, parmi les causes de cette phlegmasie, îîgure au premier rang la cause rhumatismale, à savoir celle sous l’influence de laquelle éclate le rhumatisme î articulaire aigu, et qui, pour le dire en passant, con: sis te essentiellement dans les grandes et brusques alteirnatives de chaud et de froid, secondées souvent par urne prédisposition qu’il n’est pas ici le lieu d’examiner. I3ans les cas où, conformément à la loi que j’ai établie da ns cet ouvrage, l’endocardite complique un rhumatisme articulaire aigu, elle est méconnue plus facilement e ncore que la péricardite , détermine quelquefois alors» , je le répète, de graves lésions dans les valvules, et de là plus tard ces asthmes goutteux^ sur l’origine et la nature desquels tant d’obscurité avait régné jusqu’à ce jour. Cet ouvrage n’aura pas été complètement inmlile à l’humanité, si, comme il est peutêtre permis à l’auteur de l’espérer, il fournit les moyens certains de prévenir de si fâcheuses terminaisons ^ du moins dans le plus grand nombre des cas.
Q® J’ai , si je ne m’abuse , répandu une clarté nouvelle s ur les phlegmasies aiguës de l’enveloppe externe du cfjeur. J’oserai même dire que , sous le rapport de ses -causes , de ses signes , de sa marche et de ses diverses terminaisons, la péricardite aiguë constituera déso rnâais une maladie dont l’histoire ne sera guère moins p; récisê que celle de la pleurésie.
/ocs, à diverses reprises, soumis cette doctrine à l’épreuve de l’observation, à la pierre de touche de la discussion la plus tranche et la plus sévère , et il n ous a été impossible de ne pas reconnaître Qu’elle n’était réellement que la ç eprésentation fidèle , la sincère expression des faits.
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