‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 40 sur 107 · RÉSUMÉ DES FAITS RELATIFS AU POIDS DU CŒUR · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DES FAITS RELATIFS AU POIDS DU CŒUR

J’ai cru devoir dire ici quelques mots de la manière de procéder à l’examen du cœur après la mort , à son autopsie en quelque sorte, parce que je me suis souvent assuré que plusieurs médecins, même parmi nos meilleurs anatomopathologistes , la pratiquent d’une manière vicieuse. C’est ainsi, par exemple, qu’ils commencent par couper le cœur en travers, et qu’ils se contentent ensuite d’un coup d’œil plus ou moins superficiel sur l’épaisseur des parois de cet organe et sur la capacité de ses cavités. Je ferai d’abord remarquer qu’ après cette sorte de section conique, il est difficile de bien évaluer la capacité de chacun des deux ventricules. Mais j’ajouterai qu’il faut examiner avec le plus grand soin non seulement l’épaisseur des parois et la capacité des cavités, mais aussi les valvules, les orifices, les colonnes charnues, leurs tendons, la membrane interne, les vaisseaux, et même, s’il est possible, les nerfs du cœur; en un mot, toutes les parties dont se compose cet organe. J’ai fait voir plus haut combien il importait d’en indiquer le poids et les dimensions.

Je terminerai donc en recommandant de substituer au procédé qui consiste à couper le cœur en travers , celui de fendre successivement, avec des ciseaux, les différentes cavités de cet organe. Les incisions seront pratiquées sur la face antérieure de ces cavités et dirigées parallèlement à leur axe principal. En procédant ainsi, on ne s’exposera pas à ne point voir un rétrécissement de quelque orifice du cœur, comme cela est arrivé naguère à une personne fortversée, d’ailleurs, dans les investigations anatomico-pathologiques. Voici te fait: En i85i il mourut , dans le service dont j’étais momentanément chargé à l’Hôtel-Dieu, un sujet chez qui j’avais diagnostiqué un rétrécissement d’un orifice du cœur. Cet organe avait été coupé en travers, puis examiné comme on le pratique ordinairement, et l’on vint m’annoncer que le rétrécissement que j’avais diagnostiqué n’existait point. J’étais, je l’avoue, fort désappointé ; et cependant, me dis-je.

ÀîfATOMIE PU CCEUa.

il existe ce rétrécissement. Je pris le cœur, je l’ouvris avec plus de soin, et je montrai aux élèves réunis dans l’amphithéâtre un magnifique rétrécissement qui avait échappé au premier examinateur 1

Depuis que ceci est écrit , un bon nombre de personnes n’en continuent pas moins à examiner le cœur avec si peu de soin et de méthode , qu’il n’est pas étonnant que tant d’erreurs soient journellement commises au sujet de l’anatomie pathologique de cet organe , comme aussi sur tant d’autres objets du même genre.

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