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MOUVEMENTS DU COEUR

loi

M. le docteur Hope a fait récemment de belles expériences sur les mouvements que nous analysons. Je vais en présenter ici les résultats. Elles ont été pratiquées sur des grenouilles , des lapins et des ânes. Nous parlerons particulièrement de celles qui ont été faites sur les ânes(i).

« Le premier mouvement du cœur qui interrompt l’intervalle de repos, c’est \q: systole de l’oreillette. Cette systole consiste en un mouvement de contraction très léger et bref, plus considérable dans l’appendice qu’ ailleurs, et se propageant vers le ventricule par une sorte de mouvement vermiculaire, dont la fin semble se continuer avec la systole de ce ventricule.

»La systole ventriculaire commence subitement et est suivie de la diastole. On reconnaît à la vue et au toucher que la contraction du ventricule consiste en une secousse énergique et soudaine, accompagnée de la dépression du centre ou corps du ventricule. Le choc de la pointe du cœur contre les côtes et le pouls des artères les plus voisines du cœur, sont isochrones à la systole ventriculaire; le pouls des artères éloignées du cœur, comme la radiale, suit la contraction ventriculaire à un intervalle à peine appréciable.

» A la systole des ventricules succède leur diastole^ pendant laquelle ils reviennent, par une expansion instantanée, sensible au toucher et à la vue, au même état où ils étaient pendant le repos. Le mouvement de diastole est accompagné d’une légère rétraction des oreillettes et de l’éloignement de la pointe du cœur des parois de la poitrine.

» Vient ensuite l’intervalle de repos , pendant lequel le ventricule demeure dans un état de plénitude sans distension. Après ce repos, recommence avec la régularité

(1) Voyez l’ouvrage deM. Hope sur les maladies du cœur; voyez aussi dans le Journal hebdotnaire de médecine ( t. II, année 1834), la traduction de cette partie de l’ouvrage de M. Hope, par M, le docteur Sureau.

loà PMySÎOLOGIÈ 1)Ü cœüs.

là plus parfâite , là série des iiioüVénients indiqués cidessus (i). »

L’ensetnblè de cés mëuvenients ët lé répës ^di lès stlit constituent üü battéinent èdniplet, êt, si j’osais lè difé, uiiè révolution du ëtfetit-i Le nombre dés contractions ventriculaires j et partant dé chacun des autres tèfnps dont se compose raëtiOti totale dü coeür, est dé 6o â 72 pâïmiûütê, chez l’homme sàin i par conséquent, de 5,6oo â pâf heure i et de 86;4dO â ko5,680 par jour.

Le feceUë pàfcëürl donc là révolution de ses divefs moüvëments en une SêéOnde environ , ohez 1 adulte. La duree respective des différents mouvements qui constituent üU batletnent eomplêt du oeeuf ^ a été Ëxeê ainsi qu’il suit par Laënnec : là sÿStOlë ventficülàibè Occupe la moitié environ de là dUrëe totale dû battêraent ; la svstole Ventriculaire en occupé un quart , ët l’aUtf e quart est conSacVe au reposi D’Où il Sait que ^ ëUf vingl-qüàlrê hêUfèë, lès Véntridüles Ont dOüzè hëUreS dë rêpoS ët îës bfêiîlêttëâ diXhuit. Lé repos dêS véntricülës êSt dê pîUs lOngUë durée êü- Gore , dans le cas où le pouls ëst lent , dé 48 â Ô0 pulsations à là minutes par exêruple (è).

On donné le nom dé rhvthiné des bàttêmenîs du coeur à

(1) Les phénomènes que J’ai observés sur le cœur mis â iiu de deux lapins ël d’ùh coq ne dilfèréut guère de ceux décrits par M. Hope. Dans deux expérlfenfcôs sut dèê chiéni , M. Marc d’ESpinê iî’â pu vÔiF lés oréllièttés ni se conlraéter ni së diiâtef. Les âppëndiëès seuls bâtlaîetll peâlidBl lâ ÜÜàtâtiôn brusque des ventricules. Ce même observateur dit aussi avoir trouvé que la contraction ventriculaire précédait le pouls et (Jue la diastole lê suivâit.

(Sj Suivant M. Hope , lé repos proprement dit des ventricules ne durerait que six béüfes sur vingt-qüàtre. Siais si nous admettons , ajoutë-t-ii , que la diastole est aussi Un nàofttènt dé repos polit CfeS inéthès véttlticülës, doüs âùrons les douze heures de repos assignées par Laënnec. Il pense aussi que, selon toute probabilité , la durée du repos des oreillettes est égale à celle du repus des ventricules.

Laënnec a négligé datts sob tâlfcul le petit VêpUS ^Ui eîîâlë êBlrê là Sysfôle et la diastole ventriculaires.

HOUVEMlIîTS DU CCËtm. 103

Tordre suivant lequel ils se succèdent , et qui est tel que nous venons de l’indiquer. De tous les mouvements que nous avons exposés , le principal est , sans contredit , la systole des ventricules , et spécialement celle du ventricule gauche j lequel » comme on sait , est bien plus épais * plus robuste que le droit (t)*

Il est une circonstance de la contraction vèniricülâirè qui a vivement frappé Tattenlioh des physiologistes ^ je veux dire le choc de la pointe du Cœur contre les parois pectorales J entre les cartilages des cinquième êt sixième côtesi Ce choc parait singulier au premier aperçu 5 il semblerait $ en effet , que le cœur , en se contractant en tous sens pendant la Systole , doit s’éloigner dé la paroi pectorale j au lieu dé venir la choquer et pour ainsi dire la percuters Pat conséquent aussi ^ il semblerait plus naturel d’attribuer le choc dont il s’agit à la diastole ^ pendant laquelle le coéür, se dilatant dans tous les sens , doit réagir cotitrê la région pectorale correspondante , li la manière d’Un ressort qui se détendrait (2). Cette seconde hypothèse a trouvé dés partisans ^ et dans céS derniers temps j M. le docteur Pigeaux a essayé de la remettre ên honneur (3). Pour se défendre d’une telle erreur, il suffit cependant d’avoir âttèïitivënïént examiné j pendant quel-

(1) si l’on demande la cause ou la raison finale de cette différence d’épaisséur èt de forée (Jui eSistë êntre iéâ dèùx vêntrîcüles, ôn répondra qùë lé vêhtiicülè gauché dêvâtit fàife paréôüfif âù sang un tràjètbieiî plus long què ne l’est celui du sang nais en raodvenient par le ventrieülê droit , il devait nécessairement être plus vigoureux que ce dernief.

(2) Comme la diastole ventriculaire est brusque, subites énergique, M. Làne qui assistait aux expëriencès de M. Hope sur les mouvements du cténr, fut d’àbOrd tenté de ldi attribuer le cboc Côhtrè lêS côtés. Mais âpfès une ôbsèfvation plus âttentivè , Mi Làné né tarda pas â se Convaincre qü’il s’était trompé;

(3) Depuis la première édition de ce Traité , M. Pigeaux a rènoncé à cette opinion. Mais elle vient d’être reprisé par M. Beau , dans un travail que nous èfàminëfôns plus loin.

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ques instants , les contractions du cœur mis à nu sur un animal. Danstrois expériences de ce genre que j’ai faites, j’ai vu constamment la pointe du cœur s’élever en avant pendant la systole ventriculaire, tandis que nul nulle véritable locomotion n’accompagne la diastole ventriculaire. Or, il est évident que c’est au moment où la pointe du ventricule tend ainsi à se redresser et à se porter en avant que s’opère le choc contre les parois de la poitrine. Que si pendant la diastole il se manifeste dans certains cas un choc contre la paroi pectorale, ainsi que le démontreront des faits rapportés plus loin , ce choc est beaucoup moins prononcé que celui qui accompagne la systole ventriculaire.

Le choc du cœur contre la poitrine pendant la systole ventriculaire peut être perçu chez l’homme par la vue , le toucher, et quelqufois l’ouïe. Jusqu’ici nous n’avons aucun instrument qui puisse nous faire apprécier rigoureusement et mesurer en quelque sorte cette impulsion. Ce genre de dynamomètre nous manquant , c’est par l’application de la main que nous jugeons principalement de la force ou de la faiblesse, de la régularité on de l’irrégularité du choc du cœur : nous tâtons ainsi le pouls cardiaque.

L’explication du phénomène du choc du cœur contre la poitrine a long-temps embarrassé les physiologistes. On admet assez généralement aujourd’hui , avec Sénac , que ce phénomène dépend de trois causes : i° la dilatation des oreillettes, qui se fait pendant la contraction des ventricules ; 2» la dilatation de l’aorte et de l’artère pulmonaire, par suite de l’introduction du sang que les ventricules y ont poussé ; 5" le redressemènt de la crosse de l’aorte par l’effet de la contraction du ventricule gauche. 3’avoue que cette explication ne m’a jamais paru bien propre à satisfaire complètement un esprit un peu difficile et sévère. La cause principale du phénomène que nous étudions existe très certainement dans la contraction même du ventricule , et

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cette cause ne fait nullement partie de celles indiquées par Sénac. Je dis que la cause principale du choc de.la pointe du cœur contre la poitrine consiste réellement dans la brusque contraction des ventricules , et du ventricule gauche surtout, car l’inspection attentive de cette contraction le démontre. Et pour donner une juste idée de la valeur des causes invoquées par Sénac , je ferai remarquer que le mouvement de soulèvement de la pointe du cœur persiste encore quelque temps après que le cœur a été enlevé et mis sur une table, c’est-à-dire lorsque les oreillettes ne peuvent plus se dilater par l’abord du sang, et après que V artère pulmonaire et V aorte ont été coupées, ce qui ne leur permet guère probablement ni de se dilater ni de se redresser.

Il me semble que cette sorte de mouvement de bascule de la pointe du cœur s’explique par la disposition même des fibres contournées du cœur : en effet , les fibres prenant leur point fixe aux zones tendineuses de la base de cet organe , ne doivent-elles pas , en se raccourcissant , imprimer un mouvement de redressement et de soulèvement à la pointe, qui est pour ainsi dire l’extrémité mobile du levier que représente alors le cœur? J’ai avancé tout-à-l’heure que le ventricule gauche était le principal agent du choc de la pointe contre la paroi thoracique pendant la systole ventriculaire : M. le docteur Filhos va plus loin , et soutient , peut-être avec raison , que le ventricule droit n’est pour rien dans ce phénomène.

Yoici, d’ailleurs , les propres paroles de cet observateur distingué, que je cite toujours avec plaisir :

« Des phénomènes physiologiques particuliers à chaque » ventricule doivent nécessairement résulter de la différence a de disposition de leurs fibres musculaires. L’impulsion B du cœur sur les parois thoraciques est due seulement à la » contraction instantanée des fibres musculaires du ventri- »cule gauche, qui, tendant nécessairement à se redresser > vers la pointe de cet organe où elles sont contournée^ ep

Idê fHŸSiÔLÔGlÊ UÜ CCfcUR.

S Spirale J là relèveiat subitetnéiit ët là laacëtit ëti aVâfit » Les fibres du véûtriGüle droit , en së ëôfitractaîit , né » peuvent nulleineiat produire lé mouvement dont jé viens »dë parler. ]N 'étant pas ëoütournéës , êliés doii^ënt sé boru net à produire uü simple mouvement de contraction et # dé dilatation. «

La systole constitue réellement Fêtât actif des ventricules et des oreillettes, dé même que la contraction des muscles volontaires Caractérise lêur état Ôl activité. Mais là diastole èst-eUé ÜU état püïément passif des ventricules êt des oreillettes , leur moment de reîàcbe ou de repos ? N’estêllê pas, au contraire, un nouveau mode d’activité dé cês parties? On â longuement discuté ceê questions, et trop souvent on les a fait dégénérer en de stériles disputes de mots. Il parait probable que la diastole résulte réellement du retour des fibres musculaires faecourcies et contractées à là longueur et â la tension de leur état de repos, et qü’ëîle consiste essentiellement en un phénomène d’élasticité pour ainsi dire Vivante. An reste, quel que soit le principe de ce mouvement, la force qui le produit est très considérable dans les ventricules , comme on peut s’en convaincre en prenant dans sa main le eeeur d’un animal vivant î on est vraiment surpris alors, comme le dit Mi Magendie, de l’énergie avec laquelle la dilatation s’etfectuë;

Lés physiologistes ne sont point enêore parvenus à déterminer rigoureusement là fùrêê dë Cëntt'âCtioü dès différentes Cavités du ctëUti M. lê dOCietir Poiseüille à fait, dans ces derniers temps j Un travail dès plus remarquables sür lâ force dé contraction du ventricule gauche , et il a imaginé pour la mesurer un instrument qu il appelle hémodyrlatnamètre. Comme leS rècherChéS de Cé genre Ue sont pas encore directement àpplicâhlês aux matières cliniques qui sont l’objet principal de cèt outrage j nôus üè nous en ôccaperotts pas plus long-temps îen

Ce ü’êst que par le chôd OU l’iMpulsibn dü cœür contre

ifOÜVÉMÊA'TS l3Ü COCüii.

là téglofi ptécôrdiaië quê lé c/fn/cie/î -physiologiste peut étâluer la force dé contraction des diffétènlês cavités du côèur êû général , et des ventricules en particdliêr. Pour éTâltiér Cë choc , cétté pulsation , cette sorte dé pouls du cœur , on se sert de la vue oïl de rinspection , et dë là main appliquée immédiatement ou médiatement Sur la région du cœur (l’application médiate ou immédiate de l’oréille peut remplacer celle de la rnain)^

Dans l’état normal , le choc qu’on observe à la région précordiale appartient à peu près exclusivement au Vêm trieule gauche qui, comme nous l’avOns vu ^ concourt seul ou presque seul à la formation de la pointe du cœur^ Mais ii est des cas pathologiques ou le choc contre lâ poilrioe est produit par lés deux ventricules à la fois * eaS dans lesquels c’est moins la pointe du cœur seule que la masse presque tout entière des ventricules qui vient heurter contre la poitrine.

Ce n’est qu’à l’état anormal quë la diastole ventriCm^ laire elle^même peut donner lieu à une impulsion appréciable contre lés parois pectoraless On doit en dire autant de la systole des oreillettes.

Le choC produit par la contraction du ventricule gauche varie en force selon les individus , la cnnstitution * le sexe i l’état de calme ou d’agitalioni Nous nous décaperons plus loin des modifications que lui imprime l’étât morbide (i).

(1) li serait utile d’avoir un procédé par lequel on pût mesurer^ d’tine manière précise et en quelque sorte mathématique , l’impulsion du coeur. Mais on coîîçoit qti'tta tel procédé pourrait être assez faeilemenfc imaginé : on pourrait, par exemple, évaluer la force dnchoc du coeur par un instrumènt analogue à ce dynamomètre au moyen duquel oa calcule la force d*un coup de poing (pujfi/ômèire. )

Le sphygmomèire de M. Hérisson , convenablement modifié , pourrait ègâlemeut servir à la mesure de la force du choc du cœur. Ce serait alors un sphygraotnèlre cardiaque.

Ôn conçoit aussi qü’ôh pdürrall émplôÿér â cetté détérmiüatidn un tîcabre

108 PHYSIOLOGIE DU CCSSUR.

Nous ne ferons voir comment les mouvements décrits ci-dessus concourent à la circulation du sang , qu’après avoir traité du second ordre des mouvements du cœur ou de ceux qui s'exécutent dans l’intérieur même de cet organe , et à l’orifice des artères aorte et pulmonaire.

2“ Mouvements intérieurs et jeu des valvules du cœur.

Les mouvements dont il s’agit ne sont pas visibles comme les précédents, mais leur existence n’est pas moins certaine , et les uns supposent en quelque sorte les autres. Les mouvements qui s’opèrent ainsi à l’intérieur des cavités du cœur consistent dans l’abaissement et le redressement alternatif des valvules ou des soupapes organisées, adaptées à chacun des orifices aurîculo-ventriculaires et artériels. Le mécanisme du jeu des soupapes du cœur n’est pas le résultat des mêmes puissances, et dans les soupapes qui se trouvent à l’origine des artères et dans celles qui occupent rembouchure des ventricules avec les oreillettes. Ce n’est que dans ces dernières que le mouvement de redressement a pour agent principal , sinon pour unique agent , la contraction de certaines colonnes charnues que nous avons décrites dans la première partie de ces prolégomènes. Comme je crois l’avoir démontré précédemment, la disposition des colonnes charnues qui viennent s’insérer aux valvules est telle , qu’il est de toute évidence qu’elles constituent de véritables muscles destinés émouvoir ces soupapes du cœur (i). Or, la contraction des faisceaux charnus dont il s’agit est nécessairement

gradué, qui sonnerait d’autant plus fort ou un nombre de fois d’autant plus considérable, que la percussion du cœur contre la région précordiale serait plus forte. Mais tous ces moyens seraient peut-être encore plus curieux que réellement utiles.

(1) Comme la fonction que j’assigne aux colonnes charnues destinées aux valvules n’est pas celle qui leur a été reconnue généralement jusqu’ici , je ne

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