‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 5 sur 107 · PH^^ACE · texte numérisé non relu

PH^^ACE

Quant à ce qui concerne X étiologie de îa; péricardite, je signalerai, comme /o? aussi curieuse qii’i emportante à connaître, ce fait: savoir que, en dépit de toutes les dénégations qui ont accueilli cette doctriu e à sa naissance , la péricardite existe chez la moitié i environ des individus affectés d’un violent rhumatism e articulaire aigu. Sous ce point de vue , la péricardite , ainsi que l’endocardite dont je parlais tout-à-l’heui’e . n’est, en quelque sorte, qu’un des éléments de la maladie dite rhumatisme’articulaire aigu, laquelle, considérée d’une manière plus large et plus exacte qu’on ne i l’a fait jusqu’ici , constitue une inflammation de to us les tissus séro-fibreux en général, inflammation dont le froid est \di cause déterminante. Or, le péricarde éta\it de natùre séro-fibreuse comme le tissu qu’affecte la maladie dite rhumatisme articulaire aigu , il n’est pas él:onnant que la péricardite coïncide si souvent avec l’iiaflammation rhumatismale des tissus séro-fibreux des a rticulations ; que le rhumatisme du péricarde , en un mot , ait lieu dans les circonstances qui produisent un rhum'atisme des synoviales articulaires, et des tissus fibreu.x sur lesquels elles se déploient.

Quant au traitement de la péricardite, nos travamx auront , je l’espère , contribué à prouver que, formulée autrement qu’elle ne l’avait été jusqu’ici , la méthode des saignées obtient des succès vraiment extraordi-naires. Telle est même l’efficacité des émissions sanguines pratiquées selon la nouvelle formule , que la guérison est devenue la rè^/e, et la xxxovt X exception ^ tandis que , d’après Corvisart, la mort était la règle, et

DE LA. PREMIÈRE EDiTIOlT. XXXIII

la guérison l’exception. Les observations rapportées à la suite des préceptes que nous avons donnés pour le traitement de la péricardite , ne laisseront guère dé doute sur l’exactitude de ce que nous venons de dire , et chaque jour de nouveaux faits viennent confirmer l’heureuse vérité que nous avons énoncée (i).

3® J’ai ajouté de nombreux développements à cé qui avait été dit sur diverses autres maladies déjà étudiées par mes prédécesseurs, et je me suis efforcé d’éclairer du flambeau de l’analyse cês affections complexes v Vaguement désignées sous les noms à" anéi^rismes , dé lê^ sion ou ÿ affection organique du cœur. J'ai solidement démontré, par exemple, que cet ensemble de phénomènes , qui, depuis Corvisart , a été rapporté, par les observateurs les plus célèbres eux-méraes , à Yhypér-^ trophwy à Xûnévrisme du cœiir^^ n’est le plus souvent

(1) On tronvera dans cet ouvrage la formule des émissions sanguines qui nous est propre, et par l’emploi dé laquelle nous avons fait avorter un bon nombre de phlegmasies aiguës encore récentes, lî est vrai qur* de par une des lois dont un célèbre observateur, que je n’ai pas besoin de nommer ici, est l’auteur , on ne peut pas juguler les inflammations ; il est vrai que dans une nouvelle édition qu’il vient de publier du Méitioire où il a consigné cette triste loi , notre savant confrère n’a pas daigné s’arrêter aux faits journaliers par lesquels nous avons réfuté pour notre compte ses doctrines un peu désolantes , et qu’il a trouvé plus commode de discuter.,, deux volumes de M. Polinièresur les émissions sanguines. Tout cela est bien vrai, je l’avoue J mais ce qui ne l’est heureusement pas moins , c'est que , au lieu de perdre un péripneumonîque sur trois , ce qui est de règle en saignant suivant la méthode dont notre confrère a étudié; les résultats, on n’en a perdu qu’un sur huit ou neuf par la méthode qui nous est propre.

Ainsi, très juste à l’égard de l’ancienne méthode, la loi dont nous parlons cesse de l’être quand on l’applique à la nouvelle méthode. L’auteur de eetté Loi ne s’est donc trompé qu’en se pressant trop de généraliser un résultat particulier.

PRÉFACE

autre chose que l’effet de certaines lésions des valvules de cet organe, lésions dont l’anévrisme et l’hypertrophie ne sont réellement alors qu’une des conséquences.

L’espace ne nous permet pas de nous étendre ici sur les autres maladies du cœur dont nous avons essayé de perfectionner l’histoire.

4„ Dans des prolégomènes fort étendus , nous avons esquissé l’anatomie et la physiologie du cœur , dont nous avons tâché d’éclairer quelques points encore obscurs ou même entièrement négligés. Sans les connaissances préliminaires qui se trouvent développées dans cette partie de notre Traité^ il serait impossible de se livrer, avec quelque succès, à l’étude exacte des maladies du cœur. La précision rigoureuse et en quelque sorte mathématique que nous avons essayé d’introduire dans la description des différentes parties du cœur, et dans l’analyse du jeu ou du mécanisme de cette admirable machine vivante, prouveront que nous ne nous bornons point à proclamer de beaux principes sur la nécessité d’imprimer à la médecine la direction suivie dans les sciences physiques proprement dites , mais que nous nous efforçons, selon nos faibles moyens, de mettre à exécution ces principes ou ces théories.

Nous recommandons à toute l’attention du lecteur ce que nous avons longuement exposé sur les bruits du cœur et des artères , considérés à l’état normal et anormal. Nous avons discuté les divers systèmes proposés pour l’explication des bruits du cœur , et nous croyons avoir à peu près démontré que celui de M. Roua-

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